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Citation de HababouZoe


Le rêve avait fait remuer une chose dans les ténèbres, une chose sans nom qui venait du fond des âges, d'une époque lointaine où l'homme n'était pas encore asservit. Cette chose était vorace, elle souffrait d'une faim millénaire qui jamais ne pourrait être rassasiée. L'écho du rêve avait atteint les tréfonds de l'âme qui constituait son antre, l'appel avait résonné faiblement mais cela avait suffi pour mettre la bête en éveil. Elle était désormais à l'affut, et jamais plus elle n'accepterait de sombrer à nouveau dans l'oubli. Ses hurlements de rage, semblables à ceux que lancent les fauves lorsqu'ils sont prisonniers, faisaient vibrer l'âme qui ne pouvait qu’exhorter l'esprit à agir. Et l'esprit torturé se mit en quête de ce qui pourrait apaiser l'appétit démentiel de la chose. Mais plus il l'alimentait, plus la chose prenait des proportions effroyables, et plus elle était insatiable. Elle exigeait des mets de plus en plus rares, et l'esprit devait faire d'immenses sacrifices pour les lui procurer. Vint le moment où la bête émergea complètement et fit face à l'esprit. Elle lui demanda de lui céder l'âme. Et l'esprit était tellement terrifié qu'il accepta. Il était seul à présent pour satisfaire la chose. Il continua à lui offrir du mieux qu'il put ce que sa volonté cruelle lui réclamait, mais cette tâche éternelle finit par le consumer. L'esprit commença par se recroqueviller sur lui-même. Pièce par pièce il se désagrégea, et à la fin il se perdit. Alors la chose n'eut plus qu'une issue: et elle se dévora elle-même.
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