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Note moyenne 4.14 /5 (sur 28 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Taram Boyle est un écrivain gay.

Auteur de romans gays dont les best-sellers "Un Amour à satisfaire" (2020), "L'Amour suprême" (2021) et "Un Amour de soumis" (2021), il explore les nombreux aspects de l'homosexualité masculine.

page Facebook : https://www.facebook.com/Taram-Boyle-%C3%89crivain-Gay-673755702723135/
Twitter : https://twitter.com/taramboyle?lang=fr

Source : amazon
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Bibliographie de Taram Boyle   (7)Voir plus

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Citations et extraits (10) Ajouter une citation
estebanlebeau1   20 août 2018
L'Amour en cage de Taram Boyle
Julien avait rendez-vous chez un entrepreneur spécialisé dans le commerce de produits d’importation qui souhaitait être coaché pour améliorer son aisance en public. Il disposait de peu d’informations à son sujet, car une secrétaire s’était présentée sur son répondeur sur recommandation d’un PDG avec qui Julien n’avait plus aucun contact.

Le coach professionnel se présenta sur le perron d’un chic appartement du VIIe arrondissement un peu en avance et il dut sonner à de multiples reprises avant qu’une grande femme brune au regard humide lui ouvre la porte :

— Indiana Duchêne. Valentin, mon mari, n’est pas encore arrivé, mais vous pouvez entrer, dit-elle en boutonnant son chemisier mal engoncé dans sa jupe droite.

Un homme vêtu d’un sweater et d’un jogging sortit de l’une des pièces en ajustant de manière précipitée et presque coupable ses vêtements et ses cheveux.

— Je t’appelle, dit-il en faisant un signe à la jeune femme qui venait d’allumer une cigarette.

Julien fit mine de ne pas comprendre la situation.

De toute évidence, les deux adultes venaient de faire l’amour et le coach avait involontairement interrompu leurs ébats.

— Vous voulez un café ? lui proposa Indiana Duchêne qui, une fois apprêtée, paraissait aussi jolie que raffinée.

— S’il vous plaît, merci.

Au lieu de se rendre à la cuisine, la jeune femme retourna dans le couloir où elle donna un dernier baiser à son amant. Ils échangèrent encore quelques mots avant qu’il ne prenne congé.

N’osant se retourner et surprendre une seconde fois ce couple adultère, Julien observa le mobilier et la décoration autour de lui. Canapé, meubles, murs et moquettes étaient d’un blanc uniforme, ponctué de quelques pointes de couleurs grâce un bouquet de fleurs, un cadre ou des tranches de livres. L’appartement respirait la sérénité et transmettait au visiteur une énergie positive. Cela était bon signe. Lorsqu’elle réapparut avec son petit plateau de verre et ses deux tasses à café design, Julien ne put retenir un commentaire :

— On se sent vraiment bien chez vous. Le cadre est reposant, j’y suis très sensible.

— Vraiment ? demanda-t-elle comme si cette remarque était inattendue. Ne vous fiez pas aux apparences, croyez-moi. Je m’appelle Indiana. L’homme que vous avez croisé est mon professeur de sport, poursuivit-elle en détaillant son regard, comme si elle cherchait à y voir quelques reproches.

Julien lui renvoya un sourire amical, comme pour lui signifier qu’il n’était pas là pour la juger.

— Valentin est doué pour les affaires, enchaîna-t-elle. Il possède une capacité d’analyse qui lui permet d’apporter des jugements fiables sur une situation, une entreprise, un placement ou même une personne. Son point faible est qu’il manque de confiance en lui. Sa peur panique du public le cantonne à des ambitions limitées. Je suis intimement persuadée qu’il pourrait accomplir de grandes choses.

On entendit des bruits de pas et Valentin Duchêne apparut enfin dans le salon.

Julien fut immédiatement troublé par ses cheveux blonds légèrement ondulés, son visage blanc aux lèvres pulpeuses, sa silhouette svelte et sportive. Aussitôt l’image de ce corps nu endormi sur un lit et tenant dans sa main un fruit de la passion lui revint à l’esprit. Évidemment, cela était impossible. Aucune chance que ces deux hommes aient quoi que ce soit en commun. Valentin Duchêne était un homme marié et il n’avait pas de raison de traîner sur des sites de rencontres et encore moins de s’endormir totalement dénudé, tel un désœuvré, après s’être trop longtemps ennuyé face à une caméra.

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estebanlebeau1   20 août 2018
L'Amour en cage de Taram Boyle
— Non, non, vous n’y êtes pas du tout, le coupa Valentin Duchêne en levant les mains. C’est plutôt que je n’aime pas me sentir mauvais dans quelque discipline que ce soit. Et là, je dois avouer que je n’y connais rien du tout. Alors j’appréhende ce que je vais découvrir sur moi…

— Vous n’avez pas à vous inquiéter, Monsieur Duchêne. Vous aurez simplement à vous laisser guider, je m’occuperai de tout.

Lorsque le jeune blond retourna vers le bureau, ses yeux étaient rouges, comme si Duchêne se retenait de pleurer.

Julien, loin de trouver ce spectacle décevant, fut touché par la liberté que montrait son nouvel élève. Non seulement Duchêne se révélait sincère et sensible, mais en plus il l’assumait complètement. C’est à ce moment que le coach professionnel sentit un début d’érection gonfler dans son pantalon. Il en fut aussi surpris que gêné. Comment pouvait-il être excité en telle situation ? Julien croisa aussitôt les cuisses en espérant amoindrir la bosse grandissante qui, déjà au repos, attirait immanquablement l’attention. Mais avec un sexe si volumineux, l’exercice était inutile puisqu’on distingua bientôt les contours avantageux de cette queue impressionnante. Valentin remarqua la gêne de son invité et ses yeux descendirent bientôt au-dessous de sa ceinture, découvrant ainsi l’effet qu’il procurait à son nouveau professeur.

Totalement désarmé devant un incident aussi inattendu qu’inconvenant, Julien retira d’un geste la veste de son costume pour masquer ses cuisses :

— Je… Je suis désolé, bafouilla-t-il, comme un enfant pris en flagrant délit, la main dans un sac de bonbons. C’est… C’est la première fois que ça m’arrive et je…

Valentin demeura immobile, choqué, comme pétrifié par ce qu’il venait de voir. Il leva les yeux avant de murmurer :

— Partez, s’il vous plaît, lui ordonna son nouveau client. Partez maintenant !

Julien, les joues pourpres de honte, n’osa pas protester et se releva vivement, son sexe épais engoncé entre son boxer et son pantalon, lui procurant soudain une vive douleur. Il prit juste la peine de déposer sa carte de visite sur le bureau blanc avant de vider les lieux, honteux, sa veste masquant son pantalon, alors que pour la première fois, son sexe dont il était habituellement si fier, venait de lui procurer l’une des pires hontes de sa vie.

En arrivant chez lui, le grand brun s’abandonna dans l’un des fauteuils du salon, le regard plus sombre que jamais. Pour lui qui pratiquait le yoga, le constat d’échec était d’autant plus difficile à accepter. Depuis plusieurs années il travaillait à contrôler son énergie, ses besoins physiques et ses pulsions. Force était de constater que Julien en était incapable. La part instinctive et animale qui sommeillait en lui semblait plus puissante que toutes les philosophies de vie et toutes les tentatives de restriction apprises au fil des ans. Lové confortablement dans son fauteuil, Julien réalisa que la bosse de son pantalon grossissait à la seule idée d’être devenue un problème majeur. Il laissa sa main descendre vers l’épaisse forme longiligne qui croissait sous l’étoffe et une chaleur réconfortante envahit son bas-ventre. C’est à ce moment qu’il réalisa que seule une sexualité assumée lui permettrait de retrouver l’équilibre qu’il désirait plus que tout. Pour se débarrasser de son encombrant problème de sexe, il devait d’abord y succomber totalement.
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taramboyle   14 avril 2021
L'Amour suprême de Taram Boyle
— C’est quoi « L’Amour suprême » ?

— C’est mon pseudo sur… sur un réseau social, rétorqua maladroitement l’étudiant.

— J’ignorais que tu étais sentimental, lui fit-il remarquer. Tu crois au grand amour ?

Jérémy leva ses grands yeux bleus vers la route sur laquelle la lumière du jour déclinait déjà.

— Tout le monde en rêve, tu ne crois pas ? On a tous envie d’aimer et d’être aimé en retour, tout en restant soi-même, honnête, sincère, avec quelqu’un…

— Sincère ? Tu es sincère avec moi ? lui demanda malicieusement son chauffeur.

— Je ne suis pas amoureux de toi ! pouffa le plus jeune, avant de nuancer son propos. J’essaie d’être franc, je n’ai pas intérêt à te mentir.

Malik tourna les yeux vers le paysage pour avaler sa salive, puis il se tourna de nouveau vers Jérémy.

— Oui, c’est certain. Ça te dirait de jouer à un petit jeu, pendant tout le week-end ?

— Pourquoi pas ? Ça consiste en quoi ?

— Interdiction formelle de mentir ! Tu devras toujours me dire la vérité et j’en ferai autant. Tu te sens capable de relever le défi ?

— D’accord, je m’en moque, je n’ai rien à cacher, après tout. Par contre, c’est valable dans les deux sens.

— Bien sûr, acquiesça Malik, satisfait qu’il accepte son challenge. Tu veux commencer ?

— Oui, répondit l’étudiant, l’air pensif. As-tu couché avec les garçons qui t’ont aidé à déménager ?

— Ah ! Non ! Je ne mélange jamais vie privée et travail, c’est une règle chez moi. Ils étaient mignons, n’est-ce pas ? Ces garçons étaient modèles pour Stéphane Davouret, ce sont eux qui m’ont proposé leur aide, d’ailleurs aucun n’est gay.

Le trentenaire en profita aussitôt pour rebondir :

— Maintenant, c’est mon tour. Et toi, es-tu jaloux ?

Jérémy se mit à rougir, un peu décontenancé, ne sachant si cette question était en rapport à la sienne et si elle impliquait un éventuel désir pour lui.

— Quand je suis amoureux, oui, je pense. C’est normal, non ? Et toi, tu es jaloux ?

Malik afficha une petite moue en scrutant la route :

— Ce n’est pas dans ma nature, mais j’ai connu des mecs qui m’ont poussé à me poser des questions et à le devenir. Tu as déjà été amoureux ?

— En fait, parfois, pour faire le malin devant les jeunes du quartier, je fais croire que j’ai déjà eu des tas de filles, mais…

— Ce n’est pas vrai, le coupa Malik, comme si c’était une évidence.

Jérémy rougit et se terra dans un silence que le trentenaire interpréta comme un aveu.
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taramboyle   14 avril 2021
L'Amour suprême de Taram Boyle
Jérémy se retourna pour découvrir avec horreur que Duncan et un garçon assez efféminé, l’observaient d’un œil hautain. Une fois encore, l’ex de Malik portait un pull de manufacture exceptionnelle, une grosse écharpe en laine, un jean à la coupe impeccable et des baskets flambant neuves dernier cri. Avec ses cheveux parfaitement alignés, il était flamboyant.

— Viens, Jules. Allons nous réchauffer à l’intérieur, en plus, ce camion refoule.

Malik arriva et les reçut à bras ouverts, ce qui exaspéra immédiatement son invité qui préféra rester en retrait, poussant son zèle jusqu’à terminer le déménagement tout seul.

Mais lorsque tout le mobilier et les cartons se virent entreposés dans la salle à manger, il fut bien obligé de rejoindre les trois jeunes hommes qui montraient une complicité des plus horripilantes.

Duncan se tourna vers Jérémy et le scruta de la tête aux pieds :

— Tu sais, à partir d’un certain moment, une douche devient plus que nécessaire. Ce n’est pas que l’odeur est insupportable, mais c’est plutôt pour la vue !

L’étudiant reçut cette remarque aussi violemment qu’une gifle. Il demeura interdit un instant, avant de s’enfermer dans la salle de bains du premier étage, avec son sac de sport, vexé et humilié au plus haut point.

Il utilisa le savon posé sur le rebord de la baignoire en faïence, mais n’ayant pas emporté de shampoing, il emprunta celui de Malik, rangé aux côtés de crèmes hydratantes et d’un tube de gel lubrifiant intime.

Une fois lavé et séché, il descendit l’escalier principal, ne portant qu’un simple boxeur pour retrouver les autres. Les trois jeunes hommes, regroupés autour d’un album de photos, se turent en le voyant ainsi déambuler :

— Je vous l’avais dit qu’il était canon, déclara fièrement Malik.

— Tu devrais mettre quelque chose sur ton dos, lui conseilla Jules, la Normandie, ce n’est pas vraiment la Côte d’Azur. Il pleut des cordes, dehors.

Mais c’est Duncan qui parut le plus dérangé par cette démonstration :

— Bon d’accord, tu n’es pas trop mal foutu et, visiblement, tu as une belle queue. Mais sache qu’elle ne m’intéresse pas. Je suis un pur actif. Tu peux te rhabiller, mon chéri.

— Tu as si peu de choses à dire, pour raconter ta vie sexuelle à un inconnu au bout de deux minutes ? Je serais triste, à ta place. De toute manière, jamais je ne coucherai avec un type de ton espèce.

Duncan caressa les cheveux de Malik, comme si c’était un petit chien et l’enlaça par-derrière pour le serrer exagérément.

— Pauvre chéri, tu es tombé sur un garçon de mauvais goût, il n’y a qu’à voir son boxer de cassos.

— Arrête de me tripoter comme ça ! s’énerva Malik, en essayant d’enlever ses mains. Nous ne sommes plus liés.

Mais ce dernier ne prit pas cette remarque au sérieux et embrassa bruyamment le trentenaire sur la joue.

Cet abus fit sortir Jérémy de ses gonds et il traversa la cuisine en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Il attrapa le bras de Duncan d’un geste et le bloqua dans son dos, pinçant fortement les muscles de son cou entre ses doigts. Le visage du jeune fauteur de troubles se retrouva brutalement écrasé contre le frigo :

— Tu ne comprends pas le français, la petite pédale ? lui lança Jérémy, en proie à une vive colère. Excuse-toi ?

— Eh ! Mais ça ne va pas ou quoi ? Tu es cinglé ! Aïe !

— Excuse-toi ou je te pète le bras ! Un… Deux…

— Désolé, Malik, je ne recommencerai plus et…

— Ça suffit ! Lâche-le ! cria le trentenaire.

Jérémy écarquilla les yeux, se sentant trompé au plus haut point. Il repoussa Duncan qui atterrit tête la première dans les bras de son ex, sous les yeux médusés de Jules.

— Tu as raison, souffla l’étudiant. Restez bien ensemble. Surtout ne changez rien !
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taramboyle   14 avril 2021
L'Amour suprême de Taram Boyle
Jérémy vivait dans un univers très éloigné des vernissages et des mondanités parisiennes. Après ses cours dans une école d’architecture, il empruntait chaque soir la ligne C, afin de rejoindre un quartier sensible de Gennevilliers. Depuis sa plus tendre enfance, il vivait avec sa mère dans un F2 minuscule offrant une vue sur des tours.

Pourtant, la promiscuité, l’absence d’intimité et la pauvreté, ne le gênaient pas outre mesure. Abandonné par son père dans les premières années de sa vie, Jérémy savait qu’il ne pouvait compter que sur sa maman. Tenace et ne ménageant jamais ses efforts, cette dernière travaillait comme caissière polyvalente chez Lowprice, une supérette de la cité voisine. Soudés de manière presque fusionnelle, Jérémy et elle faisaient tout pour se donner l’illusion que leurs existences n’étaient pas si difficiles. Chacun se privait afin de permettre à l’autre de menus plaisirs jusqu’alors inabordables.

Ainsi, l’une des baskets de Jérémy était percée sous la semelle depuis plusieurs semaines et il préférait reculer le moment où il en réclamerait une nouvelle paire. Sa mère, acculée par les dettes, ne mentionnait jamais ses problèmes d’argent, considérant que son fils ne devait pas se préoccuper des ressources familiales.

Lorsqu’elle le vit arriver portant une veste étrangère, elle lui fit aussitôt la remarque :

— Elle est magnifique, lui dit-elle, les yeux brillants d’amour et d’administration pour sa progéniture. Où as-tu trouvé une aussi belle redingote ?

— Ce n’est pas à moi, lui expliqua-t-il en la retirant pour lui montrer les taches et lui raconter ses maladresses pendant le vernissage.

— Tu es un brave garçon, mais tu accordes un peu trop facilement ta confiance, lui déclara-t-elle, en lui coupant une part de tarte au thon. Cela a toujours été ton problème. Tu crois que les gens sont aussi honnêtes que toi. Il faut que tu apprennes à te protéger, Jérémy. La vie professionnelle n’est pas rose. Il y a toujours quelqu’un qui essaie de te faire tomber, même si tu ne fais d’ombre à personne.

— Je sais tout cela, Maman, répondit-il pour éviter de discourir à nouveau autour du sujet de sa naïveté.

— C’est juste que… Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose, expliqua-t-elle avant de se laisser tomber mollement sur la banquette en bois qui suivait l’angle autour de la table de la cuisine. Paris est peuplé de requins où les vieux se repaissent de la jeunesse en la pervertissant ! Certains convoitent les femmes, comme les hommes, sans aucune réserve, ni respect.

Sa mère était une femme petite et fine qui avait conservé la souplesse de son adolescence. Mais son visage commençait à marquer les premiers signes de fatigue et quelques cheveux blancs trahissaient des soucis en nombre.

Jérémy s’empressa d’abréger son repas.

Sa mère lui cachait quelque chose et elle utilisait ces prétextes pour exprimer son désespoir.

— J’ai déposé des CV dans plusieurs entreprises, hier, dit-il plus tard, en lavant la vaisselle. On ne sait jamais…

— Je ne veux pas que tu travailles, tant que tu n’auras pas terminé tes études, l’interrompit-elle. J’ai abrégé les miennes par amour pour ton père et regarde le résultat. Je mène une vie à me contenter du strict nécessaire. Consacre-toi à fond à ta future carrière, c’est tout ce que je te demande. On peut se priver en attendant des jours meilleurs, si ça en vaut la peine.

Jérémy acquiesça d’un hochement du menton avant de s’installer sur le bureau de sa petite chambre, le casque sur les oreilles pour y travailler jusqu’à tard dans la nuit.
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taramboyle   14 avril 2021
L'Amour suprême de Taram Boyle
Malik se réveilla au petit matin, avec une incroyable sensation de bien-être. Il ouvrit les yeux pour constater que Jérémy, dans son sommeil, l’avait enlacé avant de poser sa joue entre ses pectoraux.

Il hésita à le réveiller. Pour Malik, Jérémy ne parvenait pas à assumer sa sexualité, qu’elle soit homosexuelle, bisexuelle ou même hétérosexuelle. Il ne voulait surtout pas l’embarrasser et risquer de perdre son amitié, en le mettant face à la réalité.

Il savoura quelques instants la chaleur de ce corps totalement abandonné contre lui, avant de le faire glisser doucement sur l’oreiller, caressant involontairement sa peau d’une incroyable douceur. En se dégageant de son torse, les draps se soulevèrent, laissant apparaître l’impressionnant sexe de Jérémy en état érectile.

Désarçonné par tant de tentations interdites, Malik s’affaira aussitôt à alimenter la cheminée en bois, avant de se rendre à la cave où il dénicha une boîte de plombs flambant neufs. Il réactiva l’électricité et se rendit à la boulangerie de la place principale de Pirou où il acheta du pain et des croissants.

À son retour, Jérémy était assis en tailleur sur le canapé déjà replié, le regard rêveur. Sensible à la beauté de la scène, Malik dégaina son smartphone pour le photographier au moment où l’étudiant remarquait sa présence et se tournait dans sa direction :

— Bien dormi, petit monstre ? lui demanda-t-il.

— Oui, merveilleusement bien. J’adore ta cheminée, avec cette poutre sculptée. Magnifique !

— Tu veux visiter la maison avant le petit-déjeuner ? Mais ne reste pas en boxer, par pitié. Deux grands dangers te guettent, ici. L’humidité pourrait te faire prendre froid et un viol est très vite arrivé, surtout quand tu me parles de ma poutre…

— À mon avis, je ne risque pas grand-chose, sinon ça serait déjà arrivé.

Malik ne sut si cette remarque était une boutade ou un reproche.
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taramboyle   14 avril 2021
L'Amour suprême de Taram Boyle
Jérémy s’arrêta net. C’était la première fois de sa vie qu’il la voyait de ses yeux. Lorsqu’on lui parlait de vacances, de plages, de montagnes, Jérémy avait pris l’habitude d’utiliser les souvenirs des autres, mêlés à des textes qu’il avait lus ou des remarques entendues dans les films ou les reportages. Par peur d’être rejeté, traité comme un cas social, il utilisait ces subterfuges. À présent, ce ne serait plus nécessaire. Même s’il pleuvait à torrent, Jérémy venait de transformer l’un de ses fantasmes d’enfant en réalité.

Il demeura là de longues minutes, éprouvant un profond respect pour la mer qu’il n’aurait jamais imaginé si vaste, si majestueuse, si vivante. Il savoura ce sentiment de liberté, loin de l’étroitesse de sa cité, de la pollution, des problèmes de sa mère.

Il se retournait vers la rue lorsqu’il surprit l’objectif d’un smartphone pointé vers lui. Son propriétaire portait une combinaison contre la pluie blanche et ridicule. Il tenait un vélo de son autre main.

— Petit monstre ?

Jérémy retrouva aussitôt le sourire et s’approcha de Malik qui le scruta avec son œil de photographe : « Putain, que tu es beau ! » marmonna-t-il, en le voyant trempé jusqu’aux os, mais dégageant toujours cette vive tension animale.

— Qu’as-tu dit ? demanda l’étudiant. Je n’ai pas entendu.

Au lieu de lui répondre, Malik passa une main de chaque côté du cou de l’étudiant pour attraper sa capuche et la rabattre sur ses cheveux. Mais ce dernier empoigna fermement l’un de ses poignets pour l’arrêter.

— Pas ici, lui dit-il, comme s’il trouvait ce geste déplacé.

Le trentenaire demeura immobile, réalisant que ce contact viril était déjà plus qu’il n’avait espéré.
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Taram Boyle
taramboyle   14 avril 2021
Taram Boyle
Jérémy attrapa un plateau de mignardises sucrées et pensait bien faire en proposant ces réductions à son interlocuteur, mais le plat en carton doré plia sous le poids des pâtisseries et plusieurs tombèrent sur la veste de Malik avant d’atterrir par terre.

Le jeune homme écarquilla les yeux de stupeur et observa Malik qui, furieux, reculait d’un pas pour constater les dégâts sur ses vêtements.

Jérémy s’empressa de s’agenouiller, pour réparer discrètement les dégâts.

— On peut dire que tu es doué, commenta Malik en saisissant des serviettes pour frotter ses vêtements. Regarde un peu ce que tu as fait. Viens avec moi !

L’invitation fut lancée avec une telle force de conviction que Jérémy sentit qu’un refus ne figurait pas dans les options possibles. Il déposa l’assiette avec les réductions gâchées sur un coin du buffet et suivit aussitôt le pirate. Celui-ci le conduisit dans un couloir débouchant sur les toilettes privées de la galerie et Malik verrouilla la porte derrière eux.

Dans le grand miroir surplombant les lavabos, Jérémy réalisa que le corsaire faisait une tête de plus que lui. Bien qu’étant mince, il semblait plus corpulent, plus carré, plus robuste.

Il retira sa redingote et l’étala sur les lavabos.

— Non, mais regarde-moi ce carnage ! commenta-t-il en contemplant les traces de crème. Je suis invité au dîner en l’honneur de Stéphane Davouret, juste après. Je ne peux pas m’y rendre dans cette tenue !

Jamais à court de solutions, Jérémy attrapa une pile de serviettes en papier, les imbiba d’eau et s’agenouilla pour nettoyer les chaussures. Il les frotta tant et si bien qu’elles parurent bientôt rutilantes. Il poursuivit ensuite en brossant le pantalon noir jusqu’à ce que les traces de crème aient totalement disparu.

Il était satisfait de son ouvrage lorsqu’il constata un détail inhabituel devant ses yeux. En effet l’étoffe du pantalon gonflait à vue d’œil.

Était-il possible que…

Non !

Mais si ! Malik bandait.

Jérémy leva les yeux, constatant que le pirate prenait un plaisir indescriptible à le scruter de haut.

— Tu es encore plus beau dans cette position, lâcha-t-il de sa voix profonde, presque sombre, avant de caresser sa joue pour venir effleurer ses lèvres de son pouce.

À la fois subjugué et conquis par son regard si noir, Jérémy entrouvrit ses lèvres où le pouce du pirate pénétra aussitôt doucement.

Une excitation puissante s’empara du jeune Parisien qui ne tarda pas à bander à son tour et il se risqua à lécher sensuellement le pouce. Il avait un goût de crème Chantilly, ce qui acheva de le convaincre qu’il ne faisait rien de mal.

— Relève-toi, lui somma Malik, en extirpant brusquement son doigt d’entre ses lèvres. Sinon, la situation risque de devenir incontrôlable.

Jérémy demeura un instant à genoux, encore sous le coup de cet échange viril d’une extrême sensualité, en réalisant qu’il se sentait comme hypnotisé, esclave de ses pulsions les plus instinctives.
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taramboyle   14 avril 2021
L'Amour suprême de Taram Boyle
Mais Jérémy, grelottant frénétiquement, s’agrippa à lui comme si sa vie en dépendait.

Très naturellement, Malik l’enlaça pour lui frotter le dos et le réchauffer du mieux qu’il le pouvait.

C’est à ce moment que le jeune malade murmura :

— Merci pour tout ce que tu fais pour moi. Je ne peux pas te donner plus à cause… À cause de… mon père…

Et sur ces paroles énigmatiques, il l’embrassa tendrement dans le cou, avant de s’immobiliser dans cette position pour ne plus en changer jusqu’à s’endormir, les lèvres posées contre l’épiderme de son protecteur.

Malik demeura pensif, les yeux rivés au plafond. Tenir Jérémy dans ses bras lui rappela qu’il en était tombé amoureux au premier instant, en le voyant perdu dans la galerie d’art du Marais. Même si la beauté juvénile, presque naïve, de ce jeune sportif, avait réveillé son instinct de chasseur, il pensait alors que sa conquête était impossible. Ce sentiment de ne pouvoir l’atteindre s’était confirmé avec le temps, en découvrant que Jérémy était un garçon secret, avec une vie intérieure dense, mais impénétrable.

Malik fut bouleversé par ce changement total dans la nature de sa relation avec l’étudiant. Ce baiser dans le cou, ces quelques mots, ébranlaient toutes ses certitudes. À cet instant, il lui sembla être le plus heureux des hommes. Il scruta le lion en peluche qu’il gardait toujours contre lui avec une jalousie bienveillante.

Prenant garde de ne pas réveiller Jérémy, il ne bougea pas d’un pouce et il s’endormit à son tour, enlacé contre son amoureux, comme s’il craignait qu’il s’enfuie.
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Ledouxreveur   09 février 2022
L'amant merveilleux de Taram Boyle
Encore une fois, Taram Boyle nous propose une intrigue très bien menée, avec des rebondissements inattendus dans laquelle il défend ses valeurs LGBT que sont l'amour pur et sincère entre deux êtres et les ravages causés par le rejet et l'homophobie. Merci Taram Boyle, j'ai grande hâte de lire votre prochain opus
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