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3.79/5 (sur 774 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Yonkers, New York , le 03/02/1926
Mort(e) à : Birmingham, Alabama , le 07/11/1992
Biographie :

Richard Yates est un romancier, nouvelliste et scénariste américain.

Il s'intéresse d'abord au journalisme et à l'écriture lors de sa fréquentation de l'Avon Old Farm School d'Avon dans le Connecticut. Après avoir quitté Avon, il rejoint l'armée, servant en France et en Allemagne lors de la Seconde Guerre mondiale.

Il est de retour à New York en 1946 et y travaille comme journaliste tout en effectuant des piges comme nègre littéraire (écrivant quelques discours pour le procureur général Robert Kennedy) et rédacteur publicitaire pour "Remington Rand".

Il commence sa carrière littéraire en tant que romancier en 1961 par la publication de "Revolutionary Road" (traduit et publié en français sous le titre "La fenêtre panoramique" en 1962).

Son roman est finaliste pour le National Book Award en 1962. Il figure dans la liste des 100 meilleurs romans de 1923 à nos jours du magazine "Times", en 2005.

En 1962 il publie son premier recueil de nouvelles, "Onze histoires de solitude" ("Eleven Kinds of Loneliness").

Il a ensuite enseigné l'écriture à l'Université Columbia, la New Scool, l'université de Boston, à l'Université de l'Iowa etc. On lui doit aussi deux scénarios, dont celui de "Le Pont de Remagen" ("The Bridge at Remagen"), un film de guerre réalisé par John Guillermin en 1969.

Il meurt d'un emphysème et des suites d'une opération bénigne.

En 2008 "Revolutionary Road" a été adapté au cinéma (titre français "Les noces rebelles") par le scénariste Justin Haythe et réalisé par Sam Mendes avec Leonardo di Caprio et Kate Winslet, qui a reçu le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique en 2009 pour ce rôle.

Le succès du film relance l'intérêt du grand public pour les œuvres de Yates, qui sont progressivement rééditées.
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Source : Wikipédia
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Retrouvez les derniers épisodes de la cinquième saison de la P'tite Librairie sur la plateforme france.tv : https://www.france.tv/france-5/la-p-tite-librairie/ N'oubliez pas de vous abonner et d'activer les notifications pour ne rater aucune des vidéos de la P'tite Librairie. Quel écrivain américain a dépeint avec un réalisme cruel l'enfer pavillonnaire et les naufrages intimes de la classe moyenne ? « La fenêtre panoramique », de Richard Yates, c'est à lire en poche dans la collection Pavillons chez Robert Laffont.


Citations et extraits (74) Voir plus Ajouter une citation
Et dire que je ne désirais même pas un bébé ! pensait-il tout en creusant le sol. N'est-ce pas le plus extraordinaire de toute l'affaire ? Pas plus qu'elle je ne désirais un bébé... Mais n'était-il pas vrai que dans sa vie, depuis ce moment-là, tout s'était déroulé sous la forme d'une suite de choses qu'il ne désirait nullement faire ? Il avait pris un emploi désespérément ennuyeux pour prouver qu'il pouvait assumer des responsabilités autant que n'importe quel chargé de famille ; il s'était installé dans un appartement coquet mais cher pour prouver qu'il croyait enfin dans les principes fondamentaux de l'ordre et de l'hygiène ; il avait eu un deuxième enfant pour prouver que le premier n'avait pas été une erreur ; il avait acheté une maison à la campagne parce que c'était l'étape suivante normale et qu'il avait voulu prouver qu'il était capable de l'entreprendre. Prouver, prouver...
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Les Machin et les Chose, tous les idiots qui sont chaque jour mes compagnons de train. Il y en a des millions. C’est une maladie. Personne ne pense plus, ne sent plus, ne s’occupe plus de rien. Personne ne s’intéresse et ne croit à rien, en dehors de sa propre petite médiocrité confortable.
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Les psychiatres ne s'embêteraient peut-être pas avec lui ; mais Dieu seul savait quelles délectations April leur procurerait !
À travers les rares anecdotes qu'elle lui avait rapportées sur ses propres parents, ceux-ci lui avaient paru aussi étrangers à sa compréhension et à sa sympathie que n'importe quel personnage des romans d'Evelyn Waugh. Se pouvait-il que des êtres pareils eussent réellement existé ? Il se les représentait comme des caricatures scintillantes des années 20, l'oisif à belle prestance et la pucelle à petite tête, mystérieusement riches, désœuvrés et cruels, mariés par le capitaine d'un paquebot en plein milieu de l'Atlantique et divorcés moins d'un an après la naissance de leur unique enfant.
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Les années passant, il avait découvert de légères distinctions entre ce quinzième étage et tous les autres du building ; non qu'il fût plus, ou moins, agréable, mais il était différent puisque c'était « son » étage, c'est-à-dire son épreuve quotidienne dans la sécheresse et les lumières, sa mesure personnelle de l'ennui. Il y avait appris de nouvelles manières pour chiffrer les heures de la journée : c'était presque l'heure du café ; presque l'heure de sortir pour déjeuner ; presque l'heure de rentrer à la maison. Et il en était arrivé à s'accommoder de ces sinistres gaspillages de temps entre ces plaisirs, tout comme un infirme parvient à s'accommoder de la certitude que ses souffrances vont revenir. Son quinzième étage était une part de lui-même.
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La pluie avait cessé ; mais c’était néanmoins une journée grise, humide, où on se sentait bien chez soi. La radio jouait doucement du Mozart, et une ambiance de calme gentil, parfumé de sherry, s’installa dans la cuisine. Voilà comment il aurait aimé que son mariage fût toujours : pas de nervosité, une bonne camaraderie, de la tendresse mutuelle, un soupçon d’idylle…

La Fenêtre panoramique de Richard Yates, Ed. pavillons Poche, p. 284.
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Il avait triomphé, mais il ne se sentait pas l'âme d'un vainqueur. Il avait dirigé avec succès le cours de sa vie, mais plus que jamais il se sentait victime de l'indifférence du monde. Cela ne lui semblait pas juste.
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Prentice mangea accroupi par terre, l'assiette en équilibre instable sur sa cuisse, trop loin des dos, des coudes et des têtes remuant au dessus de lui pour être associé à la conversation , trop embarrassé pour apprécier son repas. La scène illustrait trop bien , et de manière trop caricaturale, sa place au sein de la section : il était l'homme voué à arriver trop tard, le laissé-pour-compte et, surtout, le soldat cantonné à une position trop subalterne pour qu'on le remarque .
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Depuis toujours - ou au moins depuis l'âge de huit ou neuf ans -, Gloria usait d'une petite astuce efficace, devenue une sorte de réflexe, pour s’accommoder des déceptions mineures de l'existence. Quand vous déchirez l'emballage scintillant d'un cadeau médiocre et mal choisi, si vous parvenez à vous persuader que c'est exactement le présent que vous attendiez, vous ne risquez jamais d'avoir une réaction inopportune, et il arrive même que vous finissiez par croire à votre mensonge.
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Et cela valait très certainement le coup d’œil. Vue depuis cette falaise, l'improbable ligne d'horizon de New York, retranchée derrière l'Hudson, avait de quoi vous couper le souffle. On comprenait tout de suite que ces tours éclaboussées de jaune, d'orange et de rouge, avec leurs innombrables fenêtres embrasées, avaient une meilleure raison d'être que le commerce ; elles étaient là pour vous, comme pour répondre à un vœu, elles avaient pour objectif suprême d'élever vos aspirations, d'être à la hauteur de vos rêves.
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Imaginez que quelqu'un vous écrive une lettre et vous dise : "Bob, je n'ai pas eu le temps de vous écrire une lettre courte aujourd'hui, alors j'ai été obligé de vous en écrire une longue à la place."
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