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4.86/5 (sur 11 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Chartres , le 01/01/1972
Biographie :

Yvan Strelzyk vit désormais en Haute-Savoie. Romancier, poète, joueur de go, il écrit de la fiction historique, avec pour cadre principal l'Europe de l'Est et la Baltique.
Yvan Strelzyk publie un premier roman, "Une Vie d'Homme, un Souffle de Vent" (du cycle "Eklendys"), à compte d'auteur en 2016, puis les Éditions de l'Astronome entreprennent de publier les autres volumes du cycle, pour certains déjà écrits depuis des années : d'abord "Le Livre d'Amertume" et "Saga de Relvinn" en 2017, puis "Une Vie d'Homme" (édition révisée et augmentée) et "Markas" en 2018, "Nouvelles Eklendaises" en 2019, "Le Château d'Ödrek" en 2020, "La Symphonie Perdue de Sibelius" en 2021, "Le Roman de Miskol" en 2022, "Mémoires du Comte V***" en 2023, en attendant "Le Prince Paysan" en 2024, "Les Conjurés" en 2025, et d'autres encore.
Avec ce cycle "Eklendys", qui devrait compter à terme quatorze ouvrages, Yvan Strelzyk met en scène un pays oublié sur les rivages de la Baltique, en évoquant son histoire au fil des siècles dans des œuvres très diverses : romans, nouvelles, feuilleton, théâtre...
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Source : www.editions-astronome.com ; www.eklendys.com
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Bibliographie de Yvan Strelzyk   (10)Voir plus

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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
« Braves Français, rendez-vous ! lança-t-il aux hommes de Cambronne.
– Jamais ! hurla un Ossian exalté sans laisser au général le temps de donner sa réponse. La Garde meurt et ne se rend pas ! »
Pris de court, Cambronne ouvrit de grands yeux.
« Nom de Dieu ! Mais qui donc m’a collé un pareil jean-foutre ? s’étrangla le général, fou de colère. Non seulement je ne vais pas mourir, jeune homme, mais en plus je vais me rendre ! D’où sort-il, ce paltoquet ? Qui l’a laissé approcher ? Je ne veux pas de recrue dans mes rangs ! Qu’on l’envoie se faire tuer ailleurs !
– Eh bien, Français, reprit Colville en s’impatientant, est-ce là toute votre réponse ?
– Ah, vous, merde ! » lui lança un Cambronne exaspéré.
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Tout autour d’elle, les livres semblaient dormir profondément, pareils à des soldats vêtus de cuir et d’or victimes d’un charme, alignés par sections sous le verre de leurs armoires où luisaient les reflets des appliques. Elle les éveillait tour à tour pour des durées variables, princesse sans sommeil aux pouvoirs de prince charmant, en soufflant doucement sur leur tranche pour en chasser la poussière ensorcelante et leur rendre la vie. Puis ils s’ouvraient à elle, leurs reliures âgées craquant comme des articulations encore engourdies, et lui racontaient leurs histoires avant de la laisser sur un silence qu’elle passait dans la méditation. Enfin, le cœur un peu triste, elle les rendait à leur catalepsie pour les protéger des outrages de la vieillesse, en les berçant de la promesse de les réveiller encore à l’avenir, et refermait sur eux leurs cercueils de bois et de verre.
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La censure ! Sais-tu que l’on y soumet tout livre comptant moins de trois cent vingt pages ? Des censeurs aussi arbitraires que stupides estiment en effet qu’au-delà de ce nombre il n’est plus besoin de vérifier, le volume de l’ouvrage suffisant à lui seul à dissuader les masses de le lire ! Voilà pourquoi certains éditeurs se sont mis à faire imprimer leurs livres en caractères plus grands, afin de dépasser les trois cent vingt pages et se soustraire ainsi à la censure ! C’est fort drôle... mais un jour, tout cela finira mal et tous ces gens dresseront des bûchers pour y brûler tout ce qui ne leur convient pas. On m’a déjà parlé d’autodafés de livres dans certains cercles. Et comme je l’ai écrit dans Almansor, l’une de mes pièces de théâtre : Là où l’on brûle des livres, on finit par brûler des hommes. Je me sens alors bien seul au milieu de ces deux cent mille Berlinois.
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« Oh, Carlotta, bredouilla-t-il avec une langue pâteuse qui refusait de se décoller de son palais. Je le comprends enfin : l’amour est femme, et la beauté du monde n’est rien comparée à ses regards...
– Ah, c’est bien ma veine, marmonna la jeune femme avec dépit : encore un poète ! »
Elle le renversa sur le lit, se frottant contre lui comme une chatte sauvage.
« À présent tu ne dis surtout plus rien, gentil poète, et tu me laisses faire. »
Ossian sentit ses propres mains se presser sur des formes qui n’étaient pas les siennes : un sein lourd, une croupe brûlante, et partout une chevelure abondante et sombre dont le parfum l’enivrait. La dernière chose qu’il vit fut le reflet de Carlotta dans le miroir, alors qu’elle se cabrait pour le chevaucher langoureusement, avec dans le regard une expression qui le fit mourir.
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J’eus la chance d’arriver au moment où le soleil était descendu assez bas sur l’horizon, passant sous les nuages chargés de pluie, pour pouvoir baigner Borghavan de sa lumière blanche avant de disparaître. Les gouttes d’eau tombaient des arbres en scintillant, formant devant mes yeux un voile irisé où s’estompaient les contours. Montant de la ville en contrebas, les sons se perdaient en murmures confus. Il y avait dans l’air une luminosité mouillée propre à ravir les sens et tout faire oublier, mais elle ne dura pas longtemps : le soleil sombra enfin derrière l’horizon, et l’enchantement s’évanouit. Un vent froid revint par le nord-est, qui souleva le tapis des feuilles jaunies dans les allées, la pluie se fit plus drue et ses gouttes invisibles ; en quelques instants le monde s’abîma dans la nuit.
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« Ce que l’on fait pour la première fois attire toujours autant que cela intimide, Tisza, quand on a un peu de plomb dans le crâne. Vous êtes parachutiste, et je pense qu’à votre deuxième saut vous avez réalisé toute la folie qui vous a grisé la première fois que vous vous êtes jeté dans le vide, après quoi vous avez pris l’habitude de ce genre d’exercice. Le meurtre – appelons les choses par leur nom, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, même en cas de guerre –, n’est pas très différent du saut en parachute, à cette nuance près qu’il n’y a pas de griserie de la première fois, ou du moins pas dans le sens ordinaire. Il ne reste que la peur, énorme. Peu importe ce qui va suivre, la détonation assourdissante, l’odeur de la poudre, le sang qui jaillit ou la cervelle qui éclate, ce qui compte plus que tout est le moment où le doigt presse la détente. C’est un instant vertigineux.
« On prend conscience en une seconde du pouvoir de vie et de mort que l’on a sur un autre être humain, et du choix qui apparaît alors, bien au-delà des affaires de lois, de commettre un crime ou de rendre la justice. Rendre sa justice. Ce que la loi considère comme juste ne l’est peut-être pas aux yeux de celui qui va appuyer sur la détente. Le pouvoir de décider qui doit vivre et qui doit mourir : vous comprenez ce que cela sous-entend, n’est-ce pas ? C’est se mesurer avec Dieu, être Dieu. C’est en cela seulement que la plus grande peur devient la plus effrayante griserie, à cet instant précis, à la première fois. On est alors au bord du gouffre : c’est soit le pas en arrière, et l’échec face à soi-même, soit le pas en avant et la chute, la chute sans fin dans l’abîme sans fond. Vous comprenez, Tisza ? La deuxième fois, on tombe toujours, et encore la troisième fois, et ainsi de suite à chaque homme que l’on tuera. Il en naît parfois un sentiment de légèreté ; le vol est une chute qui ne rencontre jamais le sol... On s’habitue à tout, Tisza, à tout, même à tuer. »
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Dans l’embrasure, nonchalamment appuyé sur l’un des deux battants, se présenta un grand gaillard aux cheveux bruns dénoués, tombant avec autant de nonchalance sur des épaules bien faites, à peine recouvertes d’une ample chemise de lin qui laissait voir un torse de champion antique. C’était un homme jeune, vingt-cinq ans à peine, au teint mat et aux yeux gris. Sa moustache taillée à la polonaise gardait un air fringuant, voire insolent en ce réveil importun, et sa bouche avait ce petit rien qui ensorcelle les femmes et désespère leurs maris.
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« Savez-vous, Monsieur, confia l’Empereur entre deux gorgées d’un vin capiteux, savez-vous que ce continent pourrait vivre dans une paix profonde et durable si ses princes acceptaient de s’entourer d’artistes et de poètes plutôt que de généraux ? Quand il m’a été donné de rencontrer Monsieur Goethe, le grand Goethe, à Erfurt, voilà cinq ans, je l’ai moi-même décoré de ma Légion d’honneur, espérant que ce geste symbolique rouverait quelque écho. Des grandes âmes pour éclairer les despotes : c’est là le rêve que j’ai poursuivi pendant des années, avant de comprendre que mes efforts seraient vains et que les anciennes couronnes auraient toujours plus de prix aux yeux des princes que les tresses de laurier. Voilà ce que m’inspire votre prénom, Monsieur, et j’ai pour les âges de ce barde calédonien une mélancolie d’autant plus vive, comme vous le comprendrez.
– Mais vous avez permis aux peuples de l’Europe d’entendre la voix de la Liberté, de la Révolution, de l’amour entre les hommes, risqua le jeune homme, grisé par la boisson.
– Ah, la Liberté... fit le Buonaparte avec une moue amère. La Révolution ! L’amour ! Quelles calembredaines ! »
Et il jeta sa coupe par l’ouverture aménagée dans sa tente.
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La neige s’installait durablement sur les plaines et les sapins, mais le Commandeur Reuss n’en avait cure. Sa troupe n’en était pas ralentie, continuant d’avancer du pas lent mais régulier de l’attelage qui tirait sur les chemins sa précieuse catapulte. C’était un engin de guerre redoutable, qui tenait notamment sa réputation de son grand âge, car il se disait au sein de l’Ordre qu’elle avait été jadis construite en Terre Sainte afin de prendre la forteresse d’un prince infidèle. La légende teutonique ajoutait qu’aucun siège n’avait échoué quand elle y avait pris part. Un précédent Grand-Maréchal l’avait baptisée Virgo Teutonica, mais entre eux les chevaliers avaient pris l’habitude de la renommer Eisenfaust, c’est-à-dire Poing de Fer. Elle était si lourde qu’il ne fallait pas moins de six bœufs pour la déplacer ; quant à ses projectiles de pierre, ils la suivaient dans trois énormes tombereaux. Et c’est ainsi, escorté par trois compagnies lourdement armées, qu’avançait le convoi en direction des terres de Berelnö.
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Et toi, roi Markas, enfermé bien à l’abri dans ton palais, tu vas entendre la rumeur de la foule et du peuple, quand il marchera sous tes fenêtres ! Oui, Markas, qui n’as rien fait pour tes ouvriers, pour tes travailleurs, quand la crise nous a privés de nos ressources : tu vas regretter de nous laisser à notre sort ! Quand tous t’auront lâché, quand nous les aurons tous écrasés sous notre botte, alors tu comprendras où était ton intérêt, ton véritable intérêt ! Et le jour où nous te renverserons de ton trône, il montera du peuple une clameur comme on n’en a encore jamais entendu, et alors nous instaurerons le règne de la justice et du prolétariat ! À bas, Markas ! À bas la monarchie ! Et vive la Révolution ! Courage, mes frères ! Camarades ! Nous reprenons notre occupation et notre lutte aujourd’hui, en mémoire de notre chef assassiné ! Cette usine appartient à ses travailleurs, et nous la tiendrons jusqu’au bout ! Jusqu’au dernier !
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