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Note moyenne 3.92 /5 (sur 144 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Morlaix (Finistère) , le 18/07/1845
Mort(e) à : Morlaix (Finistère) , le 01/03/1875
Biographie :

Le destin de Édouard-Joachim Corbière, dit Tristan Corbière, fut on ne peut plus tragique, si l'on veut bien considérer qu'il est mort à trente ans, parfaitement inconnu, malade, dans sa Bretagne natale où il avait vécu parfaitement étranger aux mouvements intellectuels et poétiques de son époque.

Enterré à Morlaix, dans le plus grand dénuement, c'est à Verlaine que Corbière doit d'être sorti du silence après sa mort, Verlaine qui considéra et proclama à Hue et à Dia que Les Amours Jaunes (1873), livre unique d'ailleurs de Corbière était un chef d'œuvre.

Il est le fils d'Édouard Corbière, écrivain, journaliste, armateur et aujourd'hui considéré comme le « père du roman maritime en France ».

Source : www.poesie.net
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Citations et extraits (89) Voir plus Ajouter une citation
Bobby_The_Rasta_Lama   15 avril 2019
Les amours jaunes de Tristan Corbière
APRÈS LA PLUIE



J’aime la petite pluie

Qui s’essuie

D’un torchon de bleu troué !

J’aime l’amour et la brise,

Quand ça frise…

Et pas quand c’est secoué.



— Comme un parapluie en flèches,

Tu te sèches,

Ô grand soleil ! grand ouvert…

A bientôt l’ombrelle verte

Grand’ouverte !

Du printemps — été d’hiver. —



La passion c’est l’averse

Qui traverse !

Mais la femme n’est qu’un grain :

Grain de beauté, de folie

Ou de pluie…

Grain d’orage — ou de serein. —



Dans un clair rayon de boue,

Fait la roue,

La roue à grand appareil,

— Plume à queue — une Cocotte

Qui barbote ;

Vrai déjeuner de soleil !
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Sphilaptere   22 novembre 2018
Les amours jaunes de Tristan Corbière
Elle était riche de vingt ans,

Moi j'étais jeune de vingt francs,

Et nous fîmes bourse commune,

Placée, à fonds perdu, dans une

Infidèle nuit de printemps.
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Bobby_The_Rasta_Lama   29 mars 2019
Les amours jaunes de Tristan Corbière
Pièce à carreaux



Ah ! si Vous avez à Tolède,

Un vitrier

Qui vous forge un vitrail plus raide

Qu’un bouclier !…



À Tolède j’irai ma flamme

Souffler, ce soir ;

À Tolède tremper la lame

De mon rasoir !



Si cela ne vous amadoue :

Vais aiguiser,

Contre tous les cuirs de Cordoue,

Mon dur baiser :



— Donc — À qui rompra : votre oreille,

Ou bien mes vers !

Ma corde-à-boyaux sans pareille,

Ou bien vos nerfs ?



— À qui fendra : ma castagnette,

Ou bien vos dents…

L’Idole en grès, ou le Squelette

Aux yeux dardants !



— À qui fondra : vous ou mes cierges,

Ô plombs croisés !…

En serez-vous beaucoup plus vierges,

Carreaux cassés ?



Et Vous qui faites la cornue,

Ange là-bas !…

En serez-vous un peu moins nue,

Les habits bas ?



— Ouvre ! fenêtre à guillotine :

C’est le bourreau !

— Ouvre donc porte de cuisine !

C’est Figaro.



… Je soupire, en vache espagnole,

Ton numéro

Qui n’est, en français, Vierge molle !

Qu’un grand ZÉRO.
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Tristan Corbière
michfred   04 août 2015
Tristan Corbière
LE CRAPAUD







Un chant dans une nuit sans air…

— La lune plaque en métal clair

Les découpures du vert sombre.



… Un chant ; comme un écho, tout vif

Enterré, là, sous le massif…

— Ça se tait : Viens, c’est là, dans l’ombre…



— Un crapaud ! — Pourquoi cette peur,

Près de moi, ton soldat fidèle !

Vois-le, poète tondu, sans aile,

Rossignol de la boue… — Horreur ! —



… Il chante. — Horreur !! — Horreur pourquoi ?

Vois-tu pas son œil de lumière…

Non : il s’en va, froid, sous sa pierre.

· · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Bonsoir — ce crapaud-là c’est moi.
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gill   28 novembre 2017
Les amours jaunes de Tristan Corbière
Un pauvre petit diable aussi vaillant qu'un autre,

Quatrième et dernier à bord d'un petit côtre ...

Fier d'être matelot et de manger pour rien,

Il remplaçait le coq, le mousse et le chien ;

Et comptait, comme ça, quarante ans de service,

Sur le rôle toujours inscrit comme novice ! - ...

( extrait de la poésie intitulée "le bossu bitor")
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tamara29   13 août 2019
Les amours jaunes de Tristan Corbière
Se mourant en sommeil, il se vivait en rêve.

Son rêve était le flot qui montait sur la grève,

Le flot qui descendait ;

Quelquefois, vaguement, il se prenait attendre…

Attendre quoi… le flot monter -- le flot descendre --

Ou l'Absente... Qui sait ?



(Le poète contumace)
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Tristan Corbière
Aurel82   20 août 2018
Tristan Corbière
Bonne fortune et fortune



Odor della feminita.



Moi, je fais mon trottoir, quand la nature est belle,

Pour la passante qui, d’un petit air vainqueur,

Voudra bien crocheter, du bout de son ombrelle,

Un clin de ma prunelle ou la peau de mon coeur…



Et je me crois content – pas trop ! – mais il faut vivre :

Pour promener un peu sa faim, le gueux s’enivre….



Un beau jour – quel métier ! – je faisais, comme ça,

Ma croisière. – Métier !… – Enfin, Elle passa

– Elle qui ? – La Passante ! Elle, avec son ombrelle !

Vrai valet de bourreau, je la frôlai… – mais Elle



Me regarda tout bas, souriant en dessous,

Et… me tendit sa main, et…

m’a donné deux sous.
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Sphilaptere   27 février 2019
Les amours jaunes de Tristan Corbière
BONNE FORTUNE et FORTUNE



Moi, je fais mon trottoir, quand la nature est belle,

Pour la passante qui, d'un petit air vainqueur,

Voudra bien crocheter, du bout de son ombrelle,

Un clin de ma prunelle ou la peau de mon coeur...



Et je me crois content - pas trop ! - mais il faut vivre :

Pour promener un peu sa faim, le gueux s'envivre...



Un beau jour - quel métier ! - je faisais, comme ça,

Ma croisière. - Métier !... - Enfin, Elle passa

- Elle qui ? - La Passante ! Elle, avec son ombrelle !

Vrai valet de bourreau, je la frôlai... - mais Elle



Me regarda tout bas, souriant en dessous,

Et... me tendit sa main, et...



m'a donné deux sous.
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tamara29   19 octobre 2019
Les amours jaunes de Tristan Corbière
C'est à toi que je fis mes adieux à la vie,

A toi qui me pleuras, jusqu'à me faire envie

De rester me pleurer avec toi. Maintenant

C'est joué, je ne suis qu'un gâteux revenant,

En os et… (j'allais dire en chair). -- La chose est sûre

C'est bien moi, je suis là -- mais comme une rature.



(Le poète contumace)
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Tristan Corbière
Aurel82   15 avril 2019
Tristan Corbière
Idylle coupée



Avril.



C’est très parisien dans les rues

Quand l’Aurore fait le trottoir,

De voir sortir toutes les Grues

Du violon, ou de leur boudoir…



Chanson pitoyable et gaillarde :

Chiffons fanés papillotants,

Fausse note rauque et criarde

Et petits traits crûs, turlutants :



Velours ratissant la chaussée ;

Grande-duchesse mal chaussée,

Cocotte qui court becqueter

Et qui dit bonjour pour chanter…



J’aime les voir, tout plein légères,

Et, comme en façon de prières,



Entrer dire – Bonjour, gros chien –

Au merlan, puis au pharmacien.



J’aime les voir, chauves, déteintes,

Vierges de seize à soixante ans,

Rossignoler pas mal d’absinthes,

Perruches de tout leur printemps ;



Et puis payer le mannezingue,

Au Polyte qui sert d’Arthur,

Bon jeune homme né brandezingue,

Dos-bleu sous la blouse d’azur.



– C’est au boulevard excentrique,

Au – BON RETOUR DU CHAMP DU NORD –

Là : toujours vert le jus de trique,

Rose le nez des Croque-mort…



Moitié panaches, moitié cire,

Nez croqués vifs au demeurant,

Et gais comme un enterrement…

– Toujours le petit mort pour rire ! –



Le voyou siffle – vilain merle –



Et le poète de charnier

Dans ce fumier cherche la perle,

Avec le peintre chiffonnier.



Tous les deux fouillant la pâture

De leur art… à coups de groins ;

Sûrs toujours de trouver l’ordure.

– C’est le fonds qui manque le moins.



C’est toujours un fond chaud qui fume,

Et, par le soleil, lardé d’or…

Le rapin nomme ça : bitume ;

Et le marchand de lyre : accord.



– Ajoutez une pipe en terre

Dont la spirale fait les cieux…

Allez : je plains votre misère,

Vous qui trouvez qu’on trouve mieux !



C’est le Persil des gueux sans poses,

Et des riches sans un radis…

– Mais ce n’est pas pour vous, ces choses,

Ô provinciaux de Paris !…



Ni pour vous, essayeurs de sauces,

Pour qui l’azur est un ragoût !

Grands empâteurs d’emplâtres fausses,

Ne fesant rien, fesant partout !



– Rembranesque ! Raphaélique !

– Manet et Courbet au milieu –

… Ils donnent des noms de fabrique

À la pochade du bon Dieu !



Ces Galimard cherchant la ligne,

Et ces Ducornet-né-sans-bras,

Dont la blague, de chic, vous signe

N’importe quoi… qu’on ne peint pas.



Dieu garde encor l’homme qui glane

Sur le soleil du promenoir,

De flairer jamais la soutane

De la vieille dame au bas noir !



… On dégèle, animal nocturne,

Et l’on se détache en vigueur ;

On veut, aveugle taciturne,

À soi tout seul être blagueur.



Savates et chapeau grotesque

Deviennent de l’antique pur ;

On se colle comme une fresque

Enrayonnée au pied d’un mur.



Il coule une divine flamme,

Sous la peau ; l’on se sent avoir

Je ne sais quoi qui fleure l’âme…

Je ne sais – mais ne veux savoir.



La Muse malade s’étire…

Il semble que l’huissier sursoit…

Soi-même on cherche à se sourire,

Soi-même on a pitié de soi.



Volez, mouches et demoiselles !…

Le gouapeur aussi vole un peu

D’idéal… Tout n’a pas des ailes…

Et chacun vole comme il peut.



– Un grand pendard, cocasse, triste,

Jouissait de tout ça, comme moi,

Point ne lui demandais pourquoi…

Du reste – une gueule d’artiste –



Il reluquait surtout la tête

Et moi je reluquais le pié.

– Jaloux… pourquoi ? c’eut été bête,

Ayant chacun notre moitié. –



Ma béatitude nagée

Jamais, jamais n’avait bravé

Sa silhouette ravagée

Plantée au milieu du pavé…



– Mais il fut un Dieu pour ce drille :

Au soleil loupant comme ça,

Dessinant des yeux une fille…

– Un omnibus vert l’écrasa.
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