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Note moyenne 4.02 /5 (sur 99 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , 10/06
Biographie :

Philippe Annocque né en 1963, vit et travaille non loin de Rambouillet. En dehors de l’écriture, il enseigne dans un collège.

Il vit à Paris.


Source : www.ramboliweb.com
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SOIRÉE DE LANCEMENT DE LA REVUE CATASTROPHES #3 Avec Philippe Annocque, Guillaume Condello, Frédéric Forte, Julia Lepère, Cécile Riou & Pierre Vinclair Catastrophes est une revue d'écritures sérielles, animée par Laurent Albarracin, Guillaume Condello et Pierre Vinclair. Bimestrielle en ligne (30 numéros sont parus), elle paraît tous les 18 mois en format papier, sous la forme d'une anthologie comprenant certaines des propositions poétiques les plus stimulantes de l'époque. Les quatre ensembles qui composent Catastrophes 3, « Dit impossible », « Rites rêvés », « Traduit en langue fauve » et « Mondes suspendus », présentent tous une dimension des rapports du poème, dans son essentielle étrangeté, à un monde qui ne fut pas toujours là et qui disparaîtra peut-être : assumer l'impossible, rêver d'une parole rituelle, articuler dans la langue commune une parole fauve, penser dans le vertige de la disparition, sont autant de promesses, fragiles, de faire de l'écriture le lieu d'une création radicale, à même d'exorciser la fatalité du néant. À lire – Revue Catastrophes 3, coll. « S!NG », éd. le corridor bleu, 2021.

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Citations et extraits (79) Voir plus Ajouter une citation
Bookycooky   12 novembre 2015
Pas Liev de Philippe Annocque
. " Il est rare que la réalité coïncide parfaitement avec l'idée que l'on s'en fait ",
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Aunryz   20 décembre 2020
Monsieur Le Comte au pied de la lettre de Philippe Annocque
Monsieur Le Comte fit sans doute de nombreuses tentatives pour donner quelque densité à sa présence éthérée, dans l'espoir d'enfin entrer en contact avec les trois chevaliers de l'anti-matière.

On se le figure volontiers, s'inspirant sans doute de sa propre transparence, , absorbé par la préparation minutieuse d'un attentat digne de ses glorieux modèles : le voilà qui place quelques morceaux de verre brisé invisibles au fond d'un verre d'eau, et puis finalement qui reste en contemplation devant cette image de lui-même, oubliant sa destination criminelle, oubliant son propre contenu, s'oubliant lui-même au point de ne se retrouver qu'une fois la bouche en sang, plein d'une écarlate perplexité.

On l'imagine bien aussi, une autre fois, sous la douche après le sport, pris d'une crise d'angoisse en sentant l'eau traverser son corps perméable, commencer à émettre des sons avec sa bouche, incertain de les entendre, soupçonnant l'illusion auditive, criant, hurlant, braillant, bramant son doute ; tandis que sans qu'il se soit rendu compte de rien un moniteur musclé s'éloignait à pas nerveux en serrant dans sa main gauche l'oreille droite de Labriquette, dans sa droite la gauche de Brazzioli, ces deux-là traînés à la suite de leur oreille respective et glapissant qu'ils ne lui avaient rien fait, à l'autre taré, cependant que Bronchard chuchotait, à l'une ou l'autre oreille de ce même taré, qu'il allait voir ce qu'il allait voir

– perspective empreinte d'une certitude qui, on le comprend, comblait toutes les attentes de Monsieur Le Comte : il allait enfin voir ce qu'il allait voir.
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MarianneL   16 décembre 2014
Rien (qu'une affaire de regard) de Philippe Annocque
C’est à peine si elle le regarde quand Marie enfin nue se précipite à nouveau sur lui, lui-même a à peine eu le temps de la voir, il ressent surtout le contact dur des articulations et se demande pourquoi donc les filles s’obstinent à faire du régime, ce sont surtout des mots qu’il se dit dans sa tête, par peur de la trouver vide. Alors que dans un souci de justice il commence à admettre que c’est aussi, pour moitié, sa propre maigreur qui rend inconfortable leur étreinte, un goût soudain et incongru fait irruption dans sa bouche, qu’il croît sans enthousiasme identifier comme celui du cassoulet, et lui fait se rendre compte qu’ils sont en train de s’embrasser ; il peut quand même constater que, à force d’expérience, l’activité est nettement moins laborieuse et douloureuse que ce qu’il a déjà connu.
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nath45   04 octobre 2015
Pas Liev de Philippe Annocque
Les choses suivaient leur cours et le cours des choses n'était jamais tel qu'on l'aurait imaginé et pourtant c'était le cours des choses. C'était comme ça.
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Charybde2   12 décembre 2015
Pas Liev de Philippe Annocque
Le lendemain, une question saugrenue a traversé l’esprit de Liev. Qu’avait-il fait hier ? C’était ça, sa question. Ça n’avait aucun sens. Il s’en souvenait parfaitement : il avait recopié les factures que Monsieur Hakkell lui avait apportées. Il l’avait fait pour rendre service. Pour rendre service à Monsieur Hakkell, pour rendre service en général. En attendant. C’était à ce moment-là que Magda était passée devant la fenêtre. Et puis il y avait cette jeune femme, à cause de qui Liev avait ouvert la fenêtre. Il n’était pas sûr d’avoir bien fait, en ouvrant la fenêtre. C’était un souvenir un peu inconfortable. Voilà ce qu’il avait fait hier. Il ne se souvenait pas d’autre chose. S’il ne s’en souvenait pas, c’est parce que ce n’était pas important.
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brigetoun   18 décembre 2009
Liquide de Philippe Annocque
Ne pas être. Ne pas être n'a sans doute jamais été aussi clair. Ne pas être n'a sans doute jamais été aussi clairement le moyen de ne pas souffrir
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brigetoun   04 novembre 2010
Monsieur Le Comte au pied de la lettre de Philippe Annocque
Elle regardait par terre, de manière à mettre en valeur la courbure de ses cils, et Monsieur Le Comte avait pu déceler chez la jeune femme une humilité de bon ton. Eulalie était d'ailleurs forcément un ange, elle qui n'avait que deux l en consonnes. Ca ne l'avait pas empêchée d'inspirer à Monsieur Le Comte des ambitions croissantes et multiplicatrices.
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MarianneDesroziers   16 août 2011
Chroniques imaginaires de la mort vive de Philippe Annocque
Une nuit quand même le temps vint à bout de la boue.

Tu le reconnus tout de suite : différente était la lumière qui perçait à travers les persiennes. Différente aussi des rais parallèles qui striaient encore d'ombre franche et de soleil tes souvenirs d'étés, tes souvenirs d'enfance matinale auxquels tu n'osais plus croire : c'était plutôt au milieu de la pièce une apparence de nébuleuse blanche que pour un peu tu aurais cru toucher - froid et mouillé, c'était, sans aucun doute.
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Charybde2   28 août 2018
Seule la nuit tombe dans ses bras de Philippe Annocque
l avait tellement d’imagination qu’il n’avait pas besoin de l’avoir pour avoir peur de la perdre.

Il relit sa phrase. C’est une belle phrase. Elle dit bien ce qu’il ressent, là. Il va la poster sur Facebook et comme ça elle va la voir, elle va comprendre. Ce sera comme un cri murmuré, ce phénomène acoustique qui permet à deux personnes éloignées de s’entendre à l’insu de la foule qui les entoure, d’un pilastre à l’autre du Pavaglione, dans La Tenda rouge de Bologne de John Berger. Et peut-être dans la réalité. Il va la poster sur Facebook et les autres, ses contacts, ses « amis », croiront juste qu’il écrit un nouveau roman. Après tout, peut-être qu’ils ne se tromperont pas ; peut-être qu’il écrit un nouveau roman. Oui : peut-être bien après tout qu’il est en train d’écrire un nouveau roman.
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brigetoun   04 novembre 2010
Monsieur Le Comte au pied de la lettre de Philippe Annocque
… l'urubu devant la cage duquel l'allée se scindait en deux ; Monsieur Le Comte prit à droite et vit le bulbul, le bulbul, le bulbul, le bulbul, le bulbul, le bulbul, le bulbul (il existe, à en croire les indications fournies par le zoo, cent vingt-trois espèces appartenant à ce genre de passereaux par ailleurs assez banals ; toutes n’étaient malheureusement pas représentées, tant s’en faut) ; le dernier bulbul était voisin d'un modeste bulot et là, l'allée de droite rejoignait l'allée de gauche dans laquelle Monsieur Le Comte aurait pu voir, si donc il avait pris à gauche après l'urubu, le bubale, le balbuzard, l'argali, la limule, le mulot qui lui, contrairement à elle, ne vient pas des Molusques,..
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