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Note moyenne 3.62 /5 (sur 245 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 20/03/1975
Biographie :

Stéphanie Hochet est un écrivain français né à Paris en 1975. Après une maîtrise sur le théâtre élisabéthain, elle a enseigné en Grande-Bretagne.

Elle collabore à des sites littéraires ainsi qu'au Magazine des livres.

Stéphanie Hochet a décroché, le 25 mars 2009, le Prix Lilas pour son roman "Combat de l'amour et de la faim".

"Éloge du chat" (Léo Scheer, 2014), son premier essai littéraire, se présente comme un petit "traité de la souplesse" inspiré par la place du félidé dans la littérature.

"Un roman anglais" (Rivages, 2015), qualifié de roman post-victorien, évoque implicitement le journal de Virginia Woolf.

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L`entretien de Stéphanie Hochet avec Babelio : Sang d`encre


La phrase latine "vulnerant omnes, ultima necat" ("Toutes blessent, la dernière tue") est au cœur de votre roman. Que signifie-t-elle pour le narrateur ?

Le narrateur découvre cette phrase latine lors d`un voyage en Italie. Cette inscription se trouve sur les cadrans solaires de l’Antiquité, elle désigne les heures qui passent, le temps qui file et finit par tuer. Elle est frappante car assez mystérieuse : son sens n’est évident que si on sait où elle a été gravée. Mon narrateur est touché par ce mystère, la phrase écrite aurait-elle un autre sens si les pronoms « elle » ou « elles » désignaient autre chose que « le(s) heure(s) » ? Attiré par cette ambiguïté linguistique, il décide que c’est avec cet adage qu’il va profaner sa peau en se la tatouant sur le plexus solaire.


Le narrateur reste mystérieux tout au long du roman. Pouvez-vous nous le présenter en quelques mots ?

Pour un œil extérieur, ce personnage a sûrement tout d`un homme discret. Je donne libre cours à ses pensées (la narration à la première personne me facilitant la tache), mais il est du genre mutique. Il dessine pour la presse et pour son ami tatoueur Dimitri, personnage qu’il admire et craint tout à la fois. Il aime les femmes mais n’a jamais voulu s’attacher à l’une d`elles et à l’âge de 46 ans, il s’interroge sur ce qu’il laissera derrière lui.


Une partie du tatouage du narrateur s’efface au fil des pages. Partagez-vous avec le narrateur cette angoisse de ne rien laisser derrière vous ?

C’est une question à laquelle j’ai pensé en effet mais je la considère tout de même comme secondaire en regard de l’interrogation principale : « Suis-je en train de ne pas passer à côté de ma vie ? ». La question de la trace qu’on laisse est tellement angoissante que j’ai cessé d`y accorder trop d`importance.


"Les tatouages vous racontent le monde, les croyances des hommes" écrivez-vous dans les premières pages du roman. Qu`est-ce que nos usages du tatouage aujourd’hui disent de notre époque et de notre société, selon vous ?

Le « problème » de la plupart des tatouages actuels est qu’ils ne sont que l’expression d`une mode. C’est devenu une sorte d`accessoire. Ils perdent un peu de leur magie. J’essaie de ne pas généraliser mais peu de gens, me semble-t-il, considèrent aujourd’hui le tatouage comme un acte, un symbole transgressif ; il l’était encore il y a peu. A une époque, un tatouage signifiait « j’appartiens à tel clan, tel gang, telle profession (les marins ou les criminels par exemple) ». La société actuelle nivelle tout, les tatouages sont donc courants comme les pommes.


Certains lecteurs ont fait un rapprochement entre "Sang d`encre" et "Le Portrait de Dorian Gray" d`Oscar Wilde ou "Le Horla" De Maupassant. Quels étaient vos influences pour l`écriture de ce roman ?

Je n’écris pas consciemment avec mes influences, elles sont là sans que je les convoque. En relisant le manuscrit terminé, j’ai en effet repensé au Horla. Mais un autre texte de Guy de Maupassant m’a beaucoup marquée il y a quelques années : "La chevelure". Comme dans Le Horla, le narrateur prend un sujet comme point focal : les cheveux d`une femme découverts dans un vieux meuble, l’objet intriguant finit par l’obséder et crée sa folie. On a également cité Faust pour Sang d`encre, le personnage du tatoueur étant un être d`une ambiguïté quasi diabolique, cette analogie m’a flattée, et j’avoue avoir été fascinée par ce texte de Goethe. Le thème du mal revenant souvent dans mes romans, sorte de leitmotiv. Par ailleurs, l’érotique des hommes tatoués m’a été inspirée par les romans de Jean Genet que je relis assez régulièrement.


Votre roman est publié aux éditions des Busclats, qui demandent aux auteurs de faire « un pas de côté, d`écrire en marge de leur œuvre ». Comment avez-vous appréhendé cette contrainte littéraire ?

Je ne pouvais pas faire autrement que de m’engager dans une fiction, c’est ma nature. A la différence de mes précédents livres, j’ai opté pour l’analyse d`un point focal : le tatouage. Le livre commençant par la découverte de son symbole à travers les âges et les civilisations et évoluant vers une perception beaucoup plus personnelle de cette expérience corporelle, une expérience qui emmène le narrateur au-delà de l’expérience physique, le fait basculer dans un monde de questions sur les traces et l’oubli, le temps, la mémoire. J’ai resserré la composition, mais c’est sans doute un de mes textes les plus aboutis.


Vous avez en partie écrit ce livre à la résidence d`écriture de la Villa Yourcenar. Pouvez-nous en dire plus sur cette expérience ?

C’était ma première expérience en résidence d`écrivain. J’ai beaucoup aimé cet endroit pour son calme et le paysage autour. Marguerite Yourcenar enfant y a vécu et on ne peut qu’être émue quand on a lu Archives du Nord. Nous étions trois auteurs dont l’un venait de Roumanie. C’était des échanges très intéressants, une autre façon de vivre, un peu à l’écart, une découverte qui m’a sortie de mon quotidien.


Pouvez-vous nous donner quelques informations sur vos prochains projets ? Avez-vous déjà commencé à travailler sur un nouveau roman ?

J’ai écrit un essai littéraire mais le texte est en lecture chez l’éditeur, et je ne veux pas m’avancer sur une date de publication tant que l’éditeur ne l’a pas annoncée officiellement. J’aborde aussi la rédaction d`un futur roman et ce début comme tous les débuts littéraires est trop fragile pour qu’on en parle. Je creuse mon sillon.



Stéphanie Hochet et ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Jean Cocteau qui est civilisé et élégant, simple en apparence.


Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?

Shakespeare vous sidère et a toutes les qualités mais ce n’est pas une raison pour se brider. Il ne faut juste pas se comparer.


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Colette à l’âge de 9 ans.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Les illuminations et Une saison en enfer de Rimbaud que je relis chaque été.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

L’homme sans qualité de Robert Musil. J’ignore pourquoi je remets à plus tard sa lecture.


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Peines de coeur d`une chatte anglaise d` Honoré de Balzac. Œuvre méconnue d`un génie.


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Paul Claudel


Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

Une mauvaise conscience peut rendre la vie intéressante : Sören Kierkegaard dans le Journal du séducteur.


Et en ce moment que lisez-vous ?

L`île de Tôkyô de Natsuo Kirino.



Découvrez Sang d`encre de Stéphanie Hochet aux Editions des Busclats .



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Stéphanie Hochet était l'invitée de Mélanie Morin lors de la neuvième éditions de Saint-Maur En Poche en juin 2017. Retrouvez vos livres dans notre librairie en ligne ! : Un roman anglais de Stéphanie Hochet aux éditions Rivages https://www.lagriffenoire.com/108638-article_recherche-un-roman-anglais.html L'animal et son biographe de Stéphanie Hochet aux éditions Rivages https://www.lagriffenoire.com/73583-divers-litterature-l-animal-et-son-biographe.html La culture décontractée !!!!! ABONNEZ-VOUS A NOTRE CHAINE YOUTUBE ! http://www.youtube.com/user/griffenoiretv/featured (merci) La boutique officielle : http://www.lagriffenoire.com Facebook ? http://www.facebook.com/lagriffenoire Twitter ? http://twitter.com/lesdeblogueurs?lang=fr Retrouvez l'ensemble des coups de coeur de Gérard Collard et de vos libraires préférés ici : https://www.lagriffenoire.com/11-coups-de-coeur-gerard-coll? https://www.lagriffenoire.com/ #soutenezpartagezcommentezlgn Merci pour votre soutien et votre fidélité qui nous sont inestimables. @Gérard Collard? @Jean-Edgar Casel?
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Citations et extraits (129) Voir plus Ajouter une citation
jeunejane   19 août 2015
Un roman anglais de Stéphanie Hochet
Sans doute George ne me juge-t-il pas. Sa force viendrait de cette absence de critique, de dégoût aussi. Je m'étonne de cette absence de dégoût ou de frayeur. "Take a deep breath". On est toujours reconnaissant envers les gens qui ne s'effraient pas devant la part de soi qui sombre.
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Bazart   21 avril 2014
Éloge du chat de Stéphanie Hochet
Quelque chose chez le chat fait de lui un être naturellement dominant. » (p. 28)
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LiliGalipette   28 février 2014
Éloge du chat de Stéphanie Hochet
« Le gros chat n’est pas n’importe quel gros. Si le gros chien ou l’homme gras nous paraissent sympathiques et nous attendrissent, le chat enveloppé inspire la crainte révérencieuse. » (p. 67)
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LiliGalipette   01 mai 2015
Un roman anglais de Stéphanie Hochet
« Je voulais que Jack jouisse de la vie avec insouciance, dans un nid de mensonges bienveillants que j’avais fabriqué pour lui. » (p. 10)
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LiliGalipette   21 septembre 2018
Éloge voluptueux du chat de Stéphanie Hochet
« Si Dieu est mort, le chat se propose de devenir son voluptueux ersatz. » (p. 30)
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markko31   19 décembre 2014
Combat de l'amour et de la faim de Stéphanie Hochet
Maintenant, chaque fois que je me regarde dans le miroir, je constate que la jeunesse a quitté mon visage. Je n'en éprouve ni tristesse ni aigreur. Il me semble que quelque chose s'assèche en moi; peut-être pour le meilleur.
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markko31   19 décembre 2014
Combat de l'amour et de la faim de Stéphanie Hochet
J'aurais des enfants avec June, on ne peut pas vieillir sans enfant. Je l'enroberais de tendresse quand elle serait enceinte et j'étoufferais en moi-même l'angoisse et la frustration de l'homme qui n'accepte pas d'être tenu à distance de la réalité organique, de ne pas prendre part aux souffrances de la maternité, de n'y rien comprendre.[...] Les enfants, c'est un petit capital vivant. Tout le monde capitalise.
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saphoo   07 juillet 2010
La distribution des lumières de Stéphanie Hochet
Je suis parti mais je n’ai pas coupé les liens avec mon pays. J’ai gardé l’habitude d’acheter les journaux italiens, je me rendais au kiosque pour demander La Répubblica. Elsa a souffert de notre rupture, pour reconstruire la part d’elle que j’avais détruite, elle m’a laissé sans nouvelles durant des mois. Ensuite, notre camaraderie a repris par courrier. S’il avait continué, j’aurais enduré son silence comme une torture. Je lui ai écrit une lettre ou bien un mail par semaine. je n’ai pas changé de fréquence, j’ai trouvé mon rythme naturel. Ses réponses m’ont sauvé de ce froid qui m’habitait depuis que je ressassais mes remords. Ce n’est pas parce que j’avais fui que j’avais tourné le dos à vingt-cinq ans de vie commune avec Elsa. Je ne pourrais pas rompre comme ceux qui font le deuil de l’autre. Pour moi, oublier une personne qu’on a aimé c’est le début de la barbarie.
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LiliGalipette   19 février 2013
Sang d'encre de Stéphanie Hochet
« Tatouer devient un art performatif, le tatoueur en action crée la réalité. » (p. 87)
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ninachevalier   24 avril 2017
L'animal et son biographe de Stéphanie Hochet
Aujourd'hui mes proches sont Edwige et Cédric, Charnot et les chasseurs. Tous sont radicalement différents des gens que j'ai connus mais rien n'est plus stimulant pour un romancier que l'exploration d'univers contrastés. Le véritable écrivain s'aventure dans les jungles sociales, voyage dans les pays les moins touristiques et conquiert les topographies de l'esprit humain. L'immobilisme de la pensée, le repli sur son ego sont les ennemis du créateur.

En écriture, en peinture ou en musique, c'est à l'artiste d'être au service de son oeuvre; peu importe sa vie mais s'il doit faire le deuil d'une existence ou d'une autre du jour au lendemain au nom de sa création, il n'a pas le droit d'hésiter. Comme je n'ai jamais aussi bien écrit que depuis ma présence dans ce lieu, je dis au revoir à mon existence passée.
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