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Note moyenne 4.06 /5 (sur 1733 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Vanves , 1963
Biographie :

Philippe Lançon est un journaliste et romancier français.

Titulaire d'une maîtrise en droit européen et diplômé du CFJ (promotion 1986), il est journaliste au quotidien "Libération", chroniqueur et critique littéraire.

Passionné de littérature hispanique, il publie en 2004 "Je ne sais pas écrire et je suis un innocent", sous le pseudonyme de Gabriel Lindero.

Il a reçu en mars 2011 le prix Hennessy du journalisme littéraire pour « l’extraordinaire qualité de ses articles » et en 2013, le Prix Jean-Luc Lagardère du journaliste de l'année.

Philippe Lançon a emporté la bourse de la découverte 2012 de la Fondation Princesse Grace pour "Les îles" (Lattès, 2011), premier roman publié sous son patronyme.

Il est également chroniqueur pour "Charlie Hebdo" et à partir de fin 2014 devient un membre de la tribune "théâtre" du Masque et la Plume sur France Inter.

Le 7 janvier 2015, il est gravement blessé au cours d'un attentat contre "Charlie Hebdo". Il subira jusqu'à 22 passages au bloc, dont 13 opérations pour sa mâchoire.

En 2018, il raconte cette tragédie dans un livre intitulé "Le lambeau". Le 5 novembre, il reçoit pour ce livre le Prix Femina 2018. Le journaliste a été récompensé à nouveau par le prix des Prix 2018 en décembre.

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Ils sont les petites mains qui rendent possible la dispersion des livres dans le monde, la lecture dans toutes les langues. La traduction littéraire demande un vrai talent de conteur: comprendre l'esprit du texte, le rendre accessible dans une autre langue, traduire l'intention de l'auteur et pas seulement ses mots. Valèria Gaillard Francesch, qui a traduit en catalan Sodome et Gomorrhe de Marcel Proust Željka Somun, qui a traduit en croate le roman le Lambeau de Philippe Lançon Carlos Mayor qui a traduit Après la guerre d'Hervé le Corre, en espagnol et est en train de traduire Avant l'Incal et Après l'Incal, de Jodorowsky, Moebius et Janjetov. La discussion sera présentée par Corinne Chiaradia, fondatrice et présidente de l'association MATRANA, Maison de la Traduction en Nouvelle-Aquitaine. Rencontre en partenariat avec ALCA et la résidence d'écriture le Chalet Mauriac. Retrouvez son livre chez vos librairies indépendantes : https://www.librairies-nouvelleaquitaine.com/ Inédite édition de l'Escale du livre, du 24 au 28 mars 2021 et durant tout le printemps https://escaledulivre.com/ Suivez nous Youtube : Escale du livre - Bordeaux https://www.youtube.com/channel/UCPVtJFeOHTTNtgQZOB6so1w Facebook : escale.dulivre https://www.facebook.com/escale.dulivre Instagram : escaledulivre https://www.instagram.com/escaledulivre/?hl=fr Twitter : escaledulivre https://twitter.com/escaledulivre © musique : Hectory - Réalisation et sound design : Grenouilles Productions - création graphique : Louise Dehaye / Escale du livre 2021 - Inédite édition

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Citations et extraits (569) Voir plus Ajouter une citation
Philippe Lançon
Fandol   02 mai 2021
Philippe Lançon
Le 13 avril, un poète de 90 ans est mort. Il s'appelait Bernard Noël. Pour moi, il était sans âge, c'est-à-dire qu'il les avait tous. Il avait l'âge de Georges Bataille, qui l'a orienté, de l'action contre la guerre d'Algérie, qu'il a menée, du corps en lutte et en fusion perpétuelles avec le langage. Il avait l'âge de l'enfant qui chaque jour découvre ce langage, et l'âge du vieillard qui chaque jour le perd. Il avait l'âge de la révolution et de la frustration permanentes produites par le fait d'écrire comme on vit et de vivre comme on écrit. C'est comme ça, avec les poètes: ils ont l'âge qu'on croit avoir, ou qu'on sent, tandis qu'on les lit...



CHARLIE Hebdo n°1501 du 28 avril 2021 (Dans le jacuzzi des ondes).
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Philippe Lançon
Fandol   23 septembre 2020
Philippe Lançon
Écrire, c'était naturellement l'explorer et l'approfondir, c'était voyager vers le secret ; c'était aussi découvrir que je ne l'atteindrais pas. C'était échouer aux portes du secret. Le 7 janvier, les morts l'ont emporté dans leurs tombes et les survivants, dans leurs vies. La justice doit passer, mais elle ne peut les suivre là où ils sont.



CHARLIE Hebdo n° 1469 du 16 septembre 2020.
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Philippe Lançon
Fandol   03 septembre 2020
Philippe Lançon
Maigre consolation : il y a belle lurette que le consensus autour de Charlie a fondu ; c'est sans doute qu'il n'a jamais existé. Notre journal, qui n'est pas aimé à droite, l'est de moins en moins à gauche. Cet isolement a des raisons politiques, mais l'essentiel, à mon avis, est affaire de ton. Charlie continue de vouloir rire ou sourire de tout dans un monde où plein de gens, surtout à gauche, ne veulent plus rire de rien, et surtout pas d'eux-mêmes.



CHARLIE Hebdo n°1467 du 2 septembre 2020 (Dans les jacuzzi des ondes).
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Harioutz   04 juin 2020
Le Lambeau de Philippe Lançon
J'avais publié une critique du livre de Houellebecq le week-end précédent dans Libération et le journal avait organisé pour l'occasion un dossier, comme on dit, « monté en une ».

J’y reviendrai, lecteur, et longuement je le crains, puisque la figure de Houellebecq se mélange désormais au souvenir de l'attentat : pour les autres, c'est un concours de circonstances, cocasse ou tragique ; pour ceux qui ont survécu aux tueurs, c'est une expérience intime.

Soumission sortait en effet le 7 janvier.

Dans le monde des bavards à opinion instantanée, chacun ou presque allait forcément donner son avis, puisqu'il s'agissait de Houellebecq.

Dans l'émission que j'avais vue avant de m'endormir, il avait l'air d'un vieux chien pas si gentil, abandonné sur une aire d'autoroute près d'un Flunch, ce qui me le rendait sympathique, mais il avait aussi l'air de Droopy et de Gai-Luron, le chien imaginé par Gottlieb, ce qui me le rendait drôle.

Je l'imaginais volontiers avachi dans un fauteuil, comme Gai-Luron , et disant les bras croisés sur le ventre : « Je sens comme une lourde torpeur s'abattre sur moi. » La torpeur née de n'importe quel entretien prévisible et de l'orage qu'il allait provoquer.

Ça causerait d'autant plus que Houellebecq agitait cette fois un fantasme particulièrement explosif, le fantasme de Poitiers : la peur des musulmans et l'arrivée au pouvoir des islamistes en France.



J’avais bien ri en lisant Soumission, ses scènes, ses portraits, ses provocations faussement exténuées, sa mélancolie fin de siècle et de civilisation. Qu’il ait installé un important ministre islamiste dans l'appartement de l'ancien patron de la NRF, Jean Paulhan, cet implacable jésuite grammairien, voilà qui m'avait réjoui - même si c'était un plaisir pour happy few.

Si le roman mérite d'exister, c'est parce qu'il permet d'imaginer n'importe quoi, n'importe qui, dans n'importe quelle situation, comme s'il s'agissait de ce monde et de sa propre vie.



J’avais découvert Houellebecq du temps qu'il écrivait des chroniques pleines de mauvais esprit dans un hebdomadaire culturel à la mode, des chroniques que je ne ratais presque jamais. Il y a très peu de bons chroniqueurs : les uns se soumettent aux sujets importants du moment et à la morale ambiante ; les autres, à un dandysme qui les pousse à faire les malins en écrivant à contre-courant.

Les uns sont soumis à la société ; les autres, à leur personnage. Dans les deux cas, ils cherchent à faire du style et ils fanent vite.

Le pessimisme et le sarcasme laconique de Houellebecq avait un naturel qui ne fanait pas. À cette époque, j'imagine qu'on le croyait de gauche. Il est vrai qu'on ignorait encore que la gauche continuait de courir comme un canard sans tête.

Ensuite, j'avais lu ses livres avec plaisir. Quand la dernière page était tournée, il flottait toujours dans l'air une certaine menace et un goût de plâtre, comme un nuage de poussière sur un champ de ruines, mais il y avait un sourire à l'intérieur du nuage.

Sa misogynie, son ironie réactionnaire, tout cela ne me gênait pas : un roman n'est pas un lieu de vertu.

J’avais commencé par trouver Houellebecq parfois paresseux sur le fond, jamais sur la forme, jusqu'au moment où j'avais compris, un peu tard, que le cliché (touristique, sexuel, artistique) était l'une de ses matières premières, et qu'il était essentiel pour lui de ne pas l'éviter.

J'ignore si, comme on l'a dit, il était le grand romancier, où l'un des grands romanciers, des classes moyennes occidentales. Je ne fais pas de sociologie quand je lis un roman et je n'en fais pas beaucoup plus quand je cesse d'en lire.

Je crois entièrement et exclusivement aux destins et aux caractères des personnages, comme quand j'avais dix ans. Je suivais ceux de Houellebecq comme j'aurai suivi des losers qui, dans une grande surface, rempliraient leurs caddies dans les rayons aux produits en promotion pour transformer leur butin, une fois dehors sur le parking, en signes froidement prophétiques de la misère humaine.



Comme chaque fois que j'avais travaillé sur un livre, j'étais bien décidée à éviter de lire ou d'écouter quoi que ce soit sur Soumission, ce qui n'aurait eu pour effet que de provoquer une légère nausée : supporter l'émission après Shakespeare m'avait suffi.

Je voulais d'autant plus l'éviter que je devais m'entretenir avec l'écrivain le samedi suivant. Ayant écrit la critique et organisé le dossier que Libération lui avait consacré, je n'avais d'ailleurs pas la moindre idée de ce que j'allais lui demander. Il faudrait parler d'autre chose, de tout et n'importe quoi, sauf de Soumission.



Il n'allait pas m'expliquer ce que j'aurais dû lire et je n'allais pas lui expliquer ce que j'avais cru lire. La plupart des entretiens avec des écrivains ou des artistes sont inutiles. Ils ne font que paraphraser l’œuvre qui les suscite. Ils alimentent le bruit publicitaire et social.

Par fonction, je contribuais à ce bruit. Par nature, il me dégoûtait.

J'y voyais une atteinte à l'intimité, à l'autonomie du lecteur, que ne compensaient pas les informations qu'on lui donnait. Il aurait eu besoin de silence, le lecteur, et moi, de passer à autre chose, mais je savais déjà, comme tous ceux qu'il avait lu avant publication, que Soumission ne bénéficierait d'aucun silence.

C'est peut-être ça, un moraliste célèbre : un homme qui écrit des livres qu'on ne juge que comme des preuves de son génie ou de sa culpabilité. Le phénomène n'était pas nouveau.



Avec Houellebecq, il prenait des proportions assez inquiétantes pour justifier son pessimisme et son succès.

Dans l’immédiat, ce matin du 7 janvier, la perspective de ce débat national et de cet entretien particulier me mettait simplement de mauvaise humeur.

Je m’étais couché sous le signe de Shakespeare et de Houellebecq. Je me levais sous le signe de Houellebecq et il allait falloir écrire sur Shakespeare.

Drôle de journée.
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palamede   20 novembre 2018
Le Lambeau de Philippe Lançon
... les idées d’un adulte sont rarement à la hauteur des visions — de l’effroi — d’un enfant.
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Philippe Lançon
Fandol   21 décembre 2019
Philippe Lançon
C'est un bizarrerie de notre société : elle a tellement peu d'avenir qu'elle ne sait plus quoi faire ni de ses jeunes ni de ses vieux.



CHARLIE Hebdo n° 1430 du 18 décembre 2019. (Dans le jacuzzi des ondes)
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Philippe Lançon
Fandol   08 novembre 2020
Philippe Lançon
Il y a quatre semaines, j'écrivais dans Charlie que les symboles attirent les cons. Je pensais d'abord à l'usage politique qu'on en fait. Il brille rarement par la finesse, la culture et l'ouverture d'esprit. En art, c'est parfois différent. Pas souvent, car les symboles, en projetant leurs ombres sur les sensations, ont tendance à les écraser. Ils contrôlent et limitent le double accès à l'imagination et à la réalité. Et ils vieillissent vite, plus vite encore que les hommes. Ils vieillissent comme les leçons de morale, comme les idées. Ils vieillissent comme des cons.



CHARLIE Hebdo n° 1476 du 4 novembre 2020 (Charlie Culture : Expo, les planètes de Giorgio De Chirico).
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palamede   22 novembre 2018
Le Lambeau de Philippe Lançon
Derrière les ennuis et les vastes chagrins

Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,

Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse

S’élancer vers les champs lumineux et sereins





(Baudelaire)
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palamede   21 novembre 2018
Le Lambeau de Philippe Lançon
Machiavélique et puritain, les deux font la paire : qui veut punir les hommes de leurs plaisirs et de leurs sentiments au nom du bien qu’il croit porter, au nom d’un dieu, se croit autorisé à faire tout le mal possible pour y parvenir.
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Philippe Lançon
Fandol   12 décembre 2019
Philippe Lançon
Je ne sais plus qui a dit : ce n'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut se taire. Pour l'écrivain, ça va plus loin : c'est parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut écrire. La réalité est si forte, si dure, qu'elle envahit l'homme ; le terrasse. Face à ça, le premier réflexe est l'accablement, le silence. L'écrivain dépasse cet accablement, peuple ce silence par l'écriture. Elle s'impose en terrain occupé, détruit, rasé. C'est dans le vide que l'écrivain, ligne à ligne, fait le plein.



Dans le jacuzzi des ondes. CHARLIE Hebdo n°1429 du 11 décembre 2019.
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