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Note moyenne 3.96 /5 (sur 36 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Clairac , 1590
Mort(e) à : Paris , le 25/9/1626
Biographie :

Théophile de Viau est un poète et dramaturge français du XVIIe siècle.
Il fut l'un des poètes les plus lus au XVIIe siècle, mais il sera oublié suite aux critiques des Classiques, avant d'être redécouvert par Théophile Gautier.
Depuis le XXe siècle, Théophile de Viau est classé comme un auteur baroque et libertin.

Source : Wikipédia
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Vidéo de

Théophile de VIAU – Un poète face à ses juges (ENS, 2011) Conférence prononcée par Michèle Rosellini, à l'ENS de la rue d'Ulm, le 9 juin 2011.

Podcasts (1)


Citations et extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
Malaura   05 janvier 2012
Oeuvres poétiques et Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé de Théophile de Viau
Je viens dans un désert mes larmes épancher,

Où la terre languit, où le Soleil s’ennuie,

Et d’un torrent de pleurs qu’on ne peut étancher

Couvre l’air de vapeurs et la terre de pluie.



Là le seul réconfort qui peut m’entretenir,

C’est de ne craindre point que les vivants me cherchent

Où le flambeau du jour n’osa jamais venir.



Théophile de Viau.

(1590-1626)

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Théophile de Viau
Aurel82   22 mai 2017
Théophile de Viau
Je ne suis point industrieux

Comme ce forgeron des dieux,

Dont les subtilités nuisibles

Pour un chef-d’œuvre de son art,

Dessous des filets invisibles

Firent voir qu’il était cornard.



Cet infâme aux creux étnéans

Dessus les tombeaux des Géants,

Enivré de souffre et de flamme,

Forgeait des armes pour autrui,

Cependant que Mars et sa femme

Faisait des forgerons pour lui.



Je suis un forgeron nouveau,

Qui sans enclume et sans marteau

Forge un tonnerre à ma parole,

Et du seul regard de mes yeux,

Fais partir un éclair qui vole,

Plus puissant que celui des cieux.



Les plus rebelles des humains,

Subjugués des traits de mes mains,

Ont fait émerveiller l’Europe,

Et Vulcain avoue aisément

De n’avoir jamais vu Cyclope

Battre le fer si rudement.



Le dard qu’amour me fait forger,

Sans déplaisir et sans danger,

Pénètre au fond de la pensée,

Et la dame qu’il veut toucher

En est si doucement blessée,

Qu’elle n’en peut haïr l’archer.



Mais les flèches de mon courroux,

Fatales qu’elles sont à tous,

Font trembler le dieu de la guerre,

Et rien ne l’a fait habiter

Dans un ciel si loin de la terre

Que le soin de les éviter.
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rabanne   31 décembre 2020
Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbe de Théophile de Viau
Je suis d'un naturel à qui la résistance

R'enforce le désir, la force et la constance.



[* Thème du 23e Printemps des Poètes : "Le désir".

Un bon et prudent réveillon à vous !! 🥂💖🎊]
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Théophile de Viau
Aurel82   15 décembre 2017
Théophile de Viau
Sur une tempête qui s’éleva comme il était prêt de s’embarquer pour aller en Angleterre



Parmi ces promenoirs sauvages

J’ois bruire les vents et les flots

Attendant que les matelots

M’emportent hors de ces rivages.

Ici les rochers blanchissants,

Du choc des vagues gémissants,

Hérissent leurs masses cornues

Contre la colère des airs,

Et présentent leurs têtes nues

À la menace des éclairs.



J’ois sans peur l’orage qui gronde,

Et fût-ce l’heure de ma mort,

Je suis prêt à quitter le port

En dépit du ciel et de l’onde.

Je meurs d’ennui dans ce loisir :

Car un impatient désir

De revoir les pompes du Louvre

Travaille tant mon souvenir

Que je brûle d’aller à Douvre

Tant j’ai hâte d’en revenir.



Dieu de l’onde, un peu de silence !

Un dieu fait mal de s’émouvoir.

Fais-moi paraître ton pouvoir

À corriger ta violence.

Mais à quoi sert de te parler,

Esclave du vent et de l’air,

Monstre confus qui, de nature

Vide de rage et de pitié,

Ne montres que par aventure

Ta haine ni ton amitié !



Nochers, qui par un long usage

Voyez les vagues sans effroi

Et qui connaissez mieux que moi

Leur bon et leur mauvais visage,

Dites-moi, ce ciel foudroyant,

Ce flot de tempête aboyant,

Les flancs de ces montagnes grosses,

Sont-ils mortels à nos vaisseaux ?

Et sans aplanir tant de bosses

Pourrai-je bien courir les eaux ?



Allons, pilote, où la Fortune

Pousse mon généreux dessein !

Je porte un dieu dedans le sein

Mille fois plus grand que Neptune :

Amour me force de partir.

Et dût Thétis pour m’engloutir

Ouvrir mieux ses moites entrailles,

Cloris m’a su trop enflammer

Pour craindre que mes funérailles

Se puissent faire dans la mer.



Ô mon ange ! Ô ma destinée !

Qu’ai-je fait à cet élément

Qu’il tienne si cruellement

Contre moi sa rage obstinée ?

Ma Cloris, ouvre ici tes yeux,

Tire un de tes regards aux cieux :

Ils dissiperont leurs nuages,

Et pour l’amour de ta beauté

Neptune n’aura plus de rage

Que pour punir sa cruauté.



Déjà ces montagnes s’abaissent,

Tous leurs sentiers sont aplanis ;

Et sur ces flots si bien unis

Je vois des alcyons qui naissent.

Cloris, que ton pouvoir est grand !

La fureur de l’onde se rend

À la faveur que tu m’as faite.

Que je vais passer doucement !

Et que la peur de la tempête

Me donne peu de pensement !



L’ancre est levée, et le zéphyre,

Avec un mouvement léger,

Enfle la voile et fait nager

Le lourd fardeau de la navire.

Mais quoi ! Le temps n’est plus si beau,

La tourmente revient dans l’eau.

Dieux, que la mer est infidèle !

Chère Cloris, si ton amour

N’avait plus de constance qu’elle,

Je mourrais avant mon retour.
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Théophile de Viau
Aurel82   19 septembre 2017
Théophile de Viau
Théophile à son ami Chiron



Toi qui fais un breuvage d’eau

Mille fois meilleurs et plus beau

Que celui du beau Ganymède,

Et qui lui donnes tant d’appas

Que sa liqueur est un remède

Contre l’atteinte du trépas,

Penses-tu que malgré l’ennui

Que me peut donner aujourd’hui

L’horreur d’une prison si noire,

Je ne te garde encore un lieu

Au même endroit de ma mémoire

Où se doit mettre un demi-dieu?

Bouffi d’un air tout infecté,

De tant d’ordures humecté,

Et du froid qui me fait la guerre,

Tout chagrin et tout abattu,

Mieux qu’en autre lieu de la terre

Il me souvient de ta vertu.

Chiron, au moins si je pouvais

Te faire ouïr les tristes voix

Dont t’invoquent mes maladies,

Tu me pourrais donner de quoi

Forcer mes Muses étourdies

A parler dignement de toi.

De tant de vases précieux

Où l’art le plus exquis des cieux

A caché sa meilleur force,

Si j’avais seulement goûté

A leur moindre petite amorce

J’aurais trop d’aise et de santé.

Si devant que de me coucher

Mes soupirs se pouvaient boucher

D’un long trait de cet hydromèle

Où tout chagrin s’ensevelit,

L’enfant dont avorta Sémèle

Ne me mettrait jamais au lit.

Au lieu des continus ennuis

Qui me font passer tant de nuits

Avec des visions horribles,

Mes yeux verraient en sommeillant

Mille voluptés invisibles

Que la main cherche en s’éveillant.

Au lieu d’être dans les enfers,

De songer des feux et des fers

Qui me font le repos si triste,

Je songerais d’être à Paris

Dans le cabinet où Caliste

Eut triomphé de Cloris.

A l’éclat de ses doux flambeaux

Les noires caves des tombeaux

D’où je vois sortir les Furies,

Se peindraient de vives couleurs

Et seraient à mes rêveries

De beaux près tapissés de fleurs.

Ah! que je perds de ne pouvoir

Quelquefois t’ouïr et te voir

Dans mes noires mélancolies

Qui ne me laissent presque rien

De tant d’agréables folies

Qu’on aimait en mon entretien!

Que mes dieux sont mes ennemis

De ce qu’ils ne m’ont pas permis

De t’appeler en ma détresse!

Docte Chiron, après le Roi

Et les faveurs de ma maîtresse,

Mon cœur n’a de regret qu’à toi.
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coco4649   26 avril 2016
Après m'avoir fait tant mourir de Théophile de Viau
AU TEMPS DE L'EMPRISONNEMENT ET DU PROCÈS (1623-1625)



XXXIX

Lettre de Théophile à son Frère





Ah! que les cris d’un innocent,

Quelques longs maux qui les exercent,

Trouvent malaisément l’accent

Dont ces âmes de fer se percent !

Leur rage dure un an sur moi

Sans trouver ni raison ni loi,

Qui l’apaise ou qui lui résiste ;

Le plus juste et le plus Chrétien

Croit que sa charité m’assiste

Si sa haine ne me fait rien.



L’énorme suite de malheurs !

Dois-je donc aux races meurtrières

Tant de fièvres et tant de pleurs,

Tant de respects, tant de prières,

Pour passer mes nuits sans sommeil,

Sans feu, sans air et sans Soleil,

Et pour mordre ici les murailles,

N’ai-je encore souffert qu’en vain ?

Me dois-je arracher les entrailles

Pour soûler leur dernière faim ?



Parjures infracteurs des lois,

Corrupteurs des plus belles âmes,

Effroyables meurtriers des Rois,

Ouvriers de couteaux et de flammes,

Pâles Prophètes de tombeaux,

Fantômes, Loups-garous, corbeaux,

Horrible et venimeuse engeance,

Malgré vous race des enfers,

À la fin j’aurai la vengeance

De l’injuste affront de mes fers.



Derechef, mon dernier appui,

Toi seul dont le secours me dure,

Et qui seul trouves aujourd’hui

Mon adversité longue et dure,

Rare frère, ami généreux,

Que mon sort le plus malheureux

Pique davantage à le suivre,

Achève de me secourir :

Il faudra qu’on me laisse vivre

Après m’avoir fait tant mourir.



p.202-203

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coco4649   20 avril 2016
Après m'avoir fait tant mourir de Théophile de Viau
AU TEMPS DE L'EMPRISONNEMENT ET DU PROCÈS (1623-1625)



XXXIX

Lettre de Théophile à son Frère





En quelle place des mortels

Ne peut le vent crever la terre?

En quel palais et quels autels

Ne se peut glisser le tonnerre?

Quels vaisseaux et quels matelots

Sont toujours assurés des flots?

Quelquefois des villes entières

Par un horrible changement

Ont rencontré leurs cimetières

En la place du fondement.



Le sort qui va toujours de nuit,

Enivré d’orgueil et de joie,

Quoiqu’il soit sagement conduit

Garde malaisément sa voie.

Ah! que les souverains décrets

Ont toujours demeuré secrets

A la subtilité de l’homme!

Dieu seul connaît l’état humain:

Il sait ce qu’aujourd’hui nous sommes,

Et ce que nous serons demain.



Or selon l’ordinaire cours

Qu’il fait observer à nature,

L’astre qui préside à mes jours

S’en va changer mon aventure.

Mes yeux sont épuisés de pleurs,

Mes esprits, usés des malheurs,

Vivent d’un sang gelé de craintes.

La nuit trouve enfin la clarté,

Et l’excès de tant de contraintes

Me présage ma liberté….



p.197



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Luniver   09 août 2013
Le Parnasse Satyrique de Théophile de Viau
Vous avez la fesse soudaine,

Alors qu'on vous presse le flanc ?



Le cul sans cesse me demeine

Comme l'esguille d'un quadranc.



Qui vous voit la mine si froide,

Ne vous croit point le cul si chaud.



C'est au con qu'il faut un vit roide,

Ce n'est point au front qu'il le faut.
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Théophile de Viau
coco4649   14 avril 2020
Théophile de Viau
Le matin





Extrait 1



L'Aurore sur le front du jour

Sème l'azur, l'or et l'ivoire,

Et le Soleil, lassé de boire,

Commence son oblique tour.



Ses chevaux, au sortir de l'onde,

De flamme et de clarté couverts,

La bouche et les nasaux ouverts,

Ronflent la lumière du monde.



La lune fuit devant nos yeux ;

La nuit a retiré ses voiles ;

Peu à peu le front des étoiles

S'unit à la couleur des cieux.

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coco4649   26 mai 2016
Après m'avoir fait tant mourir de Théophile de Viau
AU TEMPS DE L'EMPRISONNEMENT

ET DU PROCÈS (1623-1625)



XXXVIII - LA MAISON DE SYLVIE

Ode II





Lorsqu’à petits flocons liés,

La neige fraîchement venue

Sur de grands tapis déliés

Épanche l’amas de la nue,

Lorsque sur le chemin des Cieux

Ses grains serrés et gracieux

N’ont trouvé ni vent ni tonnerre,

Et que sur les premiers coupeaux

Loin des hommes et des troupeaux,

Ils ont peint les bois et la terre,



Quelque vigueur que nous ayons

Contre les esclaves qu’elle darde,

Ils nous blessent, et leurs rayons

Éblouissent qui les regarde.

Tel dedans ce parc ombrageux

Éclate le troupeau neigeux,

Et dans ses vêtements modestes,

Où le front de Sylvie est peint,

Fait briller l’éclat de son teint

À l’envi des neiges célestes.



En la saison que le Soleil

Vaincu du froid et de l’orage,

Laisse tant d’heures au sommeil

Et si peu de temps à l’ouvrage,

La neige, voyant que ces daims

La foulent avec des dédains

S’irrite de leurs bonds superbes,

Et pour affamer ce troupeau,

Par dépit sous un froid manteau

Cache et transit toutes les herbes….



p.156

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