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Note moyenne 3.63 /5 (sur 42 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 16/03/1839
Mort(e) à : Châtenay-Malabry , le 06/09/1907
Biographie :

René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme, est un poète français.

Fils d'un commerçant, René Armand Prudhomme, qui souhaite devenir ingénieur, fait ses études au lycée Bonaparte, mais une crise d'ophtalmie le contraint à les interrompre. Après avoir travaillé au Creusot dans les usines Schneider, il se tourne vers le droit et travaille chez un notaire.

L'accueil favorable réservé à ses premiers poèmes au sein de la Conférence La Bruyère, société étudiante dont il est membre, encourage ses débuts littéraires.

Son premier recueil, "Stances et Poèmes" (1865) est loué par Sainte-Beuve et lance sa carrière. Il renferme son poème le plus célèbre, Le Vase brisé, élégante métaphore du cœur brisé par un chagrin d'amour.

Sully Prudhomme se détourne progressivement du genre sentimental de ce premier recueil - qu'on retrouve encore dans "Les Épreuves" (1866) et "Les Solitudes" (1869) - pour adopter un style plus personnel alliant une recherche formelle qui le rattache au Parnasse avec un intérêt pour les sujets scientifiques et philosophiques. Son ambition philosophique s'exprime dans des poèmes comme "La Justice" (1878) et "Le Bonheur" (1888).

Il est élu membre de l'Académie française en 1881. Après "Le Bonheur", Sully Prudhomme délaisse la poésie pour s'intéresser exclusivement à l'esthétique et à la philosophie.

Premier écrivain à recevoir le prix Nobel de littérature, le 10 décembre 1901, il consacre l'essentiel de la somme reçue à cette occasion à fonder un prix de poésie décerné par la Société des gens de lettres. Il crée par ailleurs en 1902 la Société des poètes français avec José-Maria de Heredia et Léon Dierx. Il est l'un des premiers partisans de Dreyfus.

Sa santé avait été durablement ébranlée par la guerre de 1870. Sur la fin de sa vie, elle le contraignait à vivre quasiment reclus à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), souffrant d'attaques de paralysie et travaillant à "La Vraie Religion selon Pascal" (1905).
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Source : Wikipédia
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Vidéo de

L’émission « Poètes oubliés, amis inconnus », par Philippe Soupault, diffusée le 31 janvier 1960 sur Paris Inter.


Citations et extraits (135) Voir plus Ajouter une citation
Sully Prudhomme
Piatka   20 novembre 2014
Sully Prudhomme
C’est le regard qui fait le prix des yeux.



Les vaines tendresses - poème Une larme
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Sully Prudhomme
Piatka   25 mai 2016
Sully Prudhomme
AU BORD DE L'EAU



S'asseoir tous deux au bord d'un flot qui passe,

Le voir passer ;



Tous deux, s'il glisse un nuage en l'espace,

Le voir glisser ;



A l'horizon, s'il fume un toit de chaume,

Le voir fumer ;



Aux alentours, si quelque fleur embaume,

S'en embaumer ;



Si quelque fruit, où les abeilles goûtent,

Tente, y goûter ;



Si quelque oiseau, dans les bois qui l'écoutent,

Chante, écouter...



Entendre au pied du saule où l'eau murmure

L'eau murmurer ;



Ne pas sentir, tant que ce rêve dure,

Le temps durer ;



Mais n'apportant de passion profonde

Qu'à s'adorer ;



Sans nul souci des querelles du monde,

Les ignorer ;



Et seuls, heureux devant tout ce qui lasse,

Sans se lasser,



Sentir l'amour, devant tout ce qui passe,

Ne point passer !
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Sully Prudhomme
palamede   01 mars 2018
Sully Prudhomme
Mars



En mars, quand s’achève l’hiver,

Que la campagne renaissante

Ressemble à la convalescente

Dont le premier sourire est cher ;



Quand l’azur, tout frileux encore,

Est de neige éparse mêlé,

Et que midi, frais et voilé,

Revêt une blancheur d’aurore ;



Quand l’air doux dissout la torpeur

Des eaux qui se changeaient en marbres ;

Quand la feuille aux pointes des arbres

Suspend une verte vapeur ;



Et quand la femme est deux fois belle,

Belle de la candeur du jour,

Et du réveil de notre amour

Où sa pudeur se renouvelle,



Oh ! Ne devrais-je pas saisir

Dans leur vol ces rares journées

Qui sont les matins des années

Et la jeunesse du désir ?



Mais je les goûte avec tristesse ;

Tel un hibou, quand l’aube luit,

Roulant ses grands yeux pleins de nuit,

Craint la lumière qui les blesse,



Tel, sortant du deuil hivernal,

J’ouvre de grands yeux encore ivres

Du songe obscur et vain des livres,

Et la nature me fait mal.



(Les solitudes)
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Sully Prudhomme
palamede   13 avril 2018
Sully Prudhomme
Prière au printemps



Toi qui fleuris ce que tu touches,

Qui, dans les bois, aux vieilles souches

Rends la vigueur,

Le sourire à toutes les bouches,

La vie au coeur ;



Qui changes la boue en prairies,

Sèmes d’or et de pierreries

Tous les haillons,

Et jusqu’au seuil des boucheries

Mets des rayons !



Ô printemps, alors que tout aime,

Que s’embellit la tombe même,

Verte au dehors,

Fais naître un renouveau suprême

Au coeur des morts !



Qu’ils ne soient pas les seuls au monde

Pour qui tu restes inféconde,

Saison d’amour !

Mais fais germer dans leur poussière

L’espoir divin de la lumière

Et du retour !
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Sully Prudhomme
Piatka   01 juillet 2015
Sully Prudhomme
PLUIE



Il pleut. J'entends le bruit égal des eaux ;

Le feuillage, humble et que nul vent ne berce,

Se penche et brille en pleurant sous l'averse ;

Le deuil de l'air afflige les oiseaux.



La bourbe monte et trouble la fontaine,

Et le sentier montre à nu ses cailloux. Le sable fume, embaume et devient roux ;

L'onde à grands flots le sillonne et l'entraîne.



Tout l'horizon n'est qu'un blême rideau ;

La vitre tinte et ruisselle de gouttes ;

Sur le pavé sonore et bleu des routes Il saute et luit des étincelles d'eau.



Le long d'un mur, un chien morne à leur piste,

Trottent, mouillés, de grands boeufs en retard ;

La terre est boue et le ciel est brouillard ;

L'homme s'ennuie : oh ! que la pluie est triste !
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Sully Prudhomme
Piatka   24 novembre 2014
Sully Prudhomme
LES AMOURS TERRESTRES



Nos yeux se sont croisés et nous nous sommes plu.

Née au siècle où je vis et passant où je passe,

Dans le double infini du temps et de l’espace

Tu ne me cherchais point, tu ne m’as point élu ;



Moi, pour te joindre ici le jour qu’il a fallu,

Dans le monde éternel je n’avais point ta trace,

J’ignorais ta naissance et le lieu de ta race :

Le sort a donc tout fait, nous n’avons rien voulu.



Les terrestres amours ne sont qu’une aventure :

Ton époux à venir et ma femme future

Soupirent vainement, et nous pleurons loin d’eux :



C’est lui que tu pressens en moi, qui lui ressemble,

Ce qui m’attire en toi, c’est elle, et tous les deux

Nous croyons nous aimer en les cherchant ensemble.





Les vaines tendresses

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Sully Prudhomme
Piatka   28 juillet 2014
Sully Prudhomme
A VINGT ANS



À vingt ans on a l'oeil difficile et très fier :

On ne regarde pas la première venue,

Mais la plus belle ! Et, plein d'une extase ingénue,

On prend pour de l'amour le désir né d'hier.



Plus tard, quand on a fait l'apprentissage amer,

Le prestige insolent des grands yeux diminue,

Et d'autres, d'une grâce autrefois méconnue,

Révèlent un trésor plus intime et plus cher.



Mais on ne fait jamais que changer d'infortune :

À l'âge où l'on croyait n'en pouvoir aimer qu'une,

C'est par elle déjà qu'on apprit à souffrir ;



Puis, quand on reconnaît que plus d'une est charmante,

On sent qu'il est trop tard pour choisir une amante

Et que le coeur n'a plus la force de s'ouvrir.
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Sully Prudhomme
Piatka   24 juin 2014
Sully Prudhomme
L'HABITUDE



L'habitude est une étrangère

Qui supplante en nous la raison :

C'est une ancienne ménagère

Qui s'installe dans la maison.



Elle est discrète, humble, fidèle,

Familière avec tous les coins ;

On ne s'occupe jamais d'elle,

Car elle a d'invisibles soins :



Elle conduit les pieds de l'homme,

Sait le chemin qu'il eût choisi,

Connaît son but sans qu'il le nomme,

Et lui dit tout bas : "Par ici."



Travaillant pour nous en silence,

D'un geste sûr, toujours pareil,

Elle a l'oeil de la vigilance,

Les lèvres douces du sommeil.



Mais imprudent qui s'abandonne

A son joug une fois porté !

Cette vieille au pas monotone

Endort la jeune liberté ;



Et tous ceux que sa force obscure

A gagnés insensiblement

Sont des hommes par la figure,

Des choses par le mouvement.
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Sully Prudhomme
Piatka   06 février 2016
Sully Prudhomme
HORA PRIMA



J'ai salué le jour dès avant mon réveil ;

Il colorait déjà ma pesante paupière,

Et je dormais encor, mais sa rougeur première

A visité mon âme à travers le sommeil.



Pendant que je gisais immobile, pareil

Aux morts sereins sculptés sur les tombeaux de pierre,

Sous mon front se levaient des pensers de lumière,

Et, sans ouvrir les yeux, j'étais plein de soleil.



Le frais et pur salut des oiseaux à l'aurore,

Confusément perçu, rendait mon coeur sonore,

Et j'étais embaumé d'invisibles lilas.



Hors du néant, mais loin des secousses du monde,

Un moment j'ai connu cette douceur profonde

De vivre sans dormir tout en ne veillant pas.
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Sully Prudhomme
Piatka   28 juin 2016
Sully Prudhomme
LE VOLUBILIS



Toi qui m'entends sans peur te parler de la mort,

Parce que ton espoir te promet qu'elle endort

Et que le court sommeil commencé dans son ombre

S'achève au clair pays des étoiles sans nombre,

Reçois mon dernier voeu pour le jour où j'irai

Tenter seul, avant toi, si ton espoir dit vrai.



Ne cultive au-dessus de mes paupières closes

Ni de grands dahlias, ni d'orgueilleuses roses,

Ni de rigides lis : ces fleurs montent trop haut.

Ce ne sont pas des fleurs si fières qu'il me faut,

Car je ne sentirais de ces raides voisines

Que le tâtonnement funèbre des racines.



Au lieu des dahlias, des roses et des lis,

Transplante près de moi le gai volubilis

Qui, familier, grimpant le long du vert treillage

Pour denteler l'azur où ton âme voyage,

Forme de ta beauté le cadre habituel

Et fait de ta fenêtre un jardin dans le ciel.



Voilà le compagnon que je veux à ma cendre :

Flexible, il saura bien jusque vers moi descendre.

Quand tu l'auras baisé, chérie, en me nommant,

Par quelque étroite fente il viendra doucement,

Messager de ton coeur, dans ma suprême couche,

Fleurir de ton espoir le néant de ma bouche.
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