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Citations de Thomas Giraud (39)


Palmyre   23 mars 2018
La ballade silencieuse de Jackson C. Franck de Thomas Giraud
Plus tôt, vers 8 heures, la nuit ne cédant pas encore tout à fait, Jackson marche sous un ciel sale, un gris louche, à peine quelques reflets foncés et plus clairs emmêlés. Du plus loin qu'il puisse regarder, il ne voit qu'un seul gros nuage lourd comme du plomb qui couvre de toute son étendue l'obscurité, mettant du sombre au sombre.
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Palmyre   02 avril 2018
La ballade silencieuse de Jackson C. Franck de Thomas Giraud
Sur l'eau, tout s'allonge. On a l'impression d'être capable d'englober d'un seul coup d’œil ce qui nous aurait demandé plusieurs mouvements des yeux, on étire le regard pour rendre toute chose horizontale. Et de toute façon, si on ne le fait pas, c'est le paysage qui décide, étire alors le regard à sa manière. Rien ne vient rompre l'horizon, pas de maisons, de meules de foins pour ponctuer cette grande nappe bleue.
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LiliGalipette   26 septembre 2019
Le bruit des tuiles de Thomas Giraud
« Je ne veux pas recommencer à vivre là-bas comme j’ai vécu ici. Ailleurs sera mieux car ailleurs est toujours mieux. » (p. 78)
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ErnestLONDON   30 septembre 2018
Élisée : Avant les ruisseaux et les montagnes de Thomas Giraud
Il a l’intuition que le groupe peut faire quelque chose, modifier davantage que l’individu.
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montmartin   17 juillet 2019
Le bruit des tuiles de Thomas Giraud
On ne vit pas dignement dans un milieu qui a été trop longtemps corrompu.
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dipari   03 décembre 2017
Élisée : Avant les ruisseaux et les montagnes de Thomas Giraud
Il y rumine des colères qui ne sont jamais des coups de sang (il n'appartient pas au cogneurs de sang), mais plutôt des frustrations et des tiraillements d'enfants, jusqu'à ce qu'Élysée parviennent à construire des bouts de pensées qui sont des réflexions d'enfant, prémisses d'une littérature à venir, et qui lui permettront de contenir ses agacement.
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Charybde2   28 septembre 2016
Élisée : Avant les ruisseaux et les montagnes de Thomas Giraud
L’observation d’une grève, l’amitié qu’il imagine entre les ouvriers, l’unité indéfectible qu’il suppose vont contribuer à rééquilibrer un peu ses centres d’intérêts. Jusque-là, la nature était omniprésente et la part qu’il faisait à la politique ou à la philosophie politique était réduite aux ouvrages. Il ne notait rien sur les hommes. À partir de cet épisode, il fait entrer l’intervention humaine. C’est l’occasion d’adopter une nouvelle méthode : il note ce qu’il voit sur les hommes et ce que cela lui inspire. Mais ce sont les hommes, le groupe, qui l’intéressent, pas les individus, en tout cas pas pour ses notes.

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mangeclous   15 octobre 2016
Élisée : Avant les ruisseaux et les montagnes de Thomas Giraud
Pour l'instant, l'envie d'écrire est en préparation. Il conserve, dans sa tête, les bouts de pensée de ses colères non pas pour façonner une figure de rebelle mais parce que les mots qui lui viennent à l'esprit, dans ces moments de frustration et de tiraillements, continuent de rouler dans sa bouche et de faire des phrases dont il ne se sépare pas facilement.
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Isa24   08 novembre 2020
Élisée : Avant les ruisseaux et les montagnes de Thomas Giraud
Ses bouts de pensée s'allongent.

Bouts de pensée : Est-ce que la goutte d'eau que je caresse à un endroit du ruisseau aura la mémoire de ma caresse, plus loin, au moment de se jeter dans un fleuve ? Et cette mémoire, l'eau l'aura-t-elle encore au moment de se jeter dans la mer ? Et si ce sont des mots, resteront-ils prisonniers dans les gouttes jusqu'à la mer ? Est-ce que je peux marquer la nature, sculpter cet espace ? Est-ce que je peux raconter la nature en prenant des parties se fondant dans un tout ?
Bout de pensée : On ne peut pas vivre avec humanité et manger des animaux. Les manger, c'est d'abord les tuer, lâchement, après avoir organisé soigneusement leur vie pour en faire une petite vie. Je ne veux que regarder les animaux. Apprendre en les observant.
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Charybde2   05 novembre 2019
Le bruit des tuiles de Thomas Giraud
Quelques instants de satisfaction intérieure et puis, repoussant une mèche de cheveux ou se frottant les yeux avec la paume des mains, il retrouve des pensées plus mélancoliques, presque sinistres, qui lui permettent progressivement de chasser l’enthousiasme de mauvais aloi, la vision et l’intuition du bonheur achevé pour parvenir à la difficulté, à tout ce qu’il faudra faire. Les choses concrètes qu’il faut dire. Il manœuvre avec lui-même, marmonne et s’enjoint silencieusement à de l’austérité, de la sobriété avec quelques petits trucs qui produisent toujours chez lui un vif effet : les sermons des prêtres sur les tombes des enfants morts, la brume, le souvenir de certains cours magistraux faits par de vieux enseignants chevrotants et en habit, leurs mains tremblantes. Et surtout, ne pas se laisser aller à ce qui fait les miracles, le scintillement, les solutions aux problèmes trouvées dans un écart de la pensée, par hasard. Ne pas oublier le bruit de tuiles que l’on brise une à une, ces bruits de toits qui s’écroulent.
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Isa24   08 novembre 2020
Élisée : Avant les ruisseaux et les montagnes de Thomas Giraud
Il note : Arbre. À l’est de Liège, sur une route assez large bordée par des champs. L'arbre est au milieu d'un champ. Je ne connais pas son nom (il tente un dessin de l'arbre et conserve une feuille de celui-ci dans son cahier). Cet arbre habite l'espace, de long en large. Il est planté dans la terre et retenu, par elle, par de longs doigts noirs qui la soulèvent assez loin autour. Il monte au ciel, très haut. De près, de dessous, on ne voit rien que l'ombre lourde et humide. Il est trop dense pour offrir le ciel au regard. Il faut se reculer, prendre de la distance pour mesurer l'ogre qu'il est : il mange tout le ciel autour. Il s'étend aussi avec mille bras en largeur. Les frondaisons, jolies, d'un vert tendre bruissent délicatement et me rappellent les voiles des gabares sur la Dordogne par jour de petit vent. C'est le plus beau bruit du monde. Là, le ciel est sombre, agité. L'arbre serait-il plus beau avec du bleu tout autour ? J'attends le temps qu'il faut pour me faire une idée. Une autre idée. Une idée avec le soleil. J'attends. Je préfère cet arbre dans le gris pommelé des nuages, avec le vent. Il offre une beauté plus sincère.
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Isa24   08 novembre 2020
Élisée : Avant les ruisseaux et les montagnes de Thomas Giraud
Il essaie, comme il peut, de reconstruire ce que Jacques, le père, peut bien vouloir dire.
Jacques lui dit encore : "Tu ne fais rien. Je te vois toute le journée et toute la journée je te vois ne rien faire. Tu vas d'un endroit à un autre. Tu sembles entamer quelque chose que tu t'arrêtes de faire. Puis tu remets en place ce que tu as entamé. Tu sembles chercher à mettre un petit désordre, pas trop grand, juste suffisant pour que tu puisses, ensuite, t'occuper un petit moment à tout remettre en ordre. On ne vit pas comme ça Élisée. C'est le travail qui doit t'occuper. Tu n'as pas besoin pour le moment de te choisir un travail particulier, tu es un enfant, mais tu dois faire chaque chose comme si elle était un travail. Chaque chose mérite d'être faite avec une grande patience, du temps. Chaque chose doit être difficile. Si tu trouves que ça a été simple, c'est que tu t'es trompé, c'est que tu as bâclé. Et si tu ne t'en rends pas compte, regarde de plus près l'objet que tu travailles et tu verras tout ce que tu as raté. Tourne-le, regarde bien, et là, devant ton nez tu ne pourras pas passer à côté de cet angle qui coince, de cette rangée de poireaux qui semble défier l'entendement. Dément, c'est bien ça qui te guette, être dément, si tu n'acceptes pas de vivre comme on doit le faire. On ne peut pas vivre autrement. Je ne le peux pas, les autres ne le peuvent pas, tu ne le peux pas. Mais tu pourras beaucoup prier." Il poursuit : "Nous n'avons pas seulement une part à faire, à accomplir durant notre vie, nous devons faire, sans mesure, sans mesurer, ni la taille de l'effort, ni celle du temps. Et peu importe aussi le temps qu'il fait. Ce qui compte c'est de faire, le repos vient à celui qui fait, tu comprends ce que je te dis Élisée ? Tu comprends, non tu ne comprends pas, toi tu ne comprends pas que l'on fasse, toi tu cherches à attraper la lumière, à transformer les papillons et les ruisseaux alors que ce sont des seaux qu'il te faudrait, pour ranger, pour t'aider à ranger le monde. Tu pourras beaucoup prier."

Bout de pensée : J'en ai marre de lui.

Bout de pensée : J'en ai vraiment marre de lui.
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Isa24   08 novembre 2020
Élisée : Avant les ruisseaux et les montagnes de Thomas Giraud
Bout de pensée : Qu'il laisse le vent et les pierres. Il ne comprend pas le temps qu'il faut pour arrondir une pierre, pour pouvoir dire, je la connais.

Bout de pensée : Il voit de la paresse là où il ne sait pas regarder. Quelle différence fait-il entre fainéant et paresseux ?

Bout de pensée : Il se trompe. Ces pierres ne sont pas du vent, elles sont la terre que l'on transporte et un peu de l'espace en poussière.
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Isa24   08 novembre 2020
Élisée : Avant les ruisseaux et les montagnes de Thomas Giraud
Bout de pensée : Est-ce que je n'ai pas le droit de rester assis à regarder les feuilles des arbres ?

Bout de pensée : Je voudrais passer ma vie à transporter les pierres dorées et à ne plus avoir à exécuter les ordres de mon père.

Bout de pensée : Que sait-il de la fraîcheur de l'eau ? Que sait-il de l'odeur des raisins mûrs dans les vignes ? Il ne fait que marcher, traverser, sans s'arrêter. Il ne sait ni sur nous ni sur les choses.

...

Bout de pensée : Jusqu'à quand devrai-je lui obéir ?

Bout de pensée : Il ne connaît rien au vide, à l'intérêt du vide. Il ne pense qu'à remplir.
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laurafcboisset   03 juin 2020
La ballade silencieuse de Jackson C. Franck de Thomas Giraud
Il lui joue un autre blues dont il a retrouvé le thème principal. Ils parlent d’Indiens aussi. C’est bien mon gars. On sent la musique. Elvis fait quelques pas de danse, bouge ses hanches qui ont l’air si souples, ses jambes toniques, sous les yeux envieux de Jackson. Il donnerait presque des cours de danse à Jackson s’il n’avait un sursaut. Dans sa tête, Le gars boîte non ? Il se raidit vite, ralentit sa danse pour s’immobiliser tout à fait.
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LiliGalipette   26 septembre 2019
Le bruit des tuiles de Thomas Giraud
« Ce qui l’a le plus surpris, c’est que personne ne lui ait dit que le malheur devait se prévoir. » (p. 265)
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LiliGalipette   26 septembre 2019
Le bruit des tuiles de Thomas Giraud
« Au fond le langage lui fait défaut pour formuler le vide. Acculé à la honte, devant l’effondrement ou plutôt devant ce qui ne s’est jamais vraiment construit, il ne trouve rien d’autre que du vide à reformuler, de vieilles idées fades et collantes comme un vieux bonbon à ressasser. » (p. 196)
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Ptitmousse   21 mai 2018
La ballade silencieuse de Jackson C. Franck de Thomas Giraud
Il veut surtout la compagnie des lacs, ce calme à toute épreuve, ces odeurs qui fermentent, cette impression de renoncement du lac, ce vieillissement tranquille.
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dipari   09 mai 2018
La ballade silencieuse de Jackson C. Franck de Thomas Giraud
Il dit les routes et pas ce qui mène aux routes que l'on ne voit pas.
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YoannG   21 février 2018
Élisée : Avant les ruisseaux et les montagnes de Thomas Giraud
C'était une famille de tousseurs. Le père, Jacques, toussait, et tous les enfants, avec des intensités variables, toussaient. Ils toussaient tous au moindre rhume, au moindre coup de froid. Au mieux de leur forme, ils toussaient aussi : avant le café, après une promenade, devant une salade de carottes. Tous les douze, treize, quatorze enfants toussaient. Les repas étaient les moments privilégiés des toux. C'était Élie, le premier, en général, à tousser. Ensuite, il n'y avait pas d'ordre de préséance : ça toussait.
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