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Note moyenne 3.77 /5 (sur 202 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , 1936
Biographie :

Éric Hazan est un écrivain, éditeur et médecin.

Il est né d'une mère apatride née en Palestine et d'un père juif originaire d’Égypte. Son père, l'éditeur Fernand Hazan, est le fils d’Émile Hazan, qui avait fondé sa maison d'édition en 1927 à Paris.

Très tôt engagé politiquement, il s'engage aux côtés du FLN durant la guerre d'Algérie. En 1975, devenu chirurgien cardiovasculaire, et membre fondateur de l’Association médicale franco-palestinienne, il se rend au Liban alors en pleine guerre, pour servir de médecin à cette armée que l’on appelait à l’époque les "Palestino-progressistes".

À la quarantaine, il devient éditeur. Il préside à la destinée des éditions d’art fondées par son père mais qu’il abandonne quatorze ans plus tard, en 1992, après le rachat par le groupe Hachette et la prépondérance de la logique comptable.

En 1998, il fonde les éditions La Fabrique pour lutter contre la concentration de l'édition, puis se tourne vers l'écriture. Il a également été traducteur (notamment des œuvres d'Edward Said).

Il est notamment l’auteur de "Chronique de la guerre civile" (La fabrique, 2004), "Changement de propriétaire, la guerre civile continue" (Seuil, 2007), "L'Invention de Paris" (Seuil, 2002), "Une histoire de la Révolution française" (2012), "Une traversée de Paris" (2016).

Il est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.

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Source : wikipedia
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Balzac, Paris, d'Eric Hazan
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Citations et extraits (85) Voir plus Ajouter une citation
Piling   01 août 2008
L'Invention de Paris : Il n'y a pas de pas perdus de Éric Hazan
incipit :

Celui qui traverse le boulevard Beaumarchais et descend vers la rue Amelot sait qu'il quitte le Marais pour le quartier de la Bastille. Celui qui dépasse la statue de Danton et longe le grand mur arrière de l'Ecole de médecine sait qu'il quitte Saint-Germain-des-prés pour entrer au quartier Latin. Souvent les frontières entre les quartiers de Paris sont tracées avec cette précision chirurgicale. Les repères sont tantôt des monuments - la rotonde de la Villette, le lion de Denfert-Rochereau, la porte Saint-Denis -, tantôt des accidents de terrain - la cassure de la colline de Chaillot sur la plaine d'Auteuil, la trouée des routes d'Allemagne et de Flandre entre la Goutte-d'Or et les Buttes-Chaumont -, tantôt encore de grandes artères dont les boulevards de Rochechouart et de Clichy sont un exemple extrême, formant entre Montmartre et la Nouvelle-Athènes une démarcation si tranchée que de part et d'autre ce ne sont pas deux quartiers qui s'observent, mais deux mondes.
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colimasson   08 août 2015
LQR : La propagande du quotidien de Éric Hazan
De [Walter] Benjamin, on cite souvent le « moderne » comme temps de l’enfer, que l’on transforme en « la modernité c’est l’enfer » alors que la suite du paragraphe révèle une intention toute différente : « Le visage du monde ne se modifie jamais dans ce qu’il y a de plus nouveau, cette extrême nouveauté demeure en tous points identique à elle-même. C’est cela qui fait l’éternité de l’enfer » -ce qui est une critique non pas de la modernité mais de la notion de rupture historique. On la retrouve un peu plus loin : « Avoir conscience de façon désespérément lucide de se trouver dans une crise décisive est un phénomène chronique dans l’histoire de l’humanité. Chaque époque se sent inéluctablement vouée à être un âge nouveau. Mais le « moderne » est aussi varié que les différents aspects d’un même kaléidoscope ».
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de   08 octobre 2011
La revue des livres, N° 1, Septembre-octo : La haine des villes de Éric Hazan
Le monde est agité de secousses multiples – politiques, sociales, écologiques, économiques et intellectuelles. En gestation souterraine depuis longtemps déjà, émergent aujourd’hui au grand jour partout dans le monde des éclats de nouveautés et de refus : de l’Amérique du Sud à la Chine, en passant par l’Afrique du Nord et l’Europe, des contestations et des révoltes majeures sont en train de brouiller les repères politiques et intellectuels, de bousculer les paresses, de troubler les habitudes.



Le tournant néolibéral du capitalisme a profondément affecté les modes de production et de reproduction des sociétés et, avec eux, l’espace et les clivages traditionnels de la politique, nos modes de vie et notre rapport à nous-mêmes et aux autres.



Parallèlement, la révolution numérique a commencé à modifier les conditions de la politique, elle en recompose le temps et l’espace, en défait les hiérarchies ; elle crée des instruments de communication et de travail qui tantôt libèrent, tantôt aliènent et disciplinent.



Trop souvent vécues entre passivité et tristesse, ces transformations s’accompagnent aussi d’une montée des radicalismes de toutes sortes, des plus réactionnaires aux plus « progressistes », la frontière entre les deux s’estompant parfois. Les débats sur la mondialisation, sur les conditions de la démocratie, sur la construction européenne ou sur la religion en témoignent.



Un sentiment de « ras le bol », face à l’injustice, à l’aliénation et à l’irrationalité de la vie quotidienne, sentiment qui se propage dans toutes les sociétés, sentiment largement partagé et pourtant encore à peine articulé, nous laisse comme suspendus entre révolte et dépression, désir d’émancipation et attitudes identitaires.



Cette période de turbulences est aussi un moment d’ouverture du champ des possibles. On entrevoit l’apocalypse sous la forme d’un effondrement du système économique, de la guerre civile mondiale ou des catastrophes écologiques. Simultanément, ce qui paraissait inimaginable il y a peu devient nécessité de pensée. Nous sentons, nous savons qu’il n’y a pas d’autre choix que d’inventer des alternatives. Il est temps d’expérimenter de nouvelles formes de vie, de déclarer de nouveaux droits, d’écrire de nouvelles constitutions. Qu’il s’agisse de sortir du nucléaire, de socialiser les banques ou de mettre en place un revenu universel, des propositions jusqu’ici inaudibles apparaissent soudain, sinon comme évidentes, du moins comme recevables et réalistes. Certaines d’entre elles traversent et déplacent les frontières idéologiques et politiques que l’on pouvait croire bien établies.



Alors qu’hier on proclamait encore, pour la déplorer ou s’en réjouir, la fin de l’histoire, prétendument dissoute dans la « gouvernance » consensuelle et l’apathie collective, alors que philosophes et politiques annonçaient que l’horizon indépassable de la politique était désormais la constitution d’une « société civile » pacifiée, personne ne peut plus ignorer aujourd’hui que nous vivons une nouvelle période de conflits, de luttes et d’affrontements, d’où germe une inouïe diversité de projets politiques.



Tout comme celles de la domination et du contrôle, les formes de la résistance et de l’insubordination sont multiples. Elles s’emparent de concepts abstraits comme de gestes de la vie quotidienne, elles affectent les modes de vie individuels et collectifs, elles s’approprient de nouveaux mots, elles se nourrissent de nouvelles pensées du passé et de l’avenir. De ces luttes, générales ou ponctuelles, parfois socialement et géographiquement éloignées, aucun prisme unificateur et totalisant ne se dégage encore – d’où le sentiment qu’il nous faut emprunter des chemins de traverse.



Il est temps de réarmer la critique. À l’ère de « l’économie des savoirs », de la gestion néolibérale et autoritaire des organismes d’enseignement et de recherche et de la concentration dans le monde de l’édition et de la presse, la production et la circulation de la pensée est profondément affectée. Les pensées critiques se disent aujourd’hui dans toutes les langues. Elles ne sont pas toujours à même de se faire entendre, ni non plus de s’entendre entre elles, et pourtant elles indiquent que le temps de la résignation intellectuelle, à laquelle n’échappaient que quelques travaux isolés, est terminé. De nouveaux questionnements, de nouveaux champs de recherche et de nouvelles subjectivités intellectuelles émergent. La facilité accrue de la diffusion des savoirs et de l’information, un accès plus large à la culture et l’émergence d’une nouvelle intelligentsia sans attaches, font que l’intellectualité déborde aujourd’hui largement les institutions dans lesquelles elle a longtemps été cantonnée.



C’est dans ces circonstances singulières que l’équipe qui animait La Revue internationale des livres et des idées lance, avec un collectif éditorial élargi, RdL, la Revue des Livres. Venus d’horizons politiques, sociaux et intellectuels variés, nous voulons ainsi créer, au carrefour des gauches critiques, une revue exigeante, en rupture avec le prêt-à-penser, la pensée rapide, et les anciennes certitudes ; une revue visant à diffuser et à discuter les pratiques politiques et les productions des différents champs de savoir les plus stimulantes, qui remettent en question les routines intellectuelles et les imaginaires sociaux et politiques établis ; une revue, surtout, qui ne s’adresse pas qu’à des spécialistes et des initiés, mais, autant que possible, une revue pour tous et une revue ouverte.



Essentiellement consacrée à des comptes-rendus de livres, qui seront en même temps des essais et des interventions politiques, dans lesquels les auteurs prendront parti et s’engageront, La RdL sera également structurée par un grand entretien et des rubriques régulières, permettant d’explorer autrement le monde des idées, selon une diversité de tons et d’approches.



La RdL ne peut rien être sans ses lecteurs et ses lectrices – sans ceux et celles qui l’achètent, qui s’y abonnent, qui la font connaître, qui la discutent et qui s’en nourrissent. C’est pourquoi son activité se prolongera naturellement par l’organisation de rencontres et de débats ; c’est pourquoi aussi nous avons besoin de vos réactions, de vos critiques et de vos propositions. Dans ce moment crucial, à la croisée des possibles, nous voulons jouer notre rôle, et nous attendons votre contribution.
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colimasson   04 août 2015
LQR : La propagande du quotidien de Éric Hazan
Dans le langage psychanalytique, la dénégation est l'expression, sur le mode du refus, d'un désir refoulé. J'ignore si les psychanalystes ont un mot pour désigner ce qui en serait comme une sorte de variante inversée. La LQR fait grand usage de ce tour : prétendre avoir ce qu'on n'a pas, se féliciter le plus pour ce qu'on sait posséder le moins.

Ainsi, lorsque la précarité est venue s'ajouter au contrôle disciplinaire pour effacer ce qui restait d'humain dans les entreprises, lorsque la consommation des drogues et psychotropes par les salariés a commencé à exploser, les anciens directeurs du personnel se sont vus transformés en directeurs des ressources humaines, les DRH. (La parenté est curieuse entre les théories néolibérales du « capital humain » et la brochure de Staline longtemps diffusée par les Editions Sociales, L'Homme, capital le plus précieux.)

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Éric Hazan
de   14 août 2012
Éric Hazan
Altermondialisme ? L’autre monde, il y a deux mille ans qu’on essaie de nous le vendre. Nous, c’est celui-ci que nous voulons.
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colimasson   31 juillet 2015
LQR : La propagande du quotidien de Éric Hazan
Le grand mouvement euphémistique qui a fait disparaître au cours des trente dernières années les surveillants généraux des lycées, les grèves, les infirmes, les chômeurs –remplacés par des conseillers principaux d’éducation, des mouvements sociaux, des handicapés, des demandeurs d’emploi- a enfin permis la réalisation du vieux rêve de Louis-Napoléon Bonaparte, l’extinction du paupérisme. Désormais, il n’y a plus de pauvres mais des gens de condition modeste, plus d’exploités mais des exclus, plus de classes mais des couches sociales. C’est ainsi que la LQR substitue aux mots de l’émancipation et de la subversion ceux de la conformité et de la soumission.
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petitsoleil   19 novembre 2016
Pour aboutir à un livre de Éric Hazan
Finalement, même pour les essais, même pour des textes théoriques, la façon dont se présente l'objet matériel compte beaucoup ...



Plus un texte est difficile et plus le livre doit être agréable à regarder et à manipuler.
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colimasson   02 août 2015
LQR : La propagande du quotidien de Éric Hazan
Titrer « Bavure » (Libération, 7 octobre 2004) un article évoquant le meurtre d’une écolière palestinienne par des soldats israéliens qui « avaient pris son cartable pour une charge explosive », c’est transformer un crime de guerre en une grosse bêtise méritant une bonne réprimande.
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colimasson   15 août 2015
LQR : La propagande du quotidien de Éric Hazan
Les faits de langage sont plus têtus que les autres, et surtout […] ils sont performatifs : par leur apparition, ils révèlent des tendances qu’ils contribuent ensuite à renforcer, contaminant par ondes successives d’autres milieux, d’autres castes, d’autres médias.
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ErnestLONDON   02 avril 2020
LQR : La propagande du quotidien de Éric Hazan
Il entre souvent une part de comique involontaire dans ces efforts de promotion à tout prix. À une époque où l’on compte un nombre inhabituel d’escrocs et de menteurs au plus haut niveau des grandes sociétés, des partis et de l’État, où l’on ne sait plus si le mot affaires a trait aux activités économiques ou aux scandales financiers, les oligarques et leur personnel de haut rang sont présentés dans les médias comme nos élites. 
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