AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 3.86 /5 (sur 204 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Le Mans , le 8/01/1894
Mort(e) à : Dinan , le 26/02/1957
Biographie :

Roger Vercel est un écrivain français né le 8 janvier 1894 au Mans et mort le 26 février 1957 à Dinan.

Roger Vercel (né Roger Cretin, il prit par la suite son nom de plume), était passionné par la mer et la vie des marins (et bien que n'ayant pratiquement jamais pris la mer lui-même, la plupart de ses romans se dérouleront dans un cadre maritime).

La Première Guerre mondiale interrompit ses études de lettres. Au début de la guerre, en raison de sa mauvaise vue, il est brancardier sur les champs de bataille du nord et de l'est de la France. L'armée manque de gradés : il est incité à rentrer à Saint-Cyr dont il sort officier. Il terminera la guerre sur le front d'Orient et ne sera démobilisé qu'un an après l'Armistice.

Il rejoint alors Dinan où il est nommé en 1921 professeur de lettres au Collège . Il soutient une thèse de doctorat en lettres en 1927, dont le sujet est : "Les images dans l'œuvre de Corneille". La thèse complémentaire est un lexique des images de Corneille et de Racine. L'Académie française lui attribue pour ce travail le prix Saintour d'histoire littéraire.

C'est à Dinan qu'il s'éteindra en 1957.

Ses souvenirs de guerre inspirent quelques-uns de ses premiers livres (Notre père Trajan, Capitaine Conan, Léna) mais c'est le monde maritime qui est au cœur de son œuvre.

Au Large de l'Eden lui vaut le Prix du Comité Fémina France-Amérique en 1932. Il obtient le prix Goncourt en 1934 pour Capitaine Conan.
+ Voir plus
Source : Wikipédia
Ajouter des informations
étiquettes
Citations et extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
migdal   30 décembre 2019
Le Roman d'Agrippine de Roger Vercel
Macron, préfet du prétoire, grâce à qui il régnait et qui, du vivant de Tibère, lui avait trois fois sauvé la vie, s'était permis, lui aussi, quelques observatiens. Caligula qui adorait parader, n'avait cependant rien de ce qu'il fallait pour séduire la foule : sa mine farouche, son air inquiet, ses questions choquantes ou incohérentes le rendaient très difficile à montrer. Macron, que ses fonctions attachaient à sa personne, s'employait, en public, à l'avertir d'un signe, d'un clin d'œil, d'un mot. Ces leçons de maintien le rendirent très vite odieux. Puis il eut l'imprudence de se vanter un peu trop haut.



— Il est mon ouvrage, disait-il de l'empereur. C'est moi qui lui ai mis la couronne sur la tête. Rien n'était plus exact, mais c'était cependant la dernière chose à rappeler et Macron, qui ne semble pas s'être douté de la folie de son maître, ni s'être suffisamment gardé, fut tué sans difficulté... Sa femme, Ennia Naevia, qu'il avait offerte à Caligula, jadis à Caprée, comme don de joyeux avènement, fut exécutée. Caligula expliqua qu'ils faisaient tous deux commerce de débauche et de prostitution : c'était vrai, car le couple lui servait de pourvoyeurs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          311
migdal   04 janvier 2020
Du Guesclin de Roger Vercel
En Castille, règne don Pèdre.

Lorsqu'il s'agit de le juger, l'histoire oscille entre ses deux surnoms : le Cruel, le Justicier. Son titre d'excommunié lui a valu les sympathies de Voltaire et l'honneur de nommer l’une des plus ennuyeuses parmi les ennuyeuses tragédies du spirituel Arouet. Prosper Mérimée, son historien, lui montre également quelque indulgence. Sans doute, le roi de Castille tua don Fadrique son frère, l'infant don Juan son cousin, dona Leonor de Guzman la maîtresse de son père et ses deux enfants dont l'un avait. quatorze ans ; sans doute, il fit brûler vif un prêtre qui lui avait fait une prediction désagreable, bouillir dans d'énormes chaudières les émeutiers de Miranda, mutiler affreusement des centaines de prisonniers ; sans doute encore les têtes des riches-hommes espagnols et des gouverneurs de villes tombaient sur son passage comme une rosée, on lui cherche cependant des circonstances atténuantes.

On en trouve dans les trahisons et les menaces qui l’entouraient, dans ses passions brûlantes avivées par le climat sensuel de l'Andalousie, dans son caractère soupçonneux qui lui faisait dire à ses plus fidèles officiers : « Avec le morceau de pain que j'ai dans la main, je pourrais nourrir tout ce que je compte de loyaux serviteurs en Castille ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
migdal   28 décembre 2019
Le Roman d'Agrippine de Roger Vercel
— Alors, quoi ! dit-il, ça va encore durer longtemps ? C'est esclaves, alors, qu'on est ?... Des mulets !... Il y en a ici qui ont sué leur viande pendant trente ans dans leur cuirasse et pour quoi ? Je vais vous le dire : pour dix as par jour. Ta peau vaut moins cher que celle d'un vieux bouc ! Et là-dessus, il faut que tu te fringues, que tu t'équipes, que tu paies à boire aux centurions pour qu'ils ne cognent pas toujours sur le même, que tu leur refiles la pièce pour la moindre exemption de service. A ta retraite, s'ils n’ont pas réussi à t’avoir la peau, ils te donneront des terres... Des terres ! Ah là là !... Un bout de marais puant, où tu grelotteras la fièvre, un arpent de cailloux à défricher ! Est-ce que tu ne vaux pas tous les jours les prétoriens qui, eux, leur en jettent plein la vue, à Rome ; avec leurs cuirasses à écailles, leurs boucliers niellés, leurs casques d'argent à plumet rouge ? Toi, tu t’appuies les coups durs ! Eux, pour un simple service de place, pour escorter toutes les peaux du palais à la porte de leurs amants, ils gagnent leurs deux deniers et on leur donne leur retraite à seize ans de service ! A cinquante-six ans, toi, là, le vieux, tu attends encore la tienne !



L'interpellé, un balafré au poil gris, se racla longuement la gorge et cracha. La première veille s'achevait et on entendait hennir du côté de l'infirmerie des chevaux. Un vétéran qui avait gardé sa cuirasse où s'attachaient quatre phalères, des décorations gagnées en Espagne et chez les Sicambres, haussa lourdement les épaules :

— Ça dure depuis toujours. Tu n'y changeras rien !



Le harangueur se retourna, comme piqué :

— Ça ne changera pas si tu ne changes pas, eh, fossoyeur ! Ah! si vous vouliez !... Qui est-ce qui tient l’empire dans sa main ? Cest vous ! Sans vous autres, les légions germaniques, les chariots des barbares rouleraient dans quinze jours sur la voie Emilienne !... Quand un imperator veut un surnom illustre, il s'appelle, comme le nôtre, Germanicus !... Après ça, vous, les vieux, vous n'avez pas gagné votre congé ? Nous, les jeunes, on n'a pas gagné la solde prétorienne ?... La retraite, après seize ans de service et deux deniers par jour, voilà ce qu'il faut exiger !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          251
migdal   29 décembre 2019
Le Roman d'Agrippine de Roger Vercel
On arrive ainsi au 18 octobre 31. Il est très tard; ce soir-là pourtant Domitius Ahenobarbus, le mari de la jeune Agrippine, ne fait que rentrer du Sénat. Il se promène de long en large sur la mosaïque éclatante et il raconte à sa femme, frémissante, le drame foudroyant.



— Macron, un chef des prétoriens, est arrivé de nuit, hier. Immédiatement, conseil de guerre avec le consul et le préfet des cohortes vigiles...



Agrippine avait insensiblement haussé les sourcils, en entendant parler des pompiers... Elle ne comprenait pas bien quelle aide pouvaient apporter dans la lutte contre Séjan, les siphonarii avec leurs pompes à incendie, et encore moins les emitularii, chargés de disposer sur le sol des matelas pour amortir la chute des personnes qui sauteraient. Mais elle se souvint que les vigiles étaient aussi chargés des rondes de nuit et de la sûreté générale. Ils avaient souvent affaire aux coupe-jarrets de la ville, donc ils savaient se battre, à l'occasion. Enfin, ils étaient sept mille et jalousaient fort les prétoriens. Son mari continuait :



— C'est sur l'ordre de Macron que, dès le matin, des affidés répandent la nouvelle : le crédit de Séjan est plus grand que jamais. Macron a rapporté des lettres de Caprée, et Tibère associe Séjan à la puissance tribunitienne !... Lui, naturellement, c'est ivre de joie qu'il se présente à la porte du temple d'Apollon, où le Sénat devait se réunir. Derrière lui, des prétoriens, et en nombre !...



Macron a été admirable : il a joué d'audace avec un sang-froid!... Il a salué Séjan et l'a pris à l'écart :



— Ne vous inquiétez pas, lui a-t-il dit, de ce que l'empereur ne vous ait point écrit... Il vous associe à la puissance tribunitienne, mais il a voulu laisser aux consuls le plaisir de vous l'apprendre. Je vais leur remettre en mains propres les ordres » de l’empereur...



Comment se serait-il douté ?... Il fait une entrée triomphale dans la Curie, tandis que Macron s'attarde un peu sur le péristyle du temple et appelle à lui les centurions des prétoriens. Dès qu'ils ont formé le cercle, il leur sort le message de Tibère qui le nomme préfet du prétoire. C'est lui maintenant leur chef : demi-tour et point de direction, le cantonnement, où les attend une gratification. La garde aux portes du Sénat sera assurée par les vigiles... Le tout n’a pas duré cinq minutes...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          235
gill   08 octobre 2017
Sous le pied de l'archange de Roger Vercel
Car la brume est variée comme la mer, et la Baie est le domaine de ses prestiges, le lieu de ses plus déconcertantes métamorphoses.

Tantôt, c'est le sable, la tangue, l'herbu qui transpirent comme des bêtes et qui fument.

Le brouillard alors rôde très bas et longtemps sur les criches saumâtres, les marous et les bancs ...
Commenter  J’apprécie          200
gill   10 octobre 2012
Capitaine Conan de Roger Vercel
En somme, on n'est bien que couché !...

A condition de ne jamais remuer, de s'être empaqueté dans les deux couvertures, d'avoir enfilé, l'une sur l'autre, cinq paires de chaussettes, de s'être calé les reins avec ses souliers, afin de pouvoir les remettre, le moment venu, on est bien !...

Je lis un livre. Toutes les dix pages, j'arrête ma lecture, j'arrache ces dix feuillets, je les tords et j'allume. Cela fait, pendant quelques secondes, une chaleur de four qui tombe tout de suite, mais permet quand même d'arriver au bout des dix pages suivantes.

(extrait du premier chapitre de l'édition de poche parue en 1956)
Commenter  J’apprécie          190
gill   07 octobre 2017
Sous le pied de l'archange de Roger Vercel
Sous la lumière morne de mars, la marée s'était épanchée, sans fracas, sans vitesse, une eau boueuse, une glaise délayée et plate que l'on distinguait mal des tangues encore à sec.

Les grands courants n'étaient plus que des effilochures blanches, des traînées d'écume sale.

Pourtant, la mer était là, tangente au mur, léchant déjà la digue, mais elle semblait, en se dilatant, avoir perdu sa force et son élan.

Le ciel bas ne lui accordait aucun reflet, car il était encombré de longs nuages bistres, plats comme des dalles.

A peine si le couchant se décelait, sur la Bretagne, par une bande de corail usé, au-dessus de la ligne sombre et râpeuse de bocage ...
Commenter  J’apprécie          180
gill   08 janvier 2019
La clandestine de Roger Vercel
S'il eût été Cornouaillais imaginatif, Trégorrois rêveur, ou Léonard mystique, il eût probablement lâché sa lanterne.

Mais la Haute-Bretagne, proche déjà de la positive Normandie, croit peu aux revenants ...
Commenter  J’apprécie          180
gill   26 octobre 2012
Remorques de Roger Vercel
Une fois de plus, un signal de détresse a été capté, les conditions de sauvetage ont été posées et acceptées : le remorqueur "Cyclone", capitaine André Renaud, quitte le quai de Brest où il reste amarré sous pression jour et nuit, prêt à partir au premier appel par n'importe quel temps.

Ce soir, l'ouragan rend la mer énorme, destructrice, mais malgré des avaries le "cyclone" poursuit sa route vers le cargo grec "Alexandros". Le prendre en remorque se révèle une tâche ardue, parce que le grec ne s'aide pas et largue même une partie de ses passagers, entre autres la femme du capitaine.

Une remorque casse, la seconde aussi - au large de Sein - et la troisième est maillée juste à temps pour les sauver tous du naufrage. Celle-là, le grec la rompra en vue de Brest afin de ne pas payer la note, car il a réussi à réparer pendant que le "Cyclone" peinait à le tirer d'affaire.

C'est à vous dégoûter du métier, comme la perte du vapeur anglais chargé de carbure qui explose à la sortie suivante, sans compter les ennuis à terre causés par la maladie de sa femme Yvonne, sa compagne de toujours. Pourtant quand on vient l'avertir d'un nouveau SOS, Renaud s'arrache au chevet de sa femme mourante pour répondre à l'appel - ainsi le veut l'impérieuse tradition des gens de mer que Roger Vercel peint admirablement dans ce très beau roman qui a sa place parmi les classiques.

(quatrième de couverture de l'édition de poche parue en 1973)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
gill   14 janvier 2019
La clandestine de Roger Vercel
Et pourtant, il a sombré tout seul.

En février 1919, à deux cents milles de Dakar.

Et avec ce grand quatre-mâts que je connaissais si bien, où j'avais fait le tour du monde avec lui !

Nous nous aimions trop pour que je ne sois pas avertie de sa mort ...
Commenter  J’apprécie          120
Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox



Quiz Voir plus

LNHI-44374

Né dans la famille Korzeniowski en 1857, cet écrivain s'engage comme mousse sur un voilier marseillais en 1874. En 1886, il obtient son brevet de capitaine au long cours et prend la nationalité britannique. Polyglotte (polonais, allemand, français et anglais), il commence à écrire tout en étant steamer au Congo. Son premier livre, 'La folie Almayer' est publié en 1895.

Boleslaw Romanovski
Joseph Conrad

8 questions
21 lecteurs ont répondu
Thèmes : marins , écrivainCréer un quiz sur cet auteur