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3.26/5 (sur 116 notes)

Nationalité : Argentine
Né(e) à : Adrogué , le 24/11/1940
Mort(e) à : Buenos Aires , le 06/01/2017
Biographie :

Ricardo Piglia est né en 1940 à Adrogué, dans la province de Buenos Aires.

Romancier, nouvelliste, essayiste, critique littéraire et scénariste, il a également fondé et dirigé de célèbres collections de romans noirs. Son œuvre est traduite en cinq langues.

Ricardo Piglia a étudié l'Histoire à l'université nationale de La Plata. Puis il a travaillé pendant une décennie dans des maisons d'édition de Buenos Aires, y a dirigé la Série Noire, célèbre collection de romans policiers qui a publié Dashiell Hammett, Raymond Chandler, David Goodis et Horace McCoy
Son premier recueil de nouvelles, La invasión, est primé par la Maison des Amériques en 1967 mais c’est avec son roman Respiration artificielle (1980) et le recueil de nouvelles Faux nom qu’il devient une figure majeure de la nouvelle littérature argentine.
À partir du suivant, Ville absente (1992), Piglia a élaboré un livret d’opéra mis en musique par Gerardo Gandini en 1995. Il a reçu le prix Planeta en 1997 pour son roman Argent brûlé, le prix Bartolomé March de la critique en 2001 et le prix Roger Caillois en 2008.

Il est actuellement professeur à l’université de Princeton.
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Source : www.ameriquelatine.msh-paris.fr
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ARGENT BRÛLÉ de Ricardo Piglia


Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
Malito avait plusieurs manies. Le téléphone en était une. D'après lui, tous les téléphones de la ville étaient sur écoute. Mala la Folle en avait d'autres, d'après cet allumé de Dorda. Il ne pouvait pas supporter la lumière du soleil, il ne pouvait pas voir beaucoup de gens ensemble, il passait son temps à se laver les mains à l'alcool pur, aimant la sensation fraîche et sèche de l'alcool sur la peau. Son père était médecin (disait-on), les médecins se lavent les mains jusqu'au coude avec de l'alcool, à la fin des consultations, et il en avait hérité cette habitude.
Tous les microbes (expliquait Malito) se transmettent par les mains, par les ongles. Si les gens ne se serraient pas la main, la mortalité baisserait de dix pour cent, la population meurt à cause des microbes. Les morts violentes (d'après lui) ne représentaient pas la moitié des morts par maladie contagieuse et pourtant personne ne mettait les médecins en prison (riait Malito). Il imaginait parfois les femmes et les enfants dans la rue avec des gants de chirurgien et des masques anti-projections, tous masqués dans la ville pour éviter contacts et maladies.
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Qu'est-ce qu'un lecteur ?
Sur une photo, on voit Borges en train d'essayer de déchiffrer les lettres collé à son visage.Il est dans l'une des galeries supérieures de la Bibliothèque nationale de la rue de Mexico, accroupi , les yeux contre la page ouverte.
L'un des lecteurs les plus persuasifs que l'on connaisse, dont on peut imaginer qu'il a perdu la vue en lisant, essaie, malgré tout, de continuer.Cette photo pourrait être la première image du dernier lecteur, celui qui a passé sa vie à lire, celui qui a brûlé ses yeux à la lumière de la lampe. "Je suis maintenant un lecteur de pages que mes yeux ne voient plus" (p. 19)
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J’ai l’impression que Cueto dit toujours que les choses ont l’air différentes, quand en réalité sont pareilles, alors que moi, ce qui m’intéresse, c’est de montrer que les choses qui ont l’air pareilles sont en réalité différentes.
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On les appelle les Jumeaux car ils sont inséparables. Mais ils ne sont pas frères, ne se ressemblent pas. Difficile même de trouver deux types si différents. Ils ont en commun cette façon de regarder, des yeux clairs, calmes, une fixité perdue dans un regard méfiant. Teint rougeaud, sourire facile. Dorda est lourd, tranquille. Brignone est maigre, leste, léger, il a des cheveux noirs, une peau très pâle comme s'il avait vécu en prison plus de temps qu'il n'en a réellement passé.
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Moi aussi je vivais dans un monde transparent et, attiré par une certaine cathexis monacale, essayais de suivre une routine fixe, même si je me sentais de plus en plus perturbé. Je souffrais de petits troubles qui produisaient en moi d’étranges effets. Je ne parvenais pas à dormir et, au cours de ces nuits d’insomnie, je sortais marcher. La ville avait l’air inhabitée et je m’enfonçais dans les quartiers sombres, comme un spectre. Je voyais les maisons dans les ténèbres de la nuit, les jardins ouverts ; j’écoutais la rumeur du vent entre les arbres et parfois j’entendais des voix et des bruits obscurs. Je pensais même que ces nuits blanches et mes déambulations dans les rues désertes étaient en réalité des rêves et, de fait, je me réveillais le matin, épuisé, sans être certain de ne pas avoir passé la nuit à me retourner dans mon lit, sans quitter la chambre.
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"Vous pouvez m'appeler Sénateur", dit le Sénateur. " Ou ex-Sénateur. Vous pouvez m'appeler ex-Sénateur ", dit l'ex-Sénateur. " J'ai exercé cette charge de 1912 à 1916, et j'ai été élu grâce à la loi Saenz Peña. A l'époque, cette charge était presque à vie, si bien qu'en réalité vous devriez m'appeler Sénateur ", dit le Sénateur. " Mais étant donné la situation actuelle, il serait peut-être préférable, et pas seulement préférable, plus adapté à la vérité des faits et au sens général de l'histoire, que vous m'appeliez : ex-Sénateur ", dit l'ex-Sénateur. " Parce qu'en vérité, qu'est-ce qu'un Sénateur, sinon quelqu'un qui légifère et prononce des discours ? Mais quand il ne légifère pas ? Quand il ne légifère pas, il devient automatiquement un ex-Sénateur. Maintenant, si l'on conserve cette charge, ou plutôt cette fonction, la particularité de prononcer des discours, même si la personne ne vous entend et ne peut vous contredire, alors, en un sens, on reste un Sénateur. C'est pourquoi je préfère que vous m'appeliez : Sénateur ", dit le Sénateur.
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Le garçon d'El Mundo nota ce que Silva avait commencé à déclarer.
- Ce sont des malades mentaux.
- Tuer des malades mentaux n'est pas bien vu de la presse, ironisa le journaliste. Il faut les enfermer dans un asile, pas les exécuter...
Silva regarda Renzi d'un air fatigué. Encore cet insolent gamin, avec ses petites lunettes et ses cheveux bouclés, son air niais, qui ne comprenait rien à la réalité ni au danger de la situation, il avait l'air d'un parachuté, de l'avocat commis d'office ou du plus jeune frère d'un prisonnier qui se plaint du sort infligé aux criminels dans les commissariats.
- Et tuer des gens normaux, ça, c'est bien vu? répondit Silva de la voix basse de celui qui doit expliquer ce qui est évident pour n'importe qui.
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La voix leur parvenait déformée, comme une voix de fausset, une typique voix de connard, perverse et autoritaire, étrangère à tout autre sentiment que le plaisir d'humilier. Des types qui crient, sûrs qu'on va leur obéir ou s'effondrer. C'est la voix de l'autorité, celle que crachent les haut-parleurs, dans les prisons, les couloirs des hôpitaux, les fourgons cellulaires qui, dans la ville déserte, en pleine nuit, conduisent les prisonniers dans les souterrains des commissariats pour leur infliger des coups de matraque ou l'électricité.
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Nous pensons quelque chose et nous le lisons dans un livre qui semble avoir été écrit par nous, mais qui n'a pas été écrit par nous, mais par quelqu'un dans un autre pays, dans un autre lieu, dans le passé, comme une pensée non encore pensée, jusqu'à ce que par hasard, nous découvrions le livre où est clairement exprimé ce qui, confusément, n'avait pas encore été pensé par nous. Ce ne sont pas tous les livres, évidemment, mais certains livres semblent être des objets de notre pensée et nous être destinés.
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La vie, c’est comme un train de marchandises…c’est lent, ça en finis pas, on dirait qu’il va jamais s’arrêter de passer, mais à la fin tu reste là toujours, à regarder la petite lumière rouge du wagon qui s’éloigne.
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