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Note moyenne 4.34 /5 (sur 70 notes)

Nationalité : Grèce
Né(e) à : Monemvasia, Laconie , le 01/05/1919
Mort(e) à : Athènes , le 11/11/1990
Biographie :

Yannis Ritsos (en grec Γιάννης Ρίτσος) est un poète grec.

Fils de grands propriétaires terriens, il voit sa famille très tôt détruite (ruine économique, mort de la mère, Eleftheria Vouzounaras, et du frère aîné, Mimis, démence du père, Eleftherios Ritsos, et de sa sœur bien-aimée, Loula). Il passe quatre ans (1927-1931) dans un sanatorium pour soigner une tuberculose. Ces événements tragiques marquent son adolescence et obsèdent son œuvre.

Les lectures le décident à devenir poète et révolutionnaire.

Proche depuis 1931 du K.K.E., le Parti communiste de Grèce, il adhère à un cercle ouvrier et fait paraître Tracteur (1934), inspiré du futurisme de Maïakovski, et Pyramides (1935), deux œuvres qui réalisent un équilibre toujours fragile entre la foi en l’avenir fondée sur l’idéal communiste, et le désespoir personnel.

Cet engagement lui vaut de connaître les camps de « rééducation nationale » après la guerre civile qui déchire le pays au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Mais Rítsos partage ensuite encore avec sa génération de nouvelle épreuves lorsqu’il est à nouveau arrêté lors du putsch des colonels, en avril 1967, et déporté aux îles de Yaros puis de Leros.

À la chute des Colonels en 1974, Rítsos acquiert, avec la liberté, un statut hugolien de « poète national ».

Il revisite les grands mythes antiques au moyen de ses souvenirs de Monemvassia en publiant une série de monologues dramatiques centrés sur les personnages d’Oreste, de Phèdre, d’Hélène, de Philoctète, etc.

En marge de ces recueils importants, Rítsos multiplie les séries de très courts poèmes qui mêlent humour, visions cauchemardesques et notations d’un quotidien sacralisé.
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BRUNO DOUCEYNE PLEURE PAS SUR LA GRÈCE Lecture par Anna Mouglalis & l'auteur 21 avril 1967, Athènes : des chars et des bruits de bottes, le coup d'état de la junte des colonels instaure une dictature militaire en Grèce. Les camps de concentration sont rouverts pour y jeter les opposants. Parmi eux, le célèbre poète Yannis Ritsos. Pendant ce temps à Paris, un jeune homme perd la trace de l'étudiante grecque dont il est amoureux. Plongé au coeur de la préparation d'un Livre noir de la dictature, Antoine prend conscience de l'horreur fasciste à l'oeuvre. En partant à la recherche du poète et de son amie disparus, c'est lui-même qu'il va trouver. Alternant le vécu de Ritsos, déporté sur l'île de Léros dans des conditions inhumaines, avec la quête de vérité d'Antoine, Bruno Doucey nous entraîne dans un roman émouvant et puissant, dont personne ne peut sortir indemne. À lire – Bruno Doucey, Ne pleure pas sur la Grèce, éd. Bruno Doucey, 2021.
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Citations et extraits (163) Voir plus Ajouter une citation
Sachka   03 mars 2021
Symphonie du printemps de Yannis Ritsos
Je quitterai

le blanc sommet enneigé

qui réchauffait d'un sourire nu

mon infini isolement.



Je secouerai de mes épaules

la cendre dorée des astres

comme les moineaux

secouent la neige

de leurs ailes.



Ainsi un homme, simple et

intègre

ainsi tout joyeux et innocent

je passerai

sous les acacias en fleurs

de tes caresses

et j'irai becqueter

la vitre rayonnante du

printemps.



Je serai l'enfant doux

qui sourit aux choses

et à lui même

sans réticence ni réserve.



Comme si je n'avais pas connu

les fronts mornes

des crépuscules de l'hiver

les ampoules des maisons

vides

et les passants solitaires

sous la lune

d'Août.





*Pour Jean-Paul (Fandol) grâce à qui j'ai découvert la sublime poésie de Yánnis Rítsos. Je vous invite à lire sa belle critique : "Ne pleure pas sur la Grèce".
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santorin   19 mars 2021
Tard, bien tard dans la nuit : Derniers poèmes de Yannis Ritsos
Réplique



Entre les chardons sauvages

un petit bouton d'or

a dit "présent"

Que pouvais-tu faire ?

Toi aussi tu as dit "présent",

Et il faisait beau.
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Fabinou7   07 mai 2022
Le Mur dans le miroir. Ismène de Yannis Ritsos
" Les statues meurent aussi - dit il - quand on ne les regarde

pas.

J'en ai vues plus d'une fois, à terre, les yeux mi-clos. Elles

attendent

de voir si quelqu'un va les voir. Alors elles se relèvent."
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Yannis Ritsos
sabine59   30 juillet 2018
Yannis Ritsos
Le crépuscule resplendit

Sur le dos d'un oiseau.

Nous l'avons vu ensemble.

Nous avons souri.

Ta main s'est retrouvée

Dans la mienne.
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santorin   15 août 2021
Tard, bien tard dans la nuit : Derniers poèmes de Yannis Ritsos
Réhabilitation



Il n'aimait pas du tout les oiseaux, les fleurs, les arbres qui deviennent des symboles, que des camps tout à fait opposés exploitent pareillement. Lui, il essayait de leur restituer leur vraie nature, leur substance. Pour prendre l'exemple des colombes,

il n'en faisait pas un slogan pour divers congrès, mais

de beaux oiseaux amoureux, au pas lourd, qui ne cessent de se becqueter dans la cour et jonchent le dallage de fientes et de plumes (elles me plaisent ainsi) ;

ou tout au plus de petits facteurs qui transportent au-dessus des sphères célestes

les lettres que les enfants pauvres adressent à Dieu pour lui demander

des cahiers, des chaussures et quelque bonbons. Les lys,

non pas des emblèmes de la chasteté mais des plantes

odoriférantes,

toute sensualité, avec leurs pétales grands ouverts

laissant voir leurs étamines tendues de pollen d'or. Et l'olivier, non pas une récompense de victoire ou de paix mais le père fécond qui donne l'huile pour notre repas ou notre lampe,

pour le prurit du bébé ou le genou blessé

de l'enfant

inquiet, désobéissant, ou encore

pour l'humble veilleuse de la Vierge. Et moi -dit-il -

nullement un mythe, un héros ou un dieu, mais un simple ouvrier

comme tout un chacun - un prolétaire de l'art

toujours aussi amoureux des arbres, des oiseaux, des bêtes et des gens,

amoureux avant tout de la beauté des pensées pures

et de la beauté des corps juvéniles - un ouvrier

qui écrit, écrit sans relâche pour tous et à tout propos

et dont le nom est aussi bref que facile à prononcer ; Yannis Ritsos.
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santorin   23 février 2021
Tard, bien tard dans la nuit : Derniers poèmes de Yannis Ritsos
L'AUTRE PEUR



On a bien combattu les anciennes peurs. On n'a pas baissé la

tête.

Cachots, déportations, internements. La veille de l'éxécution

Yorghis

a laissé une lettre pour sa mère : "Ne pleure pas,

Je meurs debout. N'oublie pas de saluer de ma part

les montagnes, les oiseaux et les arbres." Alexis

a dessiné la faucille et le marteau sur le mur de la cellule

et gravé son nom au-dessous. Les autres

chantaient et dansaient fasse aux fusils.

Oui, on a bien combattu les anciennes peurs. Mais cette peur-là

reste silencieuse. Elle ne respire même pas. Adversaire invisible,

elle ne te frappe pas sur la nuque avec la matraque, elle ne

t'injurie pas,

ne sort pas son pistolet. Invisible. Elle attend seulement.

Il faut leur apprêter leur dernier habit

avec dignité et sérénité - chaussures noires, chaussettes noires,

costume noir et un oeillet rouge à la boutonnière

en souvenir de ces jours-là, de ces peurs vaincues.
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santorin   13 avril 2021
Tard, bien tard dans la nuit : Derniers poèmes de Yannis Ritsos
Inutile limpidité



Promesses violées - faites par qui ? Et quand ça ?

D'autres promesses - les nôtres, celles-là, mais faites à qui ?

Nous nous sommes habitués.

Nous avons vu les monts défiler dans le soir comme des

chameaux ployant sous le faix,

nous avons vu le faon sous la lune, et une perle en compagnie

du néant. Des vaisseaux désarmés

souillent de leur rouille les eaux ingénues. Et sur le versant de

la colline,

derrière les cyprès noirs et sveltes,

un panache de fumée en suspens s'efforce de conférer

un certain sens inexistant à nous-même et au monde.

Ah, éviter de se laisser à nouveau séduire par la beauté

silencieuse !
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santorin   05 juin 2021
Tard, bien tard dans la nuit : Derniers poèmes de Yannis Ritsos
Eternités



Ces mêmes journaux exactement, nous les avons lus

l'an passé, l'année d'avant et voici quarante ans, et peut-être que dans deux cents ans on lira les mêmes -

guerres, engloutissements, pestes, famines. Un verre tombe

et se brise. Le matin, les femmes

sortent dans la cour pour faire sécher tout cela au soleil

avec les draps

et nos béquilles, car celles-ci ont moisi et pourrissent :

au lieu qu'elles te soutiennent, ce sera à toi de les soutenir.
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santorin   02 janvier 2022
Tard, bien tard dans la nuit : Derniers poèmes de Yannis Ritsos
Maigre récolte



Matin insouciant, lumière salutaire, platanes aux larges poitrails.

La mer étincelle à perte de vue, sans soupçon, se suffisant

à elle-même.

Mais eux, comment veux-tu qu'ils se contentent de leur maigre lot ?

Eux qui ont rêvé jadis de grands défilés, d'acclamations, de drapeaux ?

Eux qui malgré les préparatifs de tant d'années sentent bien à présent

qu'ils ne sont absolument pas prêts. Ils observent la colline

en face, couverte de pins,

ils additionnent très soigneusement des impressions fugitives

pour garder, eux aussi, quelque droit en ce bas monde.

Une petite fille gravit la pente en tenant à la main

un panier de mûres. N'en dis pas plus.

La colline, la fillette, un panier de mûres.
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santorin   12 octobre 2021
Tard, bien tard dans la nuit : Derniers poèmes de Yannis Ritsos
Encore



Celui-ci sourd-muet, celui-là aveugle, et cet autre si vieux - peut-être tous les trois sentent-ils sur leur joue

le doux pelage de la nuit. Les garçons noctambules

s'amusent des tours de prestidigitation des étoiles. Toi,

tu as mis

tes sandales de lin blanc, verdies par l'herbe,

pour sortir le chien. Quand tu tourneras au coin de la rue,

observe bien ce petit nuage réticent. Il te cache quelque

chose,

quelque chose, justement, qui sourit encore en toi d'une manière inexplicable.
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