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5/5 (sur 6 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Lyon , le 02/11/1969
Biographie :

Une Maîtrise d’anglais suivie à l’Université Lumière Lyon II lui a fait explorer la littérature anglo-américaine mais c’est dans sa langue maternelle que Valérie Joëlle aime s’adonner au plaisir de l’écriture. C’est son âme de voyageuse encline à aller découvrir d’autres cultures qui lui a donné envie d’écrire des histoires de terres lointaines. La fille de Jodhpur et Le jardin d'Odile sont ses premiers romans publiés.

www.valerie-joelle.com

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Citations et extraits (7) Ajouter une citation
Il est amusant de voir comment les différents visages de la terre font fi des frontières tracées par les hommes. Les paysages qu’elles avaient traversés aux confins de la Turquie s’étiraient encore ici, au seuil de l’Iran. Les cultures semblaient plus abondantes, et pourtant, les vallées n’étaient pas plus fertiles de ce côté, c’étaient plutôt les habitants qui les avaient mieux irriguées. Pour dompter ce pays aride où le désert n’est jamais très loin, il leur avait fallu apprendre à apprivoiser les rivières. Et ils avaient réussi. Des champs de tournesols, des vergers de pommiers, des coquelicots et même des touches d’indigo d’une fleur devenue rare, le bleuet. Ainsi apparaissait le préambule des terres iraniennes.
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Bordée de lacs salés au pied des montagnes, la cité apparaissait tel un bijou ancien perdu, à la croisée des déserts Dacht-e Kavir et Dacht-e Lut. Ronde et sensuelle, c’était un jeu de toits. Des dômes aux teintes du sable, des terrasses plates, des badgirs, ces tours ajourées « attrape-vent » qui capturaient le moindre souffle d’air en hauteur pour rafraîchir les habitations. Les couleurs, si précieuses dans les régions désertiques, étaient un délice pour les yeux. Les bleus des coupoles et des minarets, tels de l’eau fraîche. Les bruns et l’ocre des faïences, comme la poudre des épices. Et aussi le vert, celui des cyprès, des dattiers et des platanes, abreuvés par la glace fondue des montagnes qui venait courir dans les qanâts creusés comme des galeries souterraines sous la ville.
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- Finalement, on a tous un deuil à faire, dit Anémone. Un jour la vie souriante nous offre une gourmandise, emballée dans un papier de soie orange avec des rubans en or. On goûte, on aime, on ne peut plus s'en passer. Et le lendemain, elle vient nous l'arracher, comme ça, sans prévenir. Comme si finalement on ne le méritait pas vraiment.
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Odile fait tourner rapidement la cuillère dans son grand verre en faisant tinter les glaçons et boit une gorgée de citronnade.

— Un lieu odoriférant comme celui-ci ne peut que vous pousser à ouvrir grand vos narines et partir à la chasse aux trésors. Un peu plus tard, j’ai compris l’importance de ce cinquième sens. L’odorat. Avez-vous remarqué comme une odeur peut vous transporter dans un autre temps, un autre lieu, comme un sorcier vous ensorcelle ? Celle du pain grillé par exemple, qui vous fait remonter le temps trente ans en arrière
lorsque vous preniez votre petit déjeuner dans votre pyjama bleu en éponge après la grasse matinée du dimanche. Vous vous retrouvez dans la bulle chaude et réconfortante de votre foyer qui enveloppait votre cuisine et vous revoyez votre mère encore un peu ensommeillée et décoiffée par la nuit, qui vous sourit. Ou celle qu’on croise au coin des rues, qui émane des façades des vieux immeubles, et qui vous saisit parfois dans les brocantes, vous savez cette odeur froide de moisi qui vous rappelle la cave de votre grand-mère quand vous alliez chercher le vélo rouge. Pourtant votre grand-mère est morte depuis longtemps et son immeuble a même été rasé. Être nez, c’est avoir ce pouvoir. Le pouvoir de déclencher des souvenirs, des moments de bonheur mais réveiller des failles aussi.
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Odile observe Yula. Yula, qui a tout pris de sa mère. Elle a les traits sauvages des grandes steppes. Une mâchoire carrée presque masculine qui lui donne un air d’aventurière, des yeux sans cils en amande prêts à se plisser pour affronter la morsure des froids extrêmes et une peau mate parée pour dorer encore sous le soleil d’altitude. Ses cheveux d’ébène, lisses et raides comme ceux des indiennes ne lui descendent pas jusqu’aux creux des reins, ils sont mi-longs, coupés au carré, comme pour dire qu’elle a autre chose à faire que de perdre son temps à faire des brushings, et que l’on ne s’y méprenne pas : elle n’est pas sur terre pour être belle. Yula, elle est plutôt faite pour enfourcher son cheval et partir au galop, armée de son appareil photo et de sa plume acérée pour dénoncer les injustices et les violences du monde.
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Yasmeen leur enseigna le nom des carrés de concombre plongés dans du yaourt, du riz blanc et jaune, des croquettes de viande, de l’omelette aux herbes et des beignets au miel. Et tout devenait alors nettement meilleur : du mâste vakhiar, du tchelo, des chamis, du koukou, des zoulbias.
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Une pluie d'étoiles était tombée sur sa joue gauche, des taches de rousseur parsemées là. Telles qu'elles étaient constellées sur sa peau, on aurait dit la Grande Ourse.
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