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Citations de Sabri Louatah (117)


Mehdi rappelle alors le concept de 404, il en parle comme d’un havre de paix et d’oubli. Internet n’oublie rien, sauf sur 404. Après une rapide démonstration ludique avec plusieurs téléphones incapables d’effectuer la moindre capture d’écran, les digues sautent et le frein se change en propulseur. Être filmé sans pouvoir être enregistré permet de ne pas se censurer tout en s’adressant à une audience plus large que l’enceinte du jardinet où grillent les merguez.
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404 est un simple mégaphone, un amplificateur, un porte-image, comme on parle d’un porte-voix, destiné à ceux qui ne peuvent pas se rendre sur place et que ces rencontres intéressent. (page 229)
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Ce que Mehdi a compris en débarquant dans l’Allier bien des années plus tôt, c’est que les petits patelins se perçoivent aussi comme des ghettos de la République. Les services publics disparaissent, les opportunités s’envolent, avec elles la jeunesse et les maternités. (page 225)
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A-t-elle prévu, au cas où l’application décolle, un 404 premium à côté d’un 404 basique infesté de pubs ? Aux journalistes qui lui posent la question, Allia répond toujours la même chose : le but de 404 n’est pas de devenir rentable mais de redonner goût au réel, à la vérité des faits, quitte à en passer par une certaine crudité. (page 190)
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Les éleveurs du bocage n’ont rien en commun avec les céréaliers de la plaine de la Limagne bourbonnaise, qui n’ont rien en commun avec les Moulinois à qui appartiennent les terres qu’ils exploitent, et qui ont eux-mêmes encore moins en commun avec les habitants des hameaux désœuvrés de la montagne bourbonnaise. Les trois villes de l’Allier, quoique de taille équivalente, représentent également trois mondes distincts : Moulins abrite la petite bourgeoisie et la notabilité administrative, Vichy les thermes et la vieillesse dorée, tandis que l’ouvrière Montluçon, tout à l’ouest, survit tant bien que mal au traumatisme de son déclin industriel et de sa dégringolade démographique, ayant perdu la moitié de ses soixante-mille habitants en quelques décennies. (pages 171-172)
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Allia le reprend : 404 n’est pas et ne sera jamais un « réseau social ». On ne peut pas communiquer sur 404. Autrement qu’en filmant quelque chose ou en le regardant. C’est basique et ça le restera. (page 140)
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- Oui, les financements sont souvent privés dans les universités américaines. Une dotation sur cinq ans, ça nous a permis de débaucher des chercheurs en intelligence artificielle, parmi les meilleurs, et surtout de les mettre dans la même pièce que les ingénieurs qui faisaient de la cryptographie quantique. 404, c’est la rencontre entre les deux domaines, ça aurait été possible sans Kader mais ça aurait pris plus de temps, surtout pour moi qui ne connaissait personne dans ce milieu. (page 84)
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Elle n’est pas belle pour susciter des jalousies mortelles, tout en n’étant pas assez ordinaire non plus pour laisser indifférents celles et ceux qui, bientôt, si vite, se mettent à graviter dans son orbite. Quelque chose en elle, pourtant, décourage l’intimité, elle a des manières trop franches, une sensualité virile, c’est difficile de l’imaginer en train de s’abandonner à l’étreinte, de céder aux avances. (page 46)
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Elle lui dicte son numéro en commençant par +33 et un accablement le saisit, il ne la reconnaît plus soudain, elle ressemble à une de ces bourgeoises internationales, fonctionnaires de la Banque mondiale ou start-uppeuses qui partagent leur temps entre deux ou trois continents et vantent l’énergie des mégalopoles qu’elles traversent à bord de berlines climatisées, convaincues d’avoir pris le pouls du pays parce que leur chauffeur Uber a bien voulu leur faire la conversation pendant le temps du trajet. (page 27)
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Attendre et espérer, une vieille question : étant payé pour empêcher la diffusion du pire, il finit, malgré lui, par souhaiter qu’il se produise, en particulier lors des bagarres, qui représentent la moitié de ses activités les soirs de week-end.
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… bientôt, très bientôt, il va suffire d’imaginer une scène pour que les logiciels la réalisent. Les acteurs vont disparaître des films, remplacés par des êtres de synthèse qui n’auront besoin que d’être programmés au lieu de multiplier les prises et de demander des cachets exorbitants. (page 24)
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La candidate, alors encore trentenaire, n’a jamais fait mystère de sa passion du karaoké, TikTok lui permet simplement de la partager avec le plus grand nombre. Elle s’y montre sous son meilleur jour, jeune, belle, souriante, elle incarne une France blanche et gracieuse, à la fois éternelle et primesautière, on la reçoit comme une enfant du pays dans toutes les régions qu’elle visite, non sans la gronder, parfois, parce qu’elle passe trop de temps sur les réseaux sociaux. (pages 15-16)
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Après être passé au service de nuit, Ali commence à développer les mêmes dispositions que les agents de vidéo-surveillance du monde entier : une capacité à voir sans vraiment regarder, au risque de se mettre à regarder sans plus vraiment voir.
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Mais souviens-t’en, Ali, si un jour tu as des enfants. Quoi que tu fasses, ils décevront tes attentes.
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La preuve par l’image a cessé d’être une preuve, résume la polytechnicienne. On ne peut plus séparer le vrai du faux de façon décisive. La question c’est, n’a-t-on pas sous-estimé à quel point nous étions, collectivement, dépendants de l’image numérique comme source d’information privilégiée, mais une source manipulable à l’envi ? Ce n’était qu’une question de temps avant que la manipulation ne se généralise et ne devienne imperceptible. Nous nous sommes accoutumés à la fréquentation du faux, depuis très longtemps en fait, par les effets spéciaux au cinéma mais aussi par des petites choses plus insidieuses, les filtres des selfies, les photoshoppages, tout ce qu’on a inventé pour se bouffer la cervelle les uns les autres par images interposées …
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Septembre, c’est la fin des légumes d’été et le début des racines. Les dernières rhubarbes lui plaisaient bien, il avait d’abord songé à une canette, un petit magret peut-être, mais les tomates l’ont fait chavirer, elles sont exceptionnelles, incontournables. Il va donc préparer en entrée un maquereau poché dans une eau de tomate et une marinade de concombre parfumée au fenouil avec une goutte de gin. Un quartier de tomate brûlé au chalumeau complétera l’assiette.
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Le cheval était noir et monté par une jeune fille, dont la longue et profuse chevelure blonde parut à Nazir, éberlué, se fondre comme une oriflamme dans le dynamisme effilé du premier nuage embrasé par l’aurore. La cavalière cabra son cheval et disparut de l’autre côté de la colline, tandis que le jour pointait enfin, illuminant l’immensité du ciel jusqu’à faire plisser et bientôt fermer tout à fait les yeux de Nazir.
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En laissant son regard se perdre dans tapis de verdure ensoleillée à l’arrière-plan de la ville, Fouad crût même un instant avoir vu le même paysage lors de son voyage avec Jasmine dans le nord de l’Italie : le moutonnement sensuel des feuillages vert clair sur les flancs des collines, les peupliers hautains, alignés sur les crêtes que la
vibration du lointain rendait mates mais qui ne brûlaient pas encore, comme ce serait le cas au retour de l’été.
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Waldstein ne fut pas malheureux de sortir de cette angoissante coulée de végétal vert sombre et de rouler dans un paysage clair et presque découvert, où la bigarrure des frondaisons appelait la vie, l’humanité.
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Et puis ça veut dire quoi, 40,4% d'Arabes? On compte qui, les Algériens, les Marocains, les Tunisiens, et après? Les Libanais chrétiens, ça compte? Les Turcs, ils ne sont pas arabes mais musulmans, on les met quand même dans le pourcentage? Et les métis, les enfants de mariages mixtes, on en fait quoi d'eux? Tu vois bien que ça n'a aucun sens.
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