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Note moyenne 3.71 /5 (sur 7 notes)

Biographie :

Poète, essayiste, critique, Serge Safran est né à Bordeaux et vit aujourd’hui à Paris. Il exerce actuellement une activité éditoriale (directeur littéraire des éditions Zulma qu’il a cofondées en 1990) et journalistique, au Magazine littéraire, où il est responsable de la rubrique « Revue des revues ».

Source : /arpel.aquitaine.fr
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Bibliographie de Serge Safran   (10)Voir plus


Serge Safran et ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?


Quelques vers de Verlaine, je pense, il y a très longtemps, dans l’enfance.

Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?


Aucun, pour l’instant.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?


Verlaine.

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?


Je ne relis pas beaucoup, car c’est une expérience généralement décevante. À l’exception des Fleurs du mal ou des Fables de La Fontaine.

Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?


Don Quichotte, mais j’espère réparer cet outrage dès que possible.

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?


Cette année, je citerais L’honneur manque de bras, de Marc Vaillancourt, aux éditions Obsidiane.

Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?


Il y en a tant !

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?


Carpe diem ?

Et en ce moment que lisez-vous ?


Beaucoup de choses, comme d’habitude, mais j’ai toujours un livre de chevet. Après la Correspondance complète de Céline, j’ai attaqué Dassoucy & les garçons, de Jean-Luc Hennig.

Entretien entre Serge Safran et OnclePaul, membre de Babelio :


En lisant L`amour gourmand : libertinage gastronomique au XVIIIe siècle, paru aux éditions La Musardine, je me suis dit que pour écrire un tel ouvrage il fallait être curieux, chercheur, pugnace, persévérant, hédoniste et épicurien. Etes-vous tout cela à la fois ?


Cela est fort probable. Et j’ai sûrement d’autres défauts.

L`amour gourmand explore les plaisirs de la vie. Mais pour écrire un tel ouvrage qui ne se conçoit pas comme un roman, il vous a fallu lire les œuvres, les éplucher, relever les passages intéressants. À combien de temps estimez-vous le travail passé à lire, compulser et rédiger L’Amour gourmand ?


Dès qu’on aborde la notion de temps, je suis perdu. Je ne le comptabilise pas. C’est lui qui m’emporte, avec le sentiment d’une accélération qui souvent frôle le vertige. J’ai lu des auteurs libertins pendant plusieurs années pour le plaisir et pour de nombreux projets d’édition ou de réédition dont on peut trouver le résultat au catalogue des éditions Zulma. J’ai bien sûr intensifié ces lectures, et me suis livré au travail que vous évoquez au cours d’une année de congé pour formation professionnelle de l’Éducation nationale, en parallèle avec mes activités éditoriales et journalistiques. On pourrait parler de deux ans environ pour la rédaction de ce livre, ce qui ne signifie pas grand-chose à mes yeux.

Les livres dont vous empruntez les citations, les passages, les extraits sont-ils soigneusement et amoureusement rangés dans votre bibliothèque ou avez-vous joué au rat de cave ?


Je ne suis pas un bibliophile maniaque, même si je possède quelques trésors que je conserve jalousement. J’ai plusieurs étagères en effet où ces livres sont regroupés. J’ai dû en perdre ou en donner. J’ai passé du temps aussi en bibliothèque, mais pas trop, préférant posséder les livres pour les raturer au crayon.

Vous montrez qu`au XVIIIème siècle, celui des Lumières, gastronomie et érotisme sont étroitement liés. N`est-ce plus le cas aujourd`hui ?


Si, bien sûr, enfin je suppose, il faudrait étudier de près la question car si ces deux caractéristiques ont été souvent liées, cette liaison « dangereuse » dépend de la société dans laquelle elle évolue. De la classe sociale, de la culture qu’on a et qu’on peut partager. Et il ne faut pas oublier la dimension littéraire à laquelle je m’attache et dont j’ai essayé d’explorer les significations, la symbolique. Ce qui m’a frappé, en l’occurrence, c’est l’expression de son apogée dans le genre romanesque, alors genre mineur, en cette période si particulière de la fin de ce qu’on appelle communément l’Ancien régime.

Cette association littéraire est-elle typiquement française ou bien la retrouve-t-on dans les littératures d`autres pays ?

Non, je ne crois pas, mais pour répondre à cette question, il faudrait des connaissances en littérature étrangère, particulièrement en ce domaine, que je n’ai pas. Ou pas suffisamment. J’aimerais bien en tout cas qu’on me le démontre, le cas échéant.

Il existe beaucoup de textes pornographiques ou flirtant avec le genre tout au long du XVIIIème siècle. Quelles étaient les limites que leurs auteurs ne franchissaient pas ?


Il faudrait de prime abord définir ces limites. Et si l’on prend en considération l’œuvre de Sade, je ne pense pas qu’on puisse trouver un autre écrivain qui soit allé aussi loin que lui dans la transgression de toutes les limites possibles ou imaginables.

De tous les auteurs de l`époque que vous citez dans votre ouvrage, quel est celui qui a votre préférence ?


Casanova, sans aucune hésitation.

D’où vous est venue cette idée (question que j’aurais dû peut-être poser en priorité) ?


S’il s’agit de l’idée d’un lien exceptionnel entre nourriture et érotisme, elle est née de la fréquentation des textes libertins, et de la comparaison implicite avec les textes plus « classiques » de la même époque, et des siècles proches, du moins dans la représentation qu’on en a, qui est souvent en partie fausse puisque dépendant d’une culture par laquelle on est toujours plus ou moins influencé.

Parallèlement vous êtes éditeur, je crois même que c’est votre fonction essentielle. Comment concilier la lecture d’ouvrages que vous éditez et partager votre temps dans la rédaction de vos propres ouvrages ?


Mon activité essentielle, à vrai dire, est l’écriture, liée bien entendu à la lecture. Il n’y a de conciliation entre mes différentes activités que par la lutte menée contre les impératifs de tous ordres que nous impose la vie.

Vous venez de fonder une nouvelle maison d’édition qui portera votre nom. Vous êtes seul dans cette entreprise ?


Il ne s’agit pas d’une maison d’édition, mais d’un label, faisant partie intégrante des éditions Zulma que j’ai cofondées et dont je suis directeur littéraire. Je suis seul à m’occuper du label, dans toute sa chaîne éditoriale, mais en bénéficiant en partie de la logistique de Zulma, notamment en ce qui concerne les droits étrangers.

Quel sera le nombre d’ouvrages publiés annuellement et quelles en seront les tendances littéraires ?

Au départ, il s’agit de publier deux à trois titres par an, de littérature française contemporaine, avec une priorité accordée à de nouveaux, et si possible, jeunes auteurs. Sans a priori particulier si ce n’est celui du plaisir de la découverte.

À propos de cette nouvelle maison d’édition, je me sens un peu obligé de revenir sur cette triste affaire de la société Safran qui vous a interdit d’utiliser le nom initial que vous aviez déposé. Comment un tribunal peut-il donner raison à ce genre de plainte sachant que d’abord c’est votre nom et qu’ensuite la maison d’édition et la société Safran ne proposent pas les mêmes services ?


Oh, cela est plus ridicule que triste. Et n’a pas grand intérêt si ce n’est de mettre en relief les aberrations de la folie sociale dans la quelle on vit. Et dans ce genre de situation le bon sens n’est pas la chose la mieux partagée. Il serait trop long d’entrer dans les détails de cette affaire, qui n’a pas eu besoin d’aller en justice, heureusement, pour être réglée. Elle n’a fait qu’ajouter des problèmes à la création du label dont je me serais volontiers passé.

Quel sont vos projets d’écriture ?


J’en ai un qui est primordial : l’écriture et, éventuellement, la publication de mon Journal, dont une partie a déjà été publiée en volume (L’année Alison) ou par fragments dans La Revue littéraire. J’en ai d’autres également mais je viens de publier un deuxième roman, Le Voyage du poète à Paris, aux éditions Léo Scheer, qui devrait permettre à ceux qui auraient envie de me lire, sans parler des livres déjà parus, de patienter en attendant de futures publications.


Découvrez "L`amour gourmand : libertinage gastronomique au XVIIIe siècle" de Serge Safran !
L`amour gourmand : libertinage gastronomique au XVIIIe siècle par Serge Safran

A propos d`OnclePaul :

Classé 6ème graphomane de Babelio, Paul Maugendre, par ailleurs membre de notre jury polar, est l`auteur de Mystère Jazz un blog passionnant sur la littérature et le jazz ! Vous pouvez retrouver toutes ses critiques sur son profil !


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"La dame au cabriolet", de Morales et Guiou (éditions Serge Safran). Romans, polars, bandes dessinées, jeunesse… Tous les jours, de nouveaux conseils de lecture à découvrir sur Lecteurs.com, la communauté des passionné.e.e.s du livre ! Pour en savoir plus, visitez le site : http://www.lecteurs.com/ Suivez Lecteurs.com sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/orange.lecteurs Twitter : https://twitter.com/OrangeLecteurs Instagram : https://www.instagram.com/lecteurs_com/ Youtube : https://www.youtube.com/c/Lecteurs


Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Piatka   07 janvier 2019
Dans l'étreinte du temps de Serge Safran
sourire rester puis se taire

sourire enfin sans rien dire



savoir surtout ce qu’il faut faire

pour que les larmes soient le rire



comme l’air libre le vol noir

l’argile l’aigle la surprise

soudain vers l’aube lâcher prise



et puis mourir d’ivresse douce
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Piatka   09 avril 2015
Dans l'étreinte du temps de Serge Safran
ciel comme peint

en bleu de méthylène

sans étoiles



façades comme peintes

en chamades torpeurs

toutes de pierres

faîtes de nuit



mais les rivières des veines

les soleils sous paupieres

maisons pleines d'étincelles

voûtes d'évasion



toutes volières d'aubes froissées
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inesso   22 avril 2021
Casino Venier Venise de Serge Safran
Le Casino Venier ne peut plus être le casino qu'il fut. Il y a bien sûr la Venise des touristes, il y a aussi, il y a surtout, la Venise des Vénitiens. C'est à cette Venise qu'il s'adresse, cette Venise qu'il voudrait attirer, vers cette Venise qu'il se tourne.
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inesso   22 avril 2021
Casino Venier Venise de Serge Safran
D'ailleurs j'ai noté que lorsque j'entre en sympathie avec des lieux comme celui-ci se produit un processus physique qui fait que je me métamorphose au point de devenir la substance du lieu et que moi-même je deviens une sorte de relique. Je n'aspire plus qu'à être une relique, non pas pour que l'on me révère ou tire de moi quelque miracle ou guérison, mais pour que, ayant atteint un degré suprême de désincarnation ou d'immortalité, je ne sois plus que l'essence d'un lieu qui m'a séduit.
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inesso   22 avril 2021
Casino Venier Venise de Serge Safran
Pourtant, quand, après avoir déploré ce spectacle, je suis rentré dans le salon du casino, dans son intimité protectrice, raffinée et scintillante, il m'est apparu comme ce qui restait de l'essence d'une Venise sauvée. Je l'ai senti éperdument. Sa qualité de grotte marine, son retrait silencieux, tout un décor préservé du fond des temps, ses fresques célestes peuplées de divinités folâtres, tout cela sauvait Venise de cette profanation répétée qui se produisait en bas.
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inesso   22 avril 2021
Casino Venier Venise de Serge Safran
D'autres tuyaux et d'autres grilles ici et là placés permettaient d'entendre tout et de tout dire en étant sûr d'être entendu. Un balcon fermé, le liagò, permettait de voir en douce au-dehors. C'était la maison des secrets mal tenus et des confessions courant d'air. On y riait beaucoup, on y perdait beaucoup, on y gagnait parfois et les cœurs s'y froissaient en silence.
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Danieljean   07 février 2018
L'amour gourmand de Serge Safran
De métaphores animalières en allusions grivoises, l'art de la bouche se confond à celui des bouches, gorges profondes et orifices.
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inesso   22 avril 2021
Casino Venier Venise de Serge Safran
Les hôtes étaient avertis du danger grâce à une minuscule trappe formée d'un morceau de marbre qui se confondait dans la mosaïque du sol. Cette sorte de judas permettait, au moindre bruit de porte, d'observer, depuis l'étage, qui pénétrait dans le vestibule du rez-de-chaussée. C'est une curiosité que l'on peut voir encore aujourd'hui.
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inesso   22 avril 2021
Casino Venier Venise de Serge Safran
C'était la fin du printemps. Par les fenêtres ouvertes, qui restaient magiquement suspendues, entraient par bribes les chants des gondoliers. Leur voix venait briser le silence des oiseaux verts et rose pâle, si gracieusement figés dans leur gypse centenaire. Les stucs en volutes imitaient leurs envols interdits à jamais.
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inesso   22 avril 2021
Casino Venier Venise de Serge Safran
Je l'attendais dehors, dans la rue, devant les palais dans lesquels elle travaillait. C'est de ce temps que j'ai pris le goût de l'air libre. On pourrait croire que je suis un clochard, mais je ne me vois pas comme cela. Je suis quelqu'un qui a choisi de ne pas avoir de chaînes aux pieds ni aux mains. C'est tout.
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