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Citation de CREER


Ils avaient tous entre 17 et 19 ans. Trois gars et deux filles en route vers l’Asie dans un combi Volkswagen immatriculé 80.
Du Kurdistan à Téhéran, nous les avions dépassés je ne sais combien de fois. Et ce soir-là, à l’étape, ils nous contèrent la nuit fort singulière qu’ils venaient de passer au bord de la Caspienne.
Ils arrivèrent là-bas en même temps que le crépuscule. D’hôtels ? Point. Pas plus que de camps de camping ou d’endroit sûr où passer la nuit.
Ils se rendirent donc à la plus proche caserne, qui les envoya à la gendarmerie, qui les envoya au commissariat, où ils patientèrent longtemps. Enfin, le Commissaire de Sa Majesté le Shah voulut bien les recevoir.
– Des problèmes pour dormir en Iran ? Vous plaisantez !
Qui vous a parlé de cela ? L’Iran est un pays civilisé, Monsieur ! etc., etc.
Et puis, chagriné :
– On ne parle pas de l’hospitalité iranienne dans vos universités ?
Les jeunes n’en croient pas leurs oreilles.
– Cela ne m’étonne pas, grogne le commissaire.
Il fait mine de réfléchir un instant puis annonce en lorgnant les filles :
– En tout cas, une fois rentrés chez vous, vous pourrez en témoigner de notre hospitalité. Car je vous invite à passer la nuit chez moi. Je possède un cabanon en bordure de mer. Il est inoccupé et fera parfaitement l’affaire.
A nouveau son regard s’attarde sur les filles :
– Je vous en prie, ne protestez pas. Ce sera… Comment dites-vous en français ? « A la fortune du pot ». C’est cela, « à la fortune du pot » ! Mais vous verrez, vous ne le regretterez pas.
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