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Citation de Charybde2


Le sourire terrifiant
Un matin, je constate grâce au miroir de la salle de bains la présence d’un sourire terrifiant sur mon visage. Je regagne aussitôt la chambre afin de demander à Claire ce qu’elle en pense, mais à peine suis-je devant elle que le sourire terrifiant quitte mon visage et va s’installer sur le le sien. Claire se regarde à son tour dans le miroir et commence à rouspéter. Je lui tapote un peu l’épaule, mais elle rouspète de plus en plus et se met à m’insulter et à me hurler dessus, toujours avec le sourire terrifiant, qui manifestement ne veut plus quitter son visage.
– Allons, allons, dis-je.
Ensuite, Claire me saisit par le col et me secoue si fort que je suis sur le point de m’évanouir, mais heureusement, à ce moment-là, on sonne. Je titube jusqu’à la porte et ouvre au voisin qui n’a qu’une main. Je l’aide à ouvrir un bocal de cornichons. Il me remercie et en le regardant je vois que le sourire terrifiant s’est installé sur son visage. Je m’abstiens de le lui faire remarquer. Je le salue poliment. Je referme la porte. Je retourne auprès de Claire et je lui tapote encore un peu l’épaule.
– Ça va mieux, me dit-elle, l’affreux sourire est parti.
– Terrifiant, dis-je. Le sourire terrifiant.
– J’espère qu’il ne reviendra jamais.
– Il est sur le visage du voisin, pour l’instant.
– Celui qui n’a qu’une main ?
– Oui.
– Il va le garder, tu crois ?
– Probablement, dis-je. Il ne sort jamais. Il ne croise personne à part nous.
– Alors il ne faut plus lui ouvrir. Tu m’entends ?
– C’est un peu délicat. Il ne peut pas s’en sortir tout seul avec ses boîtes de sardines et ses bocaux de cornichons. Nous allons passer pour des grosses merdes.
– Je m’en fiche. Il peut manger autre chose. De toute façon, les boîtes de conserve, c’est dégueulasse.
– Certes, mais là n’est pas la question… En même temps, nous allons déménager dans quinze jours…
– C’est vrai.
– J’aime autant ça.
– Moi aussi. Espérons qu’il n’ait pas de bocal à ouvrir durant les deux prochaines semaines.
– Oui, espérons.
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