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Note moyenne 4.32 /5 (sur 206 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , 1980
Biographie :

Après des études littéraires, Thibault Bérard devient journaliste pour le magazine "Topo", puis éditeur.

Depuis 2007, il est responsable du département romans des éditions Sarbacane et réside en banlieue parisienne, à Romainville.

"Il est juste que les forts soient frappés" (2020), un récit poignant sur une femme malade du cancer, est son premier roman.

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Thibault Bérard - On n'est pas couché 15 février 2020 #ONPC On n'est pas couché  15 février 2020 Laurent Ruquier sur France 2 #ONPC Toutes les informations sur les invités et leur actualité https://www.france.tv/france-2/on-n-est-pas-couche/ Suivez @ONPCofficiel et réagissez en direct avec le hashtag #ONPC  https://twitter.com/ONPCofficiel Continuez le débat sur Facebook https://www.facebook.com/onpcF2

Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlem   25 mai 2020
Il est juste que les forts soient frappés de Thibault Bérard
Ne me voyez pas comme une victime ou une malade.

Voyez ça comme ce que c’est, une histoire. Ce n’est pas parce qu’elle est vraie et dure par moments, ni même parce qu’elle finirait mal, que ce n‘en est pas une; toutes les vies sont des aventures extraordinaires, pour qui peut les voir dépliées devant soi.

Ça ne signifie pas qu’on doive applaudir aux grandes scènes ou espérer qu’une musique bizarre vienne souligner les passages drôles ou absurdes; ce que je demande, c'est que vous prêtiez la même attention aux mots qui vont suivre et que vous acceptiez d‘en goûter les couleurs éclatantes, en dépit de ce gris dont le réel granit voudrait tout recouvrir. Je sais que Théo aurait besoin que vous fassiez ça, et moi, en tant que morte, je vous le demande par respect pour les vivants.

Joli paradoxe, non?

C‘est drôle, parce que c’est cela qui m‘importe, qui m'atteint plus que tout le reste, finalement. p. 105
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grandcaffe   20 septembre 2020
Il est juste que les forts soient frappés de Thibault Bérard
Soudain je veux lutter, et vaincre, et marcher, faire un miracle et regagner ma vie à coups de griffes dans le réel, et écraser quiconque se mettrait sur ma route! Je refuse qu'on m'oublie, je refuse qu'on me laisse crever!

La minute d'après, je prie pour que tout s'arrête et que le monde soit en paix sans moi.
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mumuboc   08 janvier 2020
Il est juste que les forts soient frappés de Thibault Bérard
Il est juste que les forts soient frappés



La phrase s'affiche tel un blason en lui. Et elle lui semble parfaitement logique, évidente - appropriée, là encore. Il est juste, oui, précisément parce c'est plus injuste que tout ce qu'on puisse imaginer, plus absurde, plus cruel, et donc plus éloigné de l'entendement des simples mortels, que lui et moi, qui sommes jeunes, pleins de vie, si forts, nous soyons frappés. Nous plutôt que d'autres, qui ne s'en relèveraient pas. (p116)
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Jenndrix   17 mars 2020
Il est juste que les forts soient frappés de Thibault Bérard
« Tout ira bien », Benjamin. Ces mots-là, je suis soulagée d’avoir pu les prononcer. Pour les autres, tout ira bien. Pour les amis, la famille, tout ira bien. Pour Théo… Pour lui, je ne veux pas y penser. Par moments, je l’imagine dans les bras d’une autre femme, avec qui il élèverait nos enfants – et dans ces moments-là, je lui souhaite vraiment d’être heureux, libre, en vie à nouveau… mais pour être franche, ça ne dure pas. Cette image est trop dure. Trop violente. L’accepter reviendrait à m’accepter morte déjà, et je ne peux pas. Soudain je veux lutter, et vaincre, et marcher, faire un miracle et regagner ma vie à coups de griffes dans le réel, et écraser quiconque se mettrait sur ma route ! Je refuse qu’on m’oublie, je refuse qu’on me laisse crever ! La minute d’après, je prie pour que tout s’arrête et que le monde soit en paix sans moi. Je clignote en noir et blanc sans cesse, c’est épuisant. Mais là, face au visage franc et simple de Benjamin, je peux me payer le luxe d’être tranquille. De lui annoncer, depuis le lit où bientôt je vais mourir, de beaux présages de vie douce. Tout ira bien, Benjamin.
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rkhettaoui   31 janvier 2020
Il est juste que les forts soient frappés de Thibault Bérard
Elle ne dit pas « ma grande », ou «  ma belle », aucun de ces sobriquets débiles qu’une femme mûre se sent parfois obligée de sortir à une gamine de 20 ans. Il y a quelque chose de professionnel dans sa façon de prendre les choses en main. — Montez, je vous emmène à mon bureau. C’est tout près. Encore une chance ! — Votre bureau ? Elle me sourit comme à une éclaircie bienvenue. — Ah, vous parlez. Tant mieux, ça nous facilitera la tâche. Bon, ça suffit. — Attendez, quelle tâche, de quoi vous parlez ? Et lâchez-moi, merde ! J’ai tiré le coude en arrière d’un coup sec et je jette un regard rapide autour de nous, voir dans quelle direction je vais pouvoir me casser d’ici. La rue est déserte, les rideaux sont tirés aux fenêtres des pavillons blanc crème ou grisouille qui la bordent, un dimanche midi c’est particulièrement sinistre – mais ça n’a rien d’étonnant par ici. « Donfran, ville de malheur : arrivé à midi, pendu à une heure »  : une ville qui porte une devise pareille, ça a au moins le mérite d’annoncer la couleur. Basse-Normandie, pas un chat, pas un bruit. Le décor de mon enfance, là où j’ai grandi – entre quatre murs. J’étais venue passer le week-end chez mes parents et ça ne m’avait pas vraiment boosté le moral. — Voilà, vous voyez ? elle dit. Je vous ai lâchée. Je ne vous veux pas de mal, d’accord ? Si vous voulez filer, vous pouvez. C’est ce mot-là, « filer », ce mot un peu canaille, qui m’a fait rester. D’un coup je basculais dans un film de Godard, le genre d’ambiance où les gens se balancent des répliques de ce goût-là comme si rien n’était plus naturel, Il s’agirait de filer en vitesse , ça m’a toujours plu. Si je pouvais vivre dans un film de Godard, je me sentirais sûrement moins dark, moins furieuse tout le temps. J’aurais probablement pas envie de me jeter sous les roues de la première bagnole venue, par un bel après-midi de juin, à l’occasion d’une visite de famille à Donfran, ville de malheur. Mais j’ai beau être jeune et pas mal larguée, je sais bien que la vie n’a rien à voir avec un film de Godard. Les couleurs ne sont jamais aussi éclatantes, il n’y a pas de musique bizarre pour souligner les passages drôles ou absurdes et les gens sont infiniment plus prévisibles. Madame frange cuivrée sourit en désignant Nick Cave, qui tire une tête de croque-mort sur mon tee-shirt. — Je ne suis pas sûre qu’il approuverait. — Hein ? — Nick Cave. Ses chansons sont parfois déprimantes, mais je pense que c’est un homme qui aime la vie. Elle me soûle, je suis à deux doigts de lui dire de me lâcher la grappe, bordel, et à Nick Cave et à tous les groupes que j’aime, parce que j’ai pas besoin d’elle, ni de personne, juste qu’on me laisse me foutre en l’air si c’est ce que je veux… … quand elle fait ce truc complètement dingue, incompréhensible. On pourrait dire ridicule, mais, en revoyant la scène aujourd’hui comme à l’époque, ce n’est pas du tout ce que ça m’a inspiré.
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Marti94   25 mai 2020
Il est juste que les forts soient frappés de Thibault Bérard
Accompagné, oui. C'est bien ce qu'elle fait. Ce miracle d'infirmière est en train d'apprendre à sa patiente à mourir, comme si elle-même avait fait ça toute sa vie.

Mourir s'apprend, finalement.
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DreamBookeuse   20 février 2020
Il est juste que les forts soient frappés de Thibault Bérard
« Moineau » c’est moi. Si ça c’est pas cul-cul à mort, je ne sais pas ce qu’il vous faut. Sauf qu’au bout d’un an de vie commune, j’en suis venue, non seulement à accepter ce surnom débile, mais même à lui en trouver un. « Lutin. » Voilà voilà. Lutin et Moineau sont dans un bateau. Je vous emmerde, je fais ce que je veux, c’était mon tour d’être heureuse.
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PsychikFab   12 avril 2020
Il est juste que les forts soient frappés de Thibault Bérard
Nick Cave. Ses chansons sont parfois déprimantes, mais je pense que c'est un homme qui aime la vie.
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Alegato   29 décembre 2020
Il est juste que les forts soient frappés de Thibault Bérard
La seule idée qu’on puisse lui reprocher d’aller trop vite le met en colère, il n’a aucune patience avec le sujet, aucune envie d’expliquer qu’il se sent à la fois groggy de chagrin et impatient de vivre ; dévasté et libre ; terriblement vieux et follement jeune.
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hcdahlem   25 mai 2020
Il est juste que les forts soient frappés de Thibault Bérard
INCIPIT

VLOUSH!

J’imagine que vous serez d’accord: ce que tout le monde veut, dans la vie, c’est laisser une trace, non? Résister à l’oubli éternel?

Eh bien le scoop, mes amis, le truc pas croyable que je vais vous annoncer ici, dans ces pages et même dès la première, c’est que le but ultime de tout le monde, dans la mort, c’est exactement l’inverse : se faire oublier des vivants. Couper le cordon une bonne fois avec l’avant pour, enfin, accéder à cette absolue félicité, ce repos parfait des sens et de l’esprit dont on nous rebat les oreilles depuis les siècles des siècles.

Avouez que ça remet les choses en perspective.

Moi-même, j’ai mis un moment à comprendre ça et, quand j’ai fini par y arriver, je me suis décidée à en faire quelque chose, histoire que ça vous rentre dans le crâne, pour « le jour où » (parce que, vous le savez, ou alors il serait temps, ce sera votre tour à un moment ou un autre).

Décidée avec un « e », ça n’a pas échappé aux premiers de la classe, parce que je suis une fille, enfin une femme. J’étais une femme quand je suis morte – une jeune femme, 42 ans, ça vous donne déjà une idée de l’ampleur du drame à venir. Mon nom n’a pas beaucoup d’importance, et je n’avais pas l’intention de vous le donner, mais on va dire Sarah, OK?

OK.

Pour commencer, je vais en décevoir plus d’un, mais il faut bien vous avouer que je ne peux rien vous dire de la mort. Pas que je n’en aie pas envie. C’est simplement impossible, il y a comme un écran blanc entre les mots et moi qui se dresse à l’instant même où j’exprime le plus petit début d’intention de vous raconter. Eh oui, ç’aurait été trop beau. Il faudra donc vous contenter du reste qui, j’espère, vaut quand même son pesant de sel.

Cette histoire de cordon, déjà.

Ça m’est apparu au bout d’un bon moment, parce que je ne suis pas spécialement rapide, comme fille. J’ai toujours besoin d’un peu de temps pour assembler les éléments.

La première chose à faire, c’est de vous figurer quelque chose de très, très, très… moussu. Ce mot est un peu nul, mais c’est le seul qui me vient : « moussu ». Vaste, infiniment vaste, et moussu. Vous marinez, vous barbotez dans ce machin infiniment vaste et moussu où tout – mais vraiment tout – pèse moins lourd qu’une bulle de savon, d’accord ? Vous faites la brasse là-dedans, ça vous arrache des frissons et des rires (enfin non, pas des rires, disons des flashs grelottants, comme si on vous chatouillait le cerveau jusqu’à ce qu’il éternue).

Et vous êtes bien. Vous êtes bien comme jamais vous ne l’avez été, vous êtes une méduse. Oui, ça c’est pas mal, vous êtes une méduse.

Brusquement, ça fait VLOUSH!, une main de fer vous agrippe aux cheveux et vous tire en arrière, oh hisse, pour vous faire passer en entier à travers le siphon d’une baignoire, morceau par morceau, cran après cran, d’un coup toute la mousse a disparu, il n’y a plus de bulles, plus que des « hisse » et du malaise et de la rigidité ; pour finir, vous tombez cul sur le sol tiède et lisse d’une cellule.

La baignoire, la cellule, c’est pour vous faire comprendre. Je suppose que chacun a sa façon de se représenter les choses. Dans mon cas, la main de fer me dépose là, au milieu d’une pièce sombre, humide, sans fenêtre. Glauque à souhait.

Quand je tourne le regard, je m’aperçois que cette pièce est plutôt une alcôve, ou une grotte de glaise, reliée à un interminable labyrinthe souterrain d’autres grottes et alcôves de glaise, entre lesquelles serpente une rivière noire où personne n’aurait l’idée de tremper un orteil. C’est un lieu bas de plafond, opaque, pas un chat. Pas un bruit.

Et c’est dans ce lieu que je peux rassembler mes pensées, mes souvenirs.

Cette cellule est le lieu où les vivants nous ramènent quand ils pensent à nous un peu trop fort. La main de fer, c’est l’un d’entre eux qui ferme les paupières à les fendre en gémissant Pourquoi?, ou bien Tu me manques, et aussi Je voudrais que tu sois là.

Ma main de fer s’appelle Théo.

Oh, à propos, j’y pense parce que Théo a toujours été très branché étymologie : n’attendez pas de moi que je vous parle de Dieu ou d’Allah ou que sais-je encore. Écran blanc. Je vous l’avais dit, ce serait trop beau. Les soixante-douze vierges, ça, c’est du flan, mais je pense que personne n’avait de doutes là-dessus.

Pour le reste, on va dire que les paris restent ouverts, mon bon Pascal.

Je ne parlerai pas de Dieu ni de lumière au bout du couloir, mais je vais vous parler de Théo. Et de plein de gens qui m’ont côtoyée durant mes quarante-deux années de vie; qui m’ont aimée.

Dans le cas de Théo, je vous dirai même les moments où je n’étais pas, durant lesquels j’étais endormie ou ailleurs – les moments sans moi. Parce que ce qui est beau, dans l’affaire, c’est que depuis ma cellule, j’ai non seulement accès à tous mes souvenirs, mais en plus, je peux me balader dans ceux de Théo comme si une porte s’ouvrait sur son existence.

J’appelle ça le Privilège des morts, cette visite guidée dans les pas de mon plus proche vivant. Sans ça, évidemment, mon tour d’horizon serait plutôt restreint. Or je compte bien aller au fond des choses ; c’est ce que j’ai toujours aimé faire.

Mais d’abord, je vais vous parler un peu de moi.
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