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Note moyenne 3.96 /5 (sur 138 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Morlaix (Finistère) , le 18/07/1845
Mort(e) à : Morlaix (Finistère) , le 01/03/1875
Biographie :

Le destin de Édouard-Joachim Corbière, dit Tristan Corbière, fut on ne peut plus tragique, si l'on veut bien considérer qu'il est mort à trente ans, parfaitement inconnu, malade, dans sa Bretagne natale où il avait vécu parfaitement étranger aux mouvements intellectuels et poétiques de son époque.

Enterré à Morlaix, dans le plus grand dénuement, c'est à Verlaine que Corbière doit d'être sorti du silence après sa mort, Verlaine qui considéra et proclama à Hue et à Dia que Les Amours Jaunes (1873), livre unique d'ailleurs de Corbière était un chef d'œuvre.

Il est le fils d'Édouard Corbière, écrivain, journaliste, armateur et aujourd'hui considéré comme le « père du roman maritime en France ».

Source : www.poesie.net
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Le crapaud - Tristan Corbière lu par Yvon Jean
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Citations et extraits (91) Voir plus Ajouter une citation
Bobby_The_Rasta_Lama   15 avril 2019
Les amours jaunes de Tristan Corbière
APRÈS LA PLUIE



J’aime la petite pluie

Qui s’essuie

D’un torchon de bleu troué !

J’aime l’amour et la brise,

Quand ça frise…

Et pas quand c’est secoué.



— Comme un parapluie en flèches,

Tu te sèches,

Ô grand soleil ! grand ouvert…

A bientôt l’ombrelle verte

Grand’ouverte !

Du printemps — été d’hiver. —



La passion c’est l’averse

Qui traverse !

Mais la femme n’est qu’un grain :

Grain de beauté, de folie

Ou de pluie…

Grain d’orage — ou de serein. —



Dans un clair rayon de boue,

Fait la roue,

La roue à grand appareil,

— Plume à queue — une Cocotte

Qui barbote ;

Vrai déjeuner de soleil !
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Bobby_The_Rasta_Lama   29 mars 2019
Les amours jaunes de Tristan Corbière
Pièce à carreaux



Ah ! si Vous avez à Tolède,

Un vitrier

Qui vous forge un vitrail plus raide

Qu’un bouclier !…



À Tolède j’irai ma flamme

Souffler, ce soir ;

À Tolède tremper la lame

De mon rasoir !



Si cela ne vous amadoue :

Vais aiguiser,

Contre tous les cuirs de Cordoue,

Mon dur baiser :



— Donc — À qui rompra : votre oreille,

Ou bien mes vers !

Ma corde-à-boyaux sans pareille,

Ou bien vos nerfs ?



— À qui fendra : ma castagnette,

Ou bien vos dents…

L’Idole en grès, ou le Squelette

Aux yeux dardants !



— À qui fondra : vous ou mes cierges,

Ô plombs croisés !…

En serez-vous beaucoup plus vierges,

Carreaux cassés ?



Et Vous qui faites la cornue,

Ange là-bas !…

En serez-vous un peu moins nue,

Les habits bas ?



— Ouvre ! fenêtre à guillotine :

C’est le bourreau !

— Ouvre donc porte de cuisine !

C’est Figaro.



… Je soupire, en vache espagnole,

Ton numéro

Qui n’est, en français, Vierge molle !

Qu’un grand ZÉRO.
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Sphilaptere   22 novembre 2018
Les amours jaunes de Tristan Corbière
Elle était riche de vingt ans,

Moi j'étais jeune de vingt francs,

Et nous fîmes bourse commune,

Placée, à fonds perdu, dans une

Infidèle nuit de printemps.
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Tristan Corbière
michfred   04 août 2015
Tristan Corbière
LE CRAPAUD







Un chant dans une nuit sans air…

— La lune plaque en métal clair

Les découpures du vert sombre.



… Un chant ; comme un écho, tout vif

Enterré, là, sous le massif…

— Ça se tait : Viens, c’est là, dans l’ombre…



— Un crapaud ! — Pourquoi cette peur,

Près de moi, ton soldat fidèle !

Vois-le, poète tondu, sans aile,

Rossignol de la boue… — Horreur ! —



… Il chante. — Horreur !! — Horreur pourquoi ?

Vois-tu pas son œil de lumière…

Non : il s’en va, froid, sous sa pierre.

· · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Bonsoir — ce crapaud-là c’est moi.
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gill   28 novembre 2017
Les amours jaunes de Tristan Corbière
Un pauvre petit diable aussi vaillant qu'un autre,

Quatrième et dernier à bord d'un petit côtre ...

Fier d'être matelot et de manger pour rien,

Il remplaçait le coq, le mousse et le chien ;

Et comptait, comme ça, quarante ans de service,

Sur le rôle toujours inscrit comme novice ! - ...

( extrait de la poésie intitulée "le bossu bitor")
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tamara29   13 août 2019
Les amours jaunes de Tristan Corbière
Se mourant en sommeil, il se vivait en rêve.

Son rêve était le flot qui montait sur la grève,

Le flot qui descendait ;

Quelquefois, vaguement, il se prenait attendre…

Attendre quoi… le flot monter -- le flot descendre --

Ou l'Absente... Qui sait ?



(Le poète contumace)
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Tristan Corbière
Aurel82   20 août 2018
Tristan Corbière
Bonne fortune et fortune



Odor della feminita.



Moi, je fais mon trottoir, quand la nature est belle,

Pour la passante qui, d’un petit air vainqueur,

Voudra bien crocheter, du bout de son ombrelle,

Un clin de ma prunelle ou la peau de mon coeur…



Et je me crois content – pas trop ! – mais il faut vivre :

Pour promener un peu sa faim, le gueux s’enivre….



Un beau jour – quel métier ! – je faisais, comme ça,

Ma croisière. – Métier !… – Enfin, Elle passa

– Elle qui ? – La Passante ! Elle, avec son ombrelle !

Vrai valet de bourreau, je la frôlai… – mais Elle



Me regarda tout bas, souriant en dessous,

Et… me tendit sa main, et…

m’a donné deux sous.
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tamara29   19 octobre 2019
Les amours jaunes de Tristan Corbière
C'est à toi que je fis mes adieux à la vie,

A toi qui me pleuras, jusqu'à me faire envie

De rester me pleurer avec toi. Maintenant

C'est joué, je ne suis qu'un gâteux revenant,

En os et… (j'allais dire en chair). -- La chose est sûre

C'est bien moi, je suis là -- mais comme une rature.



(Le poète contumace)
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Sphilaptere   27 février 2019
Les amours jaunes de Tristan Corbière
BONNE FORTUNE et FORTUNE



Moi, je fais mon trottoir, quand la nature est belle,

Pour la passante qui, d'un petit air vainqueur,

Voudra bien crocheter, du bout de son ombrelle,

Un clin de ma prunelle ou la peau de mon coeur...



Et je me crois content - pas trop ! - mais il faut vivre :

Pour promener un peu sa faim, le gueux s'envivre...



Un beau jour - quel métier ! - je faisais, comme ça,

Ma croisière. - Métier !... - Enfin, Elle passa

- Elle qui ? - La Passante ! Elle, avec son ombrelle !

Vrai valet de bourreau, je la frôlai... - mais Elle



Me regarda tout bas, souriant en dessous,

Et... me tendit sa main, et...



m'a donné deux sous.
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TREMAOUEZAN   20 janvier 2017
Les amours jaunes de Tristan Corbière
LA PIPE AU POÈTE



Je suis la Pipe d’un poète,

Sa nourrice, et : j’endors sa Bête.



Quand ses chimères éborgnées

Viennent se heurter à son front,

Je fume… Et lui, dans son plafond,

Ne peut plus voir les araignées.



… Je lui fais un ciel, des nuages,

La mer, le désert, des mirages ;

— Il laisse errer là son œil mort…



Et, quand lourde devient la nue,

Il croit voir une ombre connue,

— Et je sens mon tuyau qu’il mord…



— Un autre tourbillon délie

Son âme, son carcan, sa vie !

… Et je me sens m’éteindre. — Il dort —



· · · · · · · · · · · · · · · · · · ·



— Dors encor : la Bête est calmée,

File ton rêve jusqu’au bout…

Mon Pauvre !… la fumée est tout.

— S’il est vrai que tout est fumée…
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