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3.87/5 (sur 425 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Le Faou , le 12/08/1959
Biographie :

Philippe Le Guillou est un écrivain et critique littéraire.

Il obtient le baccalauréat en 1977 et entre en classes préparatoires au lycée Chateaubriand de Rennes. Son mémoire de maîtrise à l'Université Rennes porte, en 1980, sur "La Voie royale" d'André Malraux.

Professeur de lettres, il passe l'agrégation en 1985. Il enseigne jusqu'en 1995 à Brest puis à Rennes (notamment dans les classes préparatoires du lycée Chateaubriand) avant d'être nommé, au printemps de la même année, inspecteur pédagogique régional et affecté à l'académie de Versailles. Il s'installe alors à Paris, qui occupera désormais une place importante dans ses romans.

Devenu en 2002 inspecteur général, il partage son temps entre ses fonctions de doyen du groupe des lettres et son séminaire à Sciences Po, qui porte notamment sur le roman moderne et contemporain.

Philippe Le Guillou est auteur de plus de quarante ouvrages. Récits, romans, essais et critiques. "L'Inventaire du vitrail", son premier roman, a été publié en 1983. Il a reçu le Prix Médicis en 1997 pour "Les Sept Noms du peintre" et le Prix Méditerranée en 1990 pour "La rumeur du soleil" (1989).

Ses romans sont marqués par les légendes celtiques et le christianisme, dans un style rappelant Julien Gracq. Les oeuvres de Philippe Le Guillou sont d'inspiration et de facture très traditionnelles, à l'écart de toute tentative de recherche novatrice. Se réclamant volontiers de Julien Gracq, Le Guillou accorde une grande importance aux paysages et aux légendes de sa Bretagne natale. Son écriture est souvent maniérée et volontiers emphatique.

Philippe Le Guillou préside avec Claudine Glot le Centre de l'imaginaire arthurien basé au château de Comper, et, depuis 2012, le jury du Prix Bretagne.

page Facebook : https://www.facebook.com/philippeleguillouillustre/

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https://www.laprocure.com/product/1495062/le-guillou-philippe-brest-de-brume-et-de-feu Brest, de brume et feu Philippe le Guillou Éditions Gallimard ©Philippe le Guillou pour la librairie La Procure Animation par Mathilde, libraire à La Procure de Paris

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Citations et extraits (224) Voir plus Ajouter une citation
Du plus loin qu'il m'en souvienne, je crois avoir toujours été amoureux de lui. Sa beauté, son intelligence, son aisance, tout me fascinait. Il était lumineux, sûr de lui, il savait où il allait. C'était un roc. C'est ce qu'il avait hérité de Jean Tanguy, notre grand-père breton. A côté de lui, je n'étais qu'un feu follet. Souvent dans l'enfance - et certainement parce que j'étais plus dissipé que lui et que mes résultats scolaires étaient un peu moins bons - on m'avait appelé le papillon. J'étais le papillon, le feu follet, il était le socle granitique que mouillent les eaux hautes de l'Elorn. J'étais la part inquiète, mobile de notre bulle. J'étais celui qui titube et qui chute.
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Le décor de joncs et d'herbes hautes n'a pas varié, les poutres de l'embarcation ont rompu et se sont enfoncées dans la vase. Il reste sur une planche rescapée l'indication d'un nom : BRUME. Tant de fois, les années précédentes, nous nous sommes assis là, au creux même de la carène qui sentait l'eau stagnante et le sel, heureux d'être loin de la maison, de la surveillance des adultes et des obligations de la vie réelle. Ici, nous pouvons être des pirates, des navigateurs inconnus, des chevaliers, des rois des terres désolées aux confins du monde. Ici, nous n'avons de comptes à rendre à personne. Rien n'est si beau que le vent du soir lorsqu'il ride la surface de l'eau qui a envahi l'anse et fait vibrer les toupets des roseaux. J'ai l'illusion que tout recommence, que Gilles et moi sommes enfin hors du monde.

page 28
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Il n'est plus là. Eût-il été, d'ailleurs, qu'il eût laissé faire. Alors on racontera, on inventera, on le fera parler. On lui prêtera perfidies et aigreurs. On fouillera peut-être même le "misérable petit tas de secrets" : quelle importance ! Sa liberté l'emportera, plus grande que le pouvoir nocif des vestales, des doctes, des embaumeurs, des échotiers minables.
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Les tempêtes de novembre, celles de mars aussi, évoquent cette suture incertaine, celle d'un monde hostile dont rien ne semble freiner le désir de destruction et de saccage, la lisière de l'Autre Monde avec ses revenants, ses morts qui viennent cogner aux portes et narguer les vivants, la présence active de l'Ankou toujours armée de sa faux et prête à ravir des vies... Mars est un mois dangereux pour les vieillards mais c'est à novembre que je songe ici surtout, le mois noir qui ouvre vraiment les portes du monde des âmes et des spectres, un monde contigu, frontalier, qu'on voudrait à tout prix gommer et qui se rappelle vigoureusement au souvenir des vivants oublieux ou infidèles ...

page 41
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Alors les terres sont entrées dans la nuit. Les hautes terres du Nord que battent les vents, le rythme fou des lames, les terres bordées de rivages noirs aux longs festons d'écume. Les grands plateaux de l'île du Saumon et du Cerf. Des forts des temps anciens, arc-boutés sur les falaises, défiaient encore les bourrasques de l'hiver. Ils descendaient en dégradés de lames courbes et usées par la mer. À les regarder longtemps, dans la perspective de la lande que rasaient les vents, on se disait que les habitaient peut-être des guerriers minéraux, tassés sous l'aplat des murailles, des guerriers aux javelots corrodés par le sel.
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Des tombeaux livresques et des autels.

Les tombeaux à la mémoire de Gabriel, mes lecteurs les visitent. Les autels, seuls mes intimes ou mes visiteurs les connaissent. Dès mon installation, en août 1998, j'ai fait de la petite entrée de mon appartement parisien une chapelle dévolue au souvenir de mon grand-père maternel. Sur une console, auprès d'une statue de Notre-Dame de la Garde, la Madone des mers et des missions, et juste sous une photographie qui montre Gabriel sur le pont du torpilleur "Cyclone", entouré de ses frères marins, j'ai disposé un carnet de navigation qui lui appartint au temps de sa formation, des sphères armillaires, un petit guerrier chinois exhumé d'un hypogée impérial, le couteau à l'aide duquel il pelait ses poires à l'épaisse peau hivernale, des azulejos avec des emblèmes maritimes. De la même manière, j'ai raccroché au-dessus de la porte du salon le plan très précis d'un navire, le "Jules-Michelet", dessiné par lui dans les années vingt.
Il est là ainsi, au cœur d'une ville qu'il ne connaissait pas, tout près de l'ancien ventre de Paris, et il me regarde dans l'accomplissement de ma vie quotidienne.
Sur le buffet du salon, tout près de la collection d'assiettes de Quimper, j'ai déposé sur un petit chevalet un cours de timonerie à la couverture rouge usée. On dirait presque un traité de mathématiques mais, ce qui m'émeut, ce sont les annotations de la main de Gabriel et la mention, par lui tracée, de son matricule

Martin Gabriel
Matricule 116 095.
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Une vieille légende de ma Bretagne rapporte l'histoire d'un cadavre de pauvre qui enfanta d'une fleur. J'étais le cadavre, et je nais de Florence, recollé, transmué, je nais du vert de Masaccio et de l'or de l'Angelico, je renais du creuset de la ville, de l'ocre cuit des palais.
J'accède au feu de l'Ange.
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Une nuit, ils firent l'escalade de Montségur. Ils étaient seuls dans ce repaire d'aigles sous un ciel criblé d'étoiles. Il sembla à Erich Sebastian que le monde tournait autour du vaisseau céleste. La montagne était face à eux, puis le creusement des plaines. Un océan de feux roulait au loin. Les pierres s'effondraient sous les pas. Des oiseaux, surpris, s'enfuyaient dans un claquement d'ailes maudites. Erich Sebastian rêvait de bûcher, d'ascèse, de méditations dans le vif des nuits stellaires. Ils y restèrent la nuit. Ils voulaient voir le jour arriver, ce feu qui viendrait couronner les heures de vigie au sommet du chicot céleste. p 178
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A Ouessant, près des landes brûlées par les vents du large, sur cette île vigie qui est comme un commencement d'Irlande, la pensée que les disparus en mer pussent être condamnés à une errance sans fin et sans gîte serait à ce point insupportable que l'on inventerait les "proella", ces effigies de cire que l'on enfouirait en terre pour donner aux naufragés un semblant de sépulture - pour qu'à l'horreur de la liquéfaction du corps dans l'élément marin ne s'ajoute pas celle d'une damnation loin de l'ancrage primordial.
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C'est une nuit comme celle-ci, j'en suis sûr, que la ville d'Ys a disparu sous la mer. La légende que m'a cent fois racontée mon grand-père dans le grenier de Kerrod parle d'un cataclysme marin dû à la fureur divine : les écarts, les excès, les fastes et les orgies de la princesse Dahut n'étaient plus tolérables, au regard de la morale, et Dieu, par la main de son serviteur Guénolé, a frappé la cité insulaire, les eaux débondées de la baie de Douarnenez se sont précipitées dans le sas des portes marines ; sous les yeux terrifiés du roi Gradlon son père, le moine Guénolé, fondateur de l'abbaye de Landévennec, a repoussé, en la rejetant dans les flots, la princesse qui voulait se sauver en s'agrippant à l'encolure du cheval Morvark capable de chevaucher entre les rouleaux et les gerbes d'écume.
Cette légende, je l'aime plus que tout. Combien de fois j'ai rêvé en contemplant, sur la route de la forêt du Cranou, la maîtresse-vitre du chœur du sanctuaire de Rumengol qui montre Guénolé et Gradlon fonder ce lieu de culte marial juste après l'effondrement de la ville d'Ys. Cette légende, depuis que je l'ai entendue, résonne comme si elle m'appartenait. Tout m'y plaît : le mélange de christianisme et de ferveurs plus anciennes, la liberté et la voracité charnelle de Dahut, la bienveillance de Gradlon, père bon et dépassé, la raideur intransigeante de Guénolé.
Et voici que l'angoissante réalité des éléments démontés, les paquets de mer qui affluent dans la rivière du Faou, le vent fou et sans bride viennent soudain fracasser la coque fabuleuse de la légende, le vernis chrétien, la prétention apologétique ; Gradlon, Guénolé, Dahut et Morvark s'effacent soudain, ils redeviennent ce qu'ils ont toujours été, des créatures chimériques : ce qui s'impose, le seul ordre de vérité qui vaille, c'est celui des vagues qui se ruent, gonflées par le vent. La légende reflue et il n'existe qu'une réalité, élémentaire, invincible, celles des flots et des vents liguées. Et l'insomnie me conduit à cette conclusion hérétique : Ys a disparu, submergée par les vagues comme d'autres villes, Tolente, Occismor, qui défendaient la proue bretonne à ses avant-postes.

pages 44 - 45
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