Extrait du livre audio « Elon Musk » de Walter Isaacson, traduit Johan-Frédérik Hel Guedj et Pierre Reignier, lu par Thierry Blanc. Parution numérique le 22 novembre 2023.
En savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre/elon-musk-9791035415648/
Les fous, les marginaux, les rebelles, les anticonformistes, les dissidents... Tous ceux qui voient les choses différemment, qui ne respectent pas les règles. Vous pouvez les admirer ou les désapprouver, les glorifier ou les dénigrer. Mais vous ne pouvez pas les ignorer. Car ils changent les choses. Ils inventent, ils imaginent, ils explorent. Ils créent, ils inspirent. Ils font avancer l'humanité. Là où certains ne voient que folie, nous voyons du génie. Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu'ils peuvent changer le monde y parviennent. [...] Think different.
À l’avenir, leur dit-il, les équipes de Twitter seront pilotées par des ingénieurs, comme eux, plutôt que par des concepteurs et des chefs de produit. Un virage subtil qui reflète la conviction de Musk qui veut que Twitter soit, fondamentalement, une entreprise de génie logiciel dirigée par des gens qui s’y connaissent en code plutôt qu’une entreprise médiatique et de produits de consommation dirigée par des gens qui s’y connaissent en relations humaines et en désirs.
L'une des premières altercations eut lieu à cause des numéros des badges pour le personnel. Scott attribua le numéro 1 à Wozniak et le numéro 2 à Jobs. Évidemment, Jobs exigea d'avoir le numéro 1. « Je n'ai pas cédé, parce que ç'eût été flatter son égo. » Le jeune homme entra dans une colère noire, en pleura même de rage. Finalement, il proposa une solution. Il aurait le badge numéro 0. Scott accepta, du moins pour la numérotation des badges, mais le système informatique pour le versement des salaires ne pouvait admettre que des nombres positifs. Jobs resta donc, pour la comptabilité, le numéro 2 d'Apple.
Son style de management n'a pas changé depuis Zip2, et ne changera d'ailleurs jamais. Ses séances frénétiques de codage nocturne suivies de son mélange diurne de brusquerie et de distance conduisent son cofondateur, Harris, et leur poignée de collègues à exiger de lui qu'il quitte sa place de PDG. Au bout d'un certain temps, il réagit par un e-mail d'une lucidité confondante: "Je suis obsessionnel compulsif de nature, écrit-il à Fricker. Pour moi, ce qui compte, c'est de gagner, et pas qu'un peu. Dieu sait pourquoi...C'est sans doute un truc enraciné dans un trou noir psychanalytique très perturbant ou lié à un court-circuit neuronal."
(p.72)
"Depuis l'enfance, si je pense très fort à quelque chose, tout mon système sensoriel se coupe, explique-t-il. Je ne vois plus rien, je n'entends plus rien ..."
"Quand il a ce regard absent, il vaut mieux ne pas essayer de forcer le passage" suggère sa mère.
Sa réticence à supporter ceux qu'il considère comme des idiots aggrave encore ses difficultés relationnelles. Il utilise souvent le mot "débile".
(p.22)
Ce qui la frappe le plus, c'est ce qu'elle appelle "l'enfant à l'intérieur de l'homme". Lorsqu'il est heureux, ce moi intérieur enfantin peut se manifester par une espèce de surexcitation maniaque. "Quand nous allions au cinéma, il se laissait tellement prendre par n'importe quel film idiot qu'il fixait l'écran d'un air envoûté , il riait la bouche entrouverte, et il finissait carrément par se rouler par terre en se tenant les côtes de rire", raconte-t-elle.
(p.203)
Elle termine le tournage de la série Westworld, pour la chaîne HBO, à Los Angeles, avant de repartir vivre en Angleterre pour de bon. Mais elle lui fait une promesse ."Tu es mon Mr.Rochester", lui dit-elle , en faisant allusion au sombre époux de Jane Eyre, le roman de Charlotte Brontë, "Et si Thornfield Hall est rasé par le feu, et tu deviens aveugle, je viendrai prendre soin de toi."
(p.224)
Le syndrome de stress post traumatique a en outre instillé en lui une aversion à la plénitude . " Je crois juste qu'il ne sait pas se détendre; savourer sa réussite et humer le parfum des fleurs, explique Claire Boucher, Grimes de son nom d'artiste, la mère de trois de ses autres enfants. Je pense qu'il a été conditionné dès l'enfance à penser que vivre, c'est souffrir."
(...)
Pourtant, c'est aussi son enfance qui le rend trop humain, faisant de lui un garçon dur mais vulnérable qui a décidé de s'embarquer dans des aventures épiques.
(p.13)
C'est à l'école qu'il vit ses expériences les plus cuisantes. De tous les élèves de sa classe, il est longtemps le plus jeune et le plus petit. Il a du mal à saisir les codes relationnels. N'étant pas d'un naturel empathique, il n'a ni le désir ni le réflexe de se faire apprécier. En conséquence, il devient régulièrement la cible de brutes qui le coincent et le frappent au visage. " Celui qui n'a jamais pris de coup de poing dans la geule ne peut pas comprendre en quoi ca vous affecte pour le reste de votre vie." confie-t-il.
(p.10)
"Mon père a juste pêté les plombs, il est devenu maboul, comme ca lui arrivait souvent. Il n'avait pas la moindre compassion."
(p.11)
(p.10)
Si Musk est resté impassible pendant le lancement, il n'en avait pas moins les tripes nouées, presqu'au point de se mettre à vomir. Même triomphant, il a encore de la peine à exprimer sa joie. "Mes niveaux de cortisol, d'hormones de stress, d'adrénaline tout avait tellement grimpé que j'avais du mal à me sentir heureux,dit-il. Il y avait une espèce de soulagement, comme quand on échappe à la mort, mais pas de joie."
(p.180)
Le jour où il a montré au monde le Macintosh, un journaliste du Popular Science lui demanda s'il avait fait une étude de marché. Et le père du Mac a répondu : "Vous pensez que Graham Bell a fait une étude de marché quand il a inventé le téléphone ?"