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Biographie :

Thierry Discepolo a participé à la fondation de la revue Agone (1990), à l'origine des éditions du même nom où il travaille actuellement.

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Citations et extraits (7) Ajouter une citation
lanard   10 juin 2012
La trahison des éditeurs de Thierry Discepolo
Dans les analyses du rôle de la propagande en démocratie, où les médias tiennent le rôle-titre, il est assez classique de définir le marketing comme "une manière de créer des besoins artificiels, de contrôler la façon dont les gens pensent et regardent les choses" (Noam Chomsky). Si ce n'est pas une phrase en l'air, voyons-la comme une occasion de tirer quelques conséquences et faire un peu mieux qu'espérer en l'efficacité par elles-mêmes des idées qu'on publie.

En faisant au plus simple, la critique des médias doit pouvoir être résumée aux points suivants; en tant que système, les médias sont partie prenante d'une ensemble plus large (comprenant les industries des relations publiques et du divertissement, le marketing, l'Ecole, etc.); cet ensemble assure, dans les démocraties formelles, l'incorporation, la reproduction et le maintien non violent d'un ordre social injuste; il participe à maintenir en place les structures du pouvoir et de l'argent; il favorise les penchants à la soumission et au narcissisme; il nous détourne de nos idées ridicules d'égalité et d'autonomie dans nos propres affaires.

Si on prend ces propositions au mot. C'est-à-dire au sérieux. Les mots sont importants. Si on les met en pratique, plutôt que de ne considérer que les mots pour ne pas à avoir à envisager les choses. Si on prend donc ces phrases au mot, il faut se passer aussi bien des attachés de presse que des services de marketing. Et donc bannir la pratique du service de presse, cet usage qui consiste à envoyer, par lots, des livres comme des échantillons, d'ailleurs traités comme tels; listes d'auteurs et de titres, extraits et comptes rendus montés avec plus ou moins de bonheur entre des marronniers, des "Points de vue" et des pages de publicité. Il n'est pas de manière plus efficace de neutraliser le potentiel critique ou novateur d'un propos, de détruire plus vite le travail lent, fouillé, que réclame l'édition de livres exigeants; un travail qui s'oppose par nature aux poncifs et au prêt-à-penser dont les médias sont premiers producteurs et les principaux amplificateurs. Même quand, résultat hasardeux des contradictions propres au champ médiatique, le contenu des analyses est plus ou moins respecté dans la manière d'en rendre compte, celles-ci participent d'abord à donner l'illusion de la pluralité, à masquer le travail quotidien et ravageur de la propagande médiatique.
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1ded6   21 avril 2012
La trahison des éditeurs de Thierry Discepolo
Ce vieux polisson de Fixot est si peu pris au sérieux qu’il peut dire la vérité sur le père de son ex-employeur et continuer de parler avec le fils : « Gaston Gallimard était une crapule géniale qui a édité Voilà et Détective. Il ne lisait pas beaucoup. »
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Lybertaire   04 août 2012
La trahison des éditeurs de Thierry Discepolo
Comme les autres médias de masse, l’édition participe à la transformation du public en masse : par l’organisation d’une production de plus en plus centralisée et des moyens financiers de plus en plus grands ; par l’instauration de modalités de redistribution des gains et de gestion des investissements favorables aux dirigeants et à l’élite des cadres d’entreprise ; par son rôle dans l’augmentation de la disproportion numérique entre les donneurs et les receveurs d’opinion.
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alzaia   05 novembre 2016
Agone, N° 41/42, 2009 : Les intellectuels, la critique & le pouvoir de Thierry Discepolo
on moins intéressante sera l’observation que ce jeu n’est (malheureusement) pas confiné au monde des lettres mais embarque aussi un parti communiste français, en l’occurrence dans une bataille dérisoire pour garder dans ses rangs jusqu’au pire fac-similé d’avant-garde – plutôt que de tirer des leçons des précédentes. Finalement plus édifiant que les appels de Sollers au pape – qui ne valent que pour l’outrance d’un animal de cirque –, c’est du pas de deux avec Aragon qu’on doit tirer des leçons. Pour constater combien, dans l’espace public, les intellectuels jouent avec acharnement en véritables partenaires des acteurs politiques officiels. Et si, pour ces intellectuels médiatiques (dont Aragon est le grand ancêtre), les lettres, les arts, les sciences ou la philosophie sont bien la continuation de la politique par d’autres moyens (et réciproquement, d’ailleurs), c’est dans le cadre de la politique non plus considérée comme un outil de changement social mais comme un instrument pour garder le pouvoir – pas seulement d’être vu.
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Thierry Discepolo
alzaia   05 novembre 2016
Thierry Discepolo
Quant à la faveur du contexte idéologique contemporain pour la diffusion de "pensées radicales", ne sommes-nous pas de plain-pied dans l'ère de la plus grande confusion ?... Où la visibilité de la pensée critique nourrit surtout un marché de la contestation que se partagent des auteurs (archéo- ou néo-contestataires, de Badiou à Onfray) et des collections radicales-chics développées par des éditeurs propriétés de grands et de petits groupes, avec l'aide active des médias officiels à leur place d'auxiliaire de l'ordre dominant. Ce qui n'augure rien de bon
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lanard   10 juin 2012
La trahison des éditeurs de Thierry Discepolo
Qu'ils soient de droite ou qu'ils se disent de gauche, la plupart des éditeurs "dont on parle" ne semblent même plus parier sur les légendes colportées sur ce métier pour se donner un peu de courage - ou de contenance. La plupart se mettent naturellement au service du programme officiel de neutralisation pacifiée en société libérale de masse: "Les régimes totalitaires brûlent les livres, la démocratie les noie". Et les derniers justes croient encore "en la force intrinsèque des idées vraies": qu'il leur suffira de publier beaucoup de "bons livres" pour décupler les effets bénéfiques attendus sur le monde social. On pourrait formuler le paradoxe de l'éditeur vertueux comme celui d'un bon professionnel qui augmente son chiffre d'affaire, accroissant la valeur marchande de l'entreprise de son actionnaire principal, qui peut ainsi acquérir d'autres enseignes jusqu'au moment de revendre le lot pour décupler le potentiel de ses bienfaits. "Il faut bien vivre", comme on dit. Mais pourquoi se raconter des histoires en nous racontant des histoires amplifiées par le relais bienveillant des fabricants de la petite musique au son de laquelle on dort d'un sommeil sans rêves?
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1ded6   21 avril 2012
La trahison des éditeurs de Thierry Discepolo
L’émergence épisodique de best-sellers non planifiés ne change rien à la situation normale d’une gestion rationalisée de la consommation de masse.
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