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3.41/5 (sur 177 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Copenhague , 1966
Biographie :

Pia Petersen est native du Danemark et écrit en français. Après un long séjour en Grèce, dès l'âge de 16 ans, elle s'installe à Paris. Ne parlant pas le français, elle décide de s'inscrire à la Sorbonne, en philosophie, pour apprendre la langue et découvrir un domaine pour lequel elle a toujours eu des affinités. C'est dans la littérature et les textes philosophiques qu'elle apprendra a maîtriser cette langue dans laquelle, depuis son plus jeune âge, elle a décidé de s'exprimer et d'écrire.

Elle décroche une maîtrise de philosophie après avoir exercé nombre de petits boulots pour survivre et financer ses études, elle ouvre une librairie-café Le Roi Lire à Marseille. a la suite de cette aventure elle décide de se consacrer exclusivement à son écriture.Elle se partage à présent entre Marseille et Paris.

En mars 2000, les éditions Autres Temps publient mon premier roman le Jeu de la Facilité.

Parfois il discutait avec Dieu,Actes Sud, Un endroit où aller; mars 2004

Une fenêtre au hasard, Actes Sud, Un endroit où aller, août 2005

Passer le pont, Actes Sud, Un endroit où aller, août 2007

Iouri, Actes Sud, Un endroit où aller, janvier 2009

Une fenêtre au hasard, Actes Sud, Babel, février 2010

Une livre de chair,Actes Sud,Un endroit où aller,février 2010

Le chien de Don Quichotte,Éditions La Branche - Collection Vendredi 13

Un écrivain, un vrai, Éditions Actes Sud
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Bibliographie de Pia Petersen   (12)Voir plus


Quelques questions à propos de son roman Un écrivain, un vrai.


On ne peut s`empêcher de voir dans votre roman un écho au Truman Show, de Peter Weir (1998), et comme le récit se déroule à New-York, nous sommes tentés de vous demander si les Etats-Unis, comme toile de fond, étaient une évidence ?

Délocaliser le roman m`a donné une plus grande liberté. Si le roman s`était déroulé à Paris, les lecteurs et peut-être aussi la presse se seraient posés des questions pour savoir de qui je m`étais inspirée, au lieu de s`en poser sur le fond. Puis j`aime assez délocaliser mes romans, ça me permet de voyager, je suis allée sur place et j`ai parcouru les rues afin de situer l`itinéraire de mon personnage principal. J`aime beaucoup travailler sur le vif.



Les nombreuses voix du texte sont à la fois effacées par la forme – vous utilisez souvent le discours rapporté – et assourdissantes, car omniprésentes. Qu`avez-vous voulu signifier par ce travail sur la polyphonie ?

Quand j`écoute les dialogues ou les conversations des gens, je suis toujours surprise de la pauvreté de leurs échanges, la brièveté de leurs idées, l`absence de contenu. Un dialogue doit correspondre à son temps, on ne parle plus comme Chateaubriand, alors pourquoi faire des dialogues à la manière de…? le dialogue ou les voix ne sont pas forcément porteurs de sens, ils articulent plutôt le texte.


Votre héros est entouré d`opportunistes, de tyrans ou de fous : pourquoi avez-vous choisi de le placer dans un tel décor ?

Ce n`est pas un décor spécialement fabriqué pour le roman. Je m`appuie beaucoup sur le réel, j`observe les gens que je croise, j`écoute les conversations, je pense à notre époque, j`essaie de la décrypter pour mieux en comprendre les dérives. Les personnages du roman ne sont pas exagérés, j`en connais beaucoup qui correspondent assez bien à ces descriptions. Cela dit, j`ai une grande tendresse pour ces gens que vous désignez comme opportunistes, tyrans ou fous. Je ne les juge pas, jamais et j`accepte sans problème les gens comme ils sont. Par ailleurs, je déteste les gens fades ou plats, sans relief.



La structure décousue du récit renvoie-t-elle aux sentiments du héros ? Au monde fragmenté de la téléréalité ? Ou est-elle une façon de prévenir le mouvement du lecteur-spectateur, trop habitué à ‘zapper` ?

Il y a deux temps qui s`imbriquent l`un dans l`autre. On est en effet de plus en plus fragmenté dans notre démarche, ça ne se limite pas seulement à la télévision ou à la téléréalité et je prends cela en compte quand j`écris. Comment penser en fragmenté, comment trouver un fil conducteur quand visiblement il n`y en a plus ? Faut-il un fil conducteur ? Peut-on s`en passer ? Ça permet aussi de changer de point de vue rapidement, de tourner autour à la manière d`une caméra.


C`est un roman très visuel, duquel se dégage un incroyable souci du détail, des mouvements, des émotions. On a l`impression que votre regard balaye les scènes et guide ainsi votre plume. Comment vous y prenez-vous, pour écrire ?

Je m`assois (quand j`ai un endroit pour le faire, sinon je peux écrire debout) et j`écris. J`ai toujours un calepin sur moi. Pour les descriptions, je les note au fur et à mesure de mes excursions puis si la réalité ne me convient pas, je la change, je modifie des détails, je synthétise des personnages. Mais j`aime me fonder sur quelque chose de réel et à partir de là, j`extrapole.



Vous dénoncez la dictature du story telling, et la tyrannie de l`écriture positive – il faut être positif, ne pas broyer du noir, faire de la littérature sans être trop littéraire. Est-ce que vous ressentez vous-même ces menaces en tant qu`écrivain ?

Je ne vois pas cela comme des menaces. Je vois qu`il y a un problème et j`essaie de le penser en me posant des questions. Peut-on encore penser s`il faut être positif et obéissant ? On est de plus en plus volontairement formatés et obéissants. La société s`est construite sur des inventions et créations venant de gens qui n`étaient pas satisfaits, qui n`hésitaient pas à dire que quelque chose n`allait pas. Si l`on ne peut plus dire non, ça ne va pas, comment penser demain ? Si tout va bien, pourquoi changer quelque chose, pourquoi l`améliorer ?



Quelques questions à propos de ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Ce n`est pas un livre qui m`a donné envie d`écrire.


Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?

Je n`ai jamais eu envie d`arrêter d`écrire.


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Splendeurs et Misères des courtisanes d`Honoré de Balzac.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Le Rouge et le Noir de Stendhal.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

L`homme sans qualité de Robert Musil.


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs?

Ils sont déjà repérés par le public, ou pas encore publié.


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

La Bible et le Coran.


Et en ce moment que lisez-vous ?

Le Réel, traité de l`idiotie de Clément Rosset.



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Vidéo de

27 oct. 2022 Rencontre en ligne Un endroit où aller du 10/10/2022 avec Pia Petersen pour son roman "La vengeance des perroquets" paru aux éditions Les Arènes. Elle est interviewée par Frédérique Deghelt.


Citations et extraits (114) Voir plus Ajouter une citation
"Ce n'était pas son roman, c'était le roman des autres. Le roman ne lui parlait plus." (p. 71)
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« Ne parle surtout pas d’écriture. On s’en fout de ça. » (p. 48)
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« Il s’interroge trop. Elle s’arrête pour y penser. [...] les mots s’agrippent à son cerveau, elle a beau secouer la tête, ils s’agrippent et elle n’arrive plus à s’en débarrasser des pensées et des questions affluent malgré elle. Elle trouve insupportable cette intrusion qu’elle ne contrôle pas et qui ne correspond pas à ce qu’elle désire. Un roman qui s’impose de cette manière ne marchera jamais. Un livre doit être rapide, il ne faut surtout pas s’arrêter pour réfléchir ou revenir en arrière, il faut foncer droit devant, il faut le lire vite pour être sûr de ne pas perdre le fil. Un livre doit être consommé avec impatience. »
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Gary retourne sa chaise et contemple la feuille vide devant lui. Il se tâte pour écrire mais à quoi bon ? Ça ne sert plus à rien. Le monde sombre dans l’ignorance, dans la déshumanisation, dans le totalitarisme, dans l’obsession de la sécurité, dans le profit, les hommes sont réduits à n’être plus que des vecteurs économiques, il y a trop d’hommes et ils ne comptent plus du tout, l’esprit critique n’est plus possible, remplacé par j’aime, je partage et lui, il se demande si ça sert encore à quelque chose d’écrire.
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Gary retourne sa chaise et contemple la feuille vide devant lui. Il se tâte pour écrire mais à quoi bon? Ca ne sert plus à rien. Le monde sombre dans l'ignorance, la déshumanisation dans le totalitarisme dans l'obsession de la sécurité dans le profit, les hommes sont réduits à n'être plus que des vecteurs économiques; il y a trop d'hommes et ils ne comptent plus du tout, l'esprit critique n'est plus possible, remplacé par "j'aime, je partage", et lui, il se demande si ça sert encore à quelque chose d'écrire. A une époque, il pensait que la littérature contribuait à la construction de la société, qu'elle apportait une vision des choses. Elle était cet intervalle où il était encore possible de penser en continu, avec un fil conducteur.
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« L’homme ordinaire était le nouveau héros, le type même de la téléréalité. C’était lui maintenant qui définissait la norme de ce qui était bien ou mal. Obéissant, il disait toujours oui, il était l’homme positif, celui qui pouvait être sympa tout en était lâche. L’acceptation était hissée au rang de l’héroïsme. Dire non poussait au débat, dire non condamnait à la marge, dire non excluait de la norme, dire non était négatif. »
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La semaine suivante, tout s’accéléra et la maison de Ruth et Gary devint un immense champ de bataille. Une assistante et deux caméramans débarquèrent avec beaucoup de matériel et commencèrent l’installation des caméras vidéo dans toutes les pièces. Une camionnette prit place devant la maison. La régie, expliqua l ’assistante. Tout est là-dedans. Cette effervescence excitait Gary, il suivait l’assistante et posait des questions et prit des notes. On ne sait jamais, lui confia-t-il. Ça peut donner lieu à un roman. Il travaillait toujours comme ça, il prenait des notes partout et en faisait des décors pour ses romans. Puis l’excitation muta.
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Le quai du métro de Highland Park est désert, à part un adolescent qui joue sur son smartphone. Je me demande si le gamin est conscient qu’il donne les clefs de sa vie privée à des multinationales. La Silicon Valley est l’un des endroits les plus riches de la planète et peut-être le plus dangereux. Les nouveaux seigneurs du monde ne possèdent pas seulement l’économie mais ils nous insufflent aussi la perception de la société selon laquelle nous vivons tous, et ils en font ce qu’ils veulent. D’après ce que je vois et crois comprendre, la Silicon Valley est dirigée par une bande de gamins immatures devenus des adultes immatures. Leur bible ? Le Seigneur des anneaux de Tolkien. Et les travaux d’Ayn Rand, une philosophe et romancière américaine d’origine russe qui défend une philosophie objectiviste. Elle est la mère du libertarianisme et la référence absolue des dirigeants de la Silicon Valley. Elle a su s’imposer par le biais de nombreux essais philosophiques dont La vertu d’égoïsme et deux romans, La Grève et La Source vive et elle est fascinante et effrayante. Rand prône l’idée de ne jamais se sacrifier pour les autres pour vivre dans un excès d’égoïsme et d’individualisme. L’égoïsme rationnel, un égoïsme considéré comme fondamental dans une société disruptive, est appliqué mot pour mot par des entrepreneurs qui se considèrent comme esclaves d’un système d’État totalitaire et otages d’un altruisme d’État qui les empêche de travailler et de se développer.
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Elle pensait que la vie est un drôle de truc,comme une marche vers la mort et puisqu'on arrivait forcément à sa destination ultime,autant y aller le coeur léger et le désir satisfait.
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Il aurait pourtant du être heureux, oui, pourquoi est-ce qu'il n'était pas heureux alors qu'il avait réussi tout ce qu'il avait entrepris et pourquoi est-ce qu'il se sentait déstabilisé et amer, en colère?
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