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Note moyenne 3.86 /5 (sur 132 notes)

Nationalité : Argentine
Né(e) à : Buenos Aires , le 18 juillet 1963
Biographie :

Rodrigo Fresan est un écrivain et journaliste argentin.

En 1991, il a publié un recueil de nouvelles, Histoires argentines, qui connaît un grand succès : resté six mois d'affilée dans la liste des livres les mieux vendus, il est considéré comme la révélation littéraire de l'année.

Par la suite, il écrit plusieurs autres récits, mais c'est avec La Vitesse des choses (La Velocidad de las cosas, 1998), puis Mantra (2002), qu'il se forge une réputation internationale.

En 2008, La Vitesse des choses paraît pour la première fois en français, aux éditions passage du Nord-Ouest.


Source : /livres.fluctuat.net
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Rodrigo Fresans'entretient avec Sylvain Bourmeau à l'occasion de la parution de son roman "Le fond du ciel" (Le Seuil), l'un des 30 livres de la rentrée littéraire Mediapart 2010.


Citations et extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
grisette   27 octobre 2010
Les jardins de Kensington de Rodrigo Fresan
L'enfance n'est pas un paradis perdu, mais un paradis qu'on se rappelle.
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Charybde2   22 mars 2013
Mantra de Rodrigo Fresan
L'idée que nos enfants puissent disposer d'ordinateurs domestiques (qui étaient à l'époque de puissants engins cachés dans les sous-sols top secret de bâtiments gouvernementaux toujours étrangers) ou avoir des poussées psychotiques à force de vivre constamment dans la réalité virtuelle n'entrait même pas dans les larges limites de notre imagination, plus prompte à concevoir l'avenir d'après nos vieilles lectures de Jules Verne ou de H.G. Wells que comme un territoire que nous occuperions un jour.
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Charybde2   22 mars 2013
Mantra de Rodrigo Fresan
Nous vivions une époque où l'on se tuait, où l'on mourait pour rendre le monde meilleur. C'est en tout cas ce que pensaient le Père de la Patrie, mes parents et leurs amis, qui le lisaient dans des best-sellers fort éloignés de la non-fiction, et s'étonnaient des années plus tard de la courte distance qui séparait l'exécuteur de l'exécuté et, désormais, de l'exécutif. Nombre d'entre eux sont devenus tout ce qui a anéanti beaucoup de leurs camarades. Ils assistent parfois à des tables rondes, dans des téléviseurs rectangulaires, me semble-t-il. Usés et souriants, pendus à leurs cravates de soie importées, fusillés par les balles perdues de leur passé et interrogeant mal leur mémoire à voix haute – se rappelant d'oublier ce qui leur convient, allant toujours vers la victoire – comme s'ils étaient sûrs de connaître la musique mais pas les paroles d'une chanson qu'ils ont un jour sue par cœur.
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Charybde2   20 mars 2013
Vies de saints de Rodrigo Fresan
Je m'inclinerai alors, presque révérencieux malgré moi. Il n'y aura pas la moindre trace de rigor mortis. Je détacherai la cage de doigts autour du cahier rouge, le maudit journal de ton ancien professeur de mathématiques. L'Évangile Selon Valentini. Je donnerai un, deux, trois, huit coups de pelle jusqu'à parvenir à détacher la tête du tronc. Le sang rouge coulera encore, cinq ans après les derniers rituels, après la tardive formule d'excommunication ("Et après ta mort, ton corps restera éternellement incorruptible comme la pierre et le fer"). La soutane pourrie, l'élasticité de la chair froide et rosée et l'étouffant parfum de violette et d'iris, je l'ai déjà dit : cette odeur paradoxale que partagent aussi bien les saints les plus probes que les Nosferatu de Transylvanie les plus efficients, les meilleurs non-morts de la plus obscure Europe.
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Charybde2   23 mars 2013
La Vitesse des choses de Rodrigo Fresan
Arrivé à ce stade du récit, il me semble que comme contrepoint géographico-existentiel de Canciones Tristes une description de la ville de Buenos Aires telle qu'elle était en ce temps-là s'impose.

Je pense au Buenos Aires d'alors - celui de la fin des années 70 et du début des années 80 - comme à un mirage solide et par là même fascinant. Je sais que les bien-pensants corrigent ceux qui qualifient cette période de Proceso d'un "Tu veux dire pendant la Dictature". Moi, je ne suis pas bien-pensant et je préfère parler du Proceso, qui me semble un terme plus approprié, plus fort et plus exclusif. Et je crois avoir le droit de l'employer car mes parents sont morts pendant le Proceso.

Mes parents ont disparu dans un attentat organisé par le cousin auquel j'ai déjà fait allusion : Lucas Chevieux (aka) le Monstre français (aka) l'Homme du Bord extérieur et ses joyeux compagnons du commando général Gervasio Vicario Cabrera.

Oui, le fait que mon père et ma mère aient été assassinés par les gentils du film" n'a fait que renforcer mon Proceso en tant que salaud.

Je me rappelle que Grand-père a accueilli la nouvelle comme un détail charmant.

Si le Proceso était une émission de télévision, il aurait la peau d'une de ces diffusions imparfaites où le blanc et le gris remontent du fond des événements pour faire disparaître des couleurs délavées et peu sûres d'elles. La lumière du Proceso est ce dont je me souviens le mieux. C'est celle de l'instant précis où elle est dévorée par un trou noir. Elle a l'éclat du tout et du rien. Les visages bien découpés, les ombres plus solides que les corps. Cette lumière me manque et ce que j'ai trouvé qui s'en rapproche le plus est la lueur froid qui émane d'un réfrigérateur dans une cuisine sombre au coeur même de la nuit. Une lumière froide et vide si l'on excepte, au fond, un demi-citron.

Et la musique du Proceso. Cette musique-là. Un air de piano blond. Richard Clayderman.

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Charybde2   23 mars 2013
La Vitesse des choses de Rodrigo Fresan
J'avais rencontré The Kubrick - je l'appelais ainsi - bien avant qu'il devienne un célèbre metteur en scène de cinéma. The Kubrick et moi jouions aux échecs pour de l'argent à Washington Square, dans Greenwich Village. Nous étions jeunes et dénués de scrupules, mais nous croyions aux échecs comme à une forme vraisemblable de religion. Je jouais mieux que Stanley, mais Stanley était meilleur théoricien que moi, ce qui le faisait paraître plus menaçant aux yeux de ses rivaux.

"Si les échecs ont un lien avec l'art de filmer, c'est parce qu'ils t'aident à acquérir de la patience et de la discipline quand tu es confronté à diverses alternatives que tu dois peser avec attention, alors qu'une décision impulsive aurait pu te sembler beaucoup plus intéressante. Mais il est vrai aussi qu'aux échecs, il faut développer une parfaite intuition, ce qui est très dangereux pour un artiste", me disait The Kubrick. Nous avions l'intention de nous consacrer aux échecs en tant que professionnels, de gagner des fortunes en dollars et de devenir célèbres en maniant le destin de pièces noires et blanches sur un tableau carré, de harceler nos adversaires jusqu'à les terrasser. A l'époque, The Kubrick ne pensait pas au cinéma. Il envisageait au départ d'être photographe ou batteur de jazz, et ces vocations peuvent paraître contradictoires, mais sont somme toute complémentaires chez une personnalité qui tient à proposer une vision universelle, à marquer une cadence propre couvrant le rythme d'autrui afin d'obtenir un tempo martial et unique. Quoi qu'il en soit, le futur, c'était demain, et nous en parlions peu."

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brigetoun   24 septembre 2010
Le fond du ciel de Rodrigo Fresan
Maintenant je suis debout ici.

J'y étais.

J'y serai.

J'étais et je suis ici, un matin, il y a de longues années, et je serai encore ici quand il n'y aura plus personne.

Je verrai mourir les rues désertes.
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brigetoun   24 septembre 2010
Le fond du ciel de Rodrigo Fresan
Le Soleil et la Lune n'ont jamais été des dieux ; pourquoi adorer une éclipse là-haut alors qu'il y en a tant en bas, constamment, de nos jours... Quelle heure est-il ? L'heure de m'éclipser, de m'éteindre, comme s'éteint un téléviseur resté trop longtemps allumé sans que personne le regarde et qui n'a aune commande à distance pour décider de sa programmation.
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Ys   01 septembre 2011
Les jardins de Kensington de Rodrigo Fresan
Les visages et les corps sont constitués d'eau qui s'évapore rapidement sous le soleil vif et terrible du temps
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Charybde2   23 mars 2013
La Vitesse des choses de Rodrigo Fresan
Quelques jours plus tard, j'ai croisé un ami. Nous cherchions à nous abriter d'un vent nouveau, froid et sec, que quelqu'un avait baptisé le Zimzum. Nous sommes entrés dans un bar, à quelques mètres du siège du journal. Mon ami m'a raconté la trame d'une nouvelle qu'il n'arrivait pas à conclure, une nouvelle constituée de plusieurs fragments de nouvelles. Il m'a prié de lui faire signe si jamais j'avais une idée. Il m'a demandé si je ne le trouvais pas amaigri, du ton résigné qu'on adopte pour s'enquérir de tout autre chose. Avant de prendre congé - il a insisté pour régler nos deux bourbons -, il m'a confié qu'il avait l'impression d'être un extraterrestre exilé sur notre planète.

Je me rappelle qu'alors, presque aussitôt après, les écrivains ont commencé à mourir. Mais ceci est une autre histoire."

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