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Note moyenne 3.85 /5 (sur 20 notes)

Nationalité : Suisse
Né(e) à : Genève , 1965
Biographie :

Vinciane Moeschler est journaliste et écrivaine.

À 20 ans, carte de presse en poche, elle quitte Genève pour Paris. Pendant douze ans, elle réalise des interviews pour différents magazines francophones (La Tribune de Genève, Le Soir, Paris Match, Biba, Elle Belgique, Elle Québec, l’Hebdo ....).

Après un premier roman publié à 25 ans, "Schéhérazade ma folie" (1990), trois autres suivent aux éditions de l’Age d’Homme, dont un sur le destin d’Annemarie Schwarzenbach (1908-1942), "Annemarie S. ou les fuites éperdues" (2000).

Encouragée par des bourses, prix et résidences (Communauté française de Belgique, État de Genève, Fondation Spes…), elle navigue vers d'autres écritures: textes de chanson, scénarios et réalisation de documentaires radiophoniques pour la RTBF et France Culture.

Après des formations de scénariste et de réalisation (Sorbonne Nouvelle, Conservatoire d’Écriture Audiovisuelle à Paris), elle devient lectrice pour la Commission Fonds Sud (C.N.C).

En 2007, elle tourne son premier court métrage de fiction "Hannah", tandis que deux de ces pièces sont mise en scène : "Mal de mère" (Théâtre Marni, 2009) et "Garbo n’a plus le sourire" (Théâtre Royal du Parc, 2010), publiée aux éd. Lansman.

Parallèlement, elle anime depuis plusieurs années des ateliers d’écriture, principalement en milieu psychiatrique (Clinique de la Ramée, Centre Antonin Artaud).

Son ouvrage, "Trois incendies" est sorti en mai 2019 aux éditions Stock.

De nationalité franco-suisse, Vinciane Moeschler vit à Bruxelles.

son site : https://vinciane-moeschler.com/
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Vinciane Moeschler présente son livre "Trois incendies".


Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Vinciane Moeschler
hcdahlem   11 juin 2019
Vinciane Moeschler
Elle se hisse sur le Mur.

Ses pieds glissent, elle insiste, poussée par des mains anonymes.

And the shame was on the other side.

Ma mène la photographie dans le mouvement. Elle aime les gros plans. Visualiser les gens, les yeux dans les yeux. Un cadre serré sur son visage la révèle éblouissante et volontaire. Pas de doute en elle, seulement une fulgurante envie de vivre comme jamais. On la retrouvera plus tard, avenue Unter den Linden, où dans l’euphorie elle me tendra un bout de pierre. Un morceau du Mur, carré et rogné, épais et lourd. Éclat de cet instant imprégné de liberté. Fragment emblématique de l'histoire incongrue de ce monde. 

We can be heroes just for one day. p. 163
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hcdahlem   11 juin 2019
Trois incendies de Vinciane Moeschler
Léa avait élevé seule sa fille, conçue par une de ces nuits d’amour fugaces. À Genève, les petits boulots ne manquaient pas dans cette ville prospère des années cinquante. C’est comme ça que sa mère était devenue tour à tour vendeuse dans un supermarché, dans une boutique de fleurs, serveuse la nuit dans une discothèque, puis manucure dans un salon d’esthétique. Une belle femme fière que les hommes ne pouvaient que dévorer des yeux. Ne jamais dépendre d’un homme, tu m’entends, Alex? Répétait-elle. Léa avait fait son choix, être une mère dévouée plutôt qu’une amante sur le qui-vive. p. 196
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hcdahlem   11 juin 2019
Trois incendies de Vinciane Moeschler
Bien que le combat soit un phénomène largement répandu au sein des espèces animales, on ne connaît que quelques cas au sein des espèces vivantes de luttes destructrices intra-espèces entre des groupes organisés. En aucun cas, elles n’impliquent le recours à des outils utilisés comme des armes. Le comportement prédateur s’exerçant à l’égard d’autres espèces, comportement normal, ne peut être considéré comme équivalent de la violence intra-espèces. La guerre est un phénomène spécifiquement humain qui ne se rencontre pas chez d’autres animaux. p. 82
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hcdahlem   11 juin 2019
Trois incendies de Vinciane Moeschler
INCIPIT

ALEXANDRA

Beyrouth, août 1982

Chambre numéro huit, le lit est défait. L’empreinte de son corps y est encore visible lorsqu’elle part au lever du jour, là où la lumière reste délicate. Dans les rues, dédale de gravats qui évoque la mort, elle marchera. Elle ignore si ce soir elle sera encore vivante. Ou si son corps sera réduit à des contours sur des draps.

C’est à l’hôtel Cavalier qu’elle a pris ses repères. À cause des coupures d’eau, elle n’a pas pu se laver. Ni hier, ni aujourd’hui. Il est sale son corps, de terre, de fumée, de poussière, de cendres, du bruit de la guerre et des cris qu’elle connaît par cœur. Ceux des mères et de leurs enfants en écho. Il y a aussi les tirs des mitraillettes des phalanges libanaises qui se glissent dans les angles de la ville dévastée, trouée de partout, égratignée dans sa mémoire. La carcasse mitraillée de l’Holiday Inn témoigne de la destruction du quartier de Hamra.

Alexandra Raskin a trente-quatre ans, des cheveux courts, des sourcils bien dessinés, des pommettes un peu hautes, un sourire doux. De sa mère, elle a hérité des yeux en amande qu’elle ferme légèrement lorsqu’elle colle un œil dans le viseur. Elle possède deux appareils photo, un Canon ainsi qu’un Rolleiflex, qui lui vient d’un grand-père qu’elle n’a pas connu. Si elle l’utilise peu en reportage, c’est pour pouvoir le conserver le plus longtemps possible ; son format de négatif, 5,7”, est unique. Rapidement, elle aspire une bouffée de cigarette, écrase son mégot dans le cendrier. Elle se prépare à sortir.

Dans le cul-de-sac de l’Orient, césure de deux mondes qui se déchirent, tout n’est que désolation. Pour elle qui a connu sa beauté d’autrefois, il est difficile de se confronter à ce champ de ruines. La magnifique avenue Bechara el-Khoury, l’hôtel Marika, la place des Canons, la mosquée d’el-Omari… C’était avant. Avant la ligne verte que ligature désormais la rue Damas, l’est et l’ouest, la chrétienne et la musulmane, ce territoire que l’on ne veut plus partager. Avant les offensives israéliennes, les blindés syriens et les milices palestiniennes. Avant la routine des bombes. La ville ne se raconte plus qu’autour de ce no man’s land boursouflé de détritus et envahi par les colonnes de fumée produites par la combustion des ordures. Beyrouth, carrefour des traités de paix, de la lente et inexorable avancée de la machine à détruire. Beyrouth balafrée, terre éclatée, cité martyre qui ne compte plus ses morts ni ses années de conflit. En regardant ce paysage, Alexandra se demande si le pire n’est pas le face-à-face entre la ville anéantie et ses habitants qui ne se reconnaissent plus dans ce chaos. On n’a plus le droit de penser, plus le droit de rêver. Entre les rafales de kalachnikov, il faut sauver sa peau.
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histfict   03 juin 2019
Trois incendies de Vinciane Moeschler
Choisir d’aller à la guerre. Ça devrait être interdit pour une maman.
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