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Note moyenne 5 /5 (sur 3 notes)

Nationalité : Iran
Né(e) à : Qom , le 07/10/1928
Mort(e) à : Téhéran , le 21/04/1980
Biographie :

Sohrab Sepehri est un des grands poètes iraniens du XXe siècle. Contemporain d’Ahmad Shamlou, Forough Farrokhzad et Nima Yushij, il est également connu pour ses peintures.

Sepehri a passé la première partie de sa vie à Kashan, qu'il considérait comme sa ville natale et à laquelle il a dédié le poème صداي پاي آب ("Les pas de l'eau"). Il était également un grand voyageur. Il a fait de nombreux voyages en Europe et en Afrique, a vécu un an aux États-Unis puis deux en France.

Les grands thèmes de son œuvre sont la nature, l'amitié et le sens de la vie.

C'est en hommage à Sepehri qu'Abbas Kiarostami a réalisé en 1987 "Où est la maison de mon ami ?" (Khané-yé doust kodjast ?), un film portant le titre d'un de ses poèmes.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ninamarijo   13 janvier 2015
Les pas de l'eau de Sohrab Sepehri
J'ai bâti une maison à l'autre bout de la nuit.

Ici, dans cette maison, je suis tout proche de l'anonymat humide de l'herbe.

J'entends le crépitement du souffle du jardin,

Le son de l'obscurité lorsqu'elle coule de la feuille,

Le grincement de la toux de la lumière derrière l'arbre,

L'éternuement de l'eau dans les fissures des pierres,

L'égouttement des hirondelles du plafond du printemps,

Le battement clair des fenêtres de la solitude qui s'ouvrent et se referment,

Le chuchotement pur de l'amour qui change mystérieusement de peau,

L'intense désir des hauteurs qui crépite dans l'aile,

Le crissement d'une fêlure qui raie la maîtrise de l'esprit.

J'entends marcher la passion,

Le piétinement inexorable du sang dans les veines,

La pulsation matinale des puits d'où s'envolent les pigeons.

La fièvre vespérale au cœur des Vendredis.

J'entends l'écoulement des œillets dans les méandres de la pensée,

Le hennissement clair de la Vérité au loin.

J'entends la vibration furtive de la matière.

Et l'usure des semelles de la foi dans la rue de l'extase.

Et le clapotement de la pluie :

Sur les paupières moites de l'amour,

Sur la musique triste de la puberté,

Sur le chant pourpre des grenadiers.

Et le tintamarre des vitres de la joie qui éclatent dans la nuit.

Et le déchirement du parchemin de la Beauté,

Et la pompe du vent qui emplit et qui vide le corps de l'Exil.

Je suis proche des origines de la terre.

Je tâte désormais le pouls des fleurs.

J'ausculte le destin fluide de l'eau, l'accoutumance verte de l'arbre.

Mon âme circule dans la vertu inédite des choses.

Mon âme est encore toute jeune,

Parfois, à force de désir, la toux la prend à la gorge.

Mon âme oisive vaque à l'accueil des choses :

Elle se met à compter les gouttes de pluie et les joints des briques.

Mon âme est aussi palpable qu'une pierre

Au bord du chemin

Je n'ai jamais vu la haine de deux peupliers.

Je n'ai jamais vu un saule vendre son ombre à la terre.

Et gratuitement l'orme offre sa branche aux corbeaux.

Partout où frémit une feuille, s'épanouit aussi le bourgeon de l'ardeur.

L'ivresse d'un pavot m'a baptisé déjà dans le vertige du devenir.

Telle l'aile de l'insecte je connais le poids de l'aube.

Tel un pot pour les fleurs je tends l'oreille au murmure de la croissance.

Telle une corbeille pleine de fruits j'assiste à la fièvre des métamorphoses.

Telle une taverne désolée je m'arrête à la frontière de l'ennui.

Et tel une maison au bord d'une plage,

Je contemple les flots qui m'invitent à leur cadence éternelle.

Du soleil tant que tu voudras ! de l'union tant que tu voudras ! De la profusion tant que tu voudras !

Je m'en tiens facilement à une pomme.

De même qu'au parfum d'une camomille.

Je me contente d'un miroir, d'un attachement pur.

Je ne ris pas quand éclate un ballon.

Je ne ris pas si une quelconque philosophie coupe la lune en deux.

Je connais le bruissement de l'aile des cailles.

La couleur du plumage des outardes, les traces de la foulée des chevreuils.

Je sais bien où poussent les rhubarbes, quand vient l'étourneau,

Quand chante la perdrix, quand meurt le faucon.

Je sais comment se lève la lune dans le rêve du désert.

Je connais la présence de la mort dans la tige du désir,

Et le plaisir au goût de framboise que procure l'étreinte charnelle

La vie est somme toute une habitude agréable.

La vie a des ailes aussi vastes que la mort,

Un essor vertigineux comme l'amour.

La vie n'est pas cette chose que nous oublions, toi et moi,

L'ayant égarée naguère dans la niche de l'habitude.

La vie est cette main tendue qui s'apprête à cueillir

Les premières figues noires dans la bouche acre de l'été,

La vision qu'offre l'arbre aux yeux multiples des insectes,

La sensation étrange qu'éprouvent les oiseaux migrateurs,

Le sifflement d'un train qui vire dans le rêve d'un pont,

La vie est reflet multiplié par le miroir,

Fleur "à la puissance de l'éternité",

Elle est : terre amplifiée par nos battements de cœur,

Géométrie simple et monotone de nos respirations.

Il faut laver nos yeux.

Il faut voir d'une autre manière.

Il faut purifier nos mots.

Il faut que le mot puisse lui-même devenir vent,

Puisse lui-même devenir pluie.

Il faut plier nos parapluies.

Il faut rester sous la pluie.

Il faut que pensée et mémoire en puissent être imprégnées.

Il faut suivre toute la ville à l'accueil de la pluie.

Voir son ami sous la pluie.

Chercher l'amour sous la pluie.

S'unir à une femme sous la pluie.

Se livrer au jeu sous la pluie.

Écrire, parler ou planter des volubilis sous la pluie.

La vie n'est qu'un baptême perpétuel.

Une ablution dans la vasque de l'éternel présent.

.



.

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ninamarijo   07 mai 2016
Les pas de l'eau de Sohrab Sepehri
Ô respect que procure la blancheur immaculée du papier

Le pouls de nos lettres bat

en l'absence même de l'encre

du calligraphe.

Dans la pensée du présent

l'attrait de la forme s'évanouit.



Il faut fermer les livres.

Il faut se dresser

Et marcher sur le prolongement de l'Heure.

Il faut contempler les fleurs,

Prêter l'oreille au silence du mystère,

Courir jusqu'au fin fond de l'Etre.

Il faut répondre à l'appel parfumé de la terre du Néant.

Et atteindre le lieu où se rencontrent l'arbre et Dieu.

Il faut s'asseoir

au seuil de l'Expansion mystique

quelque part entre l'Extase et le

Dévoilement.
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ninamarijo   16 janvier 2015
Les pas de l'eau de Sohrab Sepehri
Allons donc vers la mer,

Jetons-y un filet.

Extrayons-en la fraîcheur.

Enlevons de la plage un grain de sable,

Palpons grâce à ce geste

Le poids frêle d l'existence.
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ninamarijo   27 août 2017
Les pas de l'eau de Sohrab Sepehri
Pas de nuages.

Pas de vent.

Je m'assieds au bord du bassin :

Jeu frétillant des poissons, lumière, fleurs, eau, reflet de moi-même;

Éclat virginal de la grappe de vie...

Ciel sans taches, pétunias lavés de pluie.

Salut imminent : accroché aux fleurs du jardin.
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ninamarijo   16 janvier 2015
Les pas de l'eau de Sohrab Sepehri
Refusons le livre où ne souffle aucun vent,

Le livre où la rosée ne distille point de fraîcheur,

Là où la vie reste fermée à l'espace des visions.
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Sohrab Sepehri
AnnaDelRio   02 mai 2020
Sohrab Sepehri
Un jour,

Je viendrai, et j’apporterai un message.

Je verserai de la lumière dans les veines,

et je pousserai un cri :

« ô vous qui avez des paniers pleins de rêves !

J’ai apporté la pomme, la pomme rouge du soleil.



Je viendrai, je donnerai du jasmin au mendiant.

La belle lépreuse, je lui offrirai d'autres pendeloques.

À l’aveugle, je dirai : quel spectacle le jardin !

Je me ferai camelot, je parcourrai les rues, je claironnerai : ohé rosée, rosée, rosée !

Un passant dira : en vérité, c'est une nuit obscure. Je lui donnerai une galaxie.

Sur le pont, une fillette sans jambes : j'accrocherai la Grande Ourse à son cou.

Chaque insulte, je l'écarterai des lèvres,

Chaque mur, je l'arracherai.

Aux brigands, je dirai : une caravane arrive, chargée de sourires !

Je déchirerai le nuage.

Je nouerai les yeux au soleil, les cœurs à l'amour, les reflets à l'eau, les branches au vent.

J'attacherai le sommeil de l'enfant au crissement des cigales.

Les cerfs-volants, je les lâcherai dans l'air.

Les pots de fleurs, je les arroserai.



Je viendrai au-devant des chevaux, des vaches, je verserai l'herbe verte des caresses.

La jument assoiffée, je lui apporterai un seau de rosée.

L'âne rabougri sur le chemin, je chasserai ses mouches.



Je viendrai sur chaque mur, j’y planterai un œillet.

Au pied de chaque fenêtre je dirai un poème.

À chaque corbeau j’offrirai la branche d’un pin.

Au serpent, je dirai : quelle splendeur la grenouille !

Je réconcilierai.

Je rapprocherai.

Je marcherai.

Je boirai la lumière.

J'aimerai.
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ninamarijo   27 août 2017
Les pas de l'eau de Sohrab Sepehri
Que de caresses ne verse-t-elle pas, cette lumière

Qui rêve dans le bol de cuivre !
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Sohrab Sepehri
lilianelafond   16 mars 2017
Sohrab Sepehri
A Golestâneh

Des plaines si vastes !

Des montagnes si hautes !

Comme ça sent l’herbe à Golestâneh !

Je cherchais quelque chose dans ce village :

un rêve peut-être,

un rayon de lumière,

un grain de sable,

un sourire.

Derrière les peupliers,

se cachait une insouciance pure

qui m’appelait.

Je me suis arrêté près d’une roselière,

le vent soufflait, j’écoutais :

Qui me parlait ?

Un lézard glissa.

J’ai repris la route.

Un champ de luzerne sur le chemin,

puis un champ de concombres,

des arbustes colorés

et l’oubli de la terre.

J’ai enlevé mes chaussons

au bord d’un ruisseau

et je me suis assis, les pieds dans l’eau :

« Comme je suis fleuri aujourd’hui

et comme est conscient mon corps !

Je crains la venue d’un chagrin

de l’autre côté de la montagne.

Qui est derrière les arbres ?

Personne,

une vache broute dans le près.

Il est midi, c’est l’été.

Les ombres savent de quel été il s’agit.

Des ombres sans taches,

un coin clair et pur.

ô enfants des sentiments,

c’est ici qu’il faut jouer !

La vie n’est pas vide :

Il y a de la tendresse,

des pommes,

de la foi,

Oui,

il faut vivre,

tant qu’il y a des coquelicots.

Il y a quelque chose dans mon cœur,

comme un bosquet de lumière,

comme un rêve du matin

et je suis si impatient,

que j’ai envie de courir au bout de la plaine,

et aller au sommet de la montagne.

Au loin, il y a une voix qui m’appelle. »

Sohrab Sepehri

(À Golestâneh fait partie du recueil Hadjm-e sabz (Volume vert), le septième et le plus complet. Ici, Le poème décrit Golestâneh, village favori de Sohrâb. « Selon son désir, il aurait dû y être enterré, mais de peur qu’il y ait une inondation et que sa tombe ne soit détruite, il a été enterré à Mashhad Ardehal, sur la route de Golestâneh. »

Jalâl Alaviniâ a traduit littéralement Golestâneh par "roseraie", sans expliquer qu’il était également le nom d’un village. Le manque d’une explication sur le village et son importance chez Sohrâb empêche donc une bonne compréhension du poème. Sans aucun doute, Golestâneh fait référence à cet endroit étant donné que Sepehri évoque : « Je cherchais quelque chose dans ce village… »

Dans la sixième ligne de la troisième partie, l’expression "arbustes colorés" ne correspond pas aux mots utilisés par le poète : le golrang évoqué par Sepehri est en réalité un certain arbuste proche du safran. En outre, dans la dernière partie, Sohrâb parle de la tendresse, de la foi et de la pomme, fruit qui est considéré par le poète comme la source de la vie et de l’amour. La traduction évoque des pommes, comme s’il s’agissait de quelques kilos de pommes sans importance. Tous les mots employés par Sohrâb comme la foi, la pomme et les peupliers sont des références spirituelles ; le traducteur n’en donne néanmoins aucune explication et cette dimension symbolique échappe au lecteur français. Par exemple, le peuplier est un arbre mythique et religieux : on le trouve à côté des tombes des saints, il est également le symbole de l’éternité.
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Sohrab Sepehri
lilianelafond   16 mars 2017
Sohrab Sepehri
Où est la maison de l’ami ?

"C’était l’aube, lorsque le cavalier demanda :

« Où est la maison de l’ami ? »

Le ciel fit une pause.

Le passant confia le rameau de lumière

qu’il tenait aux lèvres

à l’obscurité du sable.

Il montra du doigt un peuplier et dit :

« Un peu avent l’arbre,

il y a une venelle

plus verte que le rêve de Dieu,

où l’amour est aussi bleu

que les plumes de la sincérité.

Tu vas au bout de la ruelle

qui se trouve derrière la maturité,

puis tu tournes vers la fleur de la solitude.

A deux pas de la fleur,

tu t’arrêtes au pied de la fontaine éternelle

des mythes de la terre,

et tu es envahi par une peur transparente.

Tu entends un froissement

Dans l’intimité fluide de l’espace :

Tu vois un enfant

perché sur un grand pin

pour attraper un poussin

dans le nid de la lumière,

tu lui demandes :

« Où est la maison de l’ami ? »"

Sohrab Sepehri

Comme A Golestâneh, L’adresse ou comme le traduit Alaviniâ Où est la maison de l’ami ? fait partie du recueil Hadjm-e sabz (Volume vert). Ce poème comporte de nombreuses références à la spiritualité et au mysticisme. Malheureusement, le traducteur l’a traduit tel quel sans donner au lecteur les éléments permettant la compréhension de cette dimension. Il a seulement changé le titre du poème et lui a donné le titre du film d’Abbâs Kiarostami qui s’est inspiré de ce poème.

Ce poème traite de la recherche de Dieu, l’Ami, en passant par les sept lieux mystiques. Les sept éléments de la recherche ont donc tous un sens mystique : le peuplier, la venelle, la fleur de la solitude, la fontaine éternelle des mythes de la terre, l’intimité fluide de l’espace, l’enfant et le nid de lumière. Le vert a également une connotation spirituelle particulière en islam et en Iran, mais cet aspect est également laissé sous silence par le traducteur.

Sohrâb Sepehri commence son poème avec « Où est la maison de l’ami ? » et le termine par la même phrase : il évoque ainsi un cercle, un aller-retour du moi au moi. Nous sommes donc ici en présence d’un mouvement circulaire, évoquant la nécessité de chercher Dieu en soi.
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Sohrab Sepehri
lilianelafond   16 mars 2017
Sohrab Sepehri
“I am a native of Kashan.

Life is not so bad.

I have a bit of bread, an iota of intelligence

And a bit of wit.

I’ve a mother, better than a leaf;

And friends, better than running water.

And a God who lives nearby:

Amidst these gillyflowers, near that tall pine tree

Over water’s cognition, over the ontogeny of plant.”



“I’m a native of Kashan:

An artist by profession.

Sometimes, I build a cage of colours and offer it for sale

To ease your lonely heart

With the song of the peony confined therein.

It’s a fancy! Only a fancy! … I know.

My canvas is lifeless.

I well know my painted pond is fishless.”

****

“I’m a native of Kashan,

Descending perhaps

From a plant in India, an earthenware from Sialk

Or perhaps from a prostitute in the streets of Bukhara.

Father died after twice migrating of swallows,

Twice falling of snow

Twice sleeping on the terrraced-roof;

Father died beyond Time.”

****

“I saw many things on Earth:

A child sniffed the moon.

Light fluttered in a doorless cage.

Love ascended to the Heaven by a ladder.

A woman pounded light in a mortar.

For lunch they had bread, vegetables, a plate of dew

and a warm Bowl of Affection.”



“My soul sometimes coughs from longing,

My soul idles:

It counts raindrops, the chinks of brinks.

My soul is sometimes true as a rock on the road.“



“I am contented with an apple

And with the smell of camomile.

I am satisfied with a mirror, with a pure relationship.

I won’t laugh at a child if his balloon bursts.

I won’t sneer when a philosophy halves the moon.

I know the fluttering of quail’s wings.

The colour of bastard’s belly, the footprints of chamois.

I know where rhubarbs grow

When starlings migrate, when partridges sing,

When falcons die.

I know that the moon means in the Sleep of Desert

Death in the Stalks of Desire.”

****

“Wherever I am, let me be

The heaven is mine.

WIndow, mind, air, love, and earth are mine.”

….

“Life is a perpetual soaking.

Life is bathing in the Pond of Now.

Let’s take off our clothes.

Water is one step off.”



Excerpts from Water’s Footfall (1964)
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