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Note moyenne 3.49 /5 (sur 248 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Baabda, Liban , le 23/12/1937
Biographie :

Vénus Khoury-Ghata est une femme de lettres française.

Elle naît près de Beyrouth dans une famille maronite. Son père est un ancien moine devenu militaire, après avoir été quelques années interprète au près d’un haut-commissaire en France.

En 1957, Vénus se marie à un riche homme d’affaires. Elle aura trois enfants de ce premier mariage.

Après des études à l’École supérieure des Lettres de Beyrouth, elle exerce notamment la profession de journaliste. Elle publie son premier recueil de poèmes, "Les visages inachevés", en 1966.

En 1970, Vénus rencontre Jean Ghata, scientifique spécialiste des rythmes biologiques, venu à l’Université Américaine de Beyrouth donner une conférence. Amoureuse du chercheur français, elle divorce de son mari libanais.

En 1971, elle publie son premier roman, "Les inadaptés", aux éditions du Rocher et, en 1972, elle épouse Jean Ghata et s’installe avec lui à Paris. Sa fille, Yasmine Ghata (1975), est également écrivaine.

Vénus Khoury-Ghata a publié une quarantaine de romans et de recueils de poésie traduits en 15 langues. Poète, romancière, critique littéraire, elle est l’un des plus grands noms de la littérature francophone contemporaine.

Elle a bâti au fil des ans une œuvre riche, alternant poésie et roman, qui a été couronnée de nombreux prix : le Grand prix de poésie de la SGDL en 1993 pour l'ensemble de son œuvre, le grand prix de poésie de l'Académie française en 2009, le prix Goncourt de la poésie en 2011 pour "Où vont les arbres", le Prix Renaudot du livre de poche 2015 pour "La fiancée était à dos d’âne" (2013).

En 2018, elle intègre le Parlement des écrivaines francophones.

Elle est membre de dix jurys littéraires dont ceux de l’Académie Mallarmé, des prix France-Québec, Max-Pol Fouchet, Senghor, Yvan-Goll ainsi que du prix des Cinq Continents de la Francophonie.

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Entretien avec Vénus Khoury-Ghata à propos de son ouvrage Les derniers jours de Mandelstam :



Entretien réalisé par Marie-Delphine


Comment avez-vous découvert le poète Ossip Mandelstam ? Pouvez-vous nous dire quelques mots à propos de son œuvre ?



J’ai participé à la constitution d’un numéro spécial de la revue Europe, paru en juin/juillet 2009 et dirigé par Jean-Baptiste Para. C’est là que j’ai découvert l’œuvre de Ossip Mandelstam. Cet homme a vécu une véritable vie de souffrance pendant la majorité de laquelle ses écrits ont été interdits. Il écrivait sous le sceau du secret et chaque fois qu’il tentait de revenir il était exilé ailleurs. Il est mort en déportation, en Sibérie.



Pourquoi avoir choisi de lui dédier un roman ? Qualifieriez-vous cet ouvrage de biographique ?



Lorsque j’ai découvert le travail de cet écrivain, j’ai été immédiatement envoutée, il m’a beaucoup inspiré et c’est pourquoi j’ai décidé de lui consacrer un livre. Aucune biographie officielle n’a le droit d’être publiée au sujet d`Ossip Mandelstamdelstam depuis la parution de celle réalisée par sa veuve. Il m’a alors fallu trouver un moyen qui me permettrait de raconter sa vie sans pour autant écrire une biographie au sens premier du terme. J’ai par conséquent choisi de faire une biographie dirons-nous émotionnelle et littéraire du poète : j’ai rédigé comme les choses me sont venues, spontanément.



Quel travail documentaire avez-vous effectué pour écrire le roman ? Quel degré de liberté vous êtes-vous accordé vis à vis des faits ?



Le travail que nous avons réalisé collectivement pour la revue Europe est l’une de mes principales sources, le dossier est très complet. J’ai aussi évidemment lu l’intégralité de son œuvre, ainsi que la superbe biographie qu’a rédigé la femme de Mandelstam.



Le roman s’ouvre sur Mandelstam à l’aune de sa mort et c’est au gré de ses souvenirs que l’on découvre sa vie, presque à rebours. Pourquoi avoir choisi cette trame narrative particulière ?



Ne faisant pas une biographie traditionnelle, j’ai décidé de partir du dernier mois où le poète vivait, alors qu’il était devenu complètement fou. Cela m’a permis de laisser une part importante à la fiction et c’est ce dont j’avais besoin. Par exemple, j’ai pu imaginer tous les moments où l’écrivain s’adresse à Staline, afin de mieux le représenter, car la folie me permettait de le faire parler tout seul. On peut prêter beaucoup de choses à un mourant fou ! La folie était la porte ouverte nécessaire à la fiction, voilà pourquoi j’ai mis en scène le poète à la fin de sa vie.



Nadejda, son épouse, est omniprésente dans votre roman. Quel rôle a-t-elle joué dans la vie de Mandelstam et dans son œuvre ?



Sans elle, Mandelstam serait mort dès sa première arrestation. Elle a véritablement soulagé son existence, soutenu envers et contre tout alors qu’ils vivaient en dehors de tous les critères de bien-être : ils n’avaient absolument rien. Ecrire était ce qu’il y avait de plus important pour le couple. C’est également elle qui travaillait ponctuellement en tant que traductrice pour rapporter les quelques pièces qui leur permettaient de survivre.



Seul dans sa prison russe, Mandelstam semble inconscient et perdu dans des pensées. Le poète était-il pour vous plutôt fou ou génie ?



Je dirais que Mandelstam à la fin de sa vie était à la foi fou et génial. Il n’était plus du tout capable d’écrire, il apprenait par cœur ses textes et sa femme devait les écrire pour lui. C’est grâce à elle que son œuvre a survécu. Son génie était là mais la folie dominait son corps et son esprit.



Quelques questions à propos de vos lectures :



Quel est le livre qui vous a donné envie d’écrire ?



Le Petit Prince d`Antoine de Saint-Exupéry : je l’ai découvert en classe de 7ème et j’ai été littéralement éblouie par le texte.



Quel est l’auteur qui vous a donné envie d’arrêter d’écrire (par ses qualité exceptionnelles...) ?



Aucun auteur que j’apprécie ne me donnera envie d’arrêter d’écrire.



Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?



Je relis beaucoup de choses lorsqu’il s’agit de poésie et l’auteur change en fonction des périodes. Fut un temps où je relisais Charles Baudelaire chaque soir, comme un livre de prières, puis est venu le temps d’Guillaume Apollinaire, d`Arthur Rimbaud… Je n’aime pas relire les romans.



Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?



Beaucoup de jeunes auteurs méritent d’être plus connus. Je pense notamment à Marie Huot ou encore Amandine Marembert en poésie.




Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?



« Je ne sens pas le pays sous mes pieds » d`Ossip Mandelstam.




Et en ce moment que lisez-vous ?



J’écris un roman, j’en suis à la page 120, et j’aime beaucoup : voilà ce que je lis ! Mais je lis également à la sélection du prix des 5 Continents de la Francophonie ; je lis toujours 50 livres à la fois.



2/08/2016

Découvrez Les derniers jours de Mandelstam de Vénus Khoury-Ghata aux éditions Mercure de France :



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Vidéo de

Vénus KHOURY-GATHA – Maux de Vénus (France Inter, 2016) Émission « Boomrang », par Augustin Trapenard, diffusée le 8 février 2016 sur France Inter. Invitée : Vénus Khoury-Ghata.

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Citations et extraits (258) Voir plus Ajouter une citation
Zakuro   15 août 2015
Orties de Vénus Khoury-Ghata
Une vieille femme pliée jusqu'au sol arrache à mains nues

l'ortie qui a poussé sur la page puis la lance dans la marge

elle s'arrête pour me crier qu'elle était ma mère

je suis forcée de la croire à cause de l'ortie

C'était hier

il y a plus d'un demi-siècle

l'hiver venu

les orties montaient à l'assaut de nos fenêtres

interdisaient au jour de pénétrer dans les chambres

narguaient la lampe à pétrole

la femme qui était notre mère partageait avec

nous la même odeur d'herbe jamais coupée

et même les pluies

elle remettait toujours au lendemain ce travail

qu'elle disait au-dessus de ses forces

C'est une fois morte qu'elle retroussa ses

manches pour leur faire un sort

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Piatka   15 septembre 2015
Orties de Vénus Khoury-Ghata
Assis sur le même seuil

les mots de ma langue maternelle me saluent de la main

je les déplace avec lenteur comme elle le faisait de ses ustensiles de cuisine

marmite écuelle louche bassine ont voyagé de mains en mains

quels mots évoquent les migrations d'hommes et de femmes fuyant génocides sécheresse faim

enfants et volailles serrés dans le même balluchon parlaient-ils

l'araméen caillouteux

l'arabe houleux des tribus belliqueuses

ou la langue tintant telles billes de verre dans nos poches d'enfants

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Zakuro   01 août 2016
Anthologie personnelle de Vénus Khoury-Ghata
Tu es mon point du jour

mon île colorée en bleu

ma clairière odorante.



Tu es ma neige volée

mon pétale unique

mon faune apprivoisé.



Tu es ma robe de caresses

mon foulard de tendresse

ma ceinture de baisers.



Tes gestes moulin à vent

tes cils épis de blé

et le rire se pétrit dans la cuve de ta bouche

tu es mon pain joufflu

mon nid.
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Vénus Khoury-Ghata
Piatka   25 juin 2017
Vénus Khoury-Ghata
Ne dites pas à un rêve qu’il est de paille

Il brûlera au contact du matin.

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fanfanouche24   25 août 2013
Une maison au bord des larmes de Vénus Khoury-Ghata
Les diables c'est comme les hommes, il y en a de mauvais, de bons, et même de vertueux. Tout dépend de la manière dont ils ont été jetés en enfer. (p.80)
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fanfanouche24   27 juin 2015
La femme qui ne savait pas garder les hommes de Vénus Khoury-Ghata
C'est dans son destin d'être veuve des hommes qui partagent sa vie. Jeunes ou vieux, ils sont éparpillés dans les cimetières. Son premier mort disait : " je veux un enfant de toi", et il creusait en elle avec rage, mois après mois, pour accrocher l'être qui le remplacerait quand il ne serait plus là. (p.12)
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pyrouette   12 juillet 2018
La maison aux orties de Vénus Khoury-Ghata
Penchée par dessus mon épaule, mon analphabète de mère me dicte ses espoirs et ses désillusions.
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Cath36   08 août 2012
Où vont les arbres ? de Vénus Khoury-Ghata
Mains tendues par les ouvertures

Nous ramassions les passants attardés et les enfermions entre les

pages

telles fleurs séchées

le chiffon de la mère effaçait les pas

apaisait le désarroi de l'air

Des appels d'enfant criblaient les battants à la tombée du jour

Traversaient les livres

nous perforaient

comment retrouver la texture des pages et restituer l'ordre des

fenêtres

et des mains emmêlées
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Cath36   09 août 2012
Où vont les arbres ? de Vénus Khoury-Ghata
Jadis

Elle tenait table ouverte pour tous les nécessiteux :

Nuages aux coudes râpés par l'usure

Pluie cabossées par l'escalade des haies
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pyrouette   16 juillet 2018
La maison aux orties de Vénus Khoury-Ghata
Casser, faire du vacarme, produire du bruit est ma seule arme contre l'immobilité de l'air et celle du temps.
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