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Note moyenne 4.11 /5 (sur 9 notes)

Nationalité : Allemagne
Né(e) à : Czernowitz, Autriche-Hongrie , le 11/05/1901
Mort(e) à : Düsseldorf , le 03/01/1988
Biographie :

Rose Ausländer, née Rosalie Beatrice Ruth Scherzer, est une poétesse d'origine juive allemande.

Elle étudié la littérature et la philosophie à l'Université de Czernowitz. Après une éducation à la fois marquée par la tradition juive et l'ouverture sur le monde et les autres, elle part, aux États-Unis, en 1921, à la mort de son père, avec un camarade d'études de l'université, Ignaz Ausländer, et occupe divers emplois dans la presse et la banque.

Leur mariage est célébré en 1923. Ils se séparent trois ans plus tard (elle est aussi naturalisée américaine en 1926) et divorcent en 1930. Elle rentre ensuite en Bucovine pour s'occuper de sa mère et, étant restée plus de trois ans hors du territoire américain, perd sa nationalité.

Grâce à des amis roumains non juifs, elle échappe à la déportation en Transnistrie pendant les quatre années de joug nazi où elle vivra confinée dans le ghetto de sa ville natale. C'est là qu'elle rencontre le poète Paul Celan.

Son premier recueil de poèmes, "Der Regenbogen" (L'Arc-en-ciel) est publié en 1939 à Czernowitz. Ce ne sera pas un succès de librairie malgré l'accueil positif de la critique. Il sera suivi d'une vingtaine d'autres.

Après la prise de la Bucovine par l'Armée rouge, et son intégration dans l'Union soviétique, Rose Ausländer, comme les autres germanophones de la région, va s'installer en Roumanie. Alors qu'elles lui avaient refusé un visa en 1942, les autorités américaines l'autorisent à revenir aux États-Unis en 1946. Elle n'arrivera pas à faire venir sa mère, et à la mort de cette dernière en 1947, sombre dans la dépression qui durera un an.

Le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale l’amène à ne plus écrire dans la langue de l’occupant et à se réfugie dans l’anglais qui devient sa nouvelle patrie. C’est sur le conseil de proches qu’elle retrouve la force et le sens d’écrire dans sa langue maternelle, en 1956.

En 1970, elle entre dans la nouvelle maison de retraite juive de Düsseldorf, où elle passera ses dernières années alitée à cause de l’arthrite et d'une mauvaise chute.

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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Rose Ausländer
sabine59   30 mai 2017
Rose Ausländer
Je ressens

le clair attrait

de ta présence
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coco4649   21 janvier 2014
Je compte les étoiles de mes mots de Rose Ausländer








Qui suis-je

quand les nuages pleurent :

un hôte étranger

sur une plage étrangère

j’attends

que le soleil m'aime

à nouveau

avec sa raison dorée



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Tandarica   13 octobre 2019
Sans visa : Tout peut servir de motif et autres proses de Rose Ausländer
Czernowitz 1941. Les nazis occupèrent la ville, y restèrent jusqu’au printemps 1944. Ghetto, misère, horreur, convoi de mort. En ces années-là, nous, les amis, nous retrouvions parfois en cachette, souvent au péril de notre vie, pour lire des poèmes. Face à la réalité insupportable, il y avait deux attitudes : ou bien on s’abandonnait au désespoir, ou bien on s’évadait dans une réalité autre, spirituelle. Nous les Juifs, condamnés à mort, avions un besoin éperdu de consolation. Et tandis que nous attendions la mort, certains d’entre nous vivaient dans les trames de rêves–foyer traumatique pour nous qui étions sans patrie. Écrire signifiait vivre. Survivre.

(p. 95)
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Tandarica   16 novembre 2015
Sans visa : Tout peut servir de motif et autres proses de Rose Ausländer
La nuit darde ses innombrables yeux sur moi. Ai-je dit des yeux ? Des flèches, plutôt. Elles foncent sur moi en sifflant, se plantent dans ma peau. Qui donc aimerait être dans ma peau? En vain, je m'efforce à longueur de nuit de les ôter, de les jeter par-dessus bord. Le matin, je me retrouve bordée par un tas d'éclats de pensée et je m'étonne d'avoir pu sauver ma peau.

(Insomnia I, in Tout peut servir de motif et autres proses)
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Tandarica   13 octobre 2019
Sans visa : Tout peut servir de motif et autres proses de Rose Ausländer
Pourquoi j’écris ? Peut-être parce que je suis venue au monde à Czernowitz, parce que le monde est venu à moi à Czernowitz. Ce paysage si particulier. Ces personnes si particulières. L’air était gorgé de contes et de légendes, on les absorbait en respirant. Czernowitz, la quadrilingue, était une ville des muses abritant de nombreux artistes, poètes, amateurs d’art, de littérature et de philosophie. La ville d’adoption du magnifique fabuliste yiddish Elieser Steinberg. Elle a vu naître Itzik Manger, le plus éminent poète yiddish, ainsi que deux générations de poètes germanophones. Le cadet parmi eux et le plus important était Paul Celan, l’aîné était Alfred Margul–Sperber, mort à Bucarest en 1968 à l’âge de soixante-neuf ans, un poète et traducteur vénéré tant en Roumanie qu’en RDA. C’est lui qui me découvrit et qui compila premier livre de poésie publié en 1939 à Czernowitz sous le titre « L’Arc-en-ciel ».

(p. 93)
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Tandarica   13 octobre 2019
Sans visa : Tout peut servir de motif et autres proses de Rose Ausländer
À dix-sept ans je commençai à consigner notes, idées et vers dans un journal. Bientôt j’eus la conviction que la poésie était mon élément vital. Pendant des années, j’écrivis de poèmes, de la prose poétique, des textes rythmés, quelques contes aussi. J’en confiai certains au tiroir, le reste fut offert à la corbeille à papier. De nombreux poètes et écrivains ont compté pour moi, mais c’est Hölderlin et Kafka qui m’ont communiqué les impulsions les plus durables.

(p. 94)
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Tandarica   13 octobre 2019
Sans visa : Tout peut servir de motif et autres proses de Rose Ausländer
Le Prut parle allemand yiddish ruthénien roumain

polonais et russe.



Couleurs de peuple couleurs de langues condensées

sous forme de sculptures et de poésie : sculptures dynamiques

de Reder grandes visions de Celan chants yiddish de Manger.



(p. 91, extrait de « Czernowitz III »)
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Tandarica   16 novembre 2015
Sans visa : Tout peut servir de motif et autres proses de Rose Ausländer
Nous partageons



Pays perdu

choses familières



Plus un mot là-dessus



Nos morts

intacts

vivent auprès de nous



Nous partageons avec eux

notre terre

oublieuse



(p. 12)
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coco4649   21 décembre 2018
Pays maternel de Rose Ausländer
JANVIER





Janvier

Le nouvel an



Dans mon cœur

Tombe la neige



Sur ta joue

Fleurissent des roses



Le cheval de bois de notre enfance

Est une luge

Sur le chemin glacé

Menant en Sibérie

Où poussent des bonhommes de neige

Enfantés par l’esprit de l’hiver



Retournons

Avec l’esprit de l’hiver

Dans le nouvel an
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Pasoa   02 janvier 2020
Je compte les étoiles de mes mots de Rose Ausländer
D'un sommeil torride

je me suis réveillée



Je compte les étoiles

de mes mots

et me consacre

à la nuit.



p.81
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