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Note moyenne 3.13 /5 (sur 98 notes)

Nationalité : Finlande
Né(e) à : Ylitornio , le 07/01/1958
Biographie :

Rosa Liksom : Écrivaine finlandaise

Elle est née en 1958 dans un petit village situé près de Tornio en Laponie, sous le nom d’Anni Tylävaara. Liksom est un pseudonyme (signifiant « comme » en suédois). Rosa Liksom parcours l’Europe à partir de l’âge de 15 ans, commençant par la Scandinavie, la France, l’URSS où elle s’installe un temps. Serveuse dans des cafés pour « hippies-punk », dans les années 1980, Rosa Liksom profite des temps morts pour écrire des livres qui posent des questions : le refus du monde, l’exclusion sociale, l’espoir et l'amour dans un argot (celui des jeunes d’Helsinki) poétique. Son premier livre date de 1985 (Arrêt de nuit). Elle écrit surtout des nouvelles traduites dans une quinzaine de langues, mais elle a aussi publié un roman, Kreisland, non traduit en français. En parallèle à l’écriture, Rosa Liksom est également peintre.
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Source : http://www.bibliomonde.com
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Découvrez l'entretien accordé par Rosa Lisom à l'occasion de la parution de la colonelle. Rosa Liksom évoque l'héroïne de son nouveau roman, un personnage féminin très fort. Avec La colonelle, elle livre le portrait d'une femme complexe, à la fois libérée sexuellement et ouverte aux tendances les plus autoritaires, à la fois soumise à son mari et sujette à de véritables extases dans la nature. Dans un style âpre et lumineux, c'est l'histoire d'une femme qui, très tôt, a perdu le contrôle de son avenir. C'est le destin d'une femme emblématique de l'histoire de la Finlande, pays forcé de combattre à la fois la Russie et le Troisième Reich. Que peut-on pardonner ? Et combien de fois peut-on recommencer sa vie ? En savoir plus : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Du-monde-entier/La-colonelle

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Citations et extraits (77) Voir plus Ajouter une citation
le_Bison   02 août 2021
Compartiment n°6 de Rosa Liksom
Une piquante odeur de kérosène flottait dans le compartiment. Elle montait du verre de vodka plein qui tressautait sur la table au rythme des cahots du train. La jeune femme le repoussa. L'homme suivit son geste du regard.

"Vous, l'étrangère, vous me blessez profondément en ne buvant pas avec moi."

Il croqua dans un cornichon malossol et fixa la jeune femme d'un air mauvais. Elle lui lança un regard noir et détourna les yeux.

"Ma mère me donnait de la vodka chaque fois que j'étais malade. Je me suis habitué à son goût quand j'étais encore bébé. Je ne bois pas parce que je suis malheureux ou parce que je voudrais l'être encore plus, mais parce qu'un serpent, à l'intérieur de moi, le réclame à grands cris."
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le_Bison   30 juillet 2021
Compartiment n°6 de Rosa Liksom
La jeune femme sortit dans la nuit, avec pour seule compagnie, dans la ville silencieuse plongée dans le sommeil, un ciel délavé, sans nuages, où ne brillait aucune étoile. Elle poussa la porte d'un bar à bière d'une ruelle écartée. Une âcre odeur de cigarette lui sauta au visage. Elle hésita un instant, mais entra par curiosité. Sur le sol boueux gisaient deux moujiks ivres morts. La jeune femme commanda une bière, mais n'obtint qu'une chope de bibine violacée, imbuvable. Elle la reposa sur la table et s'en fut.

L'épaisse nuit déserte l'enveloppa. Seul le vent animait l'obscurité dans laquelle s'enfonçait la ville, le vent nocturne, et le murmure de la neige.
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le_Bison   03 août 2021
Compartiment n°6 de Rosa Liksom
Un heure plus tard, l'homme ouvrit une deuxième bouteille. Puis une troisième, la dernière. Il remplit son verre, mais au lieu de l'écluser cul sec, il n'en but qu'une gorgée. il posa la bouteille vide par terre.

"Je ne te flatte pas pour rien. C'est pourquoi je vous le dis franchement, chère compagne de voyage, vous pourriez me laisser vous baiser au moins une fois. Ce n'est pas ça qui vous userait la chagatte."

Un sourire timide passa sur son visage. La jeune femme se redressa, s'assit au bord de la couchette. Un océan de forêt enneigée s'étendait à l'infini, emplissant tout la paysage. Ses vagues moutonnaient jusqu'à l'horizon, descendaient dans les vallées, épousaient les pentes douces des collines. Entre deux versants serpentait une petite rivière. Une épaisse eau rouge coulait dans ses endroits les plus profonds, là où la glace avait fondu. L'homme jeta à la jeune femme un regard sagace, teinté de fierté.

"Allez, juste un peu..."
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le_Bison   24 juillet 2021
Compartiment n°6 de Rosa Liksom
"La Géorgienne, dit-il, a des jambes de girafe et sait si bien se vendre qu'on oublie l'avoir achetée. L'Arménienne est une humble gouine piétinée par l'histoire et une bonne copine qui ne sait pas punir ses enfants. La Tatare n'aime que les Tatars, la Tchétchène est un bon croisement de mère lapine et de trafiquante de drogue, la Daguestanienne est petite, maigre et laide et sent la camphre, et l'orgueilleuse Ukrainienne fomente dans un patois atroce d'éternels complots nationalistes. De quoi rendre tout Russe sourd. Et puis il y a les Baltes. Toutes finies à la pisse. Aucun mystère. Trop pragmatiques. Elles marchent droit devant elles en faisant la gueule, sans un regard de coté."

L'homme pianota sur la table. La jeune femme toussota, excédée, mais il n'accorda pas la moindre attention à cette manifestation d'humeur.

"Je n'ai jamais baisé de Russe qui soit ne serait-ce qu'un instant contente. Et j'ai pourtant fait sauter sur ma bite des milliers de chagattes de tout poil."
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lafilledepassage   20 janvier 2022
Compartiment n°6 de Rosa Liksom
Chaque fois que je rentre chez moi à Moscou après une longue absence, tout me parait sinistre. Et quand je repars avec mon sac plein de chaussettes reprisées et de sous-vêtements repassés, je me dis que je ne reviendrai jamais plus, que c’est la dernière fois. Je suis toujours revenu. À la maison, je m’ennuie comme un condamné à perpétuité, mais je dis à Katinka que tout va bien. On ne peut pas vivre sans se leurrer soi-même.
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le_Bison   28 juillet 2021
Compartiment n°6 de Rosa Liksom
La babouchka avait posé sur la table une jatte de kacha de sarrasin, une soupière de bortch gras et fumant et, devant l'homme, un verre de crème aigre et une belle bouteille de vodka. La jeune femme buvait du thé, la vieille du tchaï, l'homme essuya la transpiration de son front, but une gorgée de crème, rota, satisfait, et se servit de la vodka dans un autre verre.

" Buvons à toutes les femmes du monde. A la sagesse de la vieillesse, à l'intelligence du cœur et à la beauté de la jeunesse, à votre hospitalité, ma petite mère, et aux goujons aux flancs argentés !"

Après avoir bu, il mordit dans du pain noir sur lequel il avait étalé de la moutarde, du sel et du poivre. Il remplit son verre de vodka et se leva.
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lafilledepassage   25 février 2022
Compartiment n°6 de Rosa Liksom
En ce qui me concerne, la guerre n’a duré que cinq ans et à l’époque chaque homme savait où viser, mais notre mariage dure depuis vingt-neuf ans et je suis toujours incapable de deviner d’où va venir l’attaque…
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christinebeausson   29 novembre 2014
Noir Paradis de Rosa Liksom
J'ai touché mon visage, je ne l'ai pas trouvé. J'ai touché mon corps, mes jambes, mes coudes, je ne sentais rien. Je regardais ma poitrine, je touchais le vide. Je ressentais une angoisse profonde, la peur me prenait de cette solitude, de cet état invisible où seuls les morts savent marcher.
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le_Bison   25 juillet 2021
Compartiment n°6 de Rosa Liksom
Et au long de l'obscurité la nuit plaqua une aube rouge à la fenêtre. Une lune jaune balaya l'éclat de la dernière étoile, ouvrant la voie à un soleil de feu. Lentement toute la Sibérie blanchit. L'homme, en pantalon de survêtement bleu et chemise blanche, faisait des pompes entre les deux couchettes, la sueur au front, les yeux mal réveillés, la bouche sèche et malodorante, et dans le compartiment le poisseux relent de sommeil, la fenêtre sans souffle, les verres à thé muets sur la table, les miettes, par terre, réduites au silence. Une nouvelle journée s'ouvrait, avec ses forêts de bouleaux orangés sous le givre, ses pinèdes aux profondeurs peuplées d'animaux, ses tourbières moutonnant sous la neige fraîchement tombée, ses caleçons blancs aux jambes flottantes, ses pénis mous, ses founettes, ses counettes, ses chounettes, ses amples chemises de nuit à fleurs en flanelle, ses chaussettes de laine, ses châles, ses brosses à dents en bataille.
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le_Bison   26 juillet 2021
Compartiment n°6 de Rosa Liksom
Sur le quai, le brouillard glacé leur coupa le souffle, les obligeant à rester un long moment calmes et immobiles. Non loin d'eux, quelques chiens affamés jappaient, tout frétillants. La gare résonnait du brouhaha des hommes au travail et du tumulte des voyageurs, du grincement des locomotives, du fracas des wagons de marchandises, du cliquettement du fer, de jurons, de braillements et du rire irrépressible des vieilles femmes. Au milieu de cette soupe humaine, une babouchka agitant d'énormes moufles vendait un épais jus de pomme stocké dans de grandes bouteilles vertes.
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