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Citation de Charybde2


Ça passe vite, le temps. Trop vite, ça nous laisse avec cette amertume et ce sentiment d’inachevé, comme un brouillon entamé et un peu raté auquel on s’habitue. Moi je ne me suis pas habitué. Je ne m’habituerai pas à la connerie humaine qui fout un putain d’océan entre nous, qui m’éloigne de ces notes chéries. Ouais parce que je ne te l’ai jamais avoué, mais je pourrais presque être sympa avec les tocards qui composent ton public tellement j’aime quand tu joues. Tu transcendes tout, comme quand tu étais gamin. Bien plus encore maintenant que tu maîtrises cette technique fulgurante dont tu rêvais. Enfin, je dis ça, je ne suis pas venu te voir depuis tellement longtemps. Depuis qu’on s’est perdus de vue, depuis que ces mots d’acier se sont logés entre nous et m’ont projeté hors de ton monde. C’est la vie, m’a-t-on dit. C’est bien moi, artiste bancal, complexé par l’aura monumentale du génie que tu es, de croire que la vie peut être autrement qu’une pute de bistrot, trop grosse et mal maquillée, de penser qu’on n’est pas obligé de blesser ceux qu’on aime. Enfin, c’est à peu de choses près ce que m’ont dit les psys qu’on me fout dans les baskets à longueur d’année. Ils me gonflent, comme si apprendre des bouquins de cases à cocher et coller leur nom sur une plaque leur donnait le pouvoir de décider de la vie d’un pauvre paumé qui va les payer toutes les semaines en pensant que ça va le sauver.
On ne se sauve pas du chagrin. (Le ciel et le sable)
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