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Note moyenne 3.32 /5 (sur 65 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Sandra Lucbert a 31 ans et vit à Paris. Mobiles est son premier roman.

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Un entretien avec Sandra Lucbert sur la chaîne "Le Média" - intitulée : Procès de France Télecom, La machine infernale du Néo Libéralisme

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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
chardonette   01 septembre 2013
Mobiles de Sandra Lucbert
Il ne lui reste que le fuite. Elle n'en peut plus, quelle que soit l'affection qu'ont fini par lui inspirer certains élèves. Tant pis pour la République. Elle est prise dans un engrange fou. Elle s'obstine dans le sens inverse du moteur. Une pièce qui va sauter. Elle est cramée, elle a tout donné; dans sa tête, il n'y a plus que du bruit.
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Charybde2   08 septembre 2020
Personne ne sort les fusils de Sandra Lucbert
« Ce procès, est-ce que vous y voyez comme tchitrec, internaute du Figaro, […] le Nuremberg du management ? »

Ce procès-là, c’est celui de sept dirigeants de France Télécom, commencé la semaine précédente, le 6 mai 2019. Cette question, c’est celle que pose un journaliste du Figaro à un directeur des ressources humaines.

L’ « obsession du départ en trois and de 22 000 salariés et de 10 000 mobilités est devenue le cœur de métier des dirigeants de France Télécom, […] [qui] peuvent qualifier leurs agissements ainsi : le harcèlement moral est mon métier« . Affirme l’une des procureures, deux mois plus tard, dans son réquisitoire.

La mort est mon métier est le titre d’un roman de Robert Merle ; les mémoires fictifs du commandant d’Auschwitz-Birkenau.

J’ai regardé l’émission du Figaro avant d’aller au tribunal, pour me faire une idée de ce qui se disait du procès. J’ai lu le compte rendu du réquisitoire dans Mediapart, pour savoir ce que concluait le parquet après deux mois d’audiences.

En septembre encore, je lis cette plaisanterie de François Ruffin dans Fakir : « J’aurais bien demandé à Hannah Arendt de couvrir, elle n’était pas disponible. »

Décidément, « ça » travaille les esprits – de Fakir au Figaro.

Maître Veil lui-même, pourtant avocat de l’ex-P-DG de France Télécom, fait cette étrange remarque dans sa plaidoirie finale : certes, tout ceci est douloureux, mais il y a « un drame que nous avons tous évité, c’est celui de la guerre sur le territoire national ».

On entend ça, on reste perplexe. De quoi parle-t-il exactement ?

Maître Veil s’est illustré par ses provocations tout au long du procès. La surenchère est son régime par défaut. Mais enfin, l’invasion allemande et l’Occupation ? Qu’est-ce que ça vient faire là ? On pressent des intentions contournées, d’autres ensevelies. Au total, cependant, on se retrouve de nouveau avec « ça » sur les bras.

À l’évidence, « c » ‘est dans sa tête aussi.

Personne pour dire que « c’est la même chose ». Pourtant, tout le monde pense à la même chose. Au même impensable. Il doit y avoir une raison.
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martineden74   19 septembre 2020
Personne ne sort les fusils de Sandra Lucbert
L’homme Bon s’est endetté – lourdement, sur les conseils de ses vices, des banquiers d’affaires et de l’avis général de La-Bourse. À ce moment-là, La-Bourse aime la dette. S’endetter est signe de vision. Elle applaudit donc : Bold move, Michel, beau geste ; on va te faire un cours de prédateur.

Et puis soudain tout change. La-Bourse et ses lois de moutons à la file trouvent que la dette, non, finalement. Orange est trop cher. La dette est trop lourde. Michel n’est plus l’homme d’une vision, mais d’un naufrage.

France Télécom perd 90 % de sa valeur.

L’homme Bon est remercié.

Michel Bon ne fait pas partie des prévenus du procès France Télécom. Il est pourtant l’auteur de la situation France Télécom.

Coauteur. Toute cette histoire n’aurait jamais été possible sans la déréglementation, sans la concurrence libre et non faussée, inscrites souverainement dans les traités européens. Si Orange coûtait si cher, si la bulle internet a été, c’est grâce à l’entrée des opérateurs rivaux de France Télécom sur le marché.

Manquent par conséquent sur les fauteuils des accusés ceux qui ont assuré la transcription des directives européennes en France : Chirac, Fillon, Juppé et Jospin.

Avec une mention particulière pour Lionel Jospin, qui avait fait campagne contre la privatisation. Et qui, une fois devenu Premier ministre, ne se contentera pas de laisser advenir la déréglementation et la concurrence non faussée. Il fera du zèle : ouvrira le capital de France Télécom. Et tout sera en place pour la situation France Télécom – les suicides en bout de chaîne.

Les coupables les plus manifestes ne sont pas même nommés pendant le procès.
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martineden74   19 septembre 2020
Personne ne sort les fusils de Sandra Lucbert
Monsieur L. s’est immolé par le feu en 2011. Pendant dix ans, il a subi les gribouillis du commandant.

Son poste est supprimé en 2000 et, de ce jour, il est baladé de mission absurde en mission tarée. Il vend sa maison pour suivre le non-sens ; prêt à tout pour retrouver une tâche, il suit des protocoles de recrutement ne débouchant jamais sur rien, des séries d’entretiens-façades tenus comme des fa dièse. En 2010, Lombard s’étant fait dégager parce que les médias l’ont privé de son succès, arrive la nouvelle direction de Stéphane Richard, qui renforce l’encadrement de terrain : monsieur L. est enfin recasé. Il devient « préventeur », chargé des conditions de travail.

Un « préventeur » fait de la prévention. Monsieur L., devenu préventeur, prévient les craquages des employés. La mission de monsieur L., qu’il n’aura pas le choix d’accepter, est de rendre soutenable aux autres la herse qui s’exerce sur lui depuis dix ans.

On ne parlera pas de perversion.

Monsieur L. le dit suffisamment bien dans le courrier de six pages qu’il a adressé à la direction de France Télécom-Orange, un an et demi avant son suicide : « C’est une machine à fabriquer des déséquilibrés, ensuite il suffira d’agiter un peu […]. Continuons tous, employeur, État actionnaire et décideur, syndicats, salariés, à ignorer les vraies causes profondes : dans dix ans on sera encore à traiter de ce même sujet… enfin non… une certaine catégorie du personnel aura disparu par départ en retraite ou par suicide : et le problème sera réglé, en-fin ! […] le suicide reste comme étant LA SOLUTION ! »
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Xav93140   30 septembre 2020
Personne ne sort les fusils de Sandra Lucbert
Le drame salarial vient du droit salarial, en supprimant le droit on supprimera le drame. Et les salariés. On dit collaborateurs.



(page 50)
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Charybde2   08 septembre 2020
Personne ne sort les fusils de Sandra Lucbert
Au procès France Télécom, le monde jugé est le nôtre. Le monde qui juge est aussi le nôtre.

Le monde jugé est celui depuis lequel on juge.

Toute notre mécanique sociale devrait comparaître ; et c’est impossible, parce que nous sommes à l’intérieur ; elle dicte nos présupposés. On ne la voit pas : c’est par elle qu’on voit. Ainsi, le tribunal est intérieur à ce qu’il juge. Il parle la langue qu’il accuse.

Je parle aussi cette langue.

Mais je trimballe avec moi quantité d’états de langage, c’est ce que fait la littérature aux gens qui la pratiquent. Elle impose un écart permanent d’avec tout ce qu’on dit. Je parle la langue collective, mais contestée par une cacophonie intérieure.

Au quotidien, ce carambolage provoque surtout des heurts avec les institutions, où se parle fanatiquement la langue générale.
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Charybde2   30 septembre 2013
Mobiles de Sandra Lucbert
Elle descend les larges marches de pierre et s'engage dans le Carrousel. Espace clos décuplé d'échos. Une rumeur plastifiée, les magasins clinquants et les cafés vitrés, un jouet grandeur nature. Un concentré marchand, mais avec quelque chose de sophistiqué qui manque aux centres commerciaux. Cette atmosphère aseptisée l'apaise comme un silence de cloître.

Tiens elle va traîner un peu dans les magasins. Chez Nature et Découvertes, elle essaie une canne télescopique, un sifflet à plumes et une rainette ventouse aux miroirs. Elle écoute un CD de bruits d'arbres, remet plusieurs fois la plage Feuillage immobile. En revanche, Craquements de tempête l'agace. Un peu galvaudé. C'est l"heure.
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Charybde2   08 septembre 2020
Personne ne sort les fusils de Sandra Lucbert
Rien n’a été annoncé. D’un coup, toutes les lumières se sont éteintes. On a tiré les rideaux.

Le voilà comme les autres, assis là sans savoir, sans rien voir, à attendre.

Sur sa droite, là où siège le tribunal, une voix s’élève. Lente, monocorde, à l’instant réfractée dans des centaines de casques en quatre langues. Elle dit : « Vous allez voir un documentaire sur les camps de concentration installés par le régime nazi. »

Un faisceau doré traverse l’ombre. Atteint le mur du fond, éclaire progressivement l’immense écran. Un titre ; puis les charniers. L’horreur plein les yeux.

Le film avale l’assistance. Lui, il perd notion d’où il est, il n’a jamais vu ça.

Brusquement, pourtant, il est ramené à la salle. Il sent quelque chose.

Sur sa gauche : un second foyer lumineux. Quand s’est-il allumé ? Il ne saurait pas dire. Reste qu’un projecteur fait apparaître les travées des vingt-quatre accusés. Exactement cernés de lumière blanche ; eux, pourtant, n’en sentent rien. Trop absorbés par l’écran, intégralement livrés aux images de leur carnage.

La lumière est onctueuse, elle a été pensée, elle ne les affecte pas ; elle les révèle en leurs passions brutes : chacun de leurs traits saille. Pas un clignement d’yeux, pas un pli n’échappe à l’assistance ni aux juges. Un double mouvement. Les accusés magnétisés par les massacres et les tortures qu’ils ont organisés, la salle scrutant leurs visages phosphorescents « avec une avidité presque sauvage ».

Projection de l’évidence des crimes.

Projecteurs sur les tueurs.

La preuve par la lumière.

Un jugement scénographé depuis un monde de projectionnistes et d’ingénieurs son ; depuis le bloc Alliés qui a balayé le Reich et entend que la condamnation soit sans appel, claire comme la résolution d’une « équation sans précédent ».

C’est le récit que fait Joseph Kessel d’une journée au procès de Nuremberg.
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chardonette   01 septembre 2013
Mobiles de Sandra Lucbert
Non, elle ne s'infligera pas d'écouter une énième analogie spatiale puisque le jeu de l'embauche est terminé. Fini les discours de remise de prix. C'est beaucoup plus approprié de regarder Freyer gesticuler sans le son. Ainsi font font font, les petites marionnettes, ainsi font font font, trois p'tits tours et puis s'en vont. Elle vide son casier, prend le bus de banlieue sans un regard pour les autres protagonistes de Guignol à la clinique. Si seulement elle avait pur le bastonner, Freyer. Elle attend à la gare, les ex-stagiaires aussi, chacun son coin du quai désert. On respire mieux comme ça. Les échecs, ça permet de faire du tri.
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Olivia-A   18 septembre 2013
Mobiles de Sandra Lucbert
(...) et la "réalité", sans remords, elle y a renoncé. Ce serait quoi? Etre deux pour une seule douche, remplir une feuille d'impôts, avoir un métier qui décide à sa place de son emploi du temps?
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