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Note moyenne 3.55 /5 (sur 28 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Thomas Sands a vingt-sept ans. Un feu dans la plaine est son premier livre. Voyageur solitaire, il est aussi photographe.
Dans son premier roman Du feu dans la plaine, Thomas Sands anticipait l'avènement d'Emmanuel Macron et les mouvements virulents de l'hiver dernier.
L'un des tiens est un récit post-apocalyptique : il anticipe l'effondrement de l'économie, des institutions politiques, des ressources énergétiques, ainsi que les catastrophes écologiques et sanitaires qui s'ensuivent.

Source : Editeur
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Fred, spécialise Polar à la librairie Sauramps Odyssé , vous emmène à la découverte d'"Un Feu dans la plaine" de Thomas Sands. Un polar "hallucinant" où la vie d'un jeune garçon de 23 ans va basculer suite à un contrôle de police ! Site Web Sauramps : https://www.sauramps.com Retrouvez nous sur : Facebook : https://bit.ly/2lhDbcc Twitter : https://bit.ly/1UDrTNf Instagram : https://bit.ly/2MEVCE7 Pinterest : https://bit.ly/2K6kiUc


Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaoui   09 avril 2018
Un feu dans la plaine de Thomas Sands
On cesse d’être humain, d’être rattaché au monde, aux autres, à ceux que l’on aime à la seconde où l’on ne peut plus dissocier les événements de ses émotions. À la seconde où les mots vous manquent. C’est toujours la honte qui engendre le crime.
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rkhettaoui   09 avril 2018
Un feu dans la plaine de Thomas Sands
Ce qu’il voit, ce qu’il distingue dans les yeux de l’otage, toujours les mêmes images, le même cauchemar, le visage du vigile qui tombe à ses pieds devant l’usine, le visage de sa mère égarée par les anxiolytiques, l’angoisse imbibant jusqu’à la prunelle trempée, chacun de ses regards, de ses gestes ralentis. Il sait bien pour quelles raisons il retient cet homme, voici le témoin de ses terreurs, de la grande tristesse qui étend sur lui son empire, la détresse inexorable qui est sa nouvelle substance puisque la colère le submerge, l’épuise plutôt, puisqu’il vit dans la douleur, l’amertume, tel un vain protecteur, chargé de repousser les fantômes, la mort qui s’étend sans répit autour de lui, autour des hommes seuls. Au fond, il n’a jamais eu un tel ami, fidèle comme un souvenir, quand les remords vous hantent et vous implorent. Fidèle, et plein de compassion, quand on ne se pardonne plus rien. Fidèle, avec l’indulgence, avec l’intensité douloureuse de ses regards, lorsqu’il voit chez son tortionnaire la faiblesse derrière l’intensité, l’impuissance devant la vie. Son unique ami, son frère. Celui qui éclaire sa nuit. Fidèle. Atroce.
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rkhettaoui   09 avril 2018
Un feu dans la plaine de Thomas Sands
Il s’arrête au sourire des putes derrière les restoroutes, tout près des douches, des latrines, des urinoirs. Les routiers matent avec une sorte de fureur, certains ricanent, les derniers s’approchent davantage, qui bandent déjà. Le corps des filles à demi nu, lamés à deux balles, fard, mascara, balafre. Les corps ouverts contre les murs, les blessures. La solitude et la violence, les pulsions, les désirs, le sexe troublé. Il y a les semi-remorques des routiers exténués, qui arrivent de Pologne, d’Ukraine ,de Turquie, il y a les filles d’Espagne, de France, de Tunisie que l’économie mondialisée met à genoux pour sucer. L’économie excitée qui lamine ces hommes, écartèle ces femmes. Que fait-il ici, à observer ? Sinon se salir, puisqu’il a failli selon lui. Acérer sa colère, la rassembler en violence. Que fout-il ici, sinon se révolter.
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rkhettaoui   09 avril 2018
Un feu dans la plaine de Thomas Sands
Les images, les souvenirs, les regards le laissent sans repos. Il s’est posté à la croisée, incapable de dormir, il ne sait pas se poser. Il lui reste encore un peu de mémoire, il lui reste quelques souvenirs, des parfums, un visage presque effacé. Il a quinze ans quand sa mère est licenciée, il revoit la lettre sur la nappe en plastique humide de la cuisine, juste après le repas, elle vieillit d’un coup, dix ans, vingt ans, elle cache ses mains pour qu’il ne les voie pas trembler. Ils sont seuls à présent, il sera l’homme de la maison, son père s’est barré depuis longtemps, il a oublié jusqu’à sa gueule, a comblé le vide par la révolte, ils sont vraiment seuls à présent, il faudra prendre soin soutenir protéger, elle ne retrouvera pas de travail, pas à son âge, ils le savent tous les deux.
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rkhettaoui   09 avril 2018
Un feu dans la plaine de Thomas Sands
Il aime se poser là, peut-être parce qu’il a toujours souhaité être un témoin. Sans véritables racines, comme tous ceux de son époque, condamné à la vitesse, au culte de l’instant, fils de rien, il a longtemps éprouvé le besoin de vivre avec, de vivre parmi, malgré la sensation d’exil qui est son empreinte profonde. La vue de ces familles pieuses, éclairées par leur foi, leur culture, lui évoque un sentiment d’appartenance qui en ce qui le concerne se dérobe, puisqu’il ne croit en rien, ni en personne, même pas en lui. Puisqu’il abrite depuis l’enfance ce mélange d’émotivité et de cruauté que seul peut éprouver celui qui espère trop, qui une fois au moins aurait voulu atteindre la perfection.
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rkhettaoui   09 avril 2018
Un feu dans la plaine de Thomas Sands
Il est maigre comme sont les chiens de combat, le visage marqué parfois, arcades fraîchement refermées, pommettes étoilées de sang séché, phalanges éclatées – ses yeux clairs, son sourire, sa candeur inaltérable. Lorsqu’il arrive quelque part, un kebab, un bar, une boutique de fringues soldées, il est accueilli comme jadis les janissaires, les croisés. Sa sauvagerie, une part barbare, indomptée, ce sillon profond en lui. Cette fierté sans limites, on la perçoit au premier regard. Surtout, il abrite ce mélange de douceur et de fragilité qui, lorsqu’ils ne l’acceptent pas, lorsque plutôt ils ne savent comment l’exprimer, mène certains hommes à la tristesse, à la mélancolie. La violence.
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rkhettaoui   09 avril 2018
Un feu dans la plaine de Thomas Sands
La vie d’un ouvrier, courber l’échine et reculer, recueillir le métal en fusion à la sortie du four, faire pivoter la benne à la force des bras, vérifier d’un coup d’œil, recommencer, reculer encore. Un repas le midi, trente minutes, seconde pause l’après-midi, huit minutes. Ses mains le font souffrir, les paumes comme talées, comprimées à force de tenir l’arceau, les doigts serrés jusqu’à la crampe, nécrosés presque, autour de la barre de métal. Le soir, chez lui, ils ont doublé de volume, il les trempe dans une bassine d’eau froide, dans le lavabo de la salle de bains, sa femme s’est endormie à côté. Subir et reculer. Subir et reculer
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rkhettaoui   09 avril 2018
Un feu dans la plaine de Thomas Sands
Ils restent étendus en travers du lit, leurs membres enchevêtrés, un bras, une jambe. Ils sont fatigués, ne savent plus à qui appartiennent cette main, ce pied, cette épaule. Leur corps les fait souffrir, les muscles endoloris, des fruits talés. Ils demeurent immobiles, les yeux brillants dans la pénombre, alors elle sent la tristesse de son amant. Pas seulement la défaite après l’amour. Autre chose, de plus sourd, presque noir. Il est tel un noyé entre deux eaux. Ses dents brillent, elle les éteint d’un baiser, elle les sent contre sa langue. Puis elle embrasse doucement sa main mutilée, les cicatrices, les phalanges tranchées.
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rkhettaoui   09 avril 2018
Un feu dans la plaine de Thomas Sands
Il la retrouve, elle tapine chaque nuit sur l’écran, il ne peut s’empêcher de la regarder, de l’écouter. Il est fasciné, il est écœuré. C’est une experte, une professionnelle en consultation, l’apôtre proclamée du jeune baron. L’économie libérée est son domaine. Elle émarge au quotidien sur le plateau d’une chaîne d’information agenouillée. C’est comme une apparition, son visage asymétrique de madone cubiste, la belle chevelure, ce regard vert, le nez droit des cariatides aux façades de marbre, l’assurance aux pommettes des beaux quartiers apaisés, et puis d’un coup la bouche épaisse, tordue, le rictus, le mépris, la méchanceté.
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rkhettaoui   09 avril 2018
Un feu dans la plaine de Thomas Sands
Il refuse de voir quiconque, il n’abrite aucune nostalgie, seuls demeurent la honte, le dégoût. Il n’est plus le fils, l’ami de personne, mais seulement l’enfant de ses actes, de ses gestes, de ses pas laissés dans la boue. Mensonges, rêves et illusions se sont peu à peu glissés en lui, pareils à une carapace de l’intérieur, une forteresse sans rempart. Ils réduisent les fractures, soutiennent les jointures, recouvrent de silence ce qui est arraché. Ils incitent d’abord à renoncer. Mais lui ne veut pas renoncer, voilà ce qu’il abrite, cette intime friction, elle le tuera, il le sait
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