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Note moyenne 4 /5 (sur 30 notes)

Nationalité : Bulgarie
Né(e) à : Sofia , le 19/09/1960
Biographie :

Romancière et dramaturge bulgare

Née à Sofia en 1960, Théodora Dimova est la fille de l'écrivain bulgare Dimitar Dimov. Elle a fait des études de littérature anglaise avant de se tourner vers le théâtre. Elle est l’auteur de plusieurs pièces jouées en Bulgarie, en Macédoine…

En 2002, elle a obtenu pour Elin, une aide financière du festival de théâtre balkanique, pièce primée à Sofia en 2003. Elle a participé aux ateliers internationaux d’art dramatique à Varna, à Budapest et à Ohrid (Macédoine), ainsi qu’à ceux du Royal Court Theatre Residency Program de Londres.

En 2001, Theodora Dimova publie, à Sofia, un premier roman, Éminé, puis en 2005, paraît son second roman, Mères qui lui vaut sa consécration littéraire (prix du concours Razvitié).

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Source : biblio monde
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A l'occasion du festival Week-end à l'Est, Théodora Dimova s'est entretenue avec les Editions des Syrtes au sujet de son dernier roman, Les Dévastés. Ce roman choral entremêle les voix de trois femmes dont les vies ont été bouleversées par l'arrivée des communistes au pouvoir en Bulgarie en 1944 et les purges qui ont suivi. Traduction du bulgare: Marie Vrinat Prise de vue et montage: François Deweer


Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
HordeduContrevent   05 mai 2022
Les dévastés de Teodora Dimova
Le mois le plus froid, la nuit la plus noire, le vent le plus glacial. Raïna va et vient, comme une chauve-souris entre les pièces, comme si elle ne voyait pas les murs, en s'y cognant. Elle erre dans l'appartement en cette nuit de février, amaigrie, assombrie, exsangue, l'ombre de la femme qu'elle était encore seulement quelques mois auparavant, elle ne trouve pas sa place, s'approche d'un objet puis s'en écarte, comme s'il la brûlait.

(incipit)
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HordeduContrevent   05 mai 2022
Les dévastés de Teodora Dimova
La réalité commença lentement à se déformer et à surpasser ses craintes les plus profondes. Seulement un mois plus tard, ses peurs commencèrent à ressembler à d'inoffensives visions au regard de ce qui se produisait. Le régime ukrainien dont Raïna avait entendu parler à la fin du mois d'août, mais sans mémoriser les détails, franchit le Danube et se dirigea vers l'intérieur du pays. Non seulement les autorités bulgares ne lui opposèrent aucune résistance, mais elles lui firent un triomphe à certains endroits, selon le présentateur de radio qui maitrisait le tremblement de sa voix.
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HordeduContrevent   06 mai 2022
Les dévastés de Teodora Dimova
Si tu n'avais pas d'enfants et une famille, tu serais une poétesse, Ekaterina, une grande poétesse, me disait-il souvent. L'élément sauvage et païen en toi jaillirait sous les formes verbales les plus merveilleuses, maîtrisée, ta féminité transmettrait par des rimes et le rythme de tes vers, la profondeur du sens étonnerait par des nuances et des détails inattendus. Tu créerais une musique, Ekaterina, une musique faite de mots tout comme, en ce moment, tu crées une harmonie et une musique à partir de cette demeure, Ekaterina, à partir de chaque instant où nous sommes ensemble. Tu es une magicienne, Ekaterina, tu transformes la vie ordinaire en poésie et en éternité, c'est pourquoi tu aurais dû être une poétesse, Ekaterina.



Moi je riais, évidemment, en entendant ses mots, mais en quoi les enfants m'empêchent-ils, Mina, d'être une grande poétesse, lui rétorquais-je pour plaisanter, si je pouvais créer des vers sublimes, rien ne pourrait m'arrêter.



Tu as du talent, Ekaterina, me disait votre père, tu ne dois pas le laisser sans bouffées d'air, tu ne dois pas l'étouffer sous le lourd fardeau de la maternité et des soins que tu nous prodigues, tu dois garder du temps pour toi, uniquement pour toi, et écrire, chaque jour tu dois écrire quelques pages dans ton journal intime, décrire l'essentiel, tes impressions, tes idées, tes sensations, tes rêves. Promets-moi, Ekaterina, que tu ne perdras pas ton talent à cause de nous.



C'est ainsi que me parlait votre père.
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HordeduContrevent   07 mai 2022
Les dévastés de Teodora Dimova
Ce qui me stupéfie le plus chez les gens, c’est leur sens de la stabilité, comme si c’était une qualité particulière, l’autosatisfaction fomentée par les habitudes, les goûts, les réactions. Le temps aussi, pour moi, n’est pas linéaire, mais fait de trous, de ravaudages, de cratères. Un peu comme le temps au moment des bombardements. On entend d’abord la bombe s’approcher, siffler, de plus en plus fort, à tout moment la bombe va tomber et exploser, mais tu ne sais pas exactement – et ce n’est qu’une dizaine de secondes – ni si elle va tomber sur toi ou à côté. Ensuite, on entend l’explosion et tu comprends que tu es encore intact, cette fois encore, tu n’as pas été touché. Une dizaine de secondes qui te séparent de la mort. Ensuite, tu replonges dans la vie et le temps recouvre sa durée habituelle. Voilà, c’est ce que je voulais dire en parlant de trou, ravaudage, cratère.
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HordeduContrevent   07 mai 2022
Les dévastés de Teodora Dimova
Le communisme tue les couleurs du monde, tout ce qu'il a d'attrayant, son parfum, sa beauté. La marque la plus funeste et la plus puante du communisme, aux yeux de votre père, était le manque d'esprit, et cette absence d'esprit, précisément, ainsi que la laideur qui va de pair, vont pénétrer partout, être partout. L'architecture, les monuments, les portraits, les jardinets, la littérature, le style des meubles, les objets du quotidien, tout sera dépourvu d'esprit, tout sera envahi d'une laideur pénétrante, noyée dans une seule et même couleur : une couleur tuée, de papier d'emballage, idéologique. Comme du sel dessalé, ou une foi sans joie, ou du sucre sans goût sucré, ou un amour non partagé, disait votre père aux gens.
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Allily   09 janvier 2022
Les dévastés de Teodora Dimova
A présent, quatre mois plus tard, Raïna errait dans les mêmes pièces, du vestibule à la cuisine, la chambre à coucher, devant la chambre des enfants elle s'arrêtait et écoutait, dormaient-ils ou non, elle n'osait pas ouvrir la porte de peur de les réveiller. Mais peut-être craignait-elle de les trouver éveillés, recroquevillés, retenant leur souffle, tendant l'oreille à la nuit glaciale de février, au vent qui gémissait sinistrement contre les fenêtres. Elle combattait son désir d'entrer dans leur chambre, de les réveiller, de les prendre dans ses bras et de leur dire : venez avec moi, soyons ensemble tous les trois, afin de prier pour votre papa.
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Tempsdelecture   05 février 2022
Les dévastés de Teodora Dimova
Je suis Metodi Jeliazkov, honorablissime. Directeur adjoint du Service de la milice populaire, chargé des interrogatoires des détenus lors des enquêtes. L’expression qui s’inscrit sur ton visage ne me plaît pas du tout, mon biquet. On dirait que tu veux me montrer quelque chose, hein ! Regarde-moi dans les yeux quand je te parle, dans les yeux ! a tout à coup hurlé Metodi Jeliazkov. On dirait que tu ne te rends pas encore compte de la situation dans laquelle tu te trouves, espèce de littérateur bohème. Sais-tu que dans la cellule dans laquelle on va te conduire tu ne seras plus du tout la célébrité littéraire petite-bourgeoise que tu as coutume de te considérer être, mon biquet ! On dirait bien que tu vas te dénuder totalement de ta gloire parce que, dans la cellule, elle ne te servira à rien, pitoyable rebut littéraire ! Oui je comprends maintenant que mon nom ne te parle pas, n’est-ce pas, honorablissime monsieur Todorov ? Au contraire, il me parle, as-tu répondu de la manière la plus inattendue, Nikola. Je me rappelle très bien que pour presque chacun des numéros vous m’envoyiez vos récits. Je les lisais, les rédacteurs aussi, monsieur Jeliazkov. Mais ils devenaient de plus en plus idéologiques et tournés vers la propagande. Ils célébraient le pouvoir soviétique et la révolution. Il y avait des publications de gauche, comme Pogled, Zaria, Zvezda, qui éditaient ce genre de récits. L’ambition de notre Cercle 19 était de faire entendre une authentique littérarité dans notre littérature. Vos récits n’en faisaient pas partie, monsieur Jeliazkov.
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Allily   05 décembre 2019
Mères de Teodora Dimova
Est-ce que tu m'aimes, maman. 



Je ne sais pas si c'est de l'affection, Andreia. Lorsque tu n'as aucun désir de faire quoi que ce soit pour ton enfant. Lorsque la seule chose qui compte au monde, c'est ton propre malheur. 



Et papa, tu l'as aimé ? Non, bien sûr que non. 



Mais alors, pourquoi l'as-tu épousé ? 



Tout le monde se mariait. Moi aussi, je devais en faire autant. 



Et tu n'as jamais été heureuse avec lui ? 



Après une longue réflexion : Non, je crois que non, je crois n'avoir été heureuse que dans les buissons, lorsque je prenais les coccinelles. 



Andreia et Christina se taisent. Elles se regardent dans les yeux. Elles ressentent leur attachement, leur dépendance mutuelle.
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Sharon   17 juillet 2015
Mères de Teodora Dimova
Je n'arrive pas à piger, disait souvent Yordann devant ses collègues et amis, ou simplement devant Kérana et Lia, et je ne comprendrai sans doute jamais ce que peut bien faire quelqu'un s'il n'écrit pas. Comment peut-il appréhender le monde ? Quand est-il heureux ? Par quel biais peut-il transmettre la vie, la penser ? Rien qu'en la contemplant ? Absurde ! Or, chez l'écrivain, vie et écriture sont intimement liées, l'écriture est le moyen de vivre davantage, plus profondément, plus clairement, plus intérieurement, plus, tout simplement, parce que, en écrivant, il vit plus intensément même que dans la vraie vie !
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Maplumedepaon   20 mars 2017
Mères de Teodora Dimova
Et tu sais, Lydia, tant qu’on est jeune, on ne croit pas qu’on ne pourra plus descendre le sentier qui mène au rivage, on ne croit pas qu’on ne pourra plus plonger dans l’eau et nager, nager, nager des heures durant, bien loin, et encore des heures pour revenir vers la côte, on ne croit pas qu’il nous est arrivé de mettre au monde cinq enfants, quatre fils et une fille, Vassiliki, que le lien ne se maintiendra avec aucun d’eux, qu’on aura pas besoin de voir l’un de ses enfants, parce qu’une fois qu’ils ont grandi, Lydia, qu’ils ont commencé à vieillir, une mère se détache de ses enfants vieillissants, ou bien ce sont eux qui se détachent de leur vieille mère, je ne sais pas s’il en sera de même pour toi, Lydia, je ne sais pas qui s’est détaché le premier ni quand ça s’est produit, ça se produisait en continu, mais je ne le croyais pas, je n’ai jamais été vaniteuse ou superstitieuse, Lydia, mais ce paradoxe, à savoir qu’une personne étrangère, une Bulgare qui plus est, soit avec moi durant mes derniers jours, s’occupe de moi, me serve, me coiffe, me baigne, que ce soit quelqu’un de complètement étranger qui doive être avec moi et non pas l’un de mes enfants, ça, Lydia, je ne puis pas le comprendre, pouvais-je m’imaginer qu’à quatre-vingt-douze ans, je ne converserais qu’avec une Bulgare, Lydia ?
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