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3.84/5 (sur 64 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 04/01/1932
Mort(e) à : Paris , le 10/09/2018
Biographie :

Paul Virilio est un urbaniste et essayiste français, né en 1932 à Paris. Il est principalement connu pour ses écrits sur la technologie et la vitesse dont l'alliance constitue à ses yeux une « dromosphère ».
Il est né d'un père communiste italien et d'une mère catholique bretonne. Enfant, il vit les bombardements de Nantes et en gardera un intérêt pour les choses de la guerre et une inquiétude pour la fragilité du monde urbain.

Après une formation de maître verrier qu'il fait tout en suivant les cours de Vladimir Jankélévitch et de Raymond Aron à la Sorbonne, il collabore avec Henri Matisse à Saint-Paul-de-Vence et avec Georges Braque à Varengeville.

En 1963, il fonde avec Claude Parent, le groupe Architecture Principe, puis publie un premier manifeste pour une architecture oblique.

Professeur avec lui à l' École spéciale d'architecture à Paris, ils ont formé dans leur atelier plusieurs grands noms de l'architecture contemporaine française, comme Jean Nouvel. Son enseignement à l'ESA évolue vers l'urbanisme et l'architecture qu'il aborde en même temps comme un vaste système de réseaux dont il s'agit de catégoriser les objets, puis pondérer la hiérarchie par leurs vitesses.

Il a su tellement bien mettre en évidence l'importance de l'espace concret dans la vie sociale, que plusieurs auteurs qui l'ont connu ont fait une œuvre remarquable sur ce sujet, comme Espèce d'espaces de Georges Perec, Énergie et équité d'Ivan Illich ou L'Art de faire de Michel de Certeau.

Disparu en 2018, Paul Virilio laissait une œuvre monumentale et multiforme, désormais rassemblée dans "La fin du monde est un concept sans avenir". Et tout comme la "dromologie", cette discipline qu'il a pensée pour étudier la vitesse, le philosophe a mené ses mille et une vies à toute allure.


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Source : Le Monde
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Ingénieur agronome, docteur en histoire des sciences et docteur en théologie, Jacques Arnould s'intéresse aux relations entre sciences, cultures et religions, avec un intérêt particulier pour deux thèmes : celui du vivant et de son évolution et celui de l'espace et de sa conquête. Il a consacré plusieurs ouvrages et articles d'histoire ou de théologie au domaine du vivant. Suite à la poussée de fièvre créationniste en France, à partir de janvier 2007, il a été sollicité par différents milieux, scientifiques, pédagogiques ou religieux, pour informer les publics de l'existence des courants créationnistes, de leur histoire, des questions qu'ils posent à nos sociétés. L'année 2009, consacrée à Darwin, a montré comment les idées de ce savant et de ses successeurs continuent à interroger nos contemporains et les invitent à des interrogations plus philosophiques. Il est également expert éthique au Centre national d'études spatiales (CNES), un poste encore un peu unique dans le monde de l'astronautique. Pourtant, cela rejoint une vraie attente de la part du public, mais aussi des acteurs et des dirigeants, leurs motivations ne pouvant en effet plus être les mêmes qu'il y a quarante ou cinquante ans. Conférence : Construisons-nous notre propre cachot ? 30 juin 2022, 16h - 16h45 — Amphi 34A Paul Virilio était maître-verrier, mais il ne s'est pas contenté d'habiller de lumière le vide creusé dans nos édifices de pierre et de verre. Sa pensée, aussi élégante qu'une voûte gothique, aussi audacieuse qu'un voile de béton, a scruté, critiqué, analysé nos constructions techniques, sociales et politiques jusque dans leurs recoins les plus cachés, leurs fondations les plus fragiles, leurs zones les plus dangereuses. Il a rappelé la finitude de notre monde, ce cachot dont parlait Blaise Pascal ; il a dénoncé les dérives de la technologie, les excès de la vitesse ; il a annoncé les accidents, les catastrophes à venir. Il a aussi échafaudé des plans pour habiter le vide, pour construire le futur. Il avait pour devise : « Rien derrière, tout devant. »

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Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
Paul Virilio
L'image virtuelle, c'est la machine qui voit, qui sent à votre place et vous liquide en tant qu'être actif au profit d'un être passif.


(Le Monde de l'éducation - Juillet - Août 2001)
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Paul Virilio
La photographie a ouvert des horizons illimités à la pathologie du progrès, puisqu'elle nous a incités à déléguer à la multitude de nos machines de vision le pouvoir exorbitant de regarder le monde, de le représenter, de le contrôler.
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Paul Virilio
Nous sommes dans une société où le tempo est donné par l'ordinateur. Or, le temps humain n'est pas le temps des machines. Avant, le temps humain, c'était le passé, le présent, le futur. Aujourd'hui, c'est du 24/24, du 7 jours sur 7, c'est l'instantanéité. Ça explique combien il est difficile de vivre, de tout concilier, ça explique les suicides professionnels... Il ne faut pas que le réflexe remplace la réflexion. Il faut se laisser le temps de réfléchir, le temps d'aimer...
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Aujourd'hui, les nouvelles technologies véhiculent un certain type d'accident, et un accident qui n'est plus local et précisément situé, comme le naufrage du Titanic ou le déraillement d'un train, mais un accident général, un accident qui intéresse immédiatement la totalité du monde. Quand on nous dit que le réseau Internet a une vocation mondialiste, c'est bien évident. Mais l'accident d'Internet, ou l'accident d'autres technologies de même nature, est aussi l'émergence d'un accident total, pour ne pas dire intégral. Or cette situation-là est sans référence. Nous n'avons encore jamais connu, à part peut-être, le krach boursier, ce que pourrait être un accident intégral, un accident qui concernerait tout le monde au même instant.
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Paul Virilio
La fin du monde est un concept sans avenir.
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À propos de cette réduction des distances, vous écrivez dans
La Vitesse de libération : «la mesure est dans mon âme.»
Pouvez-vous préciser votre pensée à ce sujet?

Le monde est au-dedans de nous avant d'être au-
dehors de nous. Mais s'il est réellement au-dehors,
dans la géographie et dans l'espace-monde, il l'est
aussi à travers ma conscience du monde. Cette
conscience du monde, à moi qui me déplace, qui
suis animé, c'est mon mouvement et la nature de
mon mouvement. Un homme qui vit enfermé
dans un espace d'horizon restreint, comme beau-
coup de paysans du Moyen Age, n'a pas la même
conscience du monde que celui qui va aux anti-
podes en quelques heures. La mapping-mental, la
carte mentale, évolue avec la révolution des trans-
ports et la révolution des transmissions. Plus je vais
vite au bout du monde, plus j'en reviens vite et plus
ma carte mentale se réduit à rien. Aller à Tokyo
dans le même temps qu'il faut pour descendre à
Naples en train a réduit mon monde d'une façon
définitive. Je ne peux plus avoir la vision mentale
du monde que j'avais avant d'aller à Tokyo en
quatorze heures. Quand, par la suite, j'ai fait une
téléconférence à Tokyo avec huit heures de déca-
lage horaire, ma carte mentale a subi une nouvelle
contraction tout aussi définitive.

La mesure du monde est notre liberté. Savoir que
le monde autour de nous est vaste, en avoir
conscience, même si on ne pratique pas ce monde,
est un élément de la liberté et de la grandeur de
l'homme. Howard Hughes, qui a vécu le tour du
monde en quelques heures, est arrivé à un état
d'inertie mentale et de perte du rapport au monde.
Cela a d'ailleurs été pathologique chez lui. Il a été
un homme-planète et a identifié le monde à son
corps au point de ne plus souhaiter bouger de son
desert-in, l'hôtel de Las Vegas, puis de mourir
comme un malade mental...

La menace, et c'est cela le grand renfermement,
c'est d'avoir dans la tête une Terre réduite. Une
Terre constamment survolée, traversée, violée
dans sa grandeur nature et qui, par là même,
me détruit, moi, l'homme-planète qui n'a plus
conscience d'une étendue quelconque. Bien des
astronautes qui ont tourné autour de la Terre en
orbite ont éprouvé une sorte de vertige dans leur
propre relation à eux-mêmes. La conquête de l'es-
pace a été une expérimentation du délire de la
perte de la Terre. Non pas de la fin de la Terre,
mais de la perte mentale..
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La globalisation des échanges n’est donc pas économique, comme on se plaît à le répéter depuis l’essor du marché unique, elle est d’abord écologique et intéresse non pas uniquement la pollution des substances, avec, par exemple, l’effet de serre atmosphérique, mais aussi la pollution de distances et des délais qui composent le monde de l’expérience concrète.
Autrement dit, la globalisation concerne l’effet de serre dromosphérique de l’enfermement dans l’accélération limite des télécommunications.
« Le temps du monde fini commence », décrétait Paul Valéry dès les années 20. Avec les années 80, le monde du temps fini débute. Devant cette finition intempestive de toute durée localisée, l’accélération de l’histoire récente vient buter contre le mur du temps réel, ce temps mondial et universel qui supplantera, demain, l’ensemble des temps locaux qui avaient su faire l’Histoire.
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La mondialisation par la vitesse est une incarcération, y disparaît l'attente de la découverte. (13)
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Paul Virilio
À côté de la pollution des substances (dont traite l’écologie « verte »), il y a une pollution des distances : le progrès réduit à rien l’étendue du monde. Il y a là une perte insupportable, qui sera bien plus rapide que la pollution des substances. Et qui aura des conséquences autrement plus drastiques que celles relevées par Foucault à la suite du grand enfermement — la réalisation du grand enfermement, de l’incarcération du monde, dans un monde réduit par l’accélération des transports et des transmissions. Pour moi, l’écologie grise remet en cause la grandeur nature.

Entretien avec Jean Luc Evard, décembre 2008
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Il semble utile de dénoncer la confusion soigneusement entretenue entre le savant et le champion, l’aventurier qui se porte avec violence à l’extrémité de ses limites physiques et l’homme de laboratoire qui s’aventure, à son tour, jusqu’aux limites éthiques celles-là, celui qui éprouve l’exaltation de jouer, plus que sa propre mort, celle du genre humain !
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