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4.78/5 (sur 60 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 08/12/1987
Biographie :

Zoë Hababou fait partie de ces écrivains-voyageurs qu’on a plus de chances de croiser au bord d’une route d’Amérique Latine qu’à une séance de dédicaces. Licenciée de philosophie et fascinée par le phénomène de la conscience, c’est finalement au Pérou qu’elle trouvera sa voie, initiée à l’ayahuasca par un chaman shipibo aujourd’hui disparu. Cet homme lui enseignera les secrets de cette médecine hautement hallucinogène, que son rôle d’artiste visionnaire la pousse à révéler dans sa saga Borderline.

Baroudeuse intrépide et psychonaute en quête perpétuelle d'expériences extrêmes, cela fait 15 ans que cette auteure parcourt le monde, allant à la rencontre des communautés indigènes afin de participer à leurs rituels chamaniques : peyotl, bufo, champignons, datura, san pedro... Zoë Hababou n'est pas seulement ayahuasquera ; cette exploratrice de la conscience a l’ambition de faire VIVRE aux lecteurs les expériences transcendantes auxquelles elle a choisi de dédier sa vie.

Mais ses livres sont loin d’être des ouvrages de développement personnel déguisés en fiction. Avec Chuck Palahniuk, Nietzsche, Charles Bukowski et Hunter S. Thompson comme références, elle est plutôt du genre à tailler dans le vif. La meilleure manière de se faire une idée de son style sauvage et incendiaire, c’est d’aller faire un tour sur le site qu’elle tient avec passion, https://www.lecoindesdesperados.com.
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Un frère, une sœur, comme animus et anima, un sorcier et un fauve, presque des archétypes jungien qui vont visiter l’ombre dont ils sont les constituants pour tenter de la retourner et accéder à eux-mêmes au travers d’une épopée psychédélique et labyrinthique qui n’est pas sans rappeler d’autres livres d’inspiration jungienne comme la déroutante Maison des feuilles de Danielewsky ou le mythique Fight Club qu’il n’est plus besoin de présenter. Zoë Hababou est une écrivaine-guerrière, une puriste attachée à l’authenticité du verbe sans fards et à celle des cultes shamaniques non adaptés à notre bien-pensance et à notre tiédeur occidentale. La découverte de soi n’est pas une excursion touristique planante, c’est une immersion qui fait appel au guerrier en soi, une exigence et une discipline.

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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
Zoë Hababou
Même quand un homme se croit libre, il est encore prisonnier de l’image qu’il se fait de lui-même, de ce que le savoir de sa liberté lui procure. La seule manière d'être libre, c’est d'être complètement désintéressé de soi-même. De ne s’accrocher à rien, et encore moins à l’idée qu’on se fait de sa propre personne.
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Le rêve avait fait remuer une chose dans les ténèbres, une chose sans nom qui venait du fond des âges, d'une époque lointaine où l'homme n'était pas encore asservit. Cette chose était vorace, elle souffrait d'une faim millénaire qui jamais ne pourrait être rassasiée. L'écho du rêve avait atteint les tréfonds de l'âme qui constituait son antre, l'appel avait résonné faiblement mais cela avait suffi pour mettre la bête en éveil. Elle était désormais à l'affut, et jamais plus elle n'accepterait de sombrer à nouveau dans l'oubli. Ses hurlements de rage, semblables à ceux que lancent les fauves lorsqu'ils sont prisonniers, faisaient vibrer l'âme qui ne pouvait qu’exhorter l'esprit à agir. Et l'esprit torturé se mit en quête de ce qui pourrait apaiser l'appétit démentiel de la chose. Mais plus il l'alimentait, plus la chose prenait des proportions effroyables, et plus elle était insatiable. Elle exigeait des mets de plus en plus rares, et l'esprit devait faire d'immenses sacrifices pour les lui procurer. Vint le moment où la bête émergea complètement et fit face à l'esprit. Elle lui demanda de lui céder l'âme. Et l'esprit était tellement terrifié qu'il accepta. Il était seul à présent pour satisfaire la chose. Il continua à lui offrir du mieux qu'il put ce que sa volonté cruelle lui réclamait, mais cette tâche éternelle finit par le consumer. L'esprit commença par se recroqueviller sur lui-même. Pièce par pièce il se désagrégea, et à la fin il se perdit. Alors la chose n'eut plus qu'une issue: et elle se dévora elle-même.
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Je veux pas te faire peur, mais souviens-toi que je t’ai mis en garde. Les préliminaires sont terminées. Ici, c’est le lieu des choses sérieuses. Tu as fait le choix d’aller plus loin dans la pratique, ce qui fait de toi quelqu’un que l’ayahuasca va reconnaître comme un initié. Les plantes que tu vas dieter vont aller creuser très profondément en toi, et faire émerger des choses que tu préférerais certainement ignorer. L’ayahuasca va te les expliquer, mais personne ne sait si tu vas pouvoir comprendre, et si tu ne vas pas fuir en courant. Tu as pris ta décision en toute conscience, tu ne dois jamais l’oublier. Tu devras t’en souvenir quand tu feras face à toi-même, et surtout ne jamais te cacher derrière une fausse ignorance. Tout ce qui va se passer, c’est toi qui l’auras voulu et accepté. Et quoi qu’il advienne, rappelle-toi que c’était une bonne décision, que tu as prise quand tu désirais sincèrement aller mieux.
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À chaque combat que je mène, je tue et je retue le même homme. Et tant pis pour le mec en face de moi, mais il ne peut pas gagner. Parce que sa volonté de me vaincre ne pourra jamais au grand jamais surpasser mon désir de mort.
À chaque combat, c’est lui que j’ai en face de moi, et il me reluque d’un air à la fois amusé, enjôleur, provocant et ironique, et il se pourlèche les lèvres. Et il susurre, comme dans un rêve : Vas-y cogne, mec, frappe, fais-moi mal, montre-moi ce que t’as dans le bide, allez, je sens rien, t’as pas de couilles ou quoi, vas-y frappe je te dis, tue-moi, tue-moi ! Je serai encore là demain, et après-demain, et après-après-demain, hahaha, je serai toujours là désormais, tu m’entends, toujours là, tu peux pas te débarrasser de moi !
Et moi je cogne, je cogne de toutes mes forces, mais le sourire ne disparaît jamais. Et il rit, il se marre, il est plié en deux tellement il se fout de ma gueule, ça l’éclate de me voir me démener, m’acharner pour lui faire fermer sa gueule.
Quand je rouvre les yeux, un mec gît, en sang, à mes pieds. Un type lève mon bras au ciel et des gens crient et applaudissent
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Il me semble que j’ai marché pendant des mois pour arriver ici. Mais je n’en conserve aucun souvenir. À peine quelques ébauches de scènes qui pourraient aussi bien appartenir au domaine des rêves. Sans cohérence, sans rien pour les rattacher au réel. De toute façon, c’est une notion dont j’ai oublié le sens.
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Zoë Hababou
— Ben voilà. T’as qu’à creuser de ce côté-là et tu verras. Quand les profs te virent, t’y vas et tu t’ouvres un bouquin. Quand tes parents t’emmerdent tu te fous dans ta piaule et tu te mets le walkman sur la tête. Et petit à petit, tu deviens insaisissable. Parce que t’as tout un monde à ta portée et que c’est un truc qu’appartient qu’à toi et que personne peut te le voler. Ce que tu ressens quand t’écoutes ta zic. Ce que ça te fait quand un livre s’adresse à toi, à toi et à personne d’autre. Les trucs que ça te fait comprendre, tout seul, sans l’aide de personne. Ça, tu vois, c’est une richesse que t’as dans ta tête, et bordel y a personne pour pouvoir foutre la main dessus. C’est ça ce que t’es au fond de toi et si tu le protèges correctement, personne pourra jamais le salir ou te le prendre de force. Tu saisis, gamin ? 
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Les jours que j’ai passé dans cet hôtel se fondent les uns dans les autres. Impossible de dire combien de temps j’y suis resté. En dehors de quelques épisodes de conscience qui se résumaient à me vider d’un côté ou de l’autre, tout se mélange en une sorte de longue, d’éternelle hallucination prolongée.
Les vautours de la peur me persécutaient sans relâche. Je les voyais tournoyer dans mon ciel, en attente. A l'affût des signes de ma mort imminente. Je luttais avec les ténèbres, sans rien pour faire office de boussole. Parce que mon psychisme était infesté de présences.
Je sais pas d’où elles provenaient, ni ce qu’elles étaient véritablement. Par moment, j’étais dans une telle parano que j’étais persuadé que c’était les esprits des plantes en colère, et surtout celui de l’ayahuasca, qui se vengeaient par ce que j’avais tordu ma diète.
Mais je crois que c’était plus subtil que ça. Je crois que mes pensées se matérialisaient en entités autonomes, et que c’est avec elles que je luttais. Je savais que j’avais merdé. Et je savais que je pourrai plus me rattraper. Et cette certitude précipitait mon esprit dans la peur. Et la peur me regardait. Je ne pouvais plus, comme par le passé, cacher mes propres émotions à mon esprit. Tout était conscient, et ma conscience se regardait elle-même, à travers ces présences.
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Je suis ce qu’il y a de pire en vous.
Je suis vos instincts refoulés.
Je suis votre haine accumulée.
Je suis vos rêves impossibles.
Je suis l’échec cuisant de votre vie.
Mon nom est Travis Montiano. Et ceci est le récit du
pourquoi.
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Je savais pas dans quoi je m’embarquais, mais j’avais envie de m’y embarquer. J’avais roulé pendant des mois sans trouver d’issue, et sans en désirer. Je m’étais contenté d'avancer au sein de l’obscurité de mes propres souterrains. Quelque chose hurlait en moi sans interruption, mais sans dire que je m’étais habitué à ce cri, j’avais vécu avec, comme un nouveau constituant de mon être. Je pensais avoir plastiqué le pont qui me reliait au reste de l’espèce humaine. Je vivais encore, mais je n’existais plus. Tout sens, toute signification, toute direction avaient disparu. Du moins c’est ce que je croyais.C’était inadmissible, mais même sans Tyler, le destin continuait à me mener par le bout du nez. J’avais toujours cru que nos destins étaient liés. Pourtant la quête n’était pas encore arrivée à terme. Avec ma voiture en rade, j’allais maintenant faire mon entrée sur une autre sorte de chemin. Un autre voyage débutait.Tout ce que j’espérais, c’était de me perdre enfin, une bonne fois pour toutes, dans les circuits du labyrinthe de cette nouvelle errance.
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« Je ne sais pas si c’est normal pour des ados de suffoquer en permanence dans la haine et le dégoût comme ça, mais je me dis qu’assister au spectacle triste, emmerdant et répétitif de la connerie humaine est une horreur sans limites que tu te reçois de plein fouet quand t’es jeune »
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