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Note moyenne 3.84 /5 (sur 45 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 19/10/1964
Biographie :

Ingénieur agronome et diplômé de Sciences -Po, Pierre Larrouturou est l'un des rares économistes à avoir annoncé la crise financière. Il est le pilote des Etats généraux de l'emploi organisés par Europe écologie-Les Verts.
Il est conseiller régional d'Ile-de-France.


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Il faudrait débloquer 1000 milliards d'euros pour sauver le climat : c'est le constat établi par Anne Hessel, Pierre Larrouturou et Jean Jouzel. Dans leur dernier ouvrage intitulé "Finance, Climat, Réveillez-vous" les trois auteurs mettent en garde contre les catastrophes à venir : sécheresses, canicules, inondations... mais proposent aussi des solutions pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Ils ont rencontré à Montpellier leurs lecteurs et échangé avec eux sur cette problématique d'ordre mondial. Un événement organisé par la librairie Sauramps. Retrouvez l'ouvrage en magasin ou sur notre e-shop : https://bit.ly/2MLo2gl

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Albert_92000   02 septembre 2014
La grande trahison. Les élites ont abdiqué. A nous de reprendre la main de Pierre Larrouturou
C'est un cercle vicieux : le gouvernement mise sur le retour de la croissance pour sortir du chômage mais, tous les mois, plus de 70 000 familles voient leurs revenus très fortement diminuer. Ces familles ne peuvent évidemment que baisser leur consommation. Quant aux autres, celles et ceux qui gardent un revenu « normal », quelles raisons ont-ils de se sentir spécialement optimistes ? Quels motifs ont-ils de consommer plus s'ils ont peur de perdre bientôt leur emploi ou de voir les impôts augmenter et leur retraite diminuer ? Le serpent se mord la queue : plus on attend le retour de la croissance et plus on s'enfonce dans la crise…

Jamais il n'y a eu autant de chômage. Jamais non plus il n'y a eu autant de précarité : plus de 80 % des embauches réalisées en France en 2013 sont des CDD. Les emplois normaux (CDI à temps plein) représentent maintenant moins de 13 % de celles-ci. Là encore, c'est un cercle vicieux : quand les carnets de commandes sont si peu remplis, quand nul ne sait de quoi demain sera fait, quand même les dirigeants du pays semblent naviguer à vue, quel patron de PME peut avoir envie de signer un CDI en ayant la certitude de pouvoir garder le nouveau salarié pendant plusieurs années ?

Quand ils atteignent un tel niveau, le chômage et la précarité ne concernent pas seulement les chômeurs, les précaires et leurs familles (ce qui fait déjà une foule considérable) : des millions de salariés qui ont un emploi savent que le chômage est présent, telle une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes.

La souffrance au travail était un problème marginal il y a trente ans. Aujourd'hui, c'est une pathologie de plus en plus répandue. Cette souffrance peut être physique – maladies liées aux cadences trop rapides ou à des stations immobiles trop longues – ou morale. En mars 2014, on apprenait que dix salariés s'étaient donné la mort depuis le début de l'année chez Orange. Et pour dix qui se suicident et dont parlent les médias, combien sont en dépression dans des PME inconnues ?

En mars dernier aussi, l'Insee nous apprenait que 50 % des salariés voudraient changer de travail sans pour autant le faire : ils s'ennuient, se sentent à l'étroit dans leurs postes. Mal payés ou mal traités, ils restent malgré tout dans l'entreprise. Pourquoi ? Parce qu'ils ne peuvent pas trouver mieux ailleurs. En situation de plein-emploi, un salarié qui s'ennuie, subit une charge de travail trop importante ou n'a pas un salaire correspondant à ses responsabilités peut donner sa démission et trouver un autre poste assez rapidement. Mais quand il y a 6 millions d'inscrits à Pôle emploi, qui a l'audace d'oser démissionner ?

Le travail devrait être un espace de créativité et d'épanouissement. Il devient pour beaucoup un lieu de routine ou de stress, auquel on se rend avant tout pour gagner son salaire. Souffrance au travail et souffrance liée au non-travail sont deux facettes d'un même problème : le chômage de masse.

Oui, à un tel niveau, le chômage gangrène toute la société.

Quelle est la première cause d'échec scolaire des enfants ? Le chômage et la précarité des parents.

Quelle est la première raison de mal-intégration des jeunes « issus de l'immigration » ? Le chômage et la précarité.

Quels sont les premiers responsables de la délinquance montant dans tous nos quartiers ? Le chômage et la précarité !

« C'est le chômeur du troisième étage qui va voler la télévision de la petite vieille du sixième pour gagner 50 euros, m'explique un policier. Je ne dis pas ça pour le justifier, évidemment : c'est un délit, et ça peut être très traumatisant pour la vieille dame ! Mais il est rare qu'un gars ayant un boulot et un salaire corrects s'amuse à commettre ce genre de délits. Pour faire reculer la délinquance et l'insécurité, il faut donner les moyens d'agir à la police et à la justice, mais aussi faire radicalement reculer le chômage et les petits boulots. »
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Albert_92000   02 septembre 2014
La grande trahison. Les élites ont abdiqué. A nous de reprendre la main de Pierre Larrouturou
14 août 2013 - L'Insee annonce que la croissance du PIB a été de 0,5 % au second trimestre. Ce petit rebond ne signifie rien, car il est dû pour l'essentiel à une augmentation des stocks des entreprises et à un hiver plus long que la normale qui a obligé les Français à consommer plus de chauffage. Et même avec ce rebond accidentel, l'Insee ne prévoit que 0,3 % de croissance pour l'ensemble de 2013. Cela reste très modeste, mais cela n'empêche pas Pierre Moscovici de jubiler : dans tous les médias, il se réjouit de ces 0,3 %, alors qu'il y a un an, en arrivant à Bercy, il tablait pour 2013 sur une croissance de 1,7 % !

Une croissance du PIB de 0,3 %, si on enlève la croissance de la démographie (0,4 %), cela fait une baisse du PIB par tête de 0,1 %. Voir un ministre qui passe d'une télé à l'autre pour se réjouir d'une baisse du PIB par tête et rabâcher que la crise est finie, c'est une grande première dans l'histoire de notre pays.
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Albert_92000   02 septembre 2014
La grande trahison. Les élites ont abdiqué. A nous de reprendre la main de Pierre Larrouturou
L'un des discours les plus importants jamais prononcé par un patron de banque centrale - 17 septembre 2013 - Aux États-Unis, le président de la Banque centrale doit prononcer son grand discours de rentrée. Tout le monde s'attend à ce que Ben Bernanke annonce un retour à la normale de la politique monétaire : depuis 2008, la banque centrale a fait tourner la planche à billets comme jamais elle ne l'avait fait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais, comme le chômage est retombé à un niveau « raisonnable » et que le gros de la crise semble derrière nous, tout le monde pense que Bernanke annoncera un retour à la normale.

Surprise ! Bernanke explique au contraire que la crise n'est pas finie et que les indicateurs servant habituellement à juger de l'état d'un pays donnent une image fausse de la réalité. Il insiste en particulier sur les chiffres du chômage qui donnent une vision trop positive de la réalité, car chaque mois 400 000 à 500 000 Américains tombent dans les chômeurs découragés : convaincus qu'ils ne trouveront pas d'emploi, ils n'ont plus droit à la moindre allocation et ne voient pas à quoi sert d'aller s'inscrire au chômage. Ils disparaissent donc des statistiques, même s'ils sont toujours dans la misère la plus totale.

« Le bon indicateur pour juger de la situation du pays, ce n'est pas le taux de chômage, mais le taux d'activité », explique Bernanke. Et celui-ci s'effondre mois après mois. Seuls 63 % des adultes en âge de travailler sont actifs (actifs occupés ou actifs au chômage).

Le roi est nu ! Avec une dette publique qui monte verticalement et un taux d'activité qui plonge, on comprend que Bernanke s'inquiète. Même en ayant créé ex nihilo 900 milliards de dollars en un an pour acheter les bons du Trésor4 et tenir à bout de bras les structures dans lesquelles on a stocké une bonne partie des prêts immobiliers contaminés, il reconnaît que, non seulement les États-Unis ne sont pas sortis de la crise, mais qu'ils s'y enfoncent mois après mois : la croissance du PIB par tête ne sera que de 0,9 % en 2013, et jamais le pays n'a connu un tel effondrement du taux d'activité.

C'est sans doute l'un des discours les plus importants jamais prononcé par un patron de banque centrale, mais on en a très peu parlé en France : le cinquante-deuxième épisode du combat entre François Fillon et Jean-François Copé est évidemment plus important !
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Albert_92000   02 septembre 2014
La grande trahison. Les élites ont abdiqué. A nous de reprendre la main de Pierre Larrouturou
7 juillet 2013 - Rencontre à Matignon avec cinq conseillers du Premier ministre. Le 15 juillet au soir, Jean-Marc Ayrault a dîné avec l'un de ses plus proches conseillers et lui a dit qu'il ferait le maximum pour obtenir un changement de politique pendant l'été. Avant de se lancer, le Premier ministre veut que les « technos » du cabinet vérifient la solidité de nos solutions en matière de logement, d'énergie, de fiscalité… Le matin du 17, la conseillère Emploi me prévient qu'un ancien du Trésor participera à la réunion programmée en fin d'après-midi : « Je ne suis pas du tout certaine qu'il partage vos analyses. Il doit être très très loin de ce que vous proposez, Rocard et toi. Tu as intérêt à y aller mollo », me dit-elle.

Mais, à 17 heures, alors que commence la réunion, le conseiller tant redouté explique qu'il a lu notre livre et qu'il partage l'essentiel de nos analyses : « Je suis tout à fait d'accord avec l'une des thèses fondamentales de Pierre et de Michel Rocard : le scénario le plus probable, c'est une croissance à la japonaise : une croissance flat, entre 0 et 1 % pendant très très longtemps. Et, vu l'état du système bancaire, vu l'état de la zone euro, des États-Unis, du Japon et de la Chine, on peut à tout moment avoir une nouvelle crise, et donc une grosse rechute. Avec notre boîte à outils, on est bons dans 15 % des scénarios. Mais dans 85 % des cas, on n'est pas bons… »

Silence gêné autour de la table.

Un deuxième conseiller prend la parole. Lui aussi est d'accord : il n'y a aucun espoir que la croissance revienne à un niveau suffisant pour sortir notre pays du chômage de masse. Après un rapide tour de table, le conseiller-venu-du-Trésor reprend la parole et, « puisque tout le monde est d'accord », propose qu'on passe au point suivant : dans ce contexte de croissance 0, quel contenu donner à l'acte II du quinquennat que veut annoncer Jean-Marc Ayrault à la fin de l'été ?

Le conseiller social le coupe : « Tu dis qu'on est tous d'accord sur le contexte économique. C'est vrai. Mais il y a quand même un problème. Le président de la République a affirmé le contraire dans l'interview du 14 Juillet : la reprise est là ! »
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Pierre Larrouturou
Musikant   01 février 2015
Pierre Larrouturou
En 1984, Yvon Gattaz - père de Pierre Gattaz, actuel président du Medef - affirmait que, ne supprimant l'autorisation administrative de licenciements, 471 000 emplois seraient créés. Pour justifier ce chiffre précis, il avait fait réaliser une "étude" par une officine amie. Après deux années de lobying, Yvon Gattaz avait obtenu ce qu'il voulait. Et pourtant, vingt ans plus tard, le député UMP Etienne Pinte a affirmé que cette réforme n'avait créé "aucun emploi".
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Pierre Larrouturou
Musikant   01 février 2015
Pierre Larrouturou
Crise sociale, crise financière, crise environnementale, crise de l'Europe... Dans tous ces domaines, nous approchons d'un point de basculement, d'un point de non-retour. Et quel est le point commun à toutes ces crises ? Le déficit de démocratie ! La confiscation du pouvoir par une petite oligarchie qui n'agit que pour ses intérêts de court terme. Une oligarchie dont la paresse et l'aveuglement nous conduisent dans le mur.

"La démocratie, en principe, c'est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, mais en réalité, c'est aujourd'hui le gouvernement du peuple par les 1% les plus riches et pour les 1% les plis riches" s'indignait Joseph Stiglitz en juillet 2012.
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Pierre Larrouturou
Musikant   01 février 2015
Pierre Larrouturou
Pourquoi sept ans après le début de la crise des subprimes, a-t-on dépensé des centaines de milliards pour renflouer le système financier alors que, au delà des discours et des effets d'annonce, aucune règle du jeu n'a été changée ? Les banques sont-elles intouchables ? Qui les protège ?

Comment expliquer que la loi de séparation des banques votée en France ne sépare rien et laisse les traders spéculer avec la garantie de l'Etat ? Comment expliquer que, deux ans après leur arrivée au pouvoir, les socialistes français n'aient toujours rien fait de sérieux pour lutter contre les paradis fiscaux ?
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Pierre Larrouturou
Musikant   01 février 2015
Pierre Larrouturou
Selon l'étude Emploi de l'Insee publiée en août 2013, la durée du travail pour un salarié à plein temps est revenue à 29,5 heures ! On lit et on entend partout que "la France est passée à 35 heures". En réalité, selon l'Insee, la durée réelle d'un temps plein est supérieure à 39 heures, en moyenne.

Paradoxe inexplicable ! Jamais nous n'avons injecté autant d'intelligence dans la système économique, mais jamais nous n'avons mis aussi peu d'intelligence pour faire évoluer notre système social. Il faut sortir de ce non-sens. Il faut mettre fin au scandale.
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Pierre Larrouturou
Musikant   01 février 2015
Pierre Larrouturou
"Faire sans arrêt la même chose en espérant des résultats différents, c'est pure folie", disait Albert Einstein. Depuis trente ans, nos dirigeants font sans cesse la même chose et ils s'étonnent que la courbe du chômage ne fléchisse pas. En réalité, aucun n'a compris la gravité de la situation. Ils gèrent le dossier du chômage comme un autre dossier. Les quatorze ministres du Travail qui m'ont précédé ont échoué ! pourquoi ferais-je mieux ?
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Brocoli   01 décembre 2011
Pour éviter le Krach ultime de Pierre Larrouturou
Paradoxe inexplicable ! Jamais nous n'avons injecté autant d'intelligence dans le système économique, mais jamais nous n'avons mis aussi peu d'intelligence pour faire évoluer notre système social. Il faut sortir de ce non-sens.
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