AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Note moyenne 3.85 /5 (sur 128 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Virginie Linhart, née le 16 avril 1966 à Montreuil, est une réalisatrice de documentaires politiques, historiques et sociologiques, diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris qu'elle intègre en 1987 après des études au lycée Victor-Duruy et une licence d'histoire, docteur en sociologie politique de Sciences Po. Elle est la fille de Robert Linhart, fondateur de l'UJC (ml) et sociologue, et Nicole Colas-Linhart, biophysicienne à l'université Paris VII.



Ajouter des informations
Bibliographie de Virginie Linhart   (4)Voir plus

étiquettes
Videos et interviews (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

L'écrivaine Virginie Linhart : "Je n'étais pas préparée à devenir une adulte du XXIe siècle" 13 févr. 2020 Dans "L'effet maternel", Virginie Linhart évoque sa relation avec sa mère et son enfance dans la France post Mai-68. "La période des années 1970 a été beaucoup commentée par les acteurs de l'époque mais peu par leurs enfants", explique-t-elle. L'autrice est l'invitée de Léa Salamé à 7h50 sur France Inter.


Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
hupomnemata   26 janvier 2014
Le jour où mon père s'est tu de Virginie Linhart
"La jalousie, c'est vraiment de la merde, il faut s'en émanciper, il faut réussir à vivre autrement, le couple, c'est nul..." Dans les communautés où nous passions nos vacances avec nos parents, c'était un leitmotiv. Je me souviens précisément de deux hommes en particulier qui portaient le projet. Et l'un a piqué la femme de l'autre - bien sûr ça ne se disait pas comme ça à l'époque ! Mais le fait est. Cependant, pas de problème, ils sont restés amis et d'ailleurs ils vivent encore ensemble. Après il y a eu une autre femme, pas de problème non plus... Quand aux enfants : ils étaient à tout le monde... Moi ce que j'ai remarqué, c'est que c'était comme une communauté de singes : il y avait un mâle dominant, dont toutes les femmes étaient amoureuses et qui couchait avec toutes, et les autres mâle se faisait arnaquer. L'abolition des rapports de forces était un des thèmes privilégiés en ce temps. Je crois au contraire que les rapports de forces étaient magnifiés ; petite, j'observais ces sentiments, le désir, la jalousie, l'enthousiasme amoureux, et je les décryptais. Ils y avait toujours un gagnant et des perdants.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          71
DelD   25 février 2020
Le jour où mon père s'est tu de Virginie Linhart
68 comme façon pour les enfants des juifs rescapés de sortir du statut de survivants, pour affirmer leur appartenance au monde des vivants… (…) Les survivants ne parlent pas. Mes grands-parents se sont tus, mon père également par la suite, et moi aussi, de façon différente pendant longtemps. Je revois soudain tous ces gens que j’ai rencontrés au cours de ma vie, comme ils aimaient me raconter combien mon père était un orateur fascinant, le meilleur, le plus fort, imbattable sur le plan de la rhétorique, on ne parvenait jamais à l’interrompre, on n’avait jamais le dernier mot. C’était douloureux de les entendre. Je comprends maintenant que dans ces années 68 mon père a vécu pleinement dans le monde des vivants, et que c’était bon, et que c’était drôle, et que c’était excitant. Je crois désormais que mon père parlait en ce temps comme jamais dans sa famille personne ne s’était autorisé à parler. Que cela devait être formidable de tant parler, de se soûler de paroles alors qu’il avait été élevé dans le silence. Puis son statut de survivant l’a rattrapé et lui a cloué littéralement le bec. Et le nôtre dans la foulée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
hupomnemata   30 janvier 2014
Le jour où mon père s'est tu de Virginie Linhart
Ainsi, sur quatre générations, nous sommes de père en fils, alternativement, soit révolutionnaire soit banquier
Commenter  J’apprécie          61
hupomnemata   28 janvier 2014
Le jour où mon père s'est tu de Virginie Linhart
et puis cette tentative de suicide en 1981, et depuis le silence. Mon père a arrêté de parler. Il est devenu quasiment mutique...

Roland : Et gentil, surtout ! Alors qu'il était méchant...

Moi : Méchant : Méchant ???

Roland : Oui, méchant, comme tous les gens qui ont une intelligence extrème. J'aimais bien Robert, mais j'étais assez moqueur parce qu'il avait un sérieux un peu ridicule. Ceux qui ont choisi Lacan s'en sont sortis, ceux qui ont choisis Althusser ne s'en sont pas vraiment sortis ! Ton père était un glorieux qui se mettait en danger. Un grand chef de guerre. En même temps, il fait partie de ces gens qui, entre le réel et la théorie, choisissent la théorie. À l'époque, ils étaient tous pris dans le délire des structures, "le sujet était pris dans la structure", ils adoraient ça, c'était une possibilité de manipulation formidable. Ils ont été fous de structuralisme, et d'Althusser. Althusser osant écrire à propos de 68 dans l'Humanité : " Le mouvement est contraire à la théorie"! Sauf que le mouvement était là ! Ils avaient une passion abstraite pour la pensée, surtout celle de Marx : "la pensée de Marx est toute-puissante parce qu'elle est vraie", répétaient-ils ! Ils avaient une passion scientiste pour le marxisme, et ils ont loupé ce qui pointait en 68 : l'individu. Ils se sont enchaînés à une pensée qui n'avait rien à voir avec 68, alors que 68 c'était l'individu déchaîné.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
AnneClaire29   03 février 2020
L'effet maternel de Virginie Linhart
Les paroles recueillies me remplissent. Une histoire se raconte, une histoire se transmet. Je l'ignore encore mais j'en ferai mon métier, d'écouter et de restituer, par écrit ou en images, tous ces récits qu'on me confie. Je les utilise pour me construire. Cela deviendra le sens de ma vie professionnelle. Mais je n'en suis qu'au tout début de ces nombreuses quêtes-enquêtes qui seront comme autant de victoire arrachées au silence et à l'oubli.
Commenter  J’apprécie          40
hupomnemata   28 janvier 2014
Le jour où mon père s'est tu de Virginie Linhart
Jacques était un homme beau. Cultivé, bon et courageux, mais la tentative de suicide de son unique fils, et le désastre qui en résultait, ça, il ne pouvait pas l'appréhender. Peut-être un survivant est-il encore moins qu'un autre en mesure de supporter qu'un de ses enfants veuille se donner la mort? En tout cas mon grand-père a fait comme si rien ne s'était passé. Tous les dimanches, nous déjeunions au restaurant, comme avant, comme lorsqu'on était une famille normale pour de vrais.
Commenter  J’apprécie          30
hupomnemata   05 février 2014
Le jour où mon père s'est tu de Virginie Linhart
Leur lecture du monde était celle d'un affrontement permanent, cela portait sur tous les domaines de la vie, et je dois dire que ça m'a marqué. Tout était un jeu à somme nulle : si certain s'en sortaient, c'était forcément parce que d'autres avaient la tête sous l'eau. Toutes ces contradictions sociales devaient immanquablement déboucher sur une catastrophe d'où émergerait un monde meilleur.
Commenter  J’apprécie          31
hupomnemata   30 janvier 2014
Le jour où mon père s'est tu de Virginie Linhart
J'avais plongé dans le roman d'Olivier Rolin, Tigre en papier, qui retrace l'histoire d'une poignée de militants maoïstes de ces années-là. Je m'étais bien sûr identifiée à cette jeune fille qui cherche auprès du narrateur un témoignage sur son père, mort lorsqu'elle était enfant : "Alors toi, évidement, son "meilleur ami" ... tu es le premier témoin appelé à la barre... (...) Dis-moi qui il était. Mais, Marie, je ne peux pas te parler de lui sans te parler de nous. Je ne sais pas comment te faire comprendre ça, on n'était pas tellement des "moi", des "je", à l'époque. Ça tenait à notre jeunesse, mais surtout à l'époque. L'individu nous semblait négligeable, et même méprisable. Treize, ton père, mon ami éternel, c'est l'un des nôtres. Un des brins d'une pelote. Je ne peux pas le débrouiller, le dévider, l'arracher de nous, sinon je le ferais mourir une seconde fois. Sans nous son image se fanerait - sans nous "nous", toutes nos mémoires s'effacent."
Commenter  J’apprécie          21
hupomnemata   27 janvier 2014
Le jour où mon père s'est tu de Virginie Linhart
"Mai 1968 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral. Les héritiers de mai 68 avaient imposé l'idée que tout se valait, qu'il n'y avait aucune différence entre le bien et le mal, entre le vrais et le faux, entre le beau et laid. Ils avaient cherché à faire croire que l'élève valait le maître (...), que la victime comptait moins que le délinquant. Il n'y avait plus de valeurs, plus de hiérarchie. Voyez comment le culte de l'argent roi, du profit à court terme, de la spéculation, comment les dérives du capitalisme ont été portés par les valeurs de mai 1968. (...) Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de mai 68 doit être perpétué, ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes." Nicolas Sarkozy
Commenter  J’apprécie          21
hupomnemata   05 février 2014
Le jour où mon père s'est tu de Virginie Linhart
La rigueur morale, c'est avant tout être responsable de ses actes ; c'est aussi, par exemple respecter celui qui est portier et dire merde au chef s'il le mérite. La rigueur intellectuelle, c'est décider que l'intellect prime sur tout.
Commenter  J’apprécie          31

Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox



Quiz Voir plus

Une bouteille dans la mer de Gaza de Valérie Zenatti

Par quel événement débute le récit?

un attentat en Israël
un attentat en Palestine
un meurtre en Israël
un meurtre en Palestine

30 questions
1286 lecteurs ont répondu
Thème : Une bouteille dans la mer de Gaza de Valérie ZenattiCréer un quiz sur cet auteur