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Note moyenne 3.81 /5 (sur 8 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Serge Audier est un philosophe français.

Ancien élève de l'ENS-Ulm1990, il est agrégé et docteur en philosophie, et enseigne actuellement à Paris IV Sorbonne avec le statut de maître de conférences.

Spécialisé en philosophie morale et politique, il écrit et enseigne sur l'histoire du libéralisme, le républicanisme et le socialisme, ainsi que sur les théories contemporaines issues de ces multiples courants.

Il a notamment publié La pensée anti-68 (2008) et La pensée solidariste (2010).

Il est également membre de l'Institut universitaire de France (IUF).

Source : Wikipédia
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Présenté par Robert Maggiori, philosophe co-fondateur des Rencontres Philosophiques de Monaco et critique littéraire. « Un livre indispensable qui se présente vraiment comme une théorie des temps présents. » Serge Audier, « La cité écologique. Pour un éco-républicanisme », Éditions La Découverte, 2020

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Citations et extraits (10) Ajouter une citation
SZRAMOWO   12 février 2020
Raymond Aron : La Démocratie conflictuelle de Serge Audier
(Cette contradiction)  indépassable comme telle (…) peut trouver une issue dans une démocratisation profonde de la sphère politique ainsi que des autres institutions sociales ». L’objectif étant de ne pas laisser aux « spécialistes » le monopole des discussions et des décisions fondamentales. Les citoyens doivent participer le plus possible au débat public portant sur des thèmes d’intérêt général, « y compris sur la finalité ultime du vivre-ensemble.

(...)

Une forme de relation conflictuelle pacifique est souvent nécessaire, ne serait-ce que comme menace permanente, pour qu’un dialogue véritable puisse avoir lieu entre des individus ou groupes antagonistes, surtout s’ils se trouvent en position asymétrique ». Les deux parties doivent se reconnaître comme des interlocuteurs à part entière :« Afin qu’une authentique discussion puisse advenir, il faut que les sujets qui se trouvent en situation d’infériorité soient en mesure de lutter pour se faire reconnaître comme interlocuteurs.
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lrntv   26 juillet 2020
Raymond Aron : La Démocratie conflictuelle de Serge Audier
Loin de céder à une quelconque apologie euphorique de la société industrielle - et sans pour autant partager le pessimisme de nombre de ses contemporains - Aron saisit le caractère potentiellement destructeur d'un capitalisme laissé à sa propre logique. Dans des analyses rarement évoquées, il critique les pathologies menaçant les sociétés industrielles, soulignant que celles-ci semblent parfois n'avoir plus d'autre fin que la production pour elle-même, et ne plus donner aux individus d'autre raison de vivre que la consommation. Cette double dérive du productivisme et du consumérisme constitue une grave menace pour l'avenir des régimes constitutionnels-pluralistes. Et pourtant, les sociétés industrielles devraient se poser un certain nombre d'interrogations fondamentales, faute de quoi l'Occident risquerait d'oublier la question des fins. [...] Ce refoulement sur la question des fins est selon Aron d'autant plus préoccupant pour les démocraties qu'il risque de délégitimer l'Occident vis-à-vis du monde non-occidental. Car si les sociétés démocratiques libérales se laissent aller à un scepticisme relativiste rejetant la question des fins au profit de la seule logique de la techno-science, elles risquent de perdre tout rayonnement éthique et politique : "Comment l'Occident se justifierait-il à lui-même, à ses propres yeux et aux yeux des non-occidentaux, s'il se réduisait à la science qui permet la manipulation des forces naturelles et des êtres sociaux, s'il ignorait, au-delà des sciences et des techniques, la recherche de la Raison, naturelle essentielle de l'homme et (ou) réalisation à travers l'histoire ?"
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lrntv   26 juillet 2020
Raymond Aron : La Démocratie conflictuelle de Serge Audier
Bien avant Bourdieu, Aron met en évidence les aspects démystificateurs de la sociologie, son aptitude à dévoiler les rapports de domination, et les "résistances" qu'elle suscite , mais il mesure également les limites d'une telle méthode, qui risque de conduire à un "scepticisme radical". Aron souligne même qu'une certaine sociologie de la domination conduit à perdre de vue la différence essentielle entre démocratie et totalitarisme : "Qui ne reconnaît qu'une différence de degré entre l'idéologie de l'État à Moscou et la "violence symbolique" à Paris finit, aveuglé par le sociologisme, par occulter les enjeux de notre siècle." Une telle conception dogmatique de la sociologie, reprenant uniquement les aspects démystificateurs de la tradition machiavélienne, éloigne de toute interrogation philosophique sur la nature de la démocratie. Ainsi la démarche sociologique "désenchantée" ne doit-elle pas conduire à une dénonciation systématique du pouvoir des "dominants" : elle répond à l'inspiration d'une philosophie politique soucieuse de préserver les conditions de la liberté et de rendre possible une réalisation progressive des idéaux de justice sociale. Entre une philosophie de l'espace public et la communication qui tend parfois à sous-estimer l'importance des rapports de force, et une sociologie démystificatrice qui délaisse tout horizon normatif, il y a place pour une philosophie politique à la fois réaliste et normative, attentive à la réalité des rapports de force et ouverte aux interrogations sur le 'meilleure régime".
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lrntv   26 juillet 2020
Raymond Aron : La Démocratie conflictuelle de Serge Audier
"Les millions de Juifs exterminés au nom d'une doctrine raciale, les millions de koulaks déportés en vue de la collectivisation agraire, les millions d’innocents emprisonnés par un despote qu'acclamaient des dizaines de milliers d'intellectuels à travers le monde, si ces morts et ces absurdités n'ont pas ébranlé mon système de valeurs, ils m'ont mis en garde une fois pour toute contre ceux qui me parlent de "reconstruire la société" [...], ils m'ont réveillé à tout jamais du sommeil dogmatique des philosophies de l'histoire." [Raymond Aron]
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lrntv   26 juillet 2020
Raymond Aron : La Démocratie conflictuelle de Serge Audier
Le régime de partis multiples, qui rend possible une participation universelle en droit, constitue l'une des principales conditions d'une "société ouverte", autrement dit d'un régime qui consacre "la légitimité de discussion sur ce qu'il convient de faire et sur la meilleure constitution de la cité". Il faut y insister : ce qui fait la grandeur des régimes constitutionnels-pluralistes, c'est qu'ils sont les seuls à ouvrir un espace de dialogue illimité auquel peuvent participer tous les hommes. Une telle exigence n'est pour Aron non seulement conforme, du point de vue sociologique, à l'essence des sociétés modernes, mais encore, philosophiquement, à la "vocation humaine". Évoquant l'objection élitiste et conservatrice de Paul Valéry, selon laquelle la politique a longtemps été "l'art d'empêcher les hommes de se mêler ce ce qui les regarde" et qu'elle est devenue "l'art de les interroger sur ce qu'ils ignorent", Aron répond que si l' "on n'interroge pas les hommes, ils ignoreront toujours". Au fondement de la démocratie constitutionnelle-pluraliste gît l'espoir, ou le par, d'une discussion illimitée à laquelle pourraient prendre part l'ensemble des citoyens. Car le dialogue critique constitue désormais, après l'effondrement des structures traditionnelles de légitimation, le seul moyen d'obtenir un accord entre toutes les parties concernées - faute de quoi, c'est le simple rapport de force qui réglera les relations sociales.
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lrntv   26 juillet 2020
Raymond Aron : La Démocratie conflictuelle de Serge Audier
Le principe qui doit maintenir le régime totalitaire repose sur deux sentiments : la foi dans le dogme officiel, et la peur pour faire sentir aux sceptiques, et surtout aux opposants, leur impuissance. En revanche, le principe des démocraties libérales combine deux autres sentiments, eux aussi distincts quoique indissociables : le respect de la légalité et le sens du compromis. [...] La démocratie fonctionne à condition que les citoyens se comportent conformément au principe premier de la démocratie, c'est-à-dire au respect des règles ou des lois. L'essence de la démocratie exige cependant bien davantage : elle requiert le sens du compromis, à condition de ne pas l'entendre péjorativement. Il ne s'agit pas seulement d'une entente stratégique dépourvue de tout contenu normatif, d'un simple marchandage au cours duquel chacun des partenaires ne recherche que son avantage personnel : l'idée de compromis pour Aron repose sur une raison dialogique ou communicationnelle. La pratique du compromis implique en effet un authentique effort de décentrement une capacité d'écoute des arguments présentés par autrui, susceptible de conduire à la reconnaissance de leur part de validité, et, indissociablement, une exigence d'universalisation des intérêts en présence.
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lrntv   26 juillet 2020
Raymond Aron : La Démocratie conflictuelle de Serge Audier
Dans des sociétés contemporaines profondément inégalitaires, où des groupes extrêmement restreints détiennent un pouvoir considérable dans chacun des champs sociaux, s'appuyant souvent de surcroît sur ces positions hégémoniques dans d'autres champs, un libéralisme réaliste, qui accorde une importance cruciale au conflit politique et social, n'est-il pas plus prometteur ? Aron ne doutait pas en tout cas que c'était par le conflit, et non uniquement par le dialogue, que les groupes modestes pouvaient espérer améliorer leur situation. À condition toutefois de préciser que la valorisation du conflit ne doit pas viser, comme c'est trop souvent le cas dans certains versions contemporains du "pluralisme agonistique" ou de la "politique de la différence", à congédier les idéaux des Lumières, au nom d'une apologie esthétisante et postmoderne du "multiple" ou du "divers", mais au contraire à définir une voie réaliste, soucieuse de respecter les exigences de vérité, rendant possible leur accomplissement progressif.
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lrntv   26 juillet 2020
Raymond Aron : La Démocratie conflictuelle de Serge Audier
La démocratie ne se réduit pas pour Aron à un dispositif institutionnel visant uniquement à faire coexister des intérêts divergents moyennant un marchandage continu. Si les individus et les groupes peuvent défendre leurs intérêts propres, ils doivent toujours également avoir le sens du bien commun, faire preuve de civisme et de patriotisme. Corrélativement, la vie d'une démocratie ne se réduit pas à un processus électoral intermittent, moyennant lequel certains élites en compétition proposent une "offre" à des clientèles multiples cherchant à conforter et améliorer leur situation matérielle : elle implique le développement, au sein de la société civile notamment, d'une discussion publique portant sur des thèmes d'intérêt général, y compris sur la finalité ultime du vivre-ensemble.
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lrntv   26 juillet 2020
Raymond Aron : La Démocratie conflictuelle de Serge Audier
Aron ne voit pas dans la démocratie libérale un "État idéal" mettant de manière définitive un terme aux conflits. Bien au contraire, la démocratie implique la reconnaissance que les divisions et les tumultes constituent un facteur essentiel de liberté, et ne doivent donc pas être condamnés comme tels.
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lrntv   26 juillet 2020
Raymond Aron : La Démocratie conflictuelle de Serge Audier
Aron tenait à préciser que sa critique visait toute les utopies globales, c'est-à-dire aussi bien "la planification totale des socialistes", que "le marché idéal des libéraux".
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