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Critiques de Roger Stern (31)
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Superman - Anthologie
  15 octobre 2014
Superman - Anthologie de Roger Stern
Pour ses 75 ans, Superman méritait bien en 2013 une anthologie digne de ce nom ; Urban Comics nous proposait donc cette Superman Anthologie avec quinze récits sur l’Homme de Demain, de 1938 à 2012.



Comme les autres anthologies de cet éditeur, celle-ci est faite pour tous les types de lecteurs de comics : du complet novice à l’aguerri en chef, tout le monde est censé y trouver allègrement son compte grâce à un sommaire détaillé et particulièrement fourni en épisodes notables :

« Les débuts de Superman » (Action Comics #1-2, 1938)

« Quel homme est donc Superman ? » (Superman #17, 1942)

« L’origine de Superman » (Superman #53, 1948)

« Super-duel dans l’espace » (Action Comics #242, 1958)

« Retour sur Krypton » (Superman #141, 1960)

« La mort de Superman » (Superman #149, 1961)

« Superman est-il nécessaire ? » (Superman #247, 1972)

« Renaissance » (Action Comics #544, 1983)

« La légende de Terre-Prime » (Superman #400, 1984)

« Le grand jeu » (Superman (v2) #11, 1987)

« Des secrets dans la nuit » (Action Comics #662, 1991)

« Qu’est-ce que la vérité, la justice et l’idéal humain ont de si drôle ? » (Action Comics #775, 2001)

« Question de confiance » (Superman – Batman, 2003)

« L’incident » (Action Comics #900, 2011)

« Le garçon qui vola la cape de Superman » (Action Comics (v2) #0, 2012)



Comme vous le voyez, une bonne partie de ces différents récits s’intéressent à l’essence même du personnage de Superman, questionnent son existence plausible et remettent vaguement en cause son intérêt pour ses congénères. Heureusement que l’éditeur a fait ces choix-là, car beaucoup d’histoires de Superman connues, reconnues et vraiment marquantes sont en fait des histoires de ses origines, maintes fois rebattues : il fallait bien varier un peu les plaisirs. Ce manque de matériau conséquent et foisonnant en qualité se ressent au cours de la lecture de l’anthologie. Il faut en effet être un fan de Superman de la première heure pour aller avec joie se farcir autant de récits sur l’Homme d’Acier sans s’ennuyer un brin. Pourtant, elle est bien nécessaire cette anthologie, car voir Clark Kent se façonner au fil des décennies, voir apparaître Lex Luthor, Brainiac et tant d’autres, comprendre les différentes variables du personnage grâce aux récits alternatifs, c’est passionnant sur le fond. Toutefois, à cause de la forme des épisodes, je conseille plutôt de « consommer » ce volume par petits bouts, par intermittence, afin de mieux la savourer, en tout cas de manière plus digeste.



Superman Anthologie est moins facile à ingurgiter que les anthologies sur les héros DC Comics, sur Batman ou sur l’œuvre de Jack Kirby, car ceux-ci comportaient des récits vraiment différents qui permettaient de ne pas lasser le lecteur. Ici, les histoires sont certes différentes les unes des autres, avec un bon nombre d’apparitions notables, mais les intrigues tournent souvent autour des mêmes problèmes et des mêmes conséquences. C’est sûrement mon relatif désamour pour le personnage qui parle...



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Essential Dr. Strange vol.3
  28 juin 2014
Essential Dr. Strange vol.3 de Roger Stern
Cette troisième intégrale de Dr Strange en noir et blanc et version originale (non vous n’êtes pas au ciné-club de FR3) regroupe les numéros 1 à 29 du héros éponyme plus un annual.



Je dois dire qu’il m’a plutôt ennuyé ce docteur. La moitié des épisodes consiste en une série de tests organisés par son mentor, l’Ancien, qui a depuis un certain temps renoncé à la vie terrestre pour « ne plus faire qu’un avec l’Univers ». Son but : préparer son disciple à le rejoindre dans le Grand Tout. Car Stephen Strange est récemment devenu le Sorcier Suprême, et cette fonction est censée n’être qu’une marche vers la vie astrale. Dr Strange refuse de renoncer à son humanité (on peut le comprendre en voyant sa belle disciple Cléa) et l’Ancien n’a pas d’autre choix que de le faire reculer dans la hiérarchie. Dr Strange perd donc son grade et redevient un humble Maître des Arts Mystiques.

Quelle drôle d’idée qu’a eu l’Ancien ! Il forme toute sa vie un successeur pour sauvegarder le monde des attaques des méchants sorciers. Satisfait de lui, il le récompense puis peu après lui demande de prendre sa retraite. Que serait devenu le monde si Strange avait accepté ? Faire un avec l’Univers doit affaiblir les ressources du cerveau.



Et puis Strange n’est clairement pas un marrant. Il fait son mystérieux face au mortel lambda mais en fait il passe son temps à se poser des questions existentielles, à craindre pour la vie de Cléa (belle mais potiche en général), à surtout ne jamais plaisanter, ne jamais rire. Et aucun second rôle n’est là pour détendre l’atmosphère. Lourd !



Reste le dessin brumeux de Gene Colan qui colle à la perfection avec l’esprit psychédélique de la série. D’autre prennent le relais à partir du n°19, avec plus ou moins de bonheur.

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Superman: A Nation Divided
  07 février 2020
Superman: A Nation Divided de Roger Stern
Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre, mettant en scène une version alternative de Superman dans un autre monde (Elseworld). Il est initialement paru en 1989. Il est écrit par Roger Stern, dessiné et encré par Eduardo Baretto, et mis en couleurs par Chris Chuckry. Il s'agit d'une histoire de 46 pages en couleurs.



En 1863, le soldat Atticus Kent écrit une lettre à ses parents Josephus & Sarah Kent. Il explique qu'il ne sait pas quand il pourra poster cette lettre. La journée a été consacrée à une longue marche, quelques soldats se sont plaints. Il comprend la nécessité de cette guerre pour préserver l'intégrité de l'Union, mais il a du mal à accepter le prix à payer par les soldats : les blessures, les membres arrachés, les remarques sur les afro-américains. Il sait que ces hommes parlent par ignorance. Il se souvient bien du jour où ses parents avaient accueilli la famille Johnson, des afro-américains, et où son père avait dû repousser un groupe de trois individus pro esclavage qui souhaitaient les récupérer. Il reste très fier d'avoir aidé son père à chasser ces tristes sires. Le 22 mai 1863, Uysses S. Grant écrit dans son journal que son armée à entamé le siège de Vicksburg. Il se dit que de nombreux jeunes soldats marchent vers leur mort. Dans les rangs, Jeremiah interpelle Atticus Kent : il lui demande de ramener à son oncle, son attache s'il venait à mourir sur le champ de bataille. Atticus promet et lui demande la même chose s'il venait à tomber sous les balles. L'armée continue à avancer et Atticus Kent détecte la présence de rebelles loin devant.



Soudain les rebelles tirent, et Atticus Kent est atteint en plein ventre par un boulet de canon. À la surprise de tout le monde (y compris la sienne), Kent se relève, se saisit du boulet et le retourne à l'envoyeur. Puis il se lance en avant, les balles rebondissant sur sa poitrine. Il se jette sur les soldats confédérés et brise un fusil de ses mains. Il saisit un soldat après l'autre et les envoie valdinguer deux ou trois mètres plus loin. Il finit par se saisir du canon et le soulever au-dessus de sa tête. Les soldats de l'Union ont continué à progresser et le rejoignent alors qu'il est dans cette posture. Kent décide de se débarrasser du canon et l'envoie plusieurs centaines de mètres plus loin, couler dans le fleuve du Mississipi. La bataille se poursuit et Kent continue de mettre en déroute les différentes troupes de rebelles. Il finit par arriver au quartier général des sudistes et il se présente devant le général John C. Pemberton. Il le fait prisonnier. Atticus Kent ayant estourbi la moitié des forces rebelles, il ne leur reste plus qu'à se rendre, et le siège de Vicksburg s'achève dans la soirée. Le lendemain, Atticus Kent et Jeremiah se retrouvent devant le général Ulysses S. Grant et le général William T Sherman. Grant demande à Kent comment il a résisté au feu de l'ennemi. Kent répond qu'il n'en sait rien. Grant voit tout l'avantage d'avoir un soldat capable de résister aux balles. Le 10 juin 1863, Atticus Kent stoppe un train de confédérés en se mettant en travers des rails et en le repoussant tout simplement. Au cours de cette bataille, il découvre qu'il peut voler de manière autonome. Ulysses S. Grant écrit au président Abraham Lincoln pour lui faire part des capacités de ce soldat extraordinaire. Après avoir lu la missive, le président discute de la rémunération des soldats afro-américains avec Frederick Douglass.



Cette nouvelle variation sur Superman se démarque des précédentes par son ancrage dans une période historique à laquelle le scénariste s'attache à donner de la consistance, par opposition au moyen-âge en carton-pâte de Superman: Kal de Dave Gibbons & José Luis Garcia-Lopez. Roger Stern met en scène des personnages historiques réels d'un côté comme de l'autre de la guerre de sécession (1861-1865) : Abraham Lincoln, Frederick Douglass, Ulysses S. Grant du côté de l'Union, Robert E. Lee, John C Pemberton, J.E.B. Stuart, Jefferson Davis du côté des confédérés. Il date précisément l'année de son histoire : 1863. Il évoque le siège de Vicksburg, la bataille de Gettysburg, la tentative d'assassinat par John Wilkes Booth. Le lecteur plonge donc dans une Histoire alternative où la présence de Superman accélère le déroulement des événements, avec une modification majeure. C'est l'occasion pour le scénariste d'évoquer le rôle des soldats afro-américains dans la Guerre Civile américaine, la réalité de la guerre (les blessés), l'esclavagisme. De son côté, l'artiste effectue également un travail de reconstitution historique : les uniformes militaires des bleus et des gris, les armes, le train, la Maison Blanche en cours de construction, l'intérieur du théâtre Ford à Washington. Il s'agit d'une reconstitution fidèle, sans être photographique. Par exemple le nombre de boutons sur la veste de l'uniforme confédéré doit être exact, mais la couleur de pantalon est sujette à caution. L'artiste sait reproduire avec fidélité les visages des différents personnages historiques, tous aisément reconnaissables.



Le lecteur observe donc comment les pouvoirs d'Atticus Kent sont mis au service de l'armée de l'Union, le héros s'associant donc aux gagnants d'entrée de jeu, ou plutôt par le hasard de sa naissance, c’est-à-dire de sa famille d'accueil. Il se demande donc jusqu'où le scénariste va pousser les changements, tout en regardant évoluer Kent jusqu'à ce qu'il accède à la plénitude de ses pouvoirs. En effet, il est aussi venu pour une histoire de Superman. Stern a choisi de ne pas commencer par l'explosion de Krypton, attaquant directement dans la situation alternative. Atticus Kent ne prend que progressivement conscience de ses pouvoirs : vision lointaine, invulnérabilité, superforce, vision calorifique, vol autonome. Le lecteur identifie immédiatement la supervision, à la fois parce qu'elle fait partie de l'arsenal de pouvoirs de Superman et qu'il n'y a aucun doute sur l'identité d'Atticus Kent, à la fois parce que Garcia Lopez réalise une case à bordure ovale, et que Chuckry lui affecte une couleur différente. Le boulet en plein ventre n'est pas si spectaculaire que ça, parce que le lecteur a l'habitude que Superman encaisse des décharges d'énergie beaucoup plus violentes, ou des coups beaucoup plus brutaux. Il sourit presqu'en voyant Kent prendre le boulet et le lancer comme une grosse boule de pétanque sur ses ennemis, dans un mouvement de retour à l'envoyeur. Il faut attendre qu'il soulève le canon au-dessus de sa tête pour commencer à le prendre au sérieux pour ses superpouvoirs. Le compte y est quand il arrête un train à main nue. De ce point de vue, Stern & Garcia Lopez opèrent une réduction de ses pouvoirs, comme s'ils n'étaient pas parvenus à maturité. Le lecteur comprend bien que cela permet au scénariste que la présence de Superman ne chamboule pas le déroulement de l'Histoire du jour au lendemain, et de ne pas avoir à introduire de supercriminels.



Du fait de ces pouvoirs limités, José Luis Garcia Lopez peut lui aussi donner une interprétation visuelle un peu différente de Superman. Il faut attendre quelques pages avant qu'il ne dispose de son propre uniforme, militaire mais différent de celui d'un soldat. Il faut attendre quelques pages supplémentaires pour qu'il soit affublé d'un sigle sur la poitrine avec un S proéminent. Dans un premier temps, Atticus Kent prend plus des poses d'homme fort que de superhéros. Par la suite, le dessinateur respecte la tonalité de l'histoire et montre plus Kent comme un homme d'action que comme un superhéros. Certes il dispose de capacités incroyables, mais dans un monde ordinaire : ses actions n'ont pas à être montrées dans une surenchère spectaculaire, et peuvent rester dans un domaine où la narration importe plus. Cette approche fonctionne y compris quand Atticus Kent finit par prendre connaissance de son véritable héritage. Alors même qu'il s'agit d'un point de passage obligé mille fois raconté, le message de Jor-El et l'explosion de Krypton présentent un brin d'originalité car ils sont vus par Atticus Kent en tant que membre de l'armée et défenseur de l'Union, plutôt que comme le sempiternel point de départ de sa vie, sans être teintés par son histoire personnelle. De manière totalement inattendue, c'est également dans ce passage que Roger Stern se montre le plus irrévérencieux et même provocateur. Jor El explique à son épouse Lara El que leur fils aura une force surhumaine grâce à l'énergie du soleil jaune, et qu'il pourra ainsi défendre le peuple attaqué sur ses propres terres. Or l'image ne montre ni des bleus, ni des gris, mais des rouges, des indiens. C'est bien sûr ce qui provoque une réflexion chez Atticus Kent quant à la cause qu'il lui convient de servir, mais c'est aussi un clin d'œil malicieux à la gestion de cette communauté par le gouvernement des États-Unis, qui n'a rien d'une forme de bienveillance universelle.



En 1989, le concept d'Elseworlds est bien rôdé et la tentation est forte pour les auteurs de n'y voir que l'occasion d'écrire une histoire de Superman avec deux ou trois différences exotiques pour donner l'illusion d'une version originale. Au cours de l'histoire, le lecteur se dit que celle-ci est surtout l'occasion pour Roger Stern & José Luis Garcia Lopez de donner une version superficielle de la guerre civile, avec deux ou trois généralités et des dessins qui restent en surface. Malgré tout, la narration visuelle donne une saveur réellement différente à cette version de Superman, et l'histoire intègre le fait que ce héros n'est pas l'agent d'un gouvernement.
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Marvels : L’œil de l'objectif
  10 février 2020
Marvels : L’œil de l'objectif de Roger Stern
Ce tome regroupe les 6 épisodes de la minisérie parue en 2009/2010.



Il y a plusieurs années, Phil Sheldon (photo-reporteur) était lassé de la vie et considérait une réorientation professionnelle : travailler pour la presse à sensation, quitter la sphère du pur journalisme. Toutefois, une information inopinée l'amène à couvrir la présentation à la presse de Reed Richards, Susan Storm, Johnny Storm et Benjamin Grimm, juste après leur célèbre voyage à bord d'une fusée insuffisamment protégée contre les rayons cosmiques. Il a alors l'intuition que sa vie sera indissolublement liée à celles de ces merveilles (marvels). Entre les premières apparitions de Thor, Spider-Man, Ant-Man et des angoissants X-Men, il découvre que sa plus jeune fille à besoin de lunettes. À la fin du premier épisode, une visite chez le médecin lui apprend un diagnostic peu encourageant. La suite raconte au lecteur la vie de Phil jusqu'à une période qui correspond à la mort des X-Men à Dallas pendant The Fall of the Mutants (en VO, initialement publié en 1988).



Kurt Busiek ne s'en cache pas dans la postface : au vu du succès de la série initiale Marvels (1994), il était commercialement logique de lui donner une suite (envisagée pour une trentaine de pages avec Alex Ross dans un premier temps). Finalement, c'est Jay Anacleto qui réalise les illustrations, Brian Haberlin s'occupe de la mise en couleurs. Au générique, Roger Stern est crédité au même niveau que Kurt Busiek pour le scénario. Ce n'est pas la première fois qu'ils collaborent ensemble ; ils l'avaient déjà fait pour Avengers Forever. Dans la préface, Roger Stern explique qu'il a surtout servi d'aide à Busiek pour alimenter l'histoire en références sur les événements se déroulant dans l'univers partagé Marvel au moment des faits du récit. Ce tome comprend d'ailleurs 2 pages qui listent les références en question : titre de la série concernée + numéro de l'épisode.



Donc Busiek reprend le personnage de Phil Sheldon et décrit la suite de son histoire. Le premier épisode déconcerte un instant car Busiek revient sur des périodes déjà évoquées dans l'histoire originelle Marvels. Il est vraisemblable que Busiek tenait à faire de L'œil de l'objectif une histoire complète par elle-même. Du coup, le scénariste semble exploiter le même filon jusqu'à l'épuisement. La vie de Phil Sheldon est révolutionnée par le retour des superhéros au début des années 1960 (comprendre que le lecteur des comics de ces années là voit son ordinaire révolutionné par les premiers comics Marvel). La populace se méfie des X-Men qui semble une menace plus qu'autre chose, comprendre que dès le départ les héros Marvel ont un coté obscur que n'avaient pas leurs homologues de la concurrence (Superman en tête). Puis Sheldon semble lui-même perdre la fois dans ces merveilles avec l'apparition d'anti(super)héros comme Ghost Rider (Johnny Blaze), Werewolf (Jack Russell), Son of Satan (Daimon Hellstrom), Morbius (Michael Morbius), Dracula et Man-Thing (Ted Sallis). Son désenchantement atteint son paroxysme lors des Les guerres secrètes : les superhéros ont disparu et finalement Phil Sheldon constate amèrement que le monde ne s'en porte pas plus mal (une constatation brutalement et honnêtement cynique). Cette prise de conscience constitue le moment le plus fort du récit : toi aussi lecteur, tu peux vivre sans lire des comics de superhéros ! Sinon les frasques des superhéros n'ont de cesse, et Phil Sheldon vieillit. Les références aux années 1980 abondent et permettront aux lecteurs de cette époque de se dire alternativement "Ah oui, je m'en souviens", ou "Ah je ne me souvenais plus que ça s'était passé dans cet ordre là". Busiek et Stern évoquent dans l'ordre chronologique : la première apparition publique des FF, le retour de Captain America à l'ère moderne, la Spider-mobile, la première apparition de Nomad (Steve Rogers), la première apparition de Wolverine, le début des Champions, la mort d'Elektra, la première apparition du Punisher, l'arrivée du Beyonder, etc.



Jay Anacleto n'est pas Alex Ross, mais cela n'a rien d'une surprise, ni même d'une critique. Il a un style très réaliste, beaucoup plus que celui d'Alex Ross, beaucoup plus descriptif, beaucoup plus terre à terre et plus minutieux. Globalement Anacleto préfère renforcer la sensation de quotidien, d'ordinaire. Il a dû effectuer de sérieuses recherches car les détails vestimentaires ou technologiques (la forme des postes de télévision par exemple) ne présentent aucune erreur par rapport aux décennies visitées (1960, 1970 et 1980). Il est possible de suivre scène par scène l'évolution de la mode et des appareils électroménagers, impressionnant. Les visages présentent tous une forte personnalité, sans être décalqués sur des photos. Chaque séquence est mise en scène de façon prosaïque, insistant sur le caractère banal de la vie de Sheldon, tant qu'il n'y a pas de superhéros à l'horizon. C'est un peu ce qui dessert la narration dans laquelle le lecteur finit par se demander si la vie de Sheldon l'intéresse tant que ça dans ce qu'elle a de commun. La mise en couleur repose surtout sur des teintes neutres habilement juxtaposées pour que les différents éléments ressortent les uns à coté des autres, mais là encore très quotidiennes.



Finalement ce tome se laisse lire gentiment, la fibre nostalgique est fortement sollicitée et certaines références feront plus mouche que d'autres (j'ai en particulier apprécié les réminiscences du Punisher tirant sur les passants qui n'empruntent pas les passages piétons). Mais Busiek n'a rien à dire de nouveau par rapport à Marvels, et réussit moins bien le point de vue humain qu'il sait si bien magnifier dans sa série Astro City.
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Superman - Anthologie
  28 mai 2013
Superman - Anthologie de Roger Stern
Urban comics à eu la bonne idée de publié un superbe ouvrage sur l’homme d’acier. On comprend pourquoi avec le film de Zack Snyder (man of steel) qui sort en cette année 2013, il est temps de mettre Superman sur le devant de la scène. Dans cette anthologie, on retrouve 15 récits dédié au super-héros le plus connu (du moins pour la plupart) : Superman !

Créer en 1932 par Jerry Siegel et Joe Shuster, le héros à connu maintes aventures le confrontant à tout les ennemis possible. Dans cette ouvrage (format deluxe) on assiste au tout début de Superman. Avec des dialogues vraiment simpliste, des dessins considérer aujourd’hui comme brouillons, des histoires trop peu rechercher. C’est du moins ce qu’un lecteur « moderne » comme moi peut penser.

Aujourd’hui, on assiste plus à de véritable énigme, des dessins réaliste ou pas mais qui reste bluffant en général. Vraiment, je suis impressionner de voir à quel point l’homme d’acier à pu évoluer au file des années entre les mains de tout ces auteurs. A quelle point il a sut traverser les époques et séduire tant de lecteur et lectrice avec des goût qui on changer. Par exemple, comme je le disais, je trouvais les tout premier récits de Superman vraiment « bidon » mais aujourd’hui je suis totalement absorbés par le style de lecture qu’il renferme. Quand on voit la Justice League de Geoff Johns et Jim Lee et le disign du héros ce n’est pas vraiment la même chose quand 1939.

Bref, cet ouvrage montre l’évolution du héros à travers les âges et au regard du lectorat de chaque époque. Les descriptions faites entre chaque récits sont très instructif, on comprend les choix des auteurs de faire ci ou ça.

Pour ma part, j’ai aimer de plus en plus ce livre au fur et à mesure que je tournais les pages. Voir que Superman devenais de plus en plus complexe et au final de plus en plus humain était un vrai bonheur. Jusqu’à l’arrivé des années 1980 ou pour moi il devient véritablement intéressant.

Le récit qui m’a le plus plus est celui consacrer à l’année 2001 : « Qu’est-ce que la vérité, la justice et l’idéal humain on de si drôle ? » Ce récit est celui qui à inspiré le film animé : Superman contre l’élite pour les connaisseurs.

Pour conclure, je dirais que j’ai beaucoup appris avec cette anthologie. On croit connaître Superman et il s’avère que ce n’est pas tout à fait le cas. Malgré les films, dessin animés et le peut de comics que j’ai lu sur lui, je n’avais fait qu’effleurer le haut de l’iceberg. Merci à Urban comics pour cette « mini-bible » sur l’homme d’acier. Une bonne façon de débuté sa collection sur l’homme d’acier.
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Doctor Strange: Into the Dark Dimension
  08 avril 2016
Doctor Strange: Into the Dark Dimension de Roger Stern
Ce tome contient les épisodes 68 à 74 de la série de Doctor Strange (parus en 1984/1985), ainsi que 3 pages extraites de l'épisode 67 servant de prologue.



Épisodes 68 à 73 (scénario de Roger Stern, illustrations de Paul Smith dont 2 encrés par Terry Austin, épisode 71 dessiné par Bret Blevins et encré par Terry Austin) - Pendant longtemps, Dormammu a été le maître incontesté de la Dimension des Ténèbres (Dark Dimension) et l'ennemi juré de Stephen Strange, le maître des arts mystiques, sorcier suprême. Umar, sa saeur lui a succédé après une mise à l'écart forcée de Dormammu. Mais, en cachette, la rébellion s'organise pour déposer Umar qui règne en tyran. Cette dernière suppute que Strange est derrière cette contestation et commence à lui rendre la vie difficile sur terre. Or le sorcier suprême a d'autres chats à fouetter avant puisqu'il doit s'occuper de Dane Whitman (Black Knight) et de son épée ensorcelée.



Épisode 74 (scénario de Peter Brad Gillis, illustrations de Mark Badger) - Il s'agit de l'épilogue de la rébellion, ainsi que d'une rencontre décisive entre Stephen Strange et le Beyonder dans le cadre de l'omni-crossover Secret Wars II.



Ce tome commence par 3 pages dessinées par Steve Leialoha qui imite le style de Steve Ditko, pour un très joli portrait de Clea. Puis l'histoire passe en Angleterre où Strange retrouve Victoria Bentley qui accueille Dane Whitman de retour des croisades. Il s'agit pour Roger Stern de résoudre la situation alambiquée du personnage possédée par une malédiction pesant sur son épée (oui, il y en a qui ont dû s'inspirer de Elric des Dragons et de son épée Stormbringer). L'histoire est légère, elle se lit rapidement et Paul Smith s'inspire gentiment des visuels créés par Steve Ditko (dans les premiers épisodes de Doctor Strange) en plus affiné et moins fruste.



L'histoire effectue encore un détour par une croisière transatlantique et un vol de missile nucléaire (épisode 71 dessiné par Brett Blevins), avant d'attaquer le plat de résistance. Le numéro 71 est l'occasion pour Roger Stern de glisser une explosion nucléaire et une description assez terrifiante des conséquences de l'impact sur les êtres vivants. C'est également l'occasion de retrouver les dessins très marqués (surtout les expressions exagérées) de Blevins.



À partir de l'épisode 71, Stern entre dans le vif du sujet, en commençant par un historique rapide (6 pages) de l'arrivée au pouvoir de Dormammu et Umar dans la Dimension des Ténèbres, ainsi que le rôle des Mindless Ones. Mais très vite l'histoire se transforme en une rébellion menée de manière linéaire contre l'autorité en place, avec Stephen Strange évoluant dans un monde pseudo médiéval en toc. Les 2 seuls éléments qui ressortent sont le fait que les rebelles ne sont pas bien accueillis par la population et que Stern ajoute une couche de relation familiale qui lève le voile sur l'origine d'un personnage récurrent de la série. Pour le reste, la narration s'avère plan-plan, sans grande tension dramatique, une scène chassant l'autre vers un dénouement sans surprise. Les dessins de Paul Smith sont plutôt dépouillés, sans atteindre la délicatesse fragile des épisodes des X-Men qu'il a dessinés. Par contre il est visible que le personnage de Clea l'a inspiré et qu'il accorde plus d'attention à son visage et à ses expressions. Il surnage quelques décors intéressants de ci de là dont l'immense statue qui sert d'entrée pour le repaire d'Umar.



Dans le dernier épisode, Mark Badger n'est pas au meilleur de sa forme. Il hésite entre la stylisation radicale des formes et une approche plus conventionnelle ce qui aboutit à un résultat assez laid. Peter Brad Gillis s'acquitte honorablement de sa tâche : écrire le crossover obligatoire avec la minisérie de Jim Shooter. Il entremêle une forme d'éveil du Beyonder à des valeurs mystiques, avec un rappel des origines de Doctor Strange. Le résultat se laisse lire, mais sans non plus déchaîner les passions. Il est possible de retrouver une partie de la suite des aventures de Doctor Strange de cette époque dans Dr. Strange: Strange Tales (1987) de Peter Brad Gillis (Strange Tales 1 à 19 et "Cloak & Dagger" 7).



Ce tome est à destination des fans du Doctor Strange, il ne constitue pas un point d'entrée très palpitant pour les autres. Roger Stern révèle quelques éléments clefs de continuité concernant Black Knight, puis Clea, dans une narration platounette. Paul Smith met en valeur Clea, dans un monde manquant cruellement d'imagination. Il y a quand même l'apparence des Mindless Ones qui capture bien l'essence du style de Ditko et l'horreur inhérente à ces créatures qui seront beaucoup mieux mises en valeur par Warren Ellis dans Nextwave, agents of H.A.T.E..
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Les Gardiens de la Galaxie : l'intégrale, Tom..
  23 septembre 2015
Les Gardiens de la Galaxie : l'intégrale, Tome 1 : 1969-1977 de Roger Stern
Un album qui risque de n'intéresser que les amateurs de vieux comics, laissant indifférents les nouvelles générations actuelles.
Lien : http://www.sceneario.com/bd_..
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Guardians of the Galaxy: The Power of Starh..
  10 juin 2016
Guardians of the Galaxy: The Power of Starhawk de Roger Stern
Ce tome fait suite à Earth shall overcome ("Marvel Super Heroes" 18, "Marvel two-in-one" 4 & 5, "Giant size Defenders"5, "Defenders" 26 à 29). Il contient les épisodes 3 à 12 de la série "Marvel presents", initialement parus en 1976. Steve Gerber a écrit les scénarios des épisodes 3 à 7 et 9. Roger Stern a écrit les scénarios des épisodes 10 à 12. L'épisode 8 est essentiellement composé d'une réédition d'une partie de l'épisode 2 de la série "Silver Surfer", écrit par Stan Lee, dessiné par John Buscema et encré par Joe Sinnott. Al Milgom a dessiné tous les épisodes, encré par Pablo Marcos (épisode 3), lui-même (épisodes 4 & 9), Howard Chaykin (épisode 5), Terry Austin (épisode 6), Bob Wiacek (épisodes 7, 10 à 12). "Earth shall overcome" et "The power of Starhawk" ont été réédités dans Tomorrow's Avengers - Vol. 1.



Après avoir aidé à débarrasser la Terre des Badoons, les Gardiens de la Galaxie aident à la reconstruction. Mais ils s'aperçoivent bien vite qu'ils ne sont pas faits pour une vie civile, sur Terre. Ils décident de réembarquer à bord de leur vaisseau spatial le "Captain America". L'équipe se compose du major Vance Astro, de Martinex, de Yondu, de Charlie-27 et de Starhawk. Ce dernier les informe qu'ils doivent enquêter sur une étrange entité spatiale (plus tard appelée Karanada) qui se nourrit de l'énergie libérée par l'explosion de galaxies. En route, ils sont attaqués par un petit vaisseau terrien, à bord duquel ils récupèrent Nikki, la dernière survivante de la planète Mercure. Leurs pérégrinations vont les amener à affronter Karanada, à séjourner sur une planète ressemblant à la Terre du début des années 1980 (épisode 5), à récupérer un appareil enregistreur ayant conservé la première rencontre du Silver Surfer avec les Badoons sur Terre, à se battre contre les arcturiens, et à faire des réparations sur la base spatiale géante Drydock. En cours de route, ils auront découvert les origines de Starhawk, et le lien qui l'unit à Aleta.



Steve Gerber continue de narrer les aventures des gardiens de la galaxie, cette fois-ci sans intervention de superhéros du vingtième siècle, et en restant en l'an de grâce 3015. Il s'agit d'une forme de science-fiction de type "space opera", avec voyage stellaire en vaisseau spatial, des distances entre étoiles parcourues en quelques heures, sans explication particulière sur le mode de propulsion. Steve Gerber conserve la composante superhéros. Chacun des personnages dispose d'un superpouvoir : la télékinésie pour Vance Astro, la superforce et super-résistance pour Charlie-27, la capacité de générer du chaud et du froid pour Martinex, des flèches guidées par les harmoniques du sifflement pour Yondu (et une forme de sagesse shamanique), une super agilité (et des cheveux en flamme) pour Nikki, et la capacité de vol autonome ainsi qu'une forme d'omniscience pour Starhawk. Il y a également les tenues vestimentaires qui évoquent des costumes moulants de superhéros (Charlie-27 conservant un masque alors qu'il n'a aucune identité secrète à protéger).



Côté science-fiction, Gerber incorpore des voyages dans l'espace, des races extraterrestres anthropoïdes (avec les méchants Badoons ressemblant à de répugnants lézards), des individus à tête de chien, et des êtres humains à l'autre bout de la galaxie (probabilité proche de zéro dans la réalité). Il utilise des approximations franchement fausses pour les distances stellaires (pas très aidé par les dessins de Milgrom qui n'a aucune compréhension de ce type de distance).



Pourtant les épisodes écrits par Gerber présentent un pouvoir de séduction et de divertissement assez élevé. Pour d'anciens lecteurs des éditions Lug, l'épisode 5 sera resté dans les mémoires. Astro, Charlie-27; Nikki et Yondu se retrouvent sur une planète éloignée, dans une ville qui ressemble en tous points à New York, sauf pour ses habitants extraterrestres. Les GotG (Guardians of the Galaxy) doivent échapper aux griffes de la pègre et acheter un composant électronique. Ils sont pris à partie de toute part par des habitants peu amènes. La révélation finale sur ces comportements constitue un commentaire social sur la vie moderne urbaine toujours aussi mordant.



L'affrontement contre Karanada est également délirant et ébouriffant, inventif et inattendu. Steve Gerber est capable de tout, y compris d'un ennemi à la véritable forme imprévisible, avec une cathédrale abritant une secte peu commune. Après ce passage aussi délirant que séduisant par son anticonformisme, Steve Gerber laisse la place à une réédition d'une partie de l'épisode 2 de la série Silver Surfer car il était trop occupé à promouvoir la campagne présidentielle de Howard the Duck (véridique). Il revient pour le premier épisode des origines de Starhawk, toujours aussi surprenant, et il quitte la série. On peut supposer que la notoriété du canard Howard l'ait accaparé. Roger Stern explique qu'il a dû reprendre la série dans des délais très contraints et que de surcroît Gerber lui a expliqué qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il voulait mettre dans la deuxième partie des origines de Starhawk. Les épisodes de Gerber possède une verve étonnante (l'homme topographique), avec un ton irrévérencieux et des approximations énormes (les distances stellaires élastiques, la situation des enfants d'Aleta, ou encore la composante superhéros superflue). Les épisodes de Stern perdent la dimension sociale pour se recentrer sur l'action efficace.



Allen Milgrom réalise des dessins de type descriptif, assez méticuleux (pour des comics) présentant une bonne densité d'information visuelle. En fonction des encreurs, l'apparence est plus ou moins fignolée, plus ou moins jolie. Il convient de mentionner le travail détaillé réalisé par Terry Austin sur l'épisode 6. La mise en page de Milgrom oscille de dessin en double page, à 10 cases par page, en fonction des exigences de la séquence concernée. Le langage corporel et les expressions des visages manquent de nuances. Les manifestations des superpouvoirs ne sont pas très originales, plutôt fonctionnelles, se conformant aux stéréotypes de l'époque. Les scènes d'action vont de découpages heurtés, à une mise en scène ingénieuse (Charlie-27 bondissant sur la coque extérieure de Drydock). Pour un lecteur d'aujourd'hui, il s'agit de dessins un peu appliqués manquant un peu de grâce, mais transcrivant correctement l'histoire en images.



Il est probable que ces histoires n'offriront que peu d'attrait pour des lecteurs qui n'ont pas déjà un petit faible pour Steve Gerber, ou une soif de connaissance pour les personnages les plus obscurs de l'univers partagé Marvel. Pour ceux qui ont déjà eu un accès partiel à quelques uns de ces épisodes, c'est l'occasion de tout remettre dans l'ordre et de plonger dans un opéra de l'espace mâtiné de superhéros, avec une dimension sociale et spirituelle peu conventionnelle, avec des dessins compétents sans être inoubliables. Cette série s'est arrêtée avec l'épisode 12 de "Marvel presents". Les apparitions suivantes des Guardians of the Galaxy sont regroupées dans Tomorrow's Avengers - Vol. 2 ("Thor Annual" 6, "Avengers" 167 & 168, 170 à 177 et 181, "Ms. Marvel" 23 "Marvel Team-up" 86, "Marvel Two-in-one" 61 à 63, et 69).
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Superman - Anthologie
  24 février 2016
Superman - Anthologie de Roger Stern
J'ai vraiment du mal avec Superman. En fait, je lui ai toujours préféré Batman. Les deux seules histoires que j'ai adoré avec l'Homme d'Acier sont Red Son de Mark Millar, Kilian Plunkett et Dave Jonhson ainsi que le sublime Kingdom Come de Mark Waid et Alex Ross. Pour le reste, j'ai toujours été agacé par le côté boy-scout trop sage du personnage.

Toutefois, grâce à cette anthologie, j'ai découvert que le personnage était plus complexe qu'il n'y parait et qu'en 75 ans, il avait connu de nombreuses évolutions tant graphiques (heureusement) que scénaristiques. En effet, il est intéressant de voir comment au fil des années, les auteurs se sont emparés du super-héros et ont fait évoluer sa psychologie, l'ont confronté à de nouvelles problématiques, l'ont ancré dans leurs époques.



Le choix des histoires permet un panorama de ces évolutions en introduisant les différents personnages clés (Lois Lane, Luthor, Brainiac...). Par contre, j'ai souvent eu un sentiment de frustration car on arrive des fois en plein milieu d'une intrigue ou à l'inverse la fin de laisse un goût d'inachevé. Cela peut s'expliquer au fait que ce sont presque tous des épisodes qui ont, donc, un début et une fin mais qui s'inscrivent dans un arc narratif beaucoup plus long qui, lui, n'est pas terminé.



Un ouvrage un peu fastidieux à lire mais bien fait et instructif. Bon, ça ne m'a pas réconcilié avec le kryptonien mais disons, qu'il me semble aujourd'hui un peu plus digne d'intérêt.

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Les Gardiens de la Galaxie : l'intégrale, Tom..
  20 janvier 2015
Les Gardiens de la Galaxie : l'intégrale, Tome 1 : 1969-1977 de Roger Stern
Ce tome présente les toutes premières histoires des Gardiens de la Galaxie, en 3007, une équipe sans rapport avec celle du film de 2014. Il regroupe le numéro 18 de "Marvel Super Heroes" (paru en 1969), les épisodes 4 & 5 de "Marvel two-in-one" (parus en 1974), le numéro 5 de "Giant size Defenders" (1975), et les épisodes 26 à 29 de la série "Defenders" (parus en 1975), ainsi que les épisodes 3 à 12 de "Marvel presents".



Pour continuer à découvrir les Gardiens de la Galaxie, le lecteur peut se plonger dans Marvel Classic 15 (Thor Annual 6, Marvel Team-Up 86, Marvel Two-in-one 61 à 63 et 69), Héritage (série de 2008 se déroulant au temps présent), Les gardiens de la galaxie Marvel Now (série de 2013 se déroulant également au temps présent), Marvel Universe 2013 06 (première apparition de Rocket Raccoon).



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- Marvel Super Heroes 18 (scénario d'Arnold Drake, dessins de Gene Colan, encrage de Mickey Demeo) - En 3007, Charlie 27 revient sur Jupiter, pour découvrir que toute la population a disparu et que la planète est conquise par de méchants extraterrestres, des Badoon. Il utilise un téléporteur pour se rendre sur Pluton où il se retrouve face à Martinex. Sur Terre, le Major Vance Astro et Yondu sont également prisonniers des Badoon.



À la découverte de cet épisode, la première chose qui saute aux yeux est le découpage déjà si particulier des planches de Gene Colan, ainsi que les angles de prise de vue très inclinés, ce donne un dynamisme incroyable à chaque séquence. Les décors sont peu présents, et plutôt de type bon marché, voire simpliste, par contre chaque mouvement des personnages est accentué par la prise de vue emportant le lecteur dans une ronde effrénée.



Côté scénario, Arnold Drake imagine rapidement un groupe de 4 superhéros du futur, chacun survivant ultime d'une forme d'humanité, avec un coup du sort bien cruel pour Vance Astro (parti le premier, il arrive à destination avec 800 ans de retard par rapport aux premiers). Pour le reste, Drake récupère une race extraterrestre belliqueuse et expansionniste, modelée sur des lézards anthropomorphe, sans une once d’ambiguïté (apparue pour la première fois dans l'épisode 2 de la série "Silver Surfer" en 1968). 2 étoiles pour un récit vieillot et peu consistant.



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- Marvel two-in-one 4 & 5 (scénario de Steve Gerber, dessins de Sal Buscema, encrage de Frank Giacoia et Mike Esposito) - Benjamin promène Wundarr au zoo. Ils y croisent Namorita qui accepte de se charger de Wundarr, puis Captain America et Sharon Carter qui raccompagnent Ben Grimm au Baxter Building. Par un usage malencontreux de la machine à voyager dans le temps calibrée par Reed Richards, ils se retrouvent en 3014, à lutter aux côtés des Guardians of the Galaxy, pour libérer New York du joug des Badoons.



À l'époque "Marvel two-in-one" est un mensuel dévolu à Ben Grimm qui fait équipe avec un superhéros différent à chaque épisode ou presque. Il s'agit d'aventures bon enfant, avec une continuité d'un épisode à l'autre. C'est la raison pour laquelle Ben Grimm se trouve à emmener Wundarr au zoo. Cette rémanence des épisodes précédents est rapidement évacuée pour passer au plat de résistance : amener Captain America au 31ème siècle, le symbole de la liberté et des États-Unis. Sal Buscema est un bon artisan de l'époque : il réalise des pages claires et rapidement lisibles. Il s'économise autant qu'il peut sur les décors et quand ils sont présents, ils manquent singulièrement de consistance. 4 personnages sur 5 ont la bouche grande ouverte, dessinée en forme de trapèze, sans aucune nuance. Il est également visible qu'il s'inspire vaguement de Jack Kirby pour un décor futuriste et qu'il a bien profité des leçons de son frère John Buscema pour les postures des personnages. Les costumes de 4 Gardiens de la Galaxy ont été redessinés par Dave Cockrum (enfin 3, parce que ça ne s'applique pas à Martinex qui ne porte pas de costume. Hé oui, un héros qui se promène tout nu).



Steve Gerber reprend fidèlement les bases posées par Stan Drake dans "Marvel Super Heroes" 18, en insistant à nouveau sur l'ironie cruelle qui s'est abattue sur Vance Astro. Les Badoon reste une race extraterrestre générique dont l'apparence (des affreux lézards écailleux) indique clairement qu'ils sont les méchants de l'histoire, là encore sans aucune nuance. Il s'agit d'une histoire rapide et efficace. En fonction de la sensibilité du lecteur : 2 étoiles s'il ne supporte pas les tics narratifs de l'époque, 3 étoiles sinon.



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- Giant size Defenders 5 & Defenders 26 à 29 (scénario de Steve Gerber, aidé par Gerry Conway, Roger Slifer, Len Wein, Chris Claremont et Scott Edelman pour Giant size 5, dessins de Sal Buscema, sauf Giant size 5 dessiné par Don Heck) - Les Defenders (équipe composée de Doctor Strange, Nighthawk, Valkyrie, et Hulk) se retrouvent à lutter contre une sorte d'anguille électrique (un gymnote) géante et anthropoïde. Dans le même temps, le vaisseau des Guardians of the Galaxy s'est écrasé dans la banlieue de New York. Charlie-27 erre dans les rues de New York. Yondu et Vance Astro se lancent à sa recherche pendant que Martinex effectue des réparations de fortune sur leur vaisseau spatial. Par la suite les Defenders vont accompagner les Guardians of the Galaxy en 3015 pour initier la révolte contre la confrérie des Badoons.



Steve Gerber a écrit les épisodes 20 à 41 (sauf le numéro 30) de la série "Defenders", développant plusieurs personnages secondaires. Cette rencontre avec les GotG s'inscrit donc dans la continuité du titre, en particulier le développement des relations entre Valkyrie et Jack Norriss (le mari de Barbara dont l'esprit de Valikyrie occupe le corps). Le lecteur pourra aisément faire le parallèle avec les épisodes de "Marvel two-in-one". Sal Buscema est égal à lui-même : des planches sagement découpées en rectangles disposés côte à côte, des bouches en trapèze, des décors à l'économie, un respect total de la conception graphique des personnages. La prestation de Don Heck sur le numéro annuel reste difficile à regarder du fait d'une esthétique sommaire qui pique les yeux.



Steve Gerber reprend au départ la même trame que pour les épisodes de "Marvel two-in-one" en remplaçant Captain America par les Defenders. Mais dès l'épisode 26, il développe une étrange histoire du futur à base de catastrophe écologique à l'échelle planétaire (la disparition de la couche d'ozone), en y intégrant l'invasion martienne et Killraven (voir Essential Killraven - War of the Worlds en anglais). Il explique la conquête des autres planètes du système solaire par l'humanité, puis l'invasion des Badoons (toujours aussi méchants). Les Gardiens de la Galaxie gagnent un peu en personnalité. Martinex devient le savant et le mécanicien, Charlie-27 devient le bon soldat, Yondu est le bon sauvage, et Vance Astro reste garant de l'esprit d'initiative de l'humanité (du vingtième siècle).



Mais Gerber ne se contente pas d'une nouvelle rébellion contre les Badoons, il développe également le mode de reproduction de cette race extraterrestre, avec un rôle inattendu pour le sexe femelle. Les relations homme / femme entre Jack et Valkyrie ont des relents d'émancipation et de libération de la femme. Même Hulk devient l'objet de convoitise d'une femme visiblement troublé par sa virilité. Au fil des pages, le lecteur apprécie le savoir faire de Gerber en tant que conteur. La présence de Jack Norriss assure un point de vue d'humain normal (et donc un point d'ancrage immédiat pour le lecteur) dans ce récit de science fiction mâtiné de superhéros. L'introduction d'un nouveau personnage très mystérieux augmente le niveau de suspens (malgré son rôle de deus ex machina, apportant des informations à point nommé). Qui est Starhawk, cet individu qui s'est lui-même surnommé "celui qui sait" ? Du coup, l'accumulation de ces particularités (de l'histoire du futur aux réactions de Jack Norriss) transforme une nouvelle rébellion en un récit d'anticipation personnel, renvoyant à des questions de jeune adulte.



Ce prologue à la série consacrée aux Gardiens de la Galaxie (dans "Marvel presents") conserve une saveur très particulière, malgré les dessins industriels de Sal Buscema et quelques facilités de scénario (il est trop fort ce Docteur Strange, toujours une formule magique efficace dans sa manche). En fonction de la sensibilité du lecteur, 3 étoiles si réfractaire aux histoires trop marquées années 1970 ; 4 étoiles pour un amoureux de l'univers Marvel, pour un fan de Steve Gerber.



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- Épisodes 3 à 12 de la série "Marvel presents", initialement parus en 1976. Steve Gerber a écrit les scénarios des épisodes 3 à 7 et 9. Roger Stern a écrit les scénarios des épisodes 10 à 12. L'épisode 8 est essentiellement composé d'une réédition d'une partie de l'épisode 2 de la série "Silver Surfer", écrit par Stan Lee, dessiné par John Buscema et encré par Joe Sinnott. Al Milgom a dessiné tous les épisodes, encré par Pablo Marcos (épisode 3), lui-même (épisodes 4 & 9), Howard Chaykin (épisode 5), Terry Austin (épisode 6), Bob Wiacek (épisodes 7, 10 à 12).



Après avoir aidé à débarrasser la Terre des Badoons, les Gardiens de la Galaxie aident à la reconstruction. Mais ils s'aperçoivent bien vite qu'ils ne sont pas faits pour une vie civile, sur Terre. Ils décident de réembarquer à bord de leur vaisseau spatial le "Captain America". L'équipe se compose du major Vance Astro, de Martinex, de Yondu, de Charlie-27 et de Starhawk. Ce dernier les informe qu'ils doivent enquêter sur une étrange entité spatiale (plus tard appelée Karanada) qui se nourrit de l'énergie libérée par l'explosion de galaxies. En route, ils sont attaqués par un petit vaisseau terrien, à bord duquel ils récupèrent Nikki, la dernière survivante de la planète Mercure. Leurs pérégrinations vont les amener à affronter Karanada, à séjourner sur une planète ressemblant à la Terre du début des années 1980 (épisode 5), à récupérer un appareil enregistreur ayant conservé la première rencontre du Silver Surfer avec les Badoons sur Terre, à se battre contre les arcturiens, et à faire des réparations sur la base spatiale géante Drydock. En cours de route, ils auront découvert les origines de Starhawk, et le lien qui l'unit à Aleta.



Steve Gerber continue de narrer les aventures des gardiens de la galaxie, cette fois-ci sans intervention de superhéros du vingtième siècle, et en restant en l'an de grâce 3015. Il s'agit d'une forme de science-fiction de type "space opera", avec voyage stellaire en vaisseau spatial, des distances entre étoiles parcourues en quelques heures, sans explication particulière sur le mode de propulsion. Steve Gerber conserve la composante superhéros. Chacun des personnages dispose d'un superpouvoir : la télékinésie pour Vance Astro, la superforce et super-résistance pour Charlie-27, la capacité de générer du chaud et du froid pour Martinex, des flèches guidées par les harmoniques du sifflement pour Yondu (et une forme de sagesse shamanique), une super agilité (et des cheveux en flamme) pour Nikki, et la capacité de vol autonome ainsi qu'une forme d'omniscience pour Starhawk. Il y a également les tenues vestimentaires qui évoquent des costumes moulants de superhéros (Charlie-27 conservant un masque alors qu'il n'a aucune identité secrète à protéger).



Côté science-fiction, Gerber incorpore des voyages dans l'espace, des races extraterrestres anthropoïdes (avec les méchants Badoons ressemblant à de répugnants lézards), des individus à tête de chien, et des êtres humains à l'autre bout de la galaxie (probabilité proche de zéro dans la réalité). Il utilise des approximations franchement fausses pour les distances stellaires (pas très aidé par les dessins de Milgrom qui n'a aucune compréhension de ce type de distance).



Pourtant les épisodes écrits par Gerber présentent un pouvoir de séduction et de divertissement assez élevé. Pour d'anciens lecteurs des éditions Lug, l'épisode 5 sera resté dans les mémoires. Astro, Charlie-27; Nikki et Yondu se retrouvent sur une planète éloignée, dans une ville qui ressemble en tous points à New York, sauf pour ses habitants extraterrestres. Les GotG (Guardians of the Galaxy) doivent échapper aux griffes de la pègre et acheter un composant électronique. Ils sont pris à partie de toute part par des habitants peu amènes. La révélation finale sur ces comportements constitue un commentaire social sur la vie moderne urbaine toujours aussi mordant.



L'affrontement contre Karanada est également délirant et ébouriffant, inventif et inattendu. Steve Gerber est capable de tout, y compris d'un ennemi à la véritable forme imprévisible, avec une cathédrale abritant une secte peu commune. Après ce passage aussi délirant que séduisant par son anticonformisme, Steve Gerber laisse la place à une réédition d'une partie de l'épisode 2 de la série Silver Surfer car il était trop occupé à promouvoir la campagne présidentielle de Howard the Duck (véridique, VO). Il revient pour le premier épisode des origines de Starhawk, toujours aussi surprenant, et il quitte la série. On peut supposer que la notoriété du canard Howard l'ait accaparé. Roger Stern explique qu'il a dû reprendre la série dans des délais très contraints et que de surcroît Gerber lui a expliqué qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il voulait mettre dans la deuxième partie des origines de Starhawk. Les épisodes de Gerber possède une verve étonnante (l'homme topographique), avec un ton irrévérencieux et des approximations énormes (les distances stellaires élastiques, la situation des enfants d'Aleta, ou encore la composante superhéros superflue). Les épisodes de Stern perdent la dimension sociale pour se recentrer sur l'action efficace.



Allen Milgrom réalise des dessins de type descriptif, assez méticuleux (pour des comics) présentant une bonne densité d'information visuelle. En fonction des encreurs, l'apparence est plus ou moins fignolée, plus ou moins jolie. Il convient de mentionner le travail détaillé réalisé par Terry Austin sur l'épisode 6. La mise en page de Milgrom oscille de dessin en double page, à 10 cases par page, en fonction des exigences de la séquence concernée. Le langage corporel et les expressions des visages manquent de nuances. Les manifestations des superpouvoirs ne sont pas très originales, plutôt fonctionnelles, se conformant aux stéréotypes de l'époque. Les scènes d'action vont de découpages heurtés, à une mise en scène ingénieuse (Charlie-27 bondissant sur la coque extérieure de Drydock). Pour un lecteur d'aujourd'hui, il s'agit de dessins un peu appliqués manquant un peu de grâce, mais transcrivant correctement l'histoire en images.



Il est probable que ces histoires n'offriront que peu d'attrait pour des lecteurs qui n'ont pas déjà un petit faible pour Steve Gerber, ou une soif de connaissance pour les personnages les plus obscurs de l'univers partagé Marvel. Pour ceux qui ont déjà eu un accès partiel à quelques uns de ces épisodes, c'est l'occasion de tout remettre dans l'ordre et de plonger dans un opéra de l'espace mâtiné de superhéros, avec une dimension sociale et spirituelle peu conventionnelle, avec des dessins compétents sans être inoubliables. Cette série s'est arrêtée avec l'épisode 12 de "Marvel presents".
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Les Gardiens de la Galaxie : l'intégrale, Tom..
  11 août 2014
Les Gardiens de la Galaxie : l'intégrale, Tome 1 : 1969-1977 de Roger Stern
Voici le genre d'album que je t'attendais de la part de Panini une série complète sur des personnages moins connus. Le choix des gardiens de la galaxie est bien évidement dicté par la sortie du film.

Le premier épisodes est sans doute le meilleur pour moi, bien que l'histoire soit classique le dessin de Gene Colan donne un extraordinaire dynamisme à cette histoire.

Les deux suivantes sont des Marvel Two In One soit des épisodes avec la chose le premier avec Captain America ou les gardiens sont justes mentionnés et le deuxième ou tout le monde fait équipe des histoires plaisantes sans plus.

suit ma plus grosse perception en effet j'attendais beaucoup des épisodes avec les Défenseurs mais ceux sont les plus mauvais de l'album autant sur le plan du dessin que de l'histoire.

Puis débute les histoires des gardiens dans leur propre série ces épisodes sont plaisant les personnages prennent de l’épaisseur psychologique au fil des épisodes( surtout Starhawk et Vance Astro)mais la série s’arrête après 12 numéros faute d'avoir trouver son lectorat.

A noter l’épisode 8 reprends une histoire du Silver Surfer (la deuxième ) en y ajoutant deux pages d'introduction et une page de conclusion avec les gardiens.

Un album qui m'a plut mais qui ne plaira a tout le monde.

La suite a été publié dans le Marvel Classic 15 publié le mois dernier
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Marvels : L'oeil de l'objectif
  16 février 2014
Marvels : L'oeil de l'objectif de Roger Stern
"Marvels : L’œil de l'objectif" est la suite directe de "Marvels" (1994). Je n'ai pas lu ce dernier. En fait, je ne connaissais pas du tout l'existence de ces deux mini-séries. Mais c'est un fait que j'ai bien l'intention de modifier suite à cette lecture !



C'est l'histoire de Phil Sheldon, un reporter photographe qui a assisté tout au long de sa carrière à l'apparition des différents super-héros Marvel depuis la Seconde Guerre Mondiale (autrement dit, depuis le commencement). Il a été témoin de leurs exploits, de leurs combats et armé de son appareil photo, il a fournit au monde non seulement des preuves mais des souvenirs mémorables. Puis, il a publié un ouvrage : "Marvels" (oui comme le titre de la première mini-série) qui a connu un grand succès.

Aujourd'hui, la retraite approche, il a changé, il n'est plus aussi jeune et puis la maladie s'invite soudainement. Le monde aussi a changé. Les héros ne sont plus acclamés mais plutôt décriés. La moindre erreur, la moindre faille est prétexte à les salir. Sans compter qu'apparaisse de nouveaux personnages comme le Punisher, violent, meurtrier ; ou encore l'apparition des "mutants" et donc des X-men. Qui sont-ils ? Pourquoi attisent-ils la haine des gens ?

Phil est désabusé par ce monde qui mélange tout, qui déforme tout. Une évolution permanente et des évènements hors du commun mais aussi communs vont le faire douter et remettre en question ce en quoi il croit.



Les super-héros sont ici relégués au second plan. Les apparitions sont nombreuses mais furtives. L'histoire est vraiment celle de Phil Sherldon. A travers son personnage qui connait bien ce monde héroïque, ou qui croyait le connaître, beaucoup de questions sont soulevées. Des interrogations sur le traitement de l'information par les médias, le type d'informations transmis au public, la place des super-héros, le prix de leurs actes, la nécessité de leur existence, l'accoutumance et la banalisation de cette présence hors-norme, l'héritage, la transmission, la mémoire, l'utilité d'une vie ou de son métier, etc.



Le scénario est excellent. Il m'a tenu en haleine malgré une fin attendue mais tout de même efficace. L'histoire est dense et ne laisse aucun temps morts.

En tant que néophyte, je regrette un manque d'indications et de marqueurs chronologiques. Visuellement, dans les costumes notamment, on soupçonne une ambiance très 1970's. Cela est corroboré par mes recherches Wikipedia sur la création du Punisher, Daredevil ou encore des X-men qui sont dans ces eaux-là : 1960's-1970's.

Mais franchement, je pense que les évènements relatés dans cette histoire, bien qu'intéressantes à découvrir de cette manière-là, ne parleront qu'aux grands fans de Marvel et à tout ceux connaissant bien cet univers et son histoire.



N'en reste pas moins que le travail scénaristique de Kurt Busiek est excellent. Et la réalisation des planches par Jay Anacleto est sublime. Ca donne très envie de découvrir la mini-série "Marvels".
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Superman - Anthologie
  19 août 2018
Superman - Anthologie de Roger Stern
Cette anthologie contient 15 récits qui ont défni l'homme d'acier. De sa première apparition en 1938 à sa renaissance en 2012, en passant par son évolution au fil des décennies.



Cette année Superman à fêter s'est 80 ans. J'ai décider de lire Superman Anthologie pour découvrir l'évolution et les origines du premier super-héros de l'histoire des comics. J'ai un peu de mal avec Superman, sa naïfté est agacante et son statue de demi-dieux m'enpêche de m'attacher à lui...



Cette anthologie est très bonne pour commencer à lire Superman. Ce bouquin contient des textes très complet et intéressant qui nous expliquent le contexte de publication de chaque histoire. Il y a une lettre de Jerry Siegel destiné à son personnage. + "Une lettre ouverte aux fans de Superman" par Lois Lane, écrit pour les 10 ans de publication de ses aventures. Ou encore un texte de l'auteur Ray Bradbury qui rend hommage à Superman
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Avengers : The Legacy of Thanos
  25 juin 2016
Avengers : The Legacy of Thanos de Roger Stern
Ce tome contient les épisodes 255 à 261 de la série "Avengers", initialement parus en 1985, ainsi que les numéros annuels 14 d'Avengers et 19 de "Fantastic Four". Les scénarios sont de Roger Stern, sauf celui de l'annuel des FF écrit par John Byrne. Les esquisses de planches sont réalisées par John Buscema, avec des finitions (dessins détaillés + encrage) de Tom Palmer, à l'exception des 2 annuels. Celui des Avengers est esquissé par John Byrne avec des finitions de Kyle Baker, celui des FF est dessiné par Byrne avec un encrage de Joe Sinnott. Ce tome fait suite à Absolute Vision, book 2 qui contient les épisodes 242 à 254, ainsi que l'annuel 13. Roger Stern a été le scénariste de la série Avengers du numéro 227 au numéro 288 (sauf l'épisode 280).



Durant ces épisodes, l'équipe se compose essentiellement de Captain America (Steve Rogers), Captain Marvel (Monica Rambeau), Starfox (Eros), Hercules, Black Knight (Dane Whitman), Wasp (Janet van Dyne), avec l'apparition de Ka-zar, Shanna, et Firelord.



Épisode 255 - Vision doit assumer les conséquences de ses actes dans le tome passé, Janet van Dyne revient au manoir des Avengers, et Monica Rambeau effectue une mission de contrôle dans Sanctuary II, l'ancien vaisseau spatial de Thanos (voir Avengers vs. Thanos ou Warlock). Épisodes 256 & 257 - Les Avengers effectuent une mission en Terre Sauvage (Savage Land) pour mettre fin aux destructions d'un ennemi des Fantastic Four.



Épisodes 258 à 260 + annuels 14 & 19 (FF) - Les Avengers se lancent dans l'espace pour secourir Captain Marvel qui a réussi à envoyer un message de détresse depuis Sanctuary II. Non seulement, ils doivent contrecarrer les plans de Nebula pour utiliser l'héritage de Thanos, mais en plus ils se retrouvent au milieu d'une conspiration skrull pour rétablir leur empire, après la destruction de leur planète capitale. Épisode 261 - De retour sur Terre, les Avengers se retrouvent face aux nouvelles lubies du Beyonder (voir Secret wars II).



Cela faisait donc maintenant 2 ans que Roger Stern écrivait les aventures des Avengers, et il avait trouvé son rythme de croisière : des aventures grands spectacles à la dimension de cette équipe puissante, quelques courtes scènes relatives à la vie des personnages secondaires, quelques tracas administratifs avec leur superviseur gouvernemental, quelques superhéros en invités. Le premier épisode permet de faire la transition entre la prise de pouvoir de Vision, et les aventures suivantes, apportant ainsi une coda. Les 2 épisodes suivants sont l'occasion d'effectuer de gros dégâts en Terre Sauvage, puis c'est parti pour une aventure plus conséquente mêlant 2 fils narratifs (Nebula et les skrulls).



Côté grand spectacle, le lecteur est servi puisqu'il voyage en Terre Sauvage (avec moult destructions massives, tellement que le lecteur finit par se douter que leur pérennité est peu probable), ainsi que dans l'espace, avec des intrigues de palais à la clef, plutôt bien ficelées, révélant plusieurs couches de complots. Stern se montre adroit dans la manière dont il utilise l'héritage des histoires de Jim Starlin (le créateur de Thanos), introduisant un personnage (Nebula) qui utilise lui-même l'héritage de Thanos. Il ne faut quand même pas être trop regardant, certaines péripéties résistant mal à un examen logique. Comment les sbires de Nebula réussissent-ils à aborder Sanctuary II facilement, alors que ce fut si difficile pour Captain Marvel ? Quelle est l'étendue réelle des pouvoirs de cette dernière (il semble qu'elle en découvre de nouvelles utilisations en fonction des besoins du scénario) ?



Concernant la vie des personnages, Stern s'attache plus aux personnages secondaires qu'à Captain America, par la force des choses puisque ce dernier dispose de sa propre série mensuelle. Par exemple, Stern joue avec un trait de caractère principal pour Monica Rambeau et Dane Whitman. Il ne s'agit pas de les développer réellement, juste de leur donner une personnalité superficielle : Monica Rambeau est la petit nouvelle qui souhaite bien faire, Whitman est de retour après des années d'absence et il constate à quel point les choses ont évolué chez les Avengers. C'est d'ailleurs la limite de cette composante, Whitman servant au scénariste à montrer à quel point les choses ont changé, dans tous les épisodes sans exception, ce qui finit par faire ressortir cet artifice narratif pour ce qu'il est (à savoir un artifice).



Les superhéros apparaissant le temps d'un épisode ou deux ne sont là qu'en temps que figurant, Ka-zar finissant même par faire tapisserie dans la Terre Sauvage, un comble d'inutilité alors qu'il s'agit de son territoire. Firelord (ex-héraut de Galactus) n'est pas mieux loti.



Globalement ces aventures se lisent sans déplaisir, comme un exemple des comics de l'époque, le travail d'un bon artisan réalisant un produit industriel à un rythme mensuel avec une bonne sensibilité vis-à-vis des propriétés intellectuelles qui lui sont confiées par les responsables éditoriaux.



Côtés dessins, John Buscema est donc responsable de la mise en page, au travers d'esquisses rapides. Il réalise des découpages d'une clarté sans faille et sans esbroufe, racontant l'histoire avec entrain, sans se reposer uniquement sur des cases démonstratives en mettant plein la vue du lecteur. Il y a un vrai savoir-faire narratif, avec un sens du rythme qui tient la main du lecteur dans chaque page pour une lecture fluide, sans heurts et rapide. Le lecteur pourra trouver ces dessins datés, ou apprécier les compétences professionnelles de John Buscema qui a permis de raffiner l'identité visuelle des comics Marvel après le départ de Jack Kirby et Steve Ditko, en faisant évoluer les bases créées par ces 2 derniers.



Tom Palmer a été l'encreur sur la série Avengers de 1985 à 1996. Il dispose du temps nécessaire pour compléter les dessins de John Buscema et les embellir. En particulier, il peaufine avec soin tous les êtres humains ordinaires esquissés par Buscema. Par comparaison avec des comics plus récents, c'est une bouffée d'air frais de découvrir ces épisodes dans lesquels les humains normaux ont leur place, avec des morphologies diverses et variées. Palmer soigne chaque dessin pour y figurer des textures différentes, pour conférer de la substance aux décors. L'association de Buscema et Palmer n'aboutit pas à des pages mémorables ou qui frappent l'imagination, mais à une narration claire et efficace qui montre que ces superhéros sont à la base des êtres humains.



Par la force des choses, le lecteur compare les 2 épisodes dessinés par John Byrne, à ceux de Buscema et Palmer. Le nombre de cases diminue d'une ou deux par page. Les dessins sont plus raffinés, avec moins de traits. L'annuel des FF est encré par Joe Sinnott, un encreur historique de Marvel, Byrne souhaitant rendre hommage aux FF de Kirby et de John Buscema. Sinnott arrondit les dessins de Byrne avec un trait plus gras et plus infantile. Le résultat fonctionne bien le temps de l'introduction (9 pages) avec des dessins raffinés au point d'en devenir iconiques. Puis l'association de ces 2 artistes perd en crédibilité avec des expressions de visages trop caricaturales et grossières. L'association de Byrne avec Kyle Baker semble a priori contre nature (voire le travail de Baker sur le Shadow par exemple : Shadow, master series volume 2). Contre toute attente, Kyle Baker joue le jeu des dessins de comics de superhéros, et insuffle une personnalité inattendue à chaque personnage, avec des expressions nuancées, parfois goguenardes ce qui convient très bien au sosie d'Humphrey Bogart.



Au final, la découverte de ces aventures constitue une lecture facile et divertissante, donnant un aperçu des comics de l'époque, et une tranche d'histoire des Avengers. L'histoire n'est pas inoubliable, les personnages sont superficiels, mais la mécanique des intrigues fonctionne encore et permet de voir des superhéros secondaires passant régulièrement par des passages à vide (Captain Marvel, Eros, Black Knight, Firelord).
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Doctor Strange & Doctor Doom: Triumph and T..
  17 septembre 2014
Doctor Strange & Doctor Doom: Triumph and Torment de Roger Stern
"Triumph and Torment" est à l'origine un graphic novel publié en 1989. Il raconte comment Doom et le Docteur Strange ont conclu une alliance malaisée pour sauver l'âme de Cynthia, la mère de Doom, retenue prisonnière par le démon Mephisto. Mais le prix à payer pourrait être trop grand, surtout s'ils ne peuvent avoir confiance l'un en l'autre...



L'histoire est sombre et torturée. Doom n'a ici pas un rôle de méchant, mais cela n'empêche pas son orgueil de rester incommmensurable et dangereux. Mephisto est vraiment effrayant, et Strange montre son talent en tant que sorcier, et sa compassion humaine. Le dessin est de Mike Mignola (qui était beaucoup moins connu à l'époque) et il participe à créer une ambiance tendue et superbe, où l'aspect grandiloquent est presque plus proche de la tragédie classique que de l'histoire de super-héros standard.



Même connaître et aimer les personnages aide à apprécier l'histoire, ce n'est pas nécessaire. C'est un graphic novel, et donc auto-contenu. Chacun des personnages est présenté, sans que cela alourdisse l'histoire.



Pour moi, un des grands classiques de Marvel !



Dans cette réédition, en plus de l'histoire principale, Marvel nous offre quelques petits bonus, de qualité inférieure, mais qui ne peuvent pas faire de mal. On a un extrait de "Astonishing Tales" qui raconte un des échecs de Doom pour sauver sa mère, qui est touchant mais du vieux comics assez standard. Un chapitre de "Doctor Strange" où le bruit court qu'il cherche un nouvel apprenti, qui n'est dans ce recueil que pour une page où Doom se demande s'il pourrait être un des candidats (et conclut par la négative). Et enfin, deux histoires courtes tirées de "Marvel Fanfare" qui n'ont aucun lien avec Triumph and Torment (le personnage principal des deux est Namor, et ni Doom ni Strange ni Mephisto n'apparaissent), qui sont juste là parce qu'elles font partie des premiers travaux de Mignola chez Marvel. Elles sont donc très bien déssinées, et j'aime bien l'ambiance, entre le mythe et le fantastique.

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Superman - Anthologie
  05 avril 2013
Superman - Anthologie de Roger Stern
L’Anthologie Superman nous présente des histoires qui illustrent tous ces aspects et nous montrent de façon très exhaustive que Superman, loin d’un personnage simpliste, peut aussi servir des aventures variées et complexes.
Lien : http://bulles-et-onomatopees..
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Docteur Strange et Docteur Fatalis
  04 septembre 2016
Docteur Strange et Docteur Fatalis de Roger Stern
martin perez a si bien resumè la chose j'ai plutot apprecier cette histoire
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Marvels : L'oeil de l'objectif
  09 mars 2015
Marvels : L'oeil de l'objectif de Roger Stern
Ce tome regroupe les 6 épisodes de la minisérie parue en 2009/2010.



Il y a plusieurs années, Phil Sheldon (photoreporter) était lassé de la vie et considérait une réorientation professionnelle : travailler pour la presse à sensation, quitter la sphère du pur journalisme. Toutefois, une information inopinée l'amène à couvrir la présentation à la presse de Reed Richards, Susan Storm, Johnny Storm et Benjamin Grimm, juste après leur célèbre voyage à bord d'une fusée insuffisamment protégée contre les rayons cosmiques. Il a alors l'intuition que sa vie sera indissolublement liée à celles de ces merveilles (marvels). Entre les premières apparitions de Thor, Spider-Man, Ant-Man et des angoissants X-Men, il découvre que sa plus jeune fille à besoin de lunettes. À la fin du premier épisode, une visite chez le médecin lui apprend un diagnostic peu encourageant. La suite raconte au lecteur la vie de Phil jusqu'à une période qui correspond à la mort des X-Men à Dallas pendant The Fall of the Mutants (initialement publié en 1988).



Kurt Busiek ne s'en cache pas dans la postface : au vu du succès de la série initiale Marvels (1994), il était commercialement logique de lui donner une suite (envisagée pour une trentaine de pages avec Alex Ross dans un premier temps). Finalement, c'est Jay Anacleto qui réalise les illustrations, Brian Haberlin s'occupe de la mise en couleurs. Au générique, Roger Stern est crédité au même niveau que Kurt Busiek pour le scénario. Ce n'est pas la première fois qu'ils collaborent ensemble ; ils l'avaient déjà fait pour Avengers Forever. Dans la préface, Roger Stern explique qu'il a surtout servi d'aide à Busiek pour alimenter l'histoire en références sur les événements se déroulant dans l'univers partagé Marvel au moment des faits du récit. Ce tome comprend d'ailleurs 2 pages qui listent les références en question : titre de la série concernée + numéro de l'épisode.



Donc Busiek reprend le personnage de Phil Sheldon et décrit la suite de son histoire. Le premier épisode déconcerte un instant car Busiek revient sur des périodes déjà évoquées dans l'histoire originelle Marvels. Il est vraisemblable que Busiek tenait à faire de "Eye of the camera" une histoire complète par elle-même. Du coup, le scénariste semble exploiter le même filon jusqu'à l'épuisement. La vie de Phil Sheldon est révolutionnée par le retour des superhéros au début des années 1960 (comprendre que le lecteur des comics de ces années là voit son ordinaire révolutionné par les premiers comics Marvel). La populace se méfie des X-Men qui semble une menace plus qu'autre chose, comprendre que dès le départ les héros Marvel ont un coté obscur que n'avaient pas leurs homologues de la concurrence (Superman en tête). Puis Sheldon semble lui-même perdre la fois dans ces merveilles avec l'apparition d'anti(super)héros comme Ghost Rider (Johnny Blaze), Werewolf (Jack Russell), Son of Satan (Daimon Hellstrom), Morbius (Michael Morbius), Dracula et Man-Thing (Ted Sallis). Son désenchantement atteint son paroxysme lors des Secret Wars : les superhéros ont disparu et finalement Phil Sheldon constate amèrement que le monde ne s'en porte pas plus mal (une constatation brutalement et honnêtement cynique). Cette prise de conscience constitue le moment le plus fort du récit : toi aussi lecteur, tu peux vivre sans lire des comics de superhéros ! Sinon les frasques des superhéros n'ont de cesse, et Phil Sheldon vieillit. Les références aux années 1980 abondent et permettront aux lecteurs de cette époque de se dire alternativement "Ah oui, je m'en souviens", ou "Ah je ne me souvenais plus que ça s'était passé dans cet ordre là". Busiek et Stern évoquent dans l'ordre chronologique : la première apparition publique des FF, le retour de Captain America à l'ère moderne, la Spider-mobile, la première apparition de Nomad (Steve Rogers), la première apparition de Wolverine, le début des Champions, la mort d'Elektra, la première apparition du Punisher, l'arrivée du Beyonder, etc.



Jay Anacleto n'est pas Alex Ross, mais cela n'a rien d'une surprise, ni même d'une critique. Il a un style très réaliste, beaucoup plus que celui d'Alex Ross, beaucoup plus descriptif, beaucoup plus terre à terre et plus minutieux. Globalement Anacleto préfère renforcer la sensation de quotidien, d'ordinaire. Il a dû effectuer de sérieuses recherches car les détails vestimentaires ou technologiques (la forme des postes de télévision par exemple) ne présentent aucune erreur par rapport aux décennies visitées (1960, 1970 et 1980). Il est possible de suivre scène par scène l'évolution de la mode et des appareils électroménagers, impressionnant. Les visages présentent tous une forte personnalité, sans être décalqués sur des photos. Chaque séquence est mise en scène de façon prosaïque, insistant sur le caractère banal de la vie de Sheldon, tant qu'il n'y a pas de superhéros à l'horizon. C'est un peu ce qui dessert la narration dans laquelle le lecteur finit par se demander si la vie de Sheldon l'intéresse tant que ça dans ce qu'elle a de commun. La mise en couleur repose surtout sur des teintes neutres habilement juxtaposées pour que les différents éléments ressortent les uns à coté des autres, mais là encore très quotidiennes.



Finalement ce tome se laisse lire gentiment, la fibre nostalgique est fortement sollicitée et certaines références feront plus mouche que d'autres (j'ai en particulier apprécié les réminiscences du Punisher tirant sur les passants qui n'empruntent pas les passages piétons). Mais Busiek n'a rien à dire de nouveau par rapport à "Marvels", et réussit moins bien le point de vue humain qu'il sait si bien magnifier dans sa série Astro City.
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Marvels : L'oeil de l'objectif
  09 mars 2015
Marvels : L'oeil de l'objectif de Roger Stern
Ce tome regroupe les 6 épisodes de la minisérie parue en 2009/2010.



Il y a plusieurs années, Phil Sheldon (photoreporter) était lassé de la vie et considérait une réorientation professionnelle : travailler pour la presse à sensation, quitter la sphère du pur journalisme. Toutefois, une information inopinée l'amène à couvrir la présentation à la presse de Reed Richards, Susan Storm, Johnny Storm et Benjamin Grimm, juste après leur célèbre voyage à bord d'une fusée insuffisamment protégée contre les rayons cosmiques. Il a alors l'intuition que sa vie sera indissolublement liée à celles de ces merveilles (marvels). Entre les premières apparitions de Thor, Spider-Man, Ant-Man et des angoissants X-Men, il découvre que sa plus jeune fille à besoin de lunettes. À la fin du premier épisode, une visite chez le médecin lui apprend un diagnostic peu encourageant. La suite raconte au lecteur la vie de Phil jusqu'à une période qui correspond à la mort des X-Men à Dallas pendant The Fall of the Mutants (initialement publié en 1988).



Kurt Busiek ne s'en cache pas dans la postface : au vu du succès de la série initiale Marvels (1994), il était commercialement logique de lui donner une suite (envisagée pour une trentaine de pages avec Alex Ross dans un premier temps). Finalement, c'est Jay Anacleto qui réalise les illustrations, Brian Haberlin s'occupe de la mise en couleurs. Au générique, Roger Stern est crédité au même niveau que Kurt Busiek pour le scénario. Ce n'est pas la première fois qu'ils collaborent ensemble ; ils l'avaient déjà fait pour Avengers Forever. Dans la préface, Roger Stern explique qu'il a surtout servi d'aide à Busiek pour alimenter l'histoire en références sur les événements se déroulant dans l'univers partagé Marvel au moment des faits du récit. Ce tome comprend d'ailleurs 2 pages qui listent les références en question : titre de la série concernée + numéro de l'épisode.



Donc Busiek reprend le personnage de Phil Sheldon et décrit la suite de son histoire. Le premier épisode déconcerte un instant car Busiek revient sur des périodes déjà évoquées dans l'histoire originelle Marvels. Il est vraisemblable que Busiek tenait à faire de "Eye of the camera" une histoire complète par elle-même. Du coup, le scénariste semble exploiter le même filon jusqu'à l'épuisement. La vie de Phil Sheldon est révolutionnée par le retour des superhéros au début des années 1960 (comprendre que le lecteur des comics de ces années là voit son ordinaire révolutionné par les premiers comics Marvel). La populace se méfie des X-Men qui semble une menace plus qu'autre chose, comprendre que dès le départ les héros Marvel ont un coté obscur que n'avaient pas leurs homologues de la concurrence (Superman en tête). Puis Sheldon semble lui-même perdre la fois dans ces merveilles avec l'apparition d'anti(super)héros comme Ghost Rider (Johnny Blaze), Werewolf (Jack Russell), Son of Satan (Daimon Hellstrom), Morbius (Michael Morbius), Dracula et Man-Thing (Ted Sallis). Son désenchantement atteint son paroxysme lors des Secret Wars : les superhéros ont disparu et finalement Phil Sheldon constate amèrement que le monde ne s'en porte pas plus mal (une constatation brutalement et honnêtement cynique). Cette prise de conscience constitue le moment le plus fort du récit : toi aussi lecteur, tu peux vivre sans lire des comics de superhéros ! Sinon les frasques des superhéros n'ont de cesse, et Phil Sheldon vieillit. Les références aux années 1980 abondent et permettront aux lecteurs de cette époque de se dire alternativement "Ah oui, je m'en souviens", ou "Ah je ne me souvenais plus que ça s'était passé dans cet ordre là". Busiek et Stern évoquent dans l'ordre chronologique : la première apparition publique des FF, le retour de Captain America à l'ère moderne, la Spider-mobile, la première apparition de Nomad (Steve Rogers), la première apparition de Wolverine, le début des Champions, la mort d'Elektra, la première apparition du Punisher, l'arrivée du Beyonder, etc.



Jay Anacleto n'est pas Alex Ross, mais cela n'a rien d'une surprise, ni même d'une critique. Il a un style très réaliste, beaucoup plus que celui d'Alex Ross, beaucoup plus descriptif, beaucoup plus terre à terre et plus minutieux. Globalement Anacleto préfère renforcer la sensation de quotidien, d'ordinaire. Il a dû effectuer de sérieuses recherches car les détails vestimentaires ou technologiques (la forme des postes de télévision par exemple) ne présentent aucune erreur par rapport aux décennies visitées (1960, 1970 et 1980). Il est possible de suivre scène par scène l'évolution de la mode et des appareils électroménagers, impressionnant. Les visages présentent tous une forte personnalité, sans être décalqués sur des photos. Chaque séquence est mise en scène de façon prosaïque, insistant sur le caractère banal de la vie de Sheldon, tant qu'il n'y a pas de superhéros à l'horizon. C'est un peu ce qui dessert la narration dans laquelle le lecteur finit par se demander si la vie de Sheldon l'intéresse tant que ça dans ce qu'elle a de commun. La mise en couleur repose surtout sur des teintes neutres habilement juxtaposées pour que les différents éléments ressortent les uns à coté des autres, mais là encore très quotidiennes.



Finalement ce tome se laisse lire gentiment, la fibre nostalgique est fortement sollicitée et certaines références feront plus mouche que d'autres (j'ai en particulier apprécié les réminiscences du Punisher tirant sur les passants qui n'empruntent pas les passages piétons). Mais Busiek n'a rien à dire de nouveau par rapport à "Marvels", et réussit moins bien le point de vue humain qu'il sait si bien magnifier dans sa série Astro City.
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Les Gardiens de la Galaxie : l'intégrale, Tom..
  22 octobre 2014
Les Gardiens de la Galaxie : l'intégrale, Tome 1 : 1969-1977 de Roger Stern
C'est une très bonne occasion de redécouvrir ces histoires, pour la plupart traduites dans Titans (en fait n'ont été traduits que le Marvel Super-heroes 18 et les Marvel Presents...), avec des personnages qui auraient certainement mérité d'être davantage approfondis !
Lien : http://www.sceneario.com/bd_..
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