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Note moyenne 3.7 /5 (sur 371 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Arras , le 7/04/1907
Mort(e) à : Faucon , le 28/05/1972
Biographie :

Violette Leduc, née à Arras le 7 avril 1907 et morte à Faucon le 28 mai 1972, est une romancière française.
Elle est la fille illégitime de Berthe Leduc et d'André Debaralle, un "fils de famille" de la haute bourgeoisie de Valenciennes.En 1925, c'est Denise Hertgès ( Cécile dans "Ravages" et Hermine dans La Bâtarde), surveillante au collège de Douai et fine musicienne, qui devient son amante.
En 1926, Violette accompagne sa mère et son beau-père à Paris et poursuit ses études secondaires au lycée Racine. Elle rate son baccalauréat et décide d'abandonner ses études pour gagner sa vie. Elle devient échotière chez Plon. Après avoir été quittée par Denise, Violette entre en 1936 chez Synops comme scénariste, y rencontre en mai 1938 Maurice Sachs, écrivain aventurier homosexuel, futur auteur du Sabbat, dont elle tombe éperdument amoureuse. En 1939, elle est secrétaire pour la Nouvelle Revue Critique. Elle épouse en 1939 Jacques Mercier, un ancien ami, photographe de mariages et peintre à ses heures, mais le couple, installé au 20, rue Paul Bert (Paris XIe), se sépare au bout d'un an. Violette se fait avorter à cinq mois et demi de grossesse et frôle la mort. Cette expérience dramatique est longuement décrite dans Ravages. Pendant l'Occupation, elle survit grâce à ses petits trafics de marché noir. En février 1945,, V. Leduc est présentée à Simone de Beauvoir qui accepte de lire le manuscrit de L'Asphyxie. D'emblée Beauvoir reconnaît son talent. Dès lors, elle suivra son travail et la soutiendra jusqu'à la fin. En 1956, elle séjourne six mois dans une clinique de Versailles pour soigner ses tendances paranoïaques, et en 1957 six mois dans une maison de repos, "La Vallée aux Loups". La Bâtarde, une autobiographie romanesque, qui , commencée en 1958, paraît en 1964. Le succès est immédiat. En 1970, elle publie La Folie en tête. Elle continue à écrire malgré l'aggravation de lson cancer du sein et meurt chez elle le 28 mai 1972.
Un site lui est consacré: http://violetteleduc.net
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Source : Wikipédia
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"Il m?arrive d?être trois jours seule sans dire un mot à quelqu?un, c?est tout de même dur et quelque fois on perd pied" avouait Violette Leduc en 1965. Deux ans plus tard, Jean Renoir affirmait qu'"un des inconvénients de notre époque, c?est la solitude." Alors que Jean Cocteau estimait, lui, "que la vraie solitude est au milieu de beaucoup de monde". Culture Prime, l?offre culturelle 100% vidéo, 100% sociale de l?audiovisuel public, à retrouver sur : Facebook : https://facebook.com/cultureprime Twitter : https://twitter.com/culture_prime La newsletter hebdo : https://www.cultureprime.fr Abonnez-vous pour retrouver toutes les vidéos France Culture : https://www.youtube.com/channel/¤££¤12Jean Renoir6¤££¤6khzewww2g/?sub_confirmation=1 Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture
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Citations et extraits (347) Voir plus Ajouter une citation
Revouest   09 novembre 2011
La Bâtarde de Violette Leduc
Mon cas n’est pas unique, j’ai peur de mourir et je suis navrée d’être au monde. Je n’ai pas travaillé, je n’ai pas étudié, j’ai pleuré, j’ai crié. Les larmes et les cris m’ont pris beaucoup de temps. La torture du temps perdu, dès que j’y réfléchi… Je ne peux pas réfléchir longtemps mais je peux me complaire sur une feuille de salade fanée où je n’ai que des regrets à remâcher. J’aurais voulu naître statue, je suis une limace sous mon fumier. Les vertus, les qualités, le courage, la méditation, la culture, bras croisés, je me suis brisée à ces mots là.
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moravia   10 mai 2013
La Bâtarde de Violette Leduc
Ecrire c'est lutter, c'était gagner ma vie comme les croyants gagnent leur paradis.
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infini   25 décembre 2013
Thérèse et Isabelle de Violette Leduc
Ce qui a été dit a été assassiné.Nos paroles qui ne grandiront pas et qui n'embelliront pas se faneront à l'intérieur de nos os.
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Nayac   30 août 2013
La Bâtarde de Violette Leduc
Ma mère dédaigne les jeux. Elle soigne son enfant depuis le brossage des cheveux jusqu’aux fortifiants, un point c’est tout.

Nous prenions notre petit déjeuner, ma mère m’entretenait des laideurs de la vie.

Elle m’offrait chaque matin un terrible cadeau : celui de la méfiance et de la suspicion. Tous les hommes étaient des salauds, tous les hommes étaient des sans cœur. Elle me fixait avec tant d’intensité pendant sa déclaration que je me demandais si j’étais un homme ou non. Pas un ne rachetait l’autre. Abuser de vous, voilà leur but. Je devais le comprendre et ne pas l’oublier. Des cochons. Tous des cochons.

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infini   25 décembre 2013
Thérèse et Isabelle de Violette Leduc
Nous nous aimions et nous nous retenions:nous nous tenions en équilibre sur le pétale d'une églantine
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moravia   27 février 2013
Thérèse et Isabelle de Violette Leduc
Andréa était un joli quartier d'hiver. Ses yeux brillaient de froidure, la gelée fendait ses lèvres toujours gercées.

Je lui serrais la main, j'enfermais l'oxygène de la liberté.
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ster   22 mai 2011
Thérèse et Isabelle de Violette Leduc
Les petites lumières dans ma peau convoitèrent les petites lumières dans la peau d'Isabelle, l'air se raréfia. Nous ne pouvions rien sans les météores qui nous entraîneraient dans leur course, qui nous jetteraient l'une dans l'autre. Nous dépendions des forces irrésistibles. Nous avons perdu conscience mais nous avons opposé notre bloc à la nuit du dortoir. La mort nous rappelait à la vie : nous sommes entrées dans plusieurs ports.
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MegGomar   09 mai 2015
Thérèse et Isabelle de Violette Leduc
Quand on aime on est toujours sur le quai d'une gare.
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Clairoche   25 mai 2020
La Bâtarde de Violette Leduc
Un groupe nous suivait. Ils nous dépassèrent. Des mâles avec une femelle toute en croupe, visage ni beau ni laid. Ce qu’elle dit, elle le cria en me désignant dans la brise du soir.

— Oh ! criai-je aussi.

Je venais de recevoir le coup en pleine poitrine.

— Oh, oh…

Un seul coup ce n’est pas sourd. Il a des échos. Je recevais d’autres coups sur tout mon corps. Mes blessures blessaient le trottoir. Je marchais centimètre après centimètre sur du mou de boucherie.

Rondelle de bois, j’ai mal, je…

— Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce que tu as ? dit Hermine.

Elle chercha dans mes yeux, elle s’affola sans gestes, sans paroles.

Rondelle de bois. Je rends, je dégueule les tripes que j’ai dans la tête. Rondelle de bois pour les flèches des baraques foraines, oh, oh. Rondelle de bois je te vois trop.

— Tu as quelque chose. Tu es pâle, tu es toute pâle. C’est à cause de cette femme. Je n’ai pas compris ce qu’elle t’a dit. C’est à cause d’elle, j’en suis sûre. Parle, tu me fais peur. Tu étais si bien coiffée…

Le costume Schiaparelli me quitte, il se désagrège. Ce sera bientôt un tas de flammèches. Mes bas tombent sur mes talons, c’est livide, j’ai froid aux jambes, j’ai…

— Tu ne veux pas me dire ce que tu as ? Je te dis que tu me fais peur.

— Ce n’est rien, dis-je sans forces.

Résignation souveraine là-bas du refuge pour attendre l’autobus demain. Résignation, résignation… Est-ce un endroit ou bien un mouchoir secoué pour un navire ?

Hermine a pris mon bras. Elle le serrait dans un étau :

— Nous allons chercher un restaurant, nous mangerons, dit-elle avec un faux entrain.

J’ai mal et toi tu me fais mal en serrant trop mon bras.

— Tu pourrais me répondre. Veux-tu que nous mangions ?

J’ai mal et tu me fais mal. Ton pouce. Il s’enfonce dans de la cervelle fraîche.

Elle serrait mon bras de plus en plus fort.

— Il y a sûrement un gentil restaurant. Ils ne nous serviront pas si nous arrivons trop tard, dit encore Hermine.

Les phares d’une automobile grand sport nous aveuglèrent, mes joues s’allongèrent. Elles tombaient sur mes clips en cuivre, le métal les refroidissait. Mes joues déportaient ma tête sur la droite, sur la gauche. Mon nez. Terrifiante crise de croissance, ma trompe balayait le pont. Petits cailloux, petits graviers, moindres aspérités l’écorchaient.

De nouveau les phares d’une autre automobile, un coupé avec un chauffeur vêtu de blanc nous aveuglèrent.

— J’ai faim tu sais, dit-elle avec une fausse gaieté.

Mes paupières que je ne pouvais plus abaisser rejoignaient mon front. Les saletés dans l’air venaient dans mes yeux, mes cils s’emmêlaient à mes cheveux.

— Je pensais à nos vacances, dit Hermine.

— Oui, dis-je avec un grognement de bête.

Hermine a changé de place. Elle m’entourait les épaules.

Je voulais émettre des sons. Ce n’était que des « areu » de nourrisson pris dans un crachat, une provision de chagrin que je ne pouvais pas expectorer.

Hermine, en me serrant contre elle, labourait de très anciennes épaules maintenant criblées de blessures, des blessures en forme de petits cercles les uns dans les autres.

J’ai mal et toi tu me fais mal. Tête de veau, coloris de la flanelle claire, toute languide tête de veau couchée sur la verdure du tripier, prête-moi ton sommeil, prête-moi l’extase de ta bouche fendue.

— Pourquoi ne veux-tu pas avancer ? Pourquoi ne veux-tu pas me dire ce que tu as ? Nous mangerions, tu serais moins fatiguée…

J’ai répondu oui avec le même grognement. Des cailloux tapissaient mes muqueuses. Dix, vingt, trente, quarante automobiles nous aveuglèrent. Il me semblait que chaque automobile ouvrait et fermait son poing dans chaque phare. Mes pieds ? Mes escarpins ? Des palmes, mais des palmes de boue et de glaise qui me précédaient d’une bonne longueur.

Les phares d’un autocar qui rentrait au dépôt nous jetèrent contre le parapet. Passait avec la nuit sur lui, le fleuve et les troupeaux de l’Histoire.

— Tu ouvres la bouche et tu ne dis rien, a chuchoté Hermine.

— a e i o u, grognai-je.

Ma trompe se replia sur elle-même. Je ne pouvais pas suivre Hermine.

— Colle, colle. Y a. Sur. Le. Parap. Parapet.

Hermine est revenue sur ses pas.

— Parle, ça te soulagera.

Le vent montait, je recevais de l’étoupe dans ma gorge.

— Détache-moi du pont, ai-je supplié.

Elle n’entendait plus ce que je disais.

Est-ce qu’on demande à une centaine de mouches mortes de se décoller du ruban gluant, de s’envoler ?

Mes doigts sectionnés, cicatrisés, en forme de boudins ficelés, ne pouvaient plus remuer. De l’enfer, un morceau de zinc est tombé sur ma trompe.

— C’est le vent qui monte, cette fois allons dîner, a dit Hermine.

Hermine s’est jetée dans mon cou. Je ne pouvais pas la serrer : des râteaux à longues dents se raidissaient sous la peau de mes bras. Ma tête s’est reposée sur celle d’Hermine, ma trompe me donnait une terrible migraine.

— Tu frissonnes sans arrêt, a dit Hermine.

Un automobile au volant d’une benne de grand luxe allumait et éteignait ses phares à la vitesse d’une mitraillette :

— Alors, mes jolies, on s’aime dans les rues maintenant ?

Hermine se mit à frissonner aussi. Le vent qui montait exigeait un désert sur le pont.

— Où veux-tu que je t’emmène, où veux-tu que nous finissions la soirée ?

Mes escarpins anguille… Ils avançaient tout seuls sur la chaussée au rythme saccadé d’un dessin animé ; ils zigzaguaient.

L’automobiliste accoudé sur son volant jouait à lumière-pas-de-lumière avec le bouton des phares.

— Le long du fleuve. Emmène-moi le long du fleuve.

— Tu parles enfin, a dit Hermine.

Nous quittâmes le pont, nous descendîmes dans la nuit. Seulettes, âgées, pauvrettes à faire gémir de pitié un silex.

Je pleurais, le sable d’une péniche était trop doux sous mes pieds.

— Tu ne vas pas te tuer ? a dit Hermine dans l’obscurité.

Me tuer : ce serait trop facile.

Le vent n’avait que faire de ma trompe, de mes palmes, de mes paupières démesurées. Il supprima le superflu. Le vent, ce soir-là, nettoyait jusqu’à la transparence. Netteté de mon chagrin, c’était insupportable.

— Va-t’en, dis-je sans méchanceté à Hermine.

Ainsi les violons pleuraient mieux au creux de l’estomac.

Le vent apporta un effluve, une surprise : un peu de musique de danse.

— Je t’en supplie, va-t’en.

Besoin de l’effacer pour m’enfoncer.

— Je vois le fleuve, dis-je à voix basse.

—Tu le vois ? cria au loin Hermine.

J’écoutais le clapotis, le feston de la nuit.

— Qu’il est sage…

— Il est sage ? cria au loin Hermine.

Je voulais aussi le balbutiement de la nuit.

— J’ai froid, dis-je avec une pauvreté d’enfant.

Le vent me donnait des coups d’éventail dans les reins, des lumières au loin me faisaient des signes, une gorge noire palpitait sous un vieil arbre. C’était le fleuve que j’aimais.

Je suis disponible, entre, mais entre donc dans l’eau, me dit cette gorge au-dessous du firmament.

J’entrerai, je creuserai sans un effort une allée de soupirantes et de soupirants à genoux pour m’approuver, le ciel sera mon panier de lingue sur ma tête. Non non et non puisque mon nez de mi-carême s’en va sur l’eau. J’ai raté l’offre profonde.

Je m’allongeai à plat ventre dans le sable.

— Demain tu seras malade…

— Tu es revenue ? Oui Hermine je serai malade.

— Je t’attends.

— Va-t’en.

Elle marchait dans le sable, je ne l’entendais pas s’éloigner. Je sanglotais, mes larmes mouillaient le sable.

Reviens Hermine, reviens lorsque je t’appelle. Ton paradis, je te le bâtirai avec le duvet de notre lit.

Je cherchais Hermine.

— Ici, a dit Hermine. Je suis ici.

Je la cherchais encore dans une obscurité bousculée par le vent.

Je lui ai donné un coup de pied malgré moi. Hermine allongée sur le sable comme je m’étais allongée, sanglotait.

— Tu pleures ?

— Tu pleurais. Je pleure avec toi.

— Tu ne sais pas pourquoi je pleure.

— C’est ce qui me désespère.

Je l’ai aidée à se lever.

Surprises d’un désespoir, nouveauté d’une étreinte, abondance d’un chagrin.

Nous pleurions enlacées, nous tournions sur place, nous tournions sur la berge déserte, la morve d’Hermine coulait sur ma joue, dans mon cou. Ma morve coulait sur sa joue, dans son cou. Pleuraient aussi avec nous le vent, le ciel, la nuit. Charité du sexe. Fondaient aussi nos ovaires, notre clitoris.

Elle léchait ma morve, je léchais la morve d’Hermine.

— Mon petit…

— Ma petite…

— Mon petit…

— Ma petite…

Nous tournions, nous pleurions, elle m’appelait, je l’appelais mon petit, ma petite à l’infini.

— Dis-moi ce que cette femme a dit.

— Cette femme a crié : moi, si j’avais cette tête-là, je me suiciderais.

Valsons, mon amour.

Valsons, ma chérie.
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Amorina   22 mai 2016
Thérèse et Isabelle de Violette Leduc
J'ai trouvé en te rencontrant un sens à mon néant.
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