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Note moyenne 3.94 /5 (sur 54 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Europe est une revue littéraire française.

Créée par Romain Rolland et son entourage, la revue Europe voit le jour le 15 février 1923 ; elle est alors publiée par les Éditions Rieder. Albert Crémieux est nommé directeur de la revue en janvier 1924.

Dès sa fondation, Europe a publié les textes d'auteurs aussi divers que Louis-Ferdinand Céline, Jean Giono, Panaït Istrati, Jules Supervielle, Rabîndranâth Tagore ou René Daumal. Dans les années 1930, on peut y voir se côtoyer des contributions de Philippe Soupault, Tristan Tzara ou Paul Nizan.

Dans les années 1940, on lit dans les pages de la revue des articles de Claude Roy, Gaston Baissette ou Emile Danoën. Par la suite, elle accueille nombre d'auteurs exilés, notamment les Allemands Walter Benjamin, Thomas Mann ou Joseph Roth.

À partir de 1952, Europe paraît sous la forme de numéros spéciaux et devient une revue littéraire de référence.

Durant les années 1960-70, de jeunes poètes ont été publiés dans une annexe de la revue, les Cahiers de Poésie.

Elle publie son numéro 1000 en août 2012. Elle a longtemps été proche du Parti communiste français.
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Source : Wikipédia
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
coco4649   13 septembre 2018
EUROPE, n°645-646 : Dobzynski de Revue Europe
Mère





J’aurai porté ton corps comme un sac d’ombre,

j’aurai vécu pour n’être plus de toi

que cette balle à la roulette russe

pari perdu d’un jour qui m’a meurtri,

j’aurai passé ta douleur comme un fleuve

sa flottaison de rêves tronçonnés,

moi l’habitant de ta plaie, locataire

de chaque cri qu’on ne peut acquitter,

j’aurai grandi jusqu’à n’être que larme

qui ne pouvait fleurir dans ton désert,

rose d’oubli, rose double du sable

de toi de moi partageant le miroir.

Ta plainte fut comme un loup dans la neige

qui me suivait, dévorant ma naissance,

sur chaque page où s’impriment tes pas

crève un abcès dont mes mots sont le pus.

Aimer, haïr, quel est le ver du fruit ?

Je t’ai trahi pour ne plus être l’orée

de la forêt d’où sortaient tes racines

pour m’investir de caresses mortelles.





// Charles Dobzynski (1929 – 2014)
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Julian_Morrow   23 mai 2019
Europe, numéro 894 : Jean Cocteau de Revue Europe
Que retient notre époque de l'oeuvre polymorphe de Jean Cocteau ? En premier lieu, ses réalisations cinématographiques, qui répondent le mieux aux attentes de notre ère audiovisuelle, puis son activité plastique et ses dessins, dont la fluidité et la concision frappent notre imagination, ensuite ses oeuvres dramatiques, qui allient les intrigues intemporelles au jeu classique de théâtre, enfin ses romans, où la vivacité du récit rejoint une étonnante économie du style. Quant à la poésie, elle n'apparaît qu'en dernier ressort. Or, pour Cocteau, la poésie est la base constitutive de toute sa production artistique.



David Gullentops

Jean Cocteau, poète

(p.30)
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gill   30 juillet 2016
Europe, n°394/395 de Revue Europe
Je n'aime pas que l'on me demande quels sont mes auteurs ou mes romanciers préférés.

Je n'aime pas que l'on me demande quels romans j'emporterais sur une île déserte.

Ce sont là des jeux et rien de plus.

La Culture, le fin du fin de la Culture, ce ne peut être une limitation du choix, un palmarès étriqué.

Aimer les romans c'est aimer, vouloir aimer le plus grand nombre possible de bons romans.

Aimer la Culture, vouloir une Culture vaste et vivante, c'est ouvrir, essayer d'ouvrir, des horizons sans limites aux domaines du récit et du chant, à toutes les formes créatrices de la pensée.

C'est comparer certes, mais pour ajouter, non pour amoindrir.

Ceci n'empêche ni l'esprit critique, ni les comparaisons ...

(Pierre Gamarra dans l'article "Un livre où l'on apprend à lire")
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gill   28 novembre 2014
La revue Europe - Lennegezh Breizh - littérature de Bretagne - de Revue Europe
La littérature bretonne existe-t-elle ? Une question qui en appelle bien d'autres.

La Bretagne existe-t-elle ? Et la littérature ?

Les réponses ne manquent pas.

Ainsi, du côté régionaliste est affirmée l'existence d'une Bretagne historique possédant une langue propre et une littérature.

Sans entrer dans le débat politique (soulignons cependant en passant la vision étroitement étatique) cela signifie qu'à la lettre n'est breton que ce qui est écrit en langue bretonne.

De ce point de vue, Jakez Hélias en parle avec justesse dans ses "Lettres de Bretagne", il faut avouer notre déception.

On peut recenser bien sûr des textes remarquables.

"Le brasier des ancêtres" (10/18) en compte beaucoup, comme "Le livre d'or de la Bretagne" de Ph. Durand (Seghers), mais très peu qui aient une portée universelle.

Ceci pour le passé.

Quant à aujourd'hui c'est bien pire.

Si la la "Littérature" consiste en une expérience où l'on risque sa langue, où s'affirme l'irréductible singularité du sujet par rapport à une culture, on voit mal quels peuvent être les équivalents dans la littérature bretonne de Joyce, Beckett ou Céline....

(extrait de "La Bretagne au pluriel", préface du 625ème numéro de la revue Europe, paru en mai 1981, consacré à la littérature bretonne et intitulé "Lennegezh Breizh" )
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gill   23 août 2012
Europe revue mensuelle n°439-440. Novembre-décembre 1965 - Romain Rolland de Revue Europe
Le centenaire de sa naissance, le 29 janvier 1866, va donner lieu l'an prochain à de nombreuses cérémonies au cours desquelles sera évoquée la mémoire de Romain Rolland.

Il appartenait à la revue qu'il a fondée en 1923 de préluder à ces évocations par un numéro spécial qu'à notre habitude nous faisons paraître avec une légère avance, afin que nos lecteurs des cinq parties du monde puissent l'avoir reçu et lu avant de participer eux-mêmes aux commémorations.

A notre habitude aussi, ce numéro ne consistera pas en un rassemblement d'hommages.

Si en 1926, pour ses soixante ans, il était normal que l'écrivain vivant reçoive de ses confrères dans nos pages le témoignage direct de leur estime, en 1955, dix ans après sa mort, nous avons déjà conçu notre numéro commémoratif comme un ouvrage documentaire, sert d'importants inédits...

(extrait de "Réalisme et Émulation" l'introduction à la revue "Europe" parue en décembre 1965 en hommage à Romain Rolland)
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gill   30 juillet 2016
Europe, n°394/395 de Revue Europe
"Europe" a consacré deux numéros spéciaux à Victor Hugo.

Le premier, auquel j'ai eu l'honneur de collaborer, en juin 1935 pour le cinquantenaire de sa mort.

Le second que j'ai eu la responsabilité de diriger, pour le cent-cinquantenaire de sa naissance, en février-mars 1952.

Celui-ci est spécialement consacré aux "Misérables", pour le centenaire de leur publication.

Trois numéros spéciaux pour le seul Hugo ?

On en ferait dix qu'on ne ferait pas le tour de la montagne.

Et on en reviendrait toujours à relire les oeuvres, quitte à y découvrir tout ce qui reste à en dire ...

(extrait de la préface, "Centenaire", signée par Pierre Abraham)
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CorinneCo   24 juin 2014
Benjamin Fondane, numéro 827 de Revue Europe
Tout à coup



J'étais en train

de lire un livre

quand tout à coup

je vis ma vitre

emplir son oeil absent d'oiseaux légers et ivres



Oui, il neigeait.

La folle neige!

Elle tombait

tranquille et fraîche

dans le coeur tout troué comme un filet de pêche.



C'était si bon!

et j'étais ivre

de ces flocons

heureux de vivre

que ma main oublieuse, laissa tomber le livre!



En ai-je vu

neiger la neige

dans le coeur nu !

Ah Dieu ! Que n'ai-je

su garder dans mon coeur un peu de cette neige !



Toujours en train

de lire un livre!

Toujours en train

d'écrire un livre!

Et tout à coup la neige tranquille dans ma vitre



(1944)

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oiseaulire   09 février 2019
Europe, numéro 892-893 - Août-septembre 2003 : Ingeborg Bachmann de Revue Europe
Fragments d'Anna d' Ingeborg Bachmann :



"Non ! Non ! (...) Mon père s'est échappé, il va encore une fois se relever, fortifier les portes de la ville, encercler les remparts, reprendre le commandement de la ville. Et sur moi son autorité ! J'ai peur, mes membres sont saisis d'effroi, je ne veux pas être seule, si loin en dehors de la ville et me traîner plus loin encore. Je crains celui qui va arriver, que l'on qualifie tantôt d'ennemi, tantôt de sauveur, je tomberai en son pouvoir. Mes yeux me trahiront, la ville est inscrite en moi et tout ce qui m'est arrivé. Comment puis-je trouver de la pitié si je ne veux pas en trouver ? Tout cela est trop, beaucoup trop pour moi. Ramenez-moi ! (...) Il n'est pas mon père ! (...) Je me suis trompée, je l'ai servi, je lui ai vendu mon sang pour un geste d'appartenance abject, je l'ai accompagné à travers la forteresse des ténèbres (...) J'ai trahi mes rêves, je les ai troqués contre les siens, je me suis perdue dans la ville, cette ville semblable à lui, et là où elle ne l'était pas, je n'ai pas compris que c'était là justement qu'il fallait s'en affranchir et la quitter !"

L'arrestation de Justine, l'assassinat de Basile avaient certes éveillé ses soupçons mais elle avait toujours repris les chaînes sur le point de se détacher d'elle. Elle avait été trois fois coupable par-delà sa faute. C'était trop, et elle comprit que c'était également trop tard.

"Il n'est pas mon père", déclara-t-elle aussi aux amis, de cette façon dont on avoue l'irrévocable.
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gill   30 juillet 2016
Europe, n°394/395 de Revue Europe
Qui que vous soyez qui vous nommez Préjugés, Abus, Ignominie, Oppression, Iniquité, Despotisme, Injustice, Fanatisme, Tyrannie, prenez garde au gamin béant.

Ce petit grandira ...

(Victor Hugo)
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CorinneCo   24 juin 2014
Benjamin Fondane, numéro 827 de Revue Europe
Je me suis déchaussé pour entrer dans la maison

du passé, j'ai ouvert le piano aux dents jaunes

j'ai essayé ma voix comme un couteau cassé

ce n'est rien. Je vous dis que ce n'est rien.

A peine un souffle qui pourrait éteindre une bougie

un cœur usé qui craint les escaliers raidis

une main qui tâtonne pour trouver une clé

qui n'ouvre rien qui ne soit déjà ouvert depuis

longtemps, une molle jambe qui fait sur le tapis des traces.

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