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4.04/5 (sur 487 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Guthrie (Kentucky) , le 24/04/1905
Mort(e) à : Stratton (Vermont) , le 15/09/1989
Biographie :

Robert Penn Warren est un écrivain américain.

Robert Penn Warren est un romancier "sudiste", en ce sens que son œuvre est profondément marquée par les séquelles de la guerre de Sécession. En effet, son grand-père officier dans l'armée confédérée lui ayant conté nombre d'événements survenus durant ce conflit, Robert Penn Warren a été très imprégné par l'humiliation de la défaite et le ressentiment contre un vainqueur qui se montra impitoyable après sa victoire.
Pour les écrivains du sud, le grand problème est "le problème noir". Ce n'est pas seulement pour eux un problème de justice sociale, mais davantage une question de morale et de métaphysique : l'esclavage "est le péché du sud".

Etudiant dans les grandes universités de Berkeley, Yale et Oxford, il a longtemps professé à l'Université de Louisiane, où il a dirigé pendant quatre ans la Southern Review, l'une des meilleures revues littéraires des Etats-Unis.

Penn Warren fut poète et critique avant d'être romancier. En tant que romancier, il trouva son matériel de prédilection dans les chroniques historiques et politiques ou alors s'inspira de personnages vivants pour créer des intrigues qu'il développa dans un style lyrique d'une richesse exceptionnelle.

Il reçut le Prix Pulitzer du Roman en 1947 pour son plus célèbre roman "Les Fous du roi" puis le Prix Pulitzer de Poésie en 1957 et 1979. Il est le seul à avoir été récompensé dans ces deux catégories.

En 1957, il est lauréat du prix de Rome américain (Rome Prize) en littérature.
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Source : Michel Mohrt "Robert Penn Warren, le mythe du hors-la-loi"
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📖 Livres mentionnés : Memphis de Tara M. Stringfellow Au bout du rêve de Farrah Rochon Amari, tome 2 de B.B. Alston Au nom des noirs de Robert Penn Warren


Citations et extraits (204) Voir plus Ajouter une citation
Elle aurait couru après lui et elle ne l'aurait plus jamais, jamais quitté... Mais il n'avait pas tourné la tête. Lorsque la porte s'était refermée derrière lui, elle avait pensé : "Il en aime une autre plus que moi."
Aussi, nuit après nuit, ranimant le passé dominé par cette retraite des épaules épaisses à travers la salle commune, elle finit par éprouver une répulsion à l'égard de toutes ces étreintes, ces explorations, ces enlacements qu'elle avait supportés avec tant de constance, et une répulsion encore plus grande au souvenir de la chaleur de sa propre haleine, de ses lèvres humides, de ses tremblements et de ses larmes. Elle aurait voulu demeurer dans l'obscurité, se sentir coupée de celle qu'elle avait été, comme si cette femme-là - l'ancienne Cassie - eût été abandonnée pour toujours sur l'herbe d'une combe ensoleillée près du ruisseau ou nichée, pleine de honte, sur le siège arrière de la vieille voiture d'ouvrier. Elle fermait les yeux et voyait, en réalité, le corps abandonné de cette Cassie-là, telle une poupée jetée dans un coin , tandis que dans cette vision même se mêlait à son dégoût une pitié triste et lointaine pour toute cette passion et ces désirs qui n'avaient menés à rien.
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L'homme essayait de ne penser à rien. Malgré la pluie qui ruisselait sur sa nuque, il gardait la tête penchée en avant sur le bout pointu de ses soulier vernis, tandis qu'il les déplaçait avec précaution l'un après l'autre dans la boue. Il ne pouvait détacher ses yeux de ses souliers qui le faisaient avancer sur cette route. Elle semblait ne mener nulle part, à jamais, et, quoiqu'il n'eût pas de mots pour l'exprimer, il avait le sentiment que cette marche était l'image même de sa vie depuis trente-quatre ans.
Il n'avait jamais vu pareil endroit, qui paraissait frapper de nullité tout ce qui avait pu lui arriver auparavant, même les rencontres avec des filles ou le whisky, ou la conduite rapide d'une voiture, ou les bagarres, ou encore quand il se tenait devant un miroir, nu, jusqu'à la taille, occupé à peigner ses cheveux bruns jusqu'à ce qu'ils luisent, lisses comme de la soie... non, rien du tout cela ne ressemblait à cette marche sous la pluie ; c'était comme si cela n'avait jamais existé. Une seule chose comptait : pencher la tête pour surveiller l'un et l'autre de ses souliers vernis en train de faire gicler la boue, pendant que la pluie dégoulinait dans son cou. La pointe se levait, avançait, s'enfonçait dans la boue rouge, se relevait et grâce à ce rythme, il n'éprouvait plus ni peur, ni colère, ni tristesse ; au contraire une impression de liberté et de force.
Il pensait : "Eccomi, moi, Angelo Passetto, moi, et qui marche sur la route !"
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Parfois il allait seulement jusqu'au supermarché des Corners. Quelques jours après la soirée de l'anniversaire, il approchait de la maison dans la pénombre du crépuscule quand il vit de la lumière à la fenêtre de la cuisine puis l'éclair rouge de la robe. Il vint contre la fenêtre et se tint caché dans l'ombre du cèdre pour regarder dans la boîte de lumière.
Elle était près de sa table, penchée pour mettre le couvert, et il s'avisa tout à coup avec émotion que, bien qu'il l'eût déjà épiée, il n'avait jamais pensé une seule fois à elle, en tant qu'être solitaire, et maintenant elle était là, seule, sous la lumière, telle qu'elle était et qu'elle ne pouvait jamais, jamais être quand elle n'était pas seule... pensée qui le remplit d'effroi car il ne trouvait pas de mots pour exprimer ce qu'il ressentait en la voyant là, penchée sur la table, et dans sa posture, une sorte d'allusion à son âge, une fêlure ou une fatigue qu'il n'avait jamais décelée avant ; à moins qu'il n'ait pas su ce que c'était, car elle ne portait pas alors la robe rouge et, en ce cas, cela n'aurait pas eu d'importance... si elle ne portait pas la robe rouge.
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(Elle) se mit soudain à rire, d’un rire profond et vibrant. Le rire des femmes heureuses. Elles ne rient jamais de cette façon pour être polies ou quand on leur raconte une blague. Une femme ne rit comme ça qu’une poignée de fois dans une vie.
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La vérité est une chose terrible. On commence par y poser le bout du pied, sans rien éprouver. Quelques pas de plus, et on s’aperçoit qu’elle vous entraîne comme le ressac, vous aspire comme un remous. D’abord, la vérité vous attire à elle d’un mouvement si lent, si régulier, si mesuré, qu’on s’en rend à peine compte ; et puis le mouvement s’accélère, et puis c’est le tourbillon vertigineux, le plongeon dans la nuit. Car la vérité a ses ténèbres. On assure qu’il est terrible d’être saisi par la grâce divine.
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Avec d'infinies précautions, elle sortit ses mains de dessous les couvertures, l'une après l'autre, et effleura ses joues : c'était comme la caresse d'une plume. Sa chair eut des fourmillements, qui se prolongèrent après qu'elle eut cessé. Elle pensa à l'air qui toucha son visage de partout, le modelait, lui donnait forme et vie. Auparavant elle n'y avait jamais pensé: vous étiez une forme et l'air était sans forme, mais son enveloppe, son toucher créait le fourmillement qui était le signe de votre existence, vous faisait savoir que vous étiez vivante, que vous étiez vous-même...
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— (…) D’une manière ou d’une autre, ce que l’on fait, c’est ce qu’on a dans la tête. Un homme suit son chemin et, même s’il regarde ailleurs, quand le moment est venu, la chose qu’il porte en lui se manifeste sans qu’il s’en aperçoive. Ce qui le fait agir, ce n’est pas un accident fortuit ; de tout temps, la chose était en lui. Seulement, il ne le savait pas. Tant que le moment n’était pas venu.

(p. 420-421)
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Je ne sais si le mérite, l'agrément, les exploits, la vertu, la beauté ont un rapport quelconque avec l'amour. L'objet de notre amour peut nous charmer par tant de différentes, de paradoxales qualité, par sa force ou par sa faiblesse, par sa beauté ou sa laideur, par sa gaieté ou sa tristesse, par sa gentillesse ou son agressivité, par sa bonté ou sa méchanceté, par ce besoin qu'il a de nous ou par son impétueuse indépendance... Et puis, lorsque nous nous interrogeons pour savoir de quelles sources secrètes, en nous-même a jailli cet amour, voilà que notre pauvre cerveau s'étourdit en conjectures, et que nous nous demandons ce que tout cela signifie, ce que tout cela vaut... Est-ce le besoin de compagnie qui nous pousse à aller vers quelqu'un et à souhaiter combler son propre besoin, ou est-ce, au contraire, notre force ? Si nous possédions cette force, de quel côté inclinerait-elle notre cœur ? Donnons-nous de l'amour pour en recevoir et, dans l'extase de la caresse, nous livrons-nous à des calculs que nous ne nous avouons pas, à ces calculs secrets que pratique l'usurier aux lèvres serrées ? Ne suscitons-nous la passion, avec arrogance, que pour nous définir nous-même ? Est-ce simplement que nous avons besoin d'une main, de n'importe quelle main, d'un objet humain à étreindre dans le noir, sur la couverture, quand la peur est tapie derrière toutes choses ? Souhaitons-nous le bonheur, ou est-ce la souffrance (la souffrance, signe de notre réalité) que nous désirons du fond de notre cœur ?
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Je me retrouvai dehors, dans le hall, puis de l'autre côté des grandes portes, sur le trottoir, au milieu du campus, sans savoir comment. Le soleil d'automne jouait de ses rayons dorés sur toutes les magnificences qui m'entouraient. Ici et là, autour de moi et plus loin, s'agitaient des silhouettes humaines. Chacun avait un endroit où aller.
Je m'immobilisai. Je n'avais aucun endroit où aller. Aucun endroit au monde.
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Il s'était éloigné. Il riait dans l'ombre.
Pour peu de temps car, tel le son assourdi d'une cloche, une pensée se forma dans son esprit : le rêve est un mensonge, mais l'acte de rêver est une réalité.
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