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4/5 (sur 104 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , 10/06
Biographie :

Philippe Annocque né en 1963, vit et travaille non loin de Rambouillet. En dehors de l’écriture, il enseigne dans un collège.

Il vit à Paris.


Source : www.ramboliweb.com
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SOIRÉE DE LANCEMENT DE LA REVUE CATASTROPHES #3 Avec Philippe Annocque, Guillaume Condello, Frédéric Forte, Julia Lepère, Cécile Riou & Pierre Vinclair Catastrophes est une revue d'écritures sérielles, animée par Laurent Albarracin, Guillaume Condello et Pierre Vinclair. Bimestrielle en ligne (30 numéros sont parus), elle paraît tous les 18 mois en format papier, sous la forme d'une anthologie comprenant certaines des propositions poétiques les plus stimulantes de l'époque. Les quatre ensembles qui composent Catastrophes 3, « Dit impossible », « Rites rêvés », « Traduit en langue fauve » et « Mondes suspendus », présentent tous une dimension des rapports du poème, dans son essentielle étrangeté, à un monde qui ne fut pas toujours là et qui disparaîtra peut-être : assumer l'impossible, rêver d'une parole rituelle, articuler dans la langue commune une parole fauve, penser dans le vertige de la disparition, sont autant de promesses, fragiles, de faire de l'écriture le lieu d'une création radicale, à même d'exorciser la fatalité du néant. À lire – Revue Catastrophes 3, coll. « S!NG », éd. le corridor bleu, 2021.

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Citations et extraits (86) Voir plus Ajouter une citation
. " Il est rare que la réalité coïncide parfaitement avec l'idée que l'on s'en fait ",
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Monsieur Le Comte fit sans doute de nombreuses tentatives pour donner quelque densité à sa présence éthérée, dans l'espoir d'enfin entrer en contact avec les trois chevaliers de l'anti-matière.
On se le figure volontiers, s'inspirant sans doute de sa propre transparence, , absorbé par la préparation minutieuse d'un attentat digne de ses glorieux modèles : le voilà qui place quelques morceaux de verre brisé invisibles au fond d'un verre d'eau, et puis finalement qui reste en contemplation devant cette image de lui-même, oubliant sa destination criminelle, oubliant son propre contenu, s'oubliant lui-même au point de ne se retrouver qu'une fois la bouche en sang, plein d'une écarlate perplexité.
On l'imagine bien aussi, une autre fois, sous la douche après le sport, pris d'une crise d'angoisse en sentant l'eau traverser son corps perméable, commencer à émettre des sons avec sa bouche, incertain de les entendre, soupçonnant l'illusion auditive, criant, hurlant, braillant, bramant son doute ; tandis que sans qu'il se soit rendu compte de rien un moniteur musclé s'éloignait à pas nerveux en serrant dans sa main gauche l'oreille droite de Labriquette, dans sa droite la gauche de Brazzioli, ces deux-là traînés à la suite de leur oreille respective et glapissant qu'ils ne lui avaient rien fait, à l'autre taré, cependant que Bronchard chuchotait, à l'une ou l'autre oreille de ce même taré, qu'il allait voir ce qu'il allait voir
– perspective empreinte d'une certitude qui, on le comprend, comblait toutes les attentes de Monsieur Le Comte : il allait enfin voir ce qu'il allait voir.
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C’est à peine si elle le regarde quand Marie enfin nue se précipite à nouveau sur lui, lui-même a à peine eu le temps de la voir, il ressent surtout le contact dur des articulations et se demande pourquoi donc les filles s’obstinent à faire du régime, ce sont surtout des mots qu’il se dit dans sa tête, par peur de la trouver vide. Alors que dans un souci de justice il commence à admettre que c’est aussi, pour moitié, sa propre maigreur qui rend inconfortable leur étreinte, un goût soudain et incongru fait irruption dans sa bouche, qu’il croît sans enthousiasme identifier comme celui du cassoulet, et lui fait se rendre compte qu’ils sont en train de s’embrasser ; il peut quand même constater que, à force d’expérience, l’activité est nettement moins laborieuse et douloureuse que ce qu’il a déjà connu.
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Embrouiller le lecteur n'est-il pas la façon la plus juste, la plus sincère, la plus authentique, de l'éclairer sur sa propre condition ? Ne devrait-ce pas être le but de mon livre ?
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Les choses suivaient leur cours et le cours des choses n'était jamais tel qu'on l'aurait imaginé et pourtant c'était le cours des choses. C'était comme ça.
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Le lendemain, une question saugrenue a traversé l’esprit de Liev. Qu’avait-il fait hier ? C’était ça, sa question. Ça n’avait aucun sens. Il s’en souvenait parfaitement : il avait recopié les factures que Monsieur Hakkell lui avait apportées. Il l’avait fait pour rendre service. Pour rendre service à Monsieur Hakkell, pour rendre service en général. En attendant. C’était à ce moment-là que Magda était passée devant la fenêtre. Et puis il y avait cette jeune femme, à cause de qui Liev avait ouvert la fenêtre. Il n’était pas sûr d’avoir bien fait, en ouvrant la fenêtre. C’était un souvenir un peu inconfortable. Voilà ce qu’il avait fait hier. Il ne se souvenait pas d’autre chose. S’il ne s’en souvenait pas, c’est parce que ce n’était pas important.
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Ne pas être. Ne pas être n'a sans doute jamais été aussi clair. Ne pas être n'a sans doute jamais été aussi clairement le moyen de ne pas souffrir
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Elle regardait par terre, de manière à mettre en valeur la courbure de ses cils, et Monsieur Le Comte avait pu déceler chez la jeune femme une humilité de bon ton. Eulalie était d'ailleurs forcément un ange, elle qui n'avait que deux l en consonnes. Ca ne l'avait pas empêchée d'inspirer à Monsieur Le Comte des ambitions croissantes et multiplicatrices.
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Toute la littérature est comme ça : les écrivains écrivent tous sur la disparition de leur stylo - sur quoi écrire d'autre ? - mais ils le font avec un autre stylo que celui qui a disparu. Alors, forcément, ça sonne faux. Toute la littérature sonne faux.
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Il y avait d'abord sa vie, celle qu'on appelle la vie privée, privée de quoi on ne sait pas mais ça lui va bien à cette vie : c'est vrai qu'elle était, qu'elle est toujours privée de quelque chose.
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