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3.54/5 (sur 818 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Boulogne Billancourt , le 21/05/1976
Biographie :

Sarah Chiche est écrivain, psychologue clinicienne et psychanalyste.

La mélancolie est "le cœur littéraire" de son écriture et "un enjeu intellectuel et professionnel". Elle l’a explorée dans "Personne(s)", publié aux éditions Cécile Defaut en 2013, "méditation sur la mélancolie, le deuil, l’écriture et l’existence" à partir du Livre de l’intranquillité, de Bernardo Soarès, le semi-hétéronyme de Fernando Pessoa.

Elle la questionne dans "Le diable dans la peau", sa préface à un diptyque composé pour les éditions Payot, et rassemblant La Peau de Chagrin d’Honoré de Balzac et Un cas de névrose démoniaque au XVIIe siècle de Sigmund Freud. On lui doit également "Éloge de l’égarement", une préface à une traduction inédite des Trois essais sur la théorie sexuelle de Sigmund Freud, où elle propose une relecture de Freud, à la lumière de La Pianiste d’Elfriede Jelinek et du Clèves de Marie Darrieussecq, et "Éloge de la dévoration", une préface à une nouvelle traduction de La Confusion des sentiments de Stefan Zweig.
En 2015, Ethique du Mikado, son essai sur la question du mal dans le cinéma de Michael Haneke, paru aux PUF dans la collection "Perspectives critiques", bénéficie d’un accueil enthousiaste de la presse. Elle s’emploie à y "démonter les mécanismes de la machinerie du cinéma de Michael Haneke, les rouages de son univers fantasmatique, la logique interne de ses films, leurs références revendiquées ou inconscientes, leurs soubassements."
Découpé en soixante et onze fragments, comme un écho à l’un des films du cinéaste, "71 fragments d’une chronologie du hasard", Ethique du Mikado se propose de réfléchir à la manière dont les images du cinéma peuvent nous servir d’école morale, et comment la confrontation à la mise en scène d’un mal radical pour lequel nous sommes tous potentiellement disponibles, non pas en tant que victimes, mais bien en tant qu’agents, peut paradoxalement nous inciter à agir mieux que bien.
Elle fait une apparition dans le film de Michael Haneke, Happy end.
Sarah Chiche a également publié, plus jeune, deux romans aux éditions Grasset. L’inachevé, en 2008, pour lequel Le Monde des livres a parlé "d’écriture sous électrochocs", et L’emprise, en 2010.
Elle écrit régulièrement pour Le Cercle Psy et Le Magazine littéraire.
Diplômée de l’Université Paris-Diderot, elle exerce en tant que psychologue clinicienne et psychanalyste à Paris.
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Source : livres.ados.fr
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Lecture par l'autrice Rencontre animée par Alain Nicolas Camille Cambron est médecin légiste. Elle vit penchée sur des corps démunis et tenus au silence, tout comme finirent par l'être ceux de ses parents, d'éminents neurologues morts tragiquement lors d'une plongée lorsqu'elle était adolescente. Un mail va stopper net l'héroïne : il y est question du crâne volé du peintre Goya que les parents et le parrain de Camille cherchaient inlassablement… Quête et enquête : s'y dévoilent la figure de ces dingues passionnés et passionnants, aimants et troubles, déraisonnables et brûlants. Camille va enfin pouvoir regarder en face un héritage qui l'agissait mais lui échappait jusque-là. le romanesque souffle haut dans Les alchimies, et c'est captivant de bout en bout. À lire – Sarah Chiche, Les alchimies, Seuil, 2023.

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Citations et extraits (414) Voir plus Ajouter une citation
–Qu’est-ce que tu écris, maman ?
–Tu veux essayer de lire ?
–Non, je veux pas. Je sais pas lire. Je saurai jamais lire. Léa et Arwa, elles savent déjà, et moi, j’ai l’impression que je saurai jamais.
–C’est se priver de grandes joies de croire que c’est mal de ne pas savoir une chose. En réalité tu as beaucoup de chance.
–De la chance ?
–Oui, parce que tu ne sais pas encore. C’est merveilleux de ne pas savoir encore. C’est une promesse. Le jour où ça viendra, le jour où tu sauras lire, tu ressentiras une joie immense, la joie de te rendre compte que l’instant d’avant, tu ne connaissais pas encore une chose, et que soudain, tu l’as trouvée.
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Un amour comme ça, ça n’existe pas. On n’aime plus comme ça. J’étais faite pour lui. Il était fait pour moi. Nous étions comme deux corps aimantés : ce qu’il avait à donner, j’avais à le prendre, j’en avais viscéralement besoin. J’étais une gosse. J’avais vingt-deux ans. Je n’avais jamais aimé personne.
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Peut-être avons-nous tous plusieurs vies. Il y a celle dont nous avions rêvé, enfant, et à laquelle nous pensons toujours, une fois adulte, et celle que nous vivons, chaque jour, dans laquelle nous nous devons d’être performants, responsables et utiles, et que nous terminerons jetés dans un trou.
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De Saturne, astre immobile, froid, très éloigné du Soleil, on dit que c’est la planète de l’automne et de la mélancolie. Mais Saturne est peut-être aussi l’autre nom du lieu de l’écriture – le seul lieu où je puisse habiter. C’est seulement quand j’écris que rien ne fait obstacle à mes pas dans le silence de l’atone et que je peux tout à la fois perdre mon père, attendre, comme autrefois, qu’il revienne, et, enfin, le rejoindre. Et je ne connais pas de joie plus forte.
(page 204)
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Rien n’écrase Armand, pas même l’excès de sa propre assurance. D’un mot, il taille en pièces qui lui résiste, se montre aussi impulsif que son cadet est timide, tient tête à tous, professeurs comme élèves, a des manières d’enfant gâté, et croit fermement que, de même qu’il y a des tortues et des lions, il y a des riches et des pauvres, des faibles et des forts, et si les forts écrasent ou tuent les faibles, c’est la loi de la nature.
(page 51)
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Mais ce qui tue, ce n’est pas seulement la douleur morale. Ce qui tue, c’est aussi la condescendance et le mépris de ceux qui pensent que la douleur d’un deuil qui se prolonge relève d’une paresse de la volonté ou d’une faiblesse complaisante.
(page 177)
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À l’ambition, il avait toujours préféré les mystères des étoiles, le cinéma, les livres anciens. Et puis, Ève, sa femme. Il ne verrait jamais les images de Saturne ni des autres géantes gazeuses. Il se représenta peut-être toutes les années qu’il resterait à sa famille à flotter dans le vaste océan subglaciaire de leur bon droit à être ce qu’ils étaient, alors qu’il n’y a peut-être rien, aucun Dieu, aucun sens, qui puisse justifier que le bien consiste à se conduire comme ceci ou comme cela, ni même qu’il y a un quelconque bien, ni même qu’il est pertinent de se battre pour continuer d’exister.
(pages 16-17)
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On prétend que c’est en revivant, par le souvenir, toute la complexité de nos liens avec la personne disparue que l’on peut supporter de la perdre, accepter de s’en détacher, et, un jour, retrouver le goût de vivre, la joie d’aimer. C’est exact, la plupart du temps.
Mais ce que vivent les gens comme moi, c’est autre chose. Pour nous, le temps du deuil ne cesse jamais. Car nous ne souhaitons surtout pas qu’il cesse. Nous ne voulons pas de son évacuation forcée. Nous ne tenons pas à surmonter la perte. Nous n’aimons pas être consolés, séparés de la chose perdue. Nous vivons, en permanence, dans et avec nos morts, dans le sombre rayonnement de nos mondes engloutis ; et c’est cela qui nous rend heureux. De Saturne, astre immobile, froid, très éloigné du Soleil, on dit que c’est la planète de l’automne et de la mélancolie. Mais Saturne est peut-être aussi l’autre nom du lieu de l’écriture – le seul lieu où je puisse habiter. C’est seulement quand j’écris que rien ne fait obstacle à mes pas dans le silence de l’atone et que je peux tout à la fois perdre mon père, attendre, comme autrefois, qu’il revienne, et, enfin, le rejoindre. Et je ne connais pas de joie plus forte.
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Sarah Chiche

« Les Japonais nomment Takotsubo, qui veut dire “piège à poulpe”, ce syndrome où, à la suite d’une rupture amoureuse, d’un deuil ou d’un choc émotionnel intense, le cœur se déforme, ses muscles s’affaiblissent et deviennent si paresseux que, tout à coup, littéralement, il se brise. "
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Les coups, on peut aussi les donner avec des mots. L’avantage, c’est que ça ne laisse pas de traces visibles. Ça vous fait juste exploser la tête.
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