AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 3.77 /5 (sur 28 notes)

Nationalité : Allemagne
Né(e) : 1951
Biographie :

Wolfgang Büscher est reporter pour Die Zeit.

Ses reportages et récits ont notamment été récompensés par le prix Theodor-Wolff. Berlin-Moscou, un voyage à pied (L'Esprit des Péninsules, 2005) a pour sa part accumulé les distinctions littéraires, dont le prestigieux prix Tuchoslky. Chez le même éditeur a également paru en 2002 Allemagne, trois années zéro.


Source : amazon.fr
Ajouter des informations
étiquettes

Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
MarcoPolo85   20 septembre 2016
Un printemps à Jérusalem de Wolfgang Büscher
Même si la ville était pleine de pèlerins, pleine de moines et de nonnes, pleine d'églises, d'hospices, de patriarcats, de cloîtres et de stations du chemin de croix, le chœur chrétien de Jérusalem battait dans un corps oriental.

Il n'était pas fait pour les nerfs fragiles, ce pêle-mêle de ciel et de terre, du saint des saints et de rigoles d'eau et de sangs dans la ruelle du boucher rituel. Un chaos d'odeur. Celle du pain frais s'échappant, merveilleuse, du trou noirâtre d'une boulangerie, celle du fer, de la quincaillerie, et tout de suite après, celle, douceâtre, des abats frais. La collision des émanations et des révélations comme un état normal. Troupes et processions d'espèces contradictoires qui se croisent, se pénètrent et s'ignorent sur ce simple kilomètre carré. Pèlerins et soldats, mendiants et fous, croyants et affairistes, amis, ennemis, Russes et Américains, Juifs et Arabes, Turcs et Arméniens, tout cela dans l'étroitesse de ruelles et de tunnels plus qu'anciens.
Commenter  J’apprécie          60
Sepo   13 mars 2015
Berlin-Moscou, un voyage à pied de Wolfgang Büscher
La zone contaminée de Tchernobyl:



Après un bref trajet, nous arrivâmes devant un grand portail métallique rouillé, flanqué, de part et d'autre, d'un réseau de fils barbelés, on aurait dit l'entrée d'un camp pénitentiaire soviétique dans un film américain. Ouvrir le barbelé et pénétrer dans la zone ne posait guère de problème. Nous nous enfonçâmes à l'intérieur, toujours plus profond, et je cessai peu à peu de chercher les indices de la catastrophe. Ce qui pouvait la rappeler, c'était, peut-être la luxuriance de l'herbe, des fleurs sauvages et des buissons, mais il était de même pour toute terre abandonnée par les hommes. Tout proliférait. Il n'y avait plus de prairies, plus de champs, plus de jardins, et les villages dans lesquels nous pénétrions étaient repris par la forêt, un peu plus chaque été. Un jour, ces villages auraient disparu, dont les maisons avaient été clouées à la hâte par leurs habitants avant de fuir, et qui sait si des gens n'allaient pas revenir. Les arbres et les vrilles, qui les avaient étreints depuis longtemps, les broyaient lentement. Sur les poteaux électriques faits de souches grossièrement taillés qui amenaient l'énergie produite par les réacteurs dans les villages, les lignes tombaient comme des branches.p138
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
MarcoPolo85   13 juin 2014
Loin de la mer : À pied à travers les Grandes Plaines de Wolfgang Büscher
On peut supposer que ces cortèges qui s'ébranlaient vers l'ouest étaient composés pour un tiers de pauvres hères à la recherche de terre et d'or, un tiers d'entrepreneurs et de commerçants, et un tiers aussi d'adeptes de sectes dont on ne voulait pas dans l'Ancien Monde et pas plus dans le Nouveau. p140

Commenter  J’apprécie          30
MarcoPolo85   13 juin 2014
Loin de la mer : À pied à travers les Grandes Plaines de Wolfgang Büscher
Désormais, je comprenais mieux ce qu'était une ville américaine. Son cœur battait en périphérie. Si le centre était à moitié abandonné, presque mort, en périphérie sa volonté de vivre se faisait toujours plus tenace, la ville refusait de finir. p146
Commenter  J’apprécie          30
Sepo   11 mars 2015
Loin de la mer : À pied à travers les Grandes Plaines de Wolfgang Büscher
Hommage au Texas:



L'artisan qui me sauva de la tempête. L'homme de la station-service qui me vint en aide sans se soucier des clients. Et le croque-mort, maintenant. Ils ne parlaient pas beaucoup, ils offraient ce qu'ils pouvaient à ce type trempé rencontré sur la route, portaient la main à leur chapeau et disparaissaient. Pour cela, quoiqu'il arrive, jamais, je n'oublierai le Texas.p277



Commenter  J’apprécie          20
Danieljean   02 avril 2016
Allemagne, un voyage de Wolfgang Büscher
L'Allemagne, au cours de ma vie, avait grandement changé, décennie après décennie, mais une chose était restée pareille. Chaque pensée, chaque sentiment remontait au tournant météorique. C'était cela que j'avais cru comprendre dans la salle de séjour de Kamminke; il y a des anéantissements d'une violence telle qu'elle paralyse toute une vie, tout un pays. La poussière ne cessait de se déposer. Et la paralysie venait après." (p. 78)



"Peu à peu, j'avais appris à avoir l'oeil, à repérer ce genre de personnes, je ne les rencontrais pas par hasard. Oui, c'était un genre qui m'était devenu familier: l'amateur d'histoire allemande passionné, entièrement plongé dans son sujet. C'étaient de vrais amoureux. Ils ne faisaient pas de théorie, ce qui est la première condition de l'amour. Mais ils avaient une connaissance précise de la peau du pays qu'ils aimaient, ils savaient chaque cicatrice, chaque brûlure. Le tissu du Carême n'était qu'une partie de cette peau.
Commenter  J’apprécie          10
Danieljean   02 avril 2016
Allemagne, un voyage de Wolfgang Büscher
Pourquoi tant de gens s'étaient-ils tus, et se taisaient encore, sur les guerres dont ils venaient - parce qu'ils avaient honte?

Ce n'était pas ça. Ils se taisaient parce que personne ne connaissait ce dont ils ne se parlaient pas. Eux-mêmes ne savaient plus. Pris dans une autre loi, un autre enfer, ils s'étaient levés à un moment et ils étaient partis.
Commenter  J’apprécie          20
sweetie   01 juillet 2017
Loin de la mer : À pied à travers les Grandes Plaines de Wolfgang Büscher
Levant le regard, je vis un aigle et ses ailes, reconnaissables à leur envergure, qu'il gardait immobiles. Il planait avec légèreté dans le ciel, traçait d'élégants cercles sans effort. Je le suivais, plein d'admiration - moi j'étais le contraire de ce vol splendide, un paquet brûlé de soleil qui se traînait, à bout de forces, avec un chiffon trempé sur le corps qui avait été une chemise en des temps meilleurs.
Commenter  J’apprécie          10
Sepo   06 mars 2015
Loin de la mer : À pied à travers les Grandes Plaines de Wolfgang Büscher
Ce matin d'hiver du Dakota du Nord qui crissait maintenant, le froid mordant dans lequel j'avançais, la faible douleur provoquée par la moindre respiration, ce monde figé par l'hiver - tout cela recelait l'attente palpitante des choses à venir, ce que je découvrirais au tournant de la route. Je ne cessais de chercher une ferme, une maison, un troupeau de bœufs, un cheval, une voiture, un cerf écrasé ou un coyote. S'il y en avait un tous les kilomètres, ils ne faisaient qu'accentuer l'impression d'anéantissement grandiose que procurait le vide, la Prairie infinie sans arbres, d'une platitude absolue. Comme l'Amérique était vide était l'Amérique - je ne savais pas que c'était à ce point. Si j'avais transporté mon riche savoir, plus que riche, dans un sac, il aurait sur-le-champ atterri dans la neige. Non, heureusement, je ne connaissais pas ce pays. Je voyais l'Amérique pour la première fois.p27
Commenter  J’apprécie          00
Sepo   11 mars 2015
Loin de la mer : À pied à travers les Grandes Plaines de Wolfgang Büscher
Vertige du fromage fondu à Sioux City:



Lorsque la pizza arriva, je ne la reconnus pas mais je l'avais cherché.Elle avait été victime, en cuisine, d'un attentat. Le cuisinier avait enfoui mon repas sous une avalanche de fromage fondu. Lui ne trouvait rien à redire, il faisait toujours comme ça et ne donnait à ses clients que ce qu'ils désiraient. Tu aurais du t'en douter, me dis-je. N'as-tu pas été déjà surpris, dans la Prairie, par l'amour des Américains pour le fromage,ce fromage fondu,épais comme le doigt, dans l'assiette des clients des diners ? Ils en étaient comme possédés. Il était difficile de trouver un plat sans une épaisse couche de fromage. Je commençai à l'ôter avec le couteau, me montrant bientôt d'une adresse de chasseur.p97
Commenter  J’apprécie          00

Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Listes avec des livres de cet auteur


Quiz Voir plus

En Russie avec les écrivains

Sylvain Tesson est l'auteur de ...

Dans les forêts de Sibérie
Dans les geôles de Sibérie
des 2 livres

11 questions
27 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , voyage en russie , témoignage , ecrivains voyageursCréer un quiz sur cet auteur