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Note moyenne 3.45 /5 (sur 29 notes)

Nationalité : Canada
Né(e) à : Ikaluktutiak, Nunavut , le 05/05/1975
Biographie :

Tanya Tagaq Gillis est une chanteuse de gorge inuite canadienne.

Elle est une artiste multidisciplinaire qui, outre le chant, touche également à la photographie, la peinture et la narration.

Après avoir fréquenté l'école de Ikaluktutiak, à 15 ans, elle est allée à l'école secondaire Yellowknife dans les Territoires du Nord-Ouest où elle commence à pratiquer le chant guttural. Elle a ensuite étudié les arts visuels au Collège d'art et design de Nouvelle-Écosse.

Artiste populaire dans les festivals folk au Canada, comme Folk on the Rocks en 2005, elle est mieux connue à l'étranger pour ses collaborations avec Björk, y compris des tournées de concerts et l'album "Medúlla" en 2004.

En 2005, son album intitulé "Sinaa" ("bord" en inuktitut) a été nommé pour cinq prix au Canadian Aboriginal Music Awards.

En 2012, elle participe en France - autour du film "Nanouk l'Esquimau" - au festival international du film insulaire de Groix consacré aux îles arctiques : Groenland et Nunavut.

En 2014 paraît l'album "Animism" qui obtient le prix de musique Polaris.

En 2018, elle publie son premier roman, "Croc fendu" ("Split Tooth").

son site : http://tanyatagaq.com/
page Facebook : https://www.facebook.com/tanyatagaq

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Avec l'ami Gilbert Chevalier de Franceinfo, de modestes conseils de lecture... Avec lalibrairie.com et LIBREST - "Mauvaise graine", Nicolas Jaillet Ziziquettes, La manufacture de livres - "Croc fendu", Tanya Tagaq, Éditions Christian Bourgois - "Le cafard", Ian McEwan, Gallimard - "La vie mensongère des adultes", Elena Ferrante, Gallimard

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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2   23 juillet 2020
Croc fendu de Tanya Tagaq
Les odeurs libérées par le dégel printanier soulèvent en nous un furieux besoin de mouvement. L’air est si propre qu’on peut flairer la différence entre la pierre lisse et la déchiquetée. Humer l’eau qui ruisselle sur l’argile.

L’odeur sucrée du lichen. Le lichen vert ne sent pas la même chose que le noir. Au printemps, on respire la mort de l’automne passé et la croissance de cette année ; le lichen plus ancien apprend au jeune à pousser.

Le gel piège la vie, immobilise le temps. Le dégel les délivre. On renifle les empreintes de l’automne passé, la décomposition récente de tous ceux qui ont péri dans les griffes de l’hiver. Le réchauffement de la planète relâchera les odeurs les plus profondes, fera jaillir des histoires du pergélisol. Qui sait quels souvenirs enfouis se cachent sous la glace ? Qui sait quelles malédictions ? Les rumeurs de la Terre libérées dans l’atmosphère ne pourront provoquer que des ravages.

Des brins de verdure commencent à dresse leur vie timide à travers la couverture de glace. Les chants des oiseaux migrateurs résonnent comme des réveils qui nous arrachent à la torpeur de l’hiver. La vie est arrivée ! La glace recule à contrecœur, nous promet sa vengeance dans quelques semaines à peine. C’est toujours l’hiver qui gagne. Le soleil s’en moque. Rien ne pourra freiner la cacophonie de procréation vorace à venir.

La glace est encore solide sur la mer, mais les étangs ont dégelé et sont maintenant ouverts. Les larves de moustiques ondulent de leurs belles oscillations hypnotisantes. Dur contraste avec ce qu’elles seront dans quelques jours, métamorphosées en cyclone assoiffé de sang. Si on me l’offrait, l’ennemi que j’aurais l’occasion de torturer se retrouverait à poil sur la toundra en pleine saison des moustiques, les mains liées derrière le dos, aucun doute là-dessus.

Nous, les enfants du printemps, la ville est notre terrain de jeu. Aussi vrai qu’on ne supporte plus la compagnie de nos parents, ça fait la moitié d’une année qu’eux, ils endurent la frénésie de notre agitation encagée. Le soleil ne se couche plus, il nourrit nos visions, il nous tient chaud. On court après l’aventure dans les rues poussiéreuses. La ville est parcourue de grandes bandes d’enfants, de grosses meutes de chiens en liberté. Je me demande quel groupe est le plus enragé. Aucun de mes amis n’a de couvre-feu, sauf moi. Notre aventure doit prendre fin avant onze heures !
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Charybde2   23 juillet 2020
Croc fendu de Tanya Tagaq
Des fois on se mettait à l’abri dans le placard quand les ivrognes rentraient du bar. Assis, cachés, les genoux collés, on espérait que personne ne nous trouverait. Chaque fois c’était différent. Des fois on n’entendait que des coups, des cris, des plaintes, des rires. Des fois la vieille venait nous rejoindre et nous enserrait dans son amour déchirant. Son amour si puissant, si lourd qu’il ressemblait à un fardeau. À l’époque, je savais déjà que l’amour peut être une malédiction. Son amour pour nous la faisait pleurer. Le passé se changeait en rivière qui s’épanchait par ses yeux. Le poison de l’alcool, porté par son haleine, emplissait la pièce. Elle nous agrippait en gémissant pour nous embrasser, embrasser les seules choses dont elle n’avait pas à se méfier.

Les murs plaqués de faux bois, l’odeur de la fumée, du poisson. Les tableaux peints sur velours, les plus souvent Elvis ou Jésus, mais aussi des ours polaires et des Esquimaux.

Une nuit, comme les ivrognes étaient revenus plus tapageurs que d’habitude, on a opté pour le placard. Ils commencent à crier, et nous, à ricaner fébrilement. Quand ils se mettent à cogner, on se tait. Toute la maison tremble. Les femmes poussent des hurlements, mais le bruit des objets brisés l’emporte sur celui-là. Bruit mouillé de la chair qui se rompt, bruit sec du bois qui craque, à moins que ce ne soit un os ?

Silence.

Un fracas de pas pesants. Fuck ! Quelqu’un vient vers nous. On arrête de respirer. Les yeux écarquillés dans l’obscurité, on se blottit, on frissonne, on croise les doigts. Il y a quelqu’un juste de l’autre côté de la porte du placard, quelqu’un qui halète.

La porte s’ouvre en coulissant et mon oncle passe sa tête à l’intérieur. Il nous domine de toute sa hauteur, il a de la difficulté à se tenir droit, il articule mal. Il est blessé quelque part au-dessus de la racine des cheveux, le sang coule sur son visage.

– Je voulais juste vous dire de pas avoir peur, les enfants.

Et il a refermé la porte.
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Charybde2   23 juillet 2020
Croc fendu de Tanya Tagaq
Le regard mûri d’amour

Je te montre mes dents

Par ma bouche entreouverte

Croc avide

Croc humide

Croc timide

Gorgé de vastes proies

Je te montre mes crocs

Par ma bouche aux trois quarts ouverte

Molaires égarées dans mes lamentations

Langue lisse

Croc fendu

Croc géant

Assommée par des poings perdus

Je te montre mes dents

Ramassées par terre

Dent pointue

Dent grondante

Dent brisée
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Bookworm84   19 février 2020
Croc fendu de Tanya Tagaq
Inhale small fears they turn into doubts into words into ideas into anger into hatred into violence.



Exhale large fears and large words they tumble back onto you it's easy to get buried by our own mirrors.



Split Tooth (édition en VO)
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sandranae   18 juin 2020
Croc fendu de Tanya Tagaq
Inspire les petites peurs elles se chuchotent un chemin vers ta tête observe-les-dis-leur merci d'avoir essayé de te protéger.

Expire la reconnaissance pour la beauté lovée dans tes instincts pour le courage d'aimer les petites peurs.
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sandranae   20 juin 2020
Croc fendu de Tanya Tagaq
Si tu passes ta vie en silence

Les os remplis de violence

Morose jusqu'à la moelle

Un courant de glace dans les veines

Guéris je t'en supplie

Guéris je t'en supplie

Guéris je t'en supplie

Guéris
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Deej1223   16 décembre 2020
Croc fendu de Tanya Tagaq
On se moque des ivrognes dans la rue, sachant fort bien qu’ils ne se rappelleront jamais qui a blessé leur amour-propre, eux qui ont déjà tué leur dignité.
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Deej1223   16 décembre 2020
Croc fendu de Tanya Tagaq
La dépendance, ça peut être tout ce qui te fait du bien sur le coup, mais qui finit par te mettre dans un état encore pire, une flétrissure de la psyché qui se manifeste physiquement. Toutes nos faiblesses se réunissent pour devenir nos adversaires les plus redoutables. Elles apportent de l’eau au moulin de l’insécurité, de la haine de soi, et nous, pauvres martyrs, on s’apitoie sur notre sort.
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gromit33   14 septembre 2020
Croc fendu de Tanya Tagaq
La dépendance, çà peut être tout ce qui te fait du bien sur le coup mais qui finit par te mettre dans un état encore pire, une flétrissure de la psyché qui se manifeste physiquement. Toutes nos faiblesses s'unissent pour devenir nos adversaires les plus redoutables. Elles apportent de l'eau au moulin de l'insécurité, de la haine de soi et, nous, pauvres martyrs on s'apitoie sur notre sort. p 123
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Deej1223   16 décembre 2020
Croc fendu de Tanya Tagaq
Je ne suis plus humaine; je ne suis que Lamentation. Le seul chant est celui du vent. Voilà pourquoi le vent hurle dans l’Arctique.
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