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Citations de Sophie Kovalevskaïa (17)


Les enfants ne comprennent pas qu’un de leurs proches, avec lequel ils vivent quotidiennement et simplement, ait pu, dans le courant de sa vie, subir des épreuves terribles et tragiques.
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Le pauvre père Philippe s’affligea de la déraison de son fils, mais il en eût pris tant bien que mal son parti si celui-ci avait choisi la faculté de droit —celle qui, par la suite, nourrit le mieux son homme, comme chacun sait ; malheureusement son fils choisit les sciences naturelles. Il revint aux vacances suivantes farci d’absurdités, prétendant par exemple que l’homme descend du singe et que, selon les démonstrations du professeur Sétchénof, il n’y a pas d’âme, mais une action réflexe. Le pauvre prêtre désolé saisit son goupillon et aspergea son fils d’eau bénite.( Russie
1860-1870).
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Beaucoup de gens voyaient en lui un conspirateur dangereux, ce qui lui constituait une auréole mystérieuse, terrible et en même temps attrayante, car en Russie, à moins d’appartenir à la police secrète, on éprouve toujours un instinctif sentiment de respect pour tout criminel politique.
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Ce livre merveilleux et cruel — elle m’indiqua le roman de Bulwer — m’a forcée à envisager l’énigme de la vie. J’ai compris l’illusion de tout ce qui nous attire. Le bonheur le plus vif, l’amour le plus ardent, tout finit avec la mort. Qu’est-ce qui nous attend après ? Savons-nous, même, si quelque chose nous attend ? Nous ne savons rien, nous ne saurons jamais rien, c’est affreux, affreux ! »
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Vera éprouvait une sensation quasi physique du temps qui suintait comme un liquide d'un vase fêlé, goutte après goutte, et il restait de moins en moins de ces précieuses gouttes.
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Vassilltsev lui avait, de son côté, peint un tableau frappant de tous les malheurs dont souffre l’humanité, en plaçant la source de tous ces malheurs dans le fait que la vie moderne est construite sur l’oppression et la concurrence, au lieu de l’être sur la liberté et l’union. (Page 110)
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Lors d'un repas officiel, le comte prononça même un speech sur l'importance de la gentry anglaise et sur la transformation souhaitable des gentils-hommes campagnards russes en landlords anglais.
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Pendant bien des années, la chambre resta inachevée, le mur simplement tendu d’un papier de hasard. Heureu- sement ce papier consistait en feuilles lithographiées des cours d’Ostrogradsky sur le calcul intégral et différentiel, jadis achetées par mon père, dans sa jeunesse. Ces feuil- les, bigarrées d’anciennes et incompréhensibles formules, attirèrent bientôt mon attention. Je me rappelle avoir passé des heures entières dans mon enfance, devant ce mur mystérieux, cherchant à débrouiller quelques phra- ses isolées et à retrouver l’ordre dans lequel ces feuilles devaient se suivre. Cette contemplation prolongée et quo- tidienne finit par graver dans ma mémoire l’aspect maté- riel de beaucoup de ces formules, et le texte, quoique incompréhensible au moment même, laissa une trace pro- fonde dans mon cerveau.
Plusieurs années après, quand je pris ma première leçon de calcul différentiel, avec un célèbre professeur de mathématiques de Pétersbourg, Alexandre Nicolaévitch Strannolioubsky, il fut étonné de la rapidité avec laquelle je saisissais toutes ses explications, « comme si je les avais sues à l’avance », ce fut l’expression dont il se servit.
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La science, disait-elle, on s’en occupera plus tard, lorsque le grand problème sera résolu. « Je ne comprends pas que sous
l’impression de la misère humaine on trouve quelque plaisir à examiner au microscope l’œil d’une mouche »
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Tout espoir était impossible ; il ne lui restait plus que l’attente vague d’un miracle. Au début, lorsque l’angoisse devenait trop vive, Véra ressentait comme une révolte physique : un tel martyre ne pouvait durer ! Il fallait que cela finît ! Mais cela ne finissait pas. Le martyre devenait chronique et normal. Chaque nouveau paroxysme de douleur aggravait le tourment de la veille et faisait pressentir la souffrance du lendemain.
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« À demain ! » ce rayon d’espoir traverse comme un éclair son âme inconsciente et la jette de nouveau dans les fiévreuses délices de l’attente.
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en Russie, à moins d’appartenir à la police secrète, on éprouve toujours un instinctif sentiment de respect pour tout criminel politique.
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C'est vraiment étonnant ! Comme le son des grelots de la chaise de poste est émouvant, la nuit ! On sait pourtant que personne d'intéressant n'est attendu. Le plus probable est que c'est l'arbitre de paix ou le commissaire de police qui vient au village enquêter sur quelque divagation de bétail. Et cependant, en entendant ce son argentin et ténu sur la grand-route, le cœur se met à battre plus fort. Soudain l'envie vous prend de partir au loin, dans quelque pays inconnu.

---Qu'y a-t-il ? s'écria Vera, en se redressant d'un bond sur son lit.
Elle ne sait pas encore de quoi il s'agit, mais son cœur pressent un désastre imminent.
- La police est descendue cette nuit chez notre voisin, annonce Anissia.
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L'émancipation des paysans entraîna des bouleversements immédiats dans la maison des Barantsov. Les revenus du domaine diminuèrent tellement qu'il ne fut plus possible de continuer à vivre sur le même pied. De bon gars, l'intendant se métamorphosa en chenapan : il se montrait grossier à tout bout de champ avec le maître, trouvait partout des difficultés et n'apportait jamais l'argent à terme. Il fallut s'en séparer et en choisir un nouveau, mais ce fut de mal en pis? Chaque jour ou presque tombaient du ciel de vieilles lettres de change et des traites signées du comte il y avait si longtemps qu'il en avait perdu jusqu'au souvenir. À la vue de chaque nouvelle lettre de change, le comte blêmissait, criait à la fraude, mais finissait par devoir payer. Il devint nécessaire de vendre les domaines de Mitino et de Stepino, ainsi que les champs inondables et la forêt ; il ne restait plus que Borki, avec une parcelle insignifiante. Le malheur était que les propriétés trouvaient maintenant difficilement acheteur et qu'elles partaient à moitié prix. 
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— C’est à cause de moi que tu pleures ainsi ? dit Véra avec un suprême sourire sur les lèvres. Ah ! si tu savais quelle profonde pitié j’éprouve pour vous tous qui restez !
Ce furent ses dernières paroles.
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— Tromper un pauvre vieux ! répéta-t-elle ironiquement. Il y a bien de quoi ! Et lui, le « pauvre vieux » qui pourrait faire tant de bien dans sa position et par son influence, que fait-il ? Il se frappe le front contre terre dans l’espoir de conquérir aux cieux une petite place aussi bonne que celle qu’il a ici-bas. Pense-t-il à autre chose ? Pourquoi m’a-t-il traitée avec bonté ? Parce que mon visage lui a plu, parce que j’ai réveillé en lui le souvenir d’anciens péchés et que cela a remué son vieux sang. Cela mérite-t-il quelque reconnaissance ? Et les jeunes qui meurent en Sibérie, comment les traite-t-il ? Combien de condamnations a-t-il signées dans sa vie !... Est-ce que j’aurais eu l’idée de le tromper si j’avais pu lui parler comme à un homme ! Mais ce n’était pas possible. Si je lui avais demandé de sauver Pavlenkow, il m’aurait renvoyée en me disant de ne pas me mêler de ce qui ne me regarde pas. Je ne pouvais que le tromper !...
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Comme tous ceux qui n’ont qu’une pensée, qu’un intérêt unique, et qui, de plus, doivent se contenter d’un rôle passif, elle devint superstitieuse: Dans le moindre fait elle voyait un bon ou un mauvais signe et prenait l’habitude de chercher partout des présages.
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