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Note moyenne 4.21 /5 (sur 110 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 5/01/1906
Mort(e) à : Créteil , le 4/11/1987
Biographie :

Pierre Seghers, né le 5 janvier 1906 à Paris et décédé le 4 novembre 1987 à Créteil, fut un éditeur et un poète français.

Pierre Seghers (qui écrivait dans la clandestinité sous le pseudonyme de Louis Maste ou de Paul Rutgers) fait ses études secondaires au lycée de Carpentras et obtient le baccalauréat de philosophie. De sa rencontre avec Louis Jou en 1930, il se prend de passion pour la poésie et les livres. Il exerce divers métiers avant de se consacrer à partir de 1938, à la poésie. En septembre 1939, il est mobilisé et fonde une revue Poètes casqués. Dès le début de la guerre (1940), il entre dans la résistance et participe aux publications clandestines (Éditions de minuit, Cahiers de la Libération, etc...).

En 1943, avec ses amis François Lachenal, Paul Éluard et Jean Lescure, il rassemble les textes de nombreux poètes résistants : L'Honneur des poètes publiés aux Editions de Minuit. Face à l'oppression, les poètes chantent en chœur l'espoir, la liberté.
En 1975, il a soutenu une thèse de doctorat à l'Université Paris-X, sur La poésie en France et la culture populaire.
En 1969, il cède sa maison d'édition à Robert Laffont pour se consacrer à ses propres travaux.
En 1983, à la demande de Jacques Chirac, maire de Paris, il crée, avec son ami Pierre Emmanuel, la Maison de la Poésie de la Ville de Paris.
Il fut notamment :
* le fondateur des Éditions de la Tour, en 1938, et des Éditions Seghers après guerre (il était à cet époque l'un des plus actifs éditeurs de poésie)
* un membre de la Résistance, aux côtés d'Aragon et d'Éluard ; en 1940, il créa et publia la revue Poésie 40, qui fut la revue des "poètes de la Résistance, ouverte à toutes les voix".
* le fondateur de la fameuse collection "Poètes d’aujourd’hui" lancée en mai 1944 dans un format inhabituel presque carré (15,5 cm x 13,5 cm), et qui alla de Paul Éluard jusqu'au numéro 268 (Pierre Morhange), puis de la collection "Poésie et chansons"».
* l'auteur de trois livres de référence :
o Le Livre d'or de la poésie française (des origines à 1940).
o La Résistance et ses poètes, 1940-1945 (Seghers, 1974, rééd. 2004).
o Le Livre d'or de la poésie française contemporaine, en deux volumes.
* l'auteur d'une œuvre poétique personnelle, rassemblée pour l'essentiel dans le volume Le Temps des merveilles (1978).
* l'auteur d'une monographie sur le peintre baroque Monsù Desiderio (Robert Laffont, 1981)
. Pierre Seghers a, d'une façon générale, tiré du si
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POÉSIE AFRICAINE – Pierre SEGHERS présente des poètes d’Afrique noire : 1/2 (1971) La retransmission du premier volet d’une série de deux soirées qui, à l’occasion d’une visite de Georges Pompidou en Afrique noire, était consacrée sur la poésie mauritanienne, sénégalaise, ivoirienne, camerounaise et gabonaise. Pierre Seghers était maître d’œuvre de ce spectacle retransmis, le 20 mars 1971, sur France Culture.
Citations et extraits (133) Voir plus Ajouter une citation
CorinneCo   16 février 2014
Le livre d'or de la poesie française. contemporaine de a à h. de Pierre Seghers
Lucien Becker



Quelque part....



Quelque part dans une maison calme

Le soleil passe à travers les volets

et la poussière se croyant seule se met à danser

sans autre bruit que celui que fait un insecte.

Il y a bien au loin le cri d'un enfant

ou celui d'un chien oppressé de solitude.

Il y a bien, dans l'herbre, le pas d'une source

où la mer vient, en se cachant, prendre pied.



Il n'y a plus soudain dans le jour immense

qu'on bourdon désorienté qui se cogne aux carreaux

qu'un oiseau brûlé de soleil

qui retombe comme une feuille au milieu des blés.

Et la chambre plus profonde que le monde

se tient dans l'ombre auprès de la porte

avec un cœur qui a cessé de battre

parce qu'il n'y a plus de soleil dans les volets.

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si-bemol   28 juin 2018
LE TEMPS DES MERVEILLES - OEUVRE POETIQUE 1938-1978. de Pierre Seghers
Dans la prison du sage un or se multiplie

qui ressemble aux reflets du soleil sur une eau

fuyant au long du temps. Un or qui se disperse

en rayons, en regards et en complicité

silencieuse. Les bruits lointains qui retentissent

n'arrivent plus ici. Dans la tour du Savoir

un feu fera du Rien le déambulatoire

qui va de porche en porche et reconduit au Rien.

Mais qu'importe. Un feu éclaire la durée,

Il illumine le passage, il fait une vie de plain-chant

dans le pays des pas-perdus. Et une lampe

suffit à la rançon, mais nul n'est détenu.
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AnnaAnnaB   26 mai 2020
La résistance et ses poètes France 1940/1945 de Pierre Seghers
Les roses de Paris bientôt refleuriront

Effeuillant leur cœur pur tout le long de la terre

Rouge du sang battant des cœurs de prolétaires

Et les chaînes rompues vers le ciel s'en iront

[René Blech]
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AnnaAnnaB   26 mai 2020
La résistance et ses poètes France 1940/1945 de Pierre Seghers
Et si le gai printemps un matin fait éclore

sur un tertre désert quelques boutons rosés

Porte-les à tes lèvres - amie

[René Blieck]
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coco4649   06 novembre 2015
Dis-moi, ma vie de Pierre Seghers
Dis-moi, ma vie, t'aurais-je traversée en songe comme un nuage

survolé de haut, toujours trop pressé pour te voir

Ou bien toi-même aurais-tu dérivé comme ces îles imaginaires

Ces Orénoques arrachées avec leurs arbres pleins d'oiseaux ?



Nous sommes-nous jamais rencontrés ? Dis-moi, ma vie

t'ai-je rêvée de temps en temps, t'ai-je tenue dans mes mains d'homme

à travers les saisons qui nous regardaient passer, toi et moi

T'ai-je blessée, éparpillée, ma propre poussière impalpable

Image au creux d'un miroir, inatteignable, s'effaçant ?



Où en serons-nous, toi et moi dans nos rencontres de mémoires

Sous nos griffures dérisoires qui nous ont mangé notre temps

Sous nos paroles chuchotées au creux d'une coupe qu'un rien renverse

Où tout se boit, où tout se voit, notre univers fut entrevu.



Était-ce une erreur monumentale ? Nous avions pourtant de beaux coffres

où brillaient nos noms. Ils furent remplis d'à peu près

D'insaisissable poursuivi, de feux lointains dans des villages

D'éventaires sur des presqu'îles... N'oubliant rien, oubliant tout...

+ Lire la suite
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Pierre Seghers
sabine59   24 mars 2018
Pierre Seghers
Toi



Dans l'étoile filante et l'appel des nuits bleues

Dans les doigts de vin doux et les doigts orageux



Dans l'ombre où je te cherche et les jours où tu fuis

Dans le gémir du vent et les pans d'aujourd'hui



qui tombent , dans le glas et les torches qui brûlent

Dans le balancier d'or immobile aux pendules



Toi



( " Le temps des merveilles")
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sabine59   02 décembre 2018
Comme une main qui se referme - Poèmes de la résistance 1939-1945 de Pierre Seghers
Vos chiens et vos troupeaux en moi sont rassemblés

Et j'essaie de chanter le plus beau chant du monde.



Une hirondelle vole au bleu de votre ciel

Verdit le pré dans le creux du vallon. La colline

Est rousse , comme vos lièvres et vos genêts
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fanfanouche24   25 janvier 2019
Dis-moi, ma vie de Pierre Seghers
(...)

Laisse passer le monde

en d'autres se rêvant

Laisse glisser le temps sur ses miroirs. Sa trace

est celle de l'oiseau dans son vol, du caillou

jeté du haut de la falaise, une transparence absolue

Un oeil de quartz où le temps passe. Ni les idoles ni les vents

ne renverseront ces décors. Dans le désert, c'est un théâtre

où nous jouons, où nous improvisons nos rôles

depuis toujours écrits. Nous inventons depuis Summer

des épaisseurs d'ombres chinoises

pour nous regarder un instant.

La salle est vide

Une répétition sans fin. On croit s'y voir en s'y cherchant

sur le plateau qui roule un grand fleuve de foule

charriant son limon. D'autres viennent

qui entrent, répètent aussi et s'en vont. (p. 31)
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Myriam3   29 mai 2014
Le Livre d'or de la poésie française (Des origines à 1940) de Pierre Seghers
VII



Je vis, je meurs; je me brûle et me noie.

J'ai chaud extrême en endurant froidure:

La vie m'est trop molle et trop dure.

J'ai grands ennuis entremêlés de joie:



Tout à coup je ris et je larmoie,

Et en plaisir maint grief tourment j'endure:

Mon bien s'en va, et à jamais il dure:

Tout en un coup je sèche et je verdoie.



Ainsi Amour inconstamment me mène:

Et, quand je pense avoir plus de douleur,

Sans y penser je me trouve hors de peine.



Puis, quand je crois ma joie être certaine,

Et être en haut de mon désiré heur,

Il me remet en mon premier malheur.



Louise Labé
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aleatoire   25 septembre 2015
Le Livre d'or de la poésie française (Des origines à 1940) de Pierre Seghers
La gare



Gare de la douleur j'ai fait toutes tes routes.

Je ne peux plus aller, je ne peux plus partir.

J'ai traîné sous tes ciels, j'ai crié sous tes voûtes.

Je me tends vers le jour où j'en verrai sortir

Le masque sans regard qui roule à ma rencontre

Sur le crassier livide où je rampe vers lui,

Quand le convoi des jours qui brûle ses décombres

Crachera son repas d'ombres pour d'autres ombres

Dans l'étable de fer où rumine la nuit.



Gare de ma jeunesse et de ma solitude

Que l'orage parfois saluait longuement,

J'aurai longtemps connu tes regards et tes rampes,

Tes bâillements trempés, tes cris froids, tes attentes.

J'ai suivi tes passants, j'ai doublé tes départs.

Debout contre un pilier, j'en aurai pris ma part

Au moment de buter au heurtoir de l'impasse.



Léon-Paul Fargue
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