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3.83/5 (sur 182 notes)

Nationalité : Argentine
Né(e) à : Buenos Aires , le 18 juillet 1963
Biographie :

Rodrigo Fresan est un écrivain et journaliste argentin.

En 1991, il a publié un recueil de nouvelles, Histoires argentines, qui connaît un grand succès : resté six mois d'affilée dans la liste des livres les mieux vendus, il est considéré comme la révélation littéraire de l'année.

Par la suite, il écrit plusieurs autres récits, mais c'est avec La Vitesse des choses (La Velocidad de las cosas, 1998), puis Mantra (2002), qu'il se forge une réputation internationale.

En 2008, La Vitesse des choses paraît pour la première fois en français, aux éditions passage du Nord-Ouest.


Source : /livres.fluctuat.net
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Rodrigo Fresans'entretient avec Sylvain Bourmeau à l'occasion de la parution de son roman "Le fond du ciel" (Le Seuil), l'un des 30 livres de la rentrée littéraire Mediapart 2010.


Citations et extraits (106) Voir plus Ajouter une citation
"Le récitant est mon tuteur. Un poète chilien qui se prénommait Arturo ou Roberto. Je ne me rappelle même pas son visage, alors son nom... Je l'ai enregistré par un après-midi très chaud. Il n'a pas tenu longtemps dans cette maison. Il se mettait à déclamer des vers au milieu des réunions, montait sur les tables, disparaissait des journées entières. Il rentrait toujours de nuit", m'a dit Martin Mantra tandis que la voix du poète invisible flottait sur la carte sans nom d'une ville sans plan, laissant choir ses vers comme étaient tombées des bombes sur d'autres villes.

"DANS LE SALON DE LECTURE DE L'ENFER" (...)
Dans le salon de lecture de l'enfer
Dans le club des passionnés de science-fiction
Dans les cours blanches de givre
Dans les chambres de transit
Sur les chemins gelés
Quand tout semble plus clair
Quand chaque instant est plus beau et compte moins
Une cigarette entre les lèvres et la peur au ventre
Parfois les yeux verts
A vingt-six ans
Un serviteur.

"GODZILLA A MEXICO" (...)
Ecoute ceci, mon garçon : les bombes tombaient
sur la ville de Mexico
mais personne ne s'en apercevait.
L'air transportait le poison
dans les rues, par les fenêtres ouvertes.
Toi, après dîner, tu regardais à la télé
les dessins animés.
Moi, je lisais dans la pièce voisine
quand j'ai compris que nous allions mourir.
Malgré le vertige et les nausées je me suis traîné
jusque dans la salle à manger et je t'ai trouvé par terre.
Nous nous sommes enlacés. Tu m'as demandé ce qui arrivait
et je ne t'ai pas dit que nous étions au programme de la mort
mais que nous allions faire un voyage,
un de plus, ensemble, et que tu ne devais pas avoir peur.
En partant, la mort ne s'est même pas donné la peine
de nous fermer les yeux.
Qui sommes-nous ? m'as tu demandé une semaine ou un an après,
des fourmis, des abeilles, des chiffres erronés
dans la grande soupe du hasard ?
Nous sommes des êtres humains, mon garçon, presque des oiseaux,
des héros publics et secrets.
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Nous ne sommes ni des non-morts ni des morts qui reviennent. Nous sommes, disons, des êtres qui ne meurent pas, au sens où l’entendait le prédicateur chrétien Ælfric d'Eynsham, à la fin du Xe siècle, quand il a inventé l’adjectif «undeadlic» pour définir l’immortalité ou l’impossibilité de mourir de Dieu, devenu ensuite «undead», qui s’applique aux individus ranimés «par une force ou entité étrange». De même, les termes «revenants» ou «revinientes» désignent ceux qui ne partent pas, auxquels on s’empresse d’attribuer, sans doute pour rendre plus supportable la condition des autres malheureux, une soif insatiable, de longues dents et des cercueils. On nous diagnostique aussi des allergies à la lumière du soleil et aux miroirs (nous adorons pourtant nous regarder dans la glace ; nous récréer à la vue de notre délicieuse singularité, le matin, à l’heure où vous ressemblez tous à des zombies, nous comble).
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Cecilia était asthmatique et fanatique de Marcel Proust -le saint patron de tous les asthmatiques-, et elle proposa à Esperanto d'écrire une chanson et de lui donner pour titre Les Intermittences du coeur, en hommage à Proust pour À la recherche du temps perdu, lui expliqua-t-elle. Esperanto examina attentivement la photo de Proust qui figurait sur toutes les couvertures des divers tomes que Cecilia trimballait toujours avec elle dans un grand sac pour les ouvrir au hasard et lire une page ou deux comme qui relit le texte d'une supplique. Esperanto avait bien du mal à croire que quelqu'un avec cette tête-là pût être l'auteur de ce livre. Esperanto ne l'avait pas lu et ne le lirait pas - (...) mais c'était un grand livre, important, un de ces livres qu'on voit de loin et qu'on aborde, bien entendu, avec les attributs du dompteur, fouet et tabouret à la main.
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(..) dans ces parages de la semaine, Esperanto a oublié le mode d'emploi des six muscles du visage et pas un de plus qui entrent dans la construction d'un sourire moyen. En revanche, il se souvient parfaitement des instructions permettant de coordonner avec toute l'élégance et la facilité requises les deux cent quarante-huit muscles qui opèrent de la manière la plus précisément synchronisée quand il s'agit de froncer les sourcils et de les maintenir dans cette position tout en chantant Everything Happens to Me de la manière la plus fidèle à l'interprétation de Chet Baker - voix grave, voix de cave, voix de dentition postiche- (..) "Je suppose que je continuerai à vivre en attrapant des rhumes et en ratant les trains...Tout m'arrive", chanta Esperanto.
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Je me demande où s’en va la mémoire après notre mort. Parce que la mémoire, en tant que concept théologique, me paraît plus intéressante et plus riche de possibilités que l’âme. Peut-être, après tout, que l’âme est la mémoire. J’aimerais savoir ce que va penser Srinivasa de tout cela. Srinivasa croit en la réincarnation et il va jusqu’à jurer ses grands dieux qu’il se souvient de divers chapitres d’une vie passée, lorsqu’il était ni plus ni moins qu’un gaucho argentin assailli par des fièvres prémonitoires. Ainsi peut-être, ne sommes-nous que cela, et rien que cela : des mémoires qui, siècle après siècle, se fondent avec d’autres mémoires. Et logiquement il ne serait pas du tout absurde de penser que les mémoires sont mortelles et qu’au bout du compte toutes les mémoires ne seront qu’une, et que cette mémoire totale sera la preuve manifeste de l’existence de Dieu. Ce paradoxe ne manque pas de piquant : le Dieu que nous recherchons depuis l’aube de l’Histoire ne nous apparaîtra qu’à la fin des temps, alors que savoir que Dieu était la somme de nous tous ne nous servira strictement plus à rien.
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L'enfance n'est pas un paradis perdu, mais un paradis qu'on se rappelle.
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L'idée que nos enfants puissent disposer d'ordinateurs domestiques (qui étaient à l'époque de puissants engins cachés dans les sous-sols top secret de bâtiments gouvernementaux toujours étrangers) ou avoir des poussées psychotiques à force de vivre constamment dans la réalité virtuelle n'entrait même pas dans les larges limites de notre imagination, plus prompte à concevoir l'avenir d'après nos vieilles lectures de Jules Verne ou de H.G. Wells que comme un territoire que nous occuperions un jour.
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J’étais un individu ayant publié un ou deux livres qui, aujourd’hui, me paraissent lamentables. J’avais abouti dans l’Iowa grâce à un système de bourses très compliqué et à des prix littéraires truqués. (..) En ce temps-là, la vie elle-même semblait être construite à partir de la structure parfaite d’un très bon roman. Et c’est ainsi qu’un beau jour j’ai découvert que l’eau de la cuvette des w-c nord-américains s’écoulait dans le sens inverse de celle de la cuvette des w-c de ma patrie, aujourd’hui disparue.
Quelque temps après, j’ai lu quelque part que ce phénomène (à savoir que l’eau ne tourne pas dans le même sens dans les deux hémisphères, et que l’eau s’écoule sans tournoyer du tout si le w-c est installé juste sur la ligne de l’Équateur) porte le nom de force de Coriolis. Je me souviens de m’être alors précipité sur mon carnet de notes pour y écrire à peu près ceci : «Faire allusion dans une nouvelle à ce machin de Coriolis!»
Aussi, si l’on me demande quelle est cette maladie qui frappe un être normal et le transforme en quelqu’un qui écrit, faute de réponse adéquate et considérant que l’eau d’un écrivain tourne toujours en sens inverse, me contenterai-je de répondre la chose suivante :
-Force de Coriolis !
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Mais qui a dit, dit, dira ces mots ? j'ai de plus en plus souvent le sentiment de capter les pensées et les idées d'autrui, passées ou à venir, d'être une sorte d'aimant, de bouche et de gorge de maelström qui prend des autres tout ce dont elle a besoin et en fait usage après l'avoir mâché et digéré, puis le renvoie à la surface totalement transformé et, je l'espère, transformateur.
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- Argie, un de ces jours on va faire un film de ma vie, dit Mike.
Mike est australien, Mike est en larmes, Mike est le héros de cette histoire, Mike est en train d’éplucher un oignon.
- Et moi, ce film, je n’irai pas le voir, je lui réponds.
Moi, je nettoie le four. Et la conversation, ou ce que, dans ces lieux, on entend par conversation, se termine plus ou moins comme ça. On nous a bien prévenus que la mise en marche du muscle de la langue est des plus accessoires et injustifiables et, qui plus est, ne contribue en rien à la perfection de toute chose.
Mike a encore quelques kilos d’oignons à éplucher, quant à moi, il me reste encore deux ou trois fours à nettoyer. Le plat pour lequel travaille Mike s’appelle «seaside fantasy», et les oignons, il faut leur donner la forme de ces petites étoiles qui évoluent au fond des mers. Au fond des mers, ce lieu où, d’une façon ou d’une autre, plus ou moins tôt, nous nous retrouverons tous.
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