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Note moyenne 3.91 /5 (sur 34 notes)

Nationalité : Espagne
Né(e) à : Barcelone , 1960
Biographie :

Pilar Pujadas est née à Barcelone en 1960. Elle vit depuis très longtemps à Bruxelles, où elle travaille dans le domaine de la flexographie.

Avec "Soit dit entre nous, j’aime trop l’amour", elle publie son premier ouvrage et prépare plusieurs livres pour la jeunesse.

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Entretien avec Pilar Pujadas à propos de son ouvrage Cœur croisé :



02/06/2016

Des femmes, rongées par leurs fantômes intérieurs. Voilà qui sont les narratrices de votre roman, qui se racontent tour à tour face à un même objet, un cœur croisé rouge. Comment est née l’idée de ce soutien gorge qui fait parler les femmes ?



Une amie m’a confié un secret où il était question d’un soutien-gorge. Par respect, je tairai son histoire. Je dirai seulement que ce qui s’y passait dans sa mésaventure m’a beaucoup touchée. Et cela tombait bien, puisque j’attendais cet émoi qui m’est indispensable pour me mettre au travail. Cette histoire, bien qu’elle m’ait servi de détonateur, s’est évaporée à mesure que je brodais autour d’elle, mais le soutien-gorge a demeuré.



De quoi vous êtes-vous inspirée pour créer cette galerie de personnages féminins ?



Je me suis inspirée des femmes de mon entourage, celles qui partagent ma vie. Mes amies, les femmes de ma famille, mes voisines, moi-même. Mais à aucun moment j’en ai eu conscience. Je les ai laissées parler sans me poser de questions et, ce faisant, j’ai parlé à mon tour à travers elles.



Ces femmes sont hantées par leurs vieux démons et malgré les apparences, aucune n’est véritablement bien dans sa peau. Sont-ce ces maux de femmes qui ont motivé l’écriture du roman ?



En réalité, ces femmes ne sont ni bien ni mal dans leur peau. Elles SONT, et le fait d’ÊTRE entraîne immanquablement quelques fêlures. À la vue du soutien-gorge, un souvenir pénible refait surface qu’elles vont tenter d’étouffer de prime abord, pour ensuite trouver la force de l’affronter. Et c’est peut-être là leur particularité : elles font face à leurs vieux démons. Elles s’interrogent et veulent comprendre. C’est cela qui m’intéresse.



Sans dévoiler la fin du roman, pourquoi avoir choisi de ne laisser la parole qu’aux femmes ?



Les femmes sont venues spontanément, elles devaient certainement m’inspirer davantage que les homme pour ce roman. Je leur ai donné la parole, oui, mais les hommes sont tout de même présents. Je pourrais un jour les faire parler mais, dans l’impossibilité de me mettre à leur place, ce ne sera qu’à partir de la représentation que je me fais d’eux.



Votre roman possède une forme narrative originale : chaque personnage possède son propre chapitre et s’y exprime à la première personne. Pourquoi avoir choisi la forme du roman choral ?



En règle générale, c’est une forme qui me plaît. Chaque personnage a son temps de parole, et dans ce temps imparti ils vont dire ce qu’ils ont à dire. Chacun va le faire avec sa propre musique et va y laisser sa trace et sa mélodie.



Coeur croisé propose, à travers les expériences de ces femmes, un questionnement autour de la féminité et de l’amour. Vous évoquiez déjà une question similaire dans votre roman Soit dit entre nous, j’aime trop l’amour. Pourquoi être revenue sur ces thématiques ? Est-ce dans ces questions que naît votre volonté d’écrire ?



Dans les histoires que je raconte à travers mes cinq héroïnes, il n’est pas toujours question d’amour et de féminité, je pense notamment à Déborah, mais il est vrai que ces deux thématiques prennent une place très importante dans le livre. Oui, elles motivent ma volonté d’écrire car je tente certainement d’y comprendre quelque chose. Qu’est-ce que la féminité ? En quoi nous détermine-t-elle ? Qu’est-ce que l’amour ? Que devenons-nous quand il nous traverse ?



Vous parlez d’amour, mais pas façon série américaine ; plutôt façon “vraie vie”. Pourquoi ce réalisme ?



À mes yeux, l’amour façon « vraie vie » est bien plus romanesque et intéressant que tous les artifices que nous tentons de lui coller. L’amour est beau comme il est, avec ses ratages et son incomplétude. Nous aimerions qu’il nous remplisse alors qu’il a lui-même des trous. Il nous fait souffrir et nous le voudrions plus indulgent, tout en lui demandant de nous faire vibrer. À son contact il nous fait grandir, mais pas spécialement parce que l’on se sent pousser des ailes mais parce qu’une fois les ailes retombées, on devra puiser dans nos propres ressources.



La symbolique du vêtement est une question plutôt actuelle, compte-tenu des débats sur le genre. Vous l’évoquez par exemple avec l’histoire de Marie-France qui lutte pour assumer son bikini à la plage. Les débats actuels concernant la féminité et le féministe ont-ils, quelque part, motivé votre écriture ?



Je n’ai pas du tout réfléchi à cette question en écrivant le livre… Marie-France cherche à s’affranchir du poids qui exerce sur elle sa « sacro-sainte-famille » en osant porter un bikini à la plage. Le bikini est pour elle symbole de liberté et d’émancipation. Mais cela lui appartient. Ceci dit, j’aime l’idée du soutien-gorge comme dénominateur commun. Nous ne portons pas toutes le voile, mais bien un soutien-gorge !



Pilar Pujadas et ses lectures :



Quel est le livre qui vous a donné envie d’écrire ?



Ce sont les gens qui m’ont donné envie d’écrire. Plus exactement la complexité des gens, y compris la mienne.



Quel est l’auteur qui vous a donné envie d’arrêter d’écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?



Personne n’a réussi à le faire. Cela prouve à quel point je suis narcissique et prétentieuse.



Quelle est votre première grande découverte littéraire ?



Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras. Je l’ai lu à vingt ans et je suis rentrée corps et âme dans l’histoire de survie matérielle mais aussi affective de ses personnages. Elle me poursuit encore.



Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?



Mon livre de recettes. Je ne les retiens pas.



Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?



Hélas, il n’y a pas qu’un livre mais des rayons de livres. Je vais me rattraper !



Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?



Il s’agit du roman Tango tranquille de Verena Hanf, pas si méconnu ! Une histoire très humaine écrite avec beaucoup d’humour et de subtilité.



Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?



Je ne répondrai pas à cette question de peur de faire un jour partie des classiques à la réputation surfaite !



Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?



Quand on est aimé, on ne doute de rien. Quand on aime, on doute de tout. De Louis-Ferdinand Céline.



Et en ce moment que lisez-vous ?



Je viens de finir L`homme qui aimait les chiens de Leonardo Padura et ce soir j’entame En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut. Une belle soirée en perspective…



Entretien réalisé par Marie-Delphine



Découvrez Coeur croisé de Pilar Pujadas aux éditions Mercure de France :



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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Ladybirdy   04 décembre 2020
Je t'écris de Barcelone de Pilar Pujadas
Les gens pensent toujours qu’il faut dire les choses pour qu’elles s’arrangent. Il faut parler. Il faut tout dire. Encore faut-il trouver les mots, et le cas échéant, être entendu.
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Lowra   03 février 2014
Soit dit entre nous... J'aime trop l'amour de Pilar Pujadas
Le jour où nous sommes descendus à la réception d'un hôtel pour nous plaindre du lit, j'ai su que c'était fini.
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nathavh   02 juin 2016
Coeur Croisé de Pilar Pujadas
Il y avait de la douceur dans son existence, quelque chose de douillet et de moelleux qui amortissait les soucis du quotidien. Quelque chose de paisible et d'harmonieux qui la sécurisait et la préservait dans une sorte de cage dorée, à l'abri des réalités amères, loin de la folie du monde.

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nathavh   02 juin 2016
Coeur Croisé de Pilar Pujadas
A force de voir sans cesse des gens défiler, elle avait fini par ne plus leur accorder la même valeur. Devenue presque aveugle à leur dimension humaine, c'était en somme comme si elle n'avait plus affaire à des personnes mais à des corps. Des corps sans âme traînant derrière eux une valise remplie de futilités.
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nathavh   02 juin 2016
Coeur Croisé de Pilar Pujadas
Des mains qui savent y faire, pensa-t-elle. Des mains qui réparent, qui dépannent, qui construisent, qui restaurent. Mais qui peuvent également mettre une femme en pièces détachées.
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nathavh   02 juin 2016
Coeur Croisé de Pilar Pujadas
Mais une femme, peut-elle aimer la mère de l'homme dont elle est éprise ? Peut-elle aimer la femme qui la première l'a caressé ?
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nathavh   02 juin 2016
Coeur Croisé de Pilar Pujadas
Ne confonds-tu pas amour et étincelles, amour et feu d'artifice, amour et séduction ?
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nathavh   02 juin 2016
Coeur Croisé de Pilar Pujadas
Notre amour est doux comme le miel, pourvu qu'il ne devienne jamais amer.
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nathavh   24 décembre 2016
Soit dit entre nous... J'aime trop l'amour de Pilar Pujadas
Ses baisers ont le goût d'une île flottante, d'une crême brûlée, d'une salade de fruits, d'un éclair au chocolat. Quand il m'embrasse, je suis tout sauf une religieuse.

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nathavh   24 décembre 2016
Soit dit entre nous... J'aime trop l'amour de Pilar Pujadas
Jeanne Moreau : "L'âge ne vous protège pas des dangers de l'amour. Mais l'amour, dans une certaine mesure, vous protège des dangers de l'âge." Je me disais qu'à l'instar de FUMER TUE sur les paquets de cigarette, le ministère de la Santé devrait indiquer FAITES L'AMOUR sur les boîtes de médicaments contre l'arthrose.

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